Je suis la fille de Casanova

En tissant des liens avec Casanova, Cécile Guidot nous parle de son père, séducteur invétéré et impénitent, mais récemment largué après la découverte de ses frasques. Déprimé !

 ─ Casanova finissait toujours par partir, comme par magie, par une porte dérobée. Tu ne nous as jamais abandonnées. Tu n'as jamais eu la tentation de le faire ?
 ─ Jamais. J'aimais ta mère, je vous aimais, j'avais la ferme. Je ne voulais pas tout casser, flamber, me lasser. J'ai toujours été lucide. Ce qui me plaît dans l'adultère, c'est la double vie, le frisson. Ma vie était parfaite avec ma famille, mon métier, et les femmes parallèles. J'ai toujours choisi des femmes mariées. Avec ta mère, c'était la liberté, on s'est quittés parce que ça faisait beaucoup, je suis allé un peu trop loin. Je le regrette. Elle regrette aussi, elle me l'a dit.
 ─ Tout ça, le chagrin, la tentative de suicide, pour finir par dire ça.
 ─ Oui, mais c'était plus fort que moi. Je ne conçois pas la vie avec une seule femme. Sylvie, j'étais fou d'elle, on a vécu une passion sexuelle pendant deux, trois ans. Mais ça ne m'a pas empêché de la tromper. Avec une femme rencontrée dans une assemblée agricole.
Je suis la fille de Casanova de Cécile Guidot
Un roman sur un père inconséquent et autocentré, franchement dysfonctionnel, tyrannisé par son besoin de plaire et de séduire. Un homme pourtant très touchant, comme un gros bébé immature de 80 ans à qui on aurait enlevé sa lolette

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il était moins intéressé par le sexe que par la conquête de l'esprit de celles qu'il convoitait, il aimait le jeu, le ballet de la séduction, il n'était donc pas seulement un jouisseur, il n'était pas un pornographe, ça le distingue de Sade, il était un séducteur et en cela, il avait besoin de conquérir l'esprit en plus du corps ; ce qui l'excitait, c'était de jouer à jeu égal avec les femmes.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Jeanne, la quarantaine, est professeure de littérature à la Sorbonne et spécialiste de Casanova. Son mari Samuel réfléchit à son avenir professionnel depuis un an, affalé devant la télé. Jeanne gère le quotidien, s'occupe de leur fille Maya, trois ans... Quand son père Armand, bientôt soixante-dix ans, l'appelle en larmes, l'univers de Jeanne vacille : gentleman farmer bourguignon, volage et infidèle, Armand, pris en flagrant délit d'adultère, vient de se faire plaquer par sa compagne. Il échoue sur le canapé parisien de Jeanne ! Éploré et inconsolable, il traîne en pyjama, envoie des SMS fébriles.
Comment consoler son père d`un chagrin d'amour ? Invitée à donner une conférence à Venise, Jeanne l'emmène avec elle, espérant ainsi le distraire. Et, en effet, son âme de Casanova reprend le dessus. Quiproquos et malentendus en cascade avec une professeure italienne, le vaudeville n`est pas loin...
Décidément, être la fille de Casanova n'est pas une mince affaire !

Boléro

Un homme dangereux, cruel, riche, charismatique et puissant. Il ne faut pas, mais Aslı est irrésistiblement attirée.

Le lendemain matin, elle eut du mal à partir.
Elle voulait rester au domaine. Elle aurait passé chaque jour à côté de Romaïssa sur les chaises longues, chaque nuit en rêvant d'eux.
Elle était devenue quelqu'un d'autre.
Et elle ne voulait plus revenir en arrière.
Elle était indifférente à elle-même. Elle ne songeait pas à l'avenir. Elle ne songeait à rien, d'ailleurs, elle avait rompu avec la pensée. Elle se sentait faite uniquement de désir. Des sentiments inconnus, encore jamais explorés, la transformaient, comme des vagues, dans leur roulement incessant, érodent et modèlent une pierre. En dehors de ces vagues, tout lui était égal, à commencer par elle-même...
Boléro de Ahmet Altan, traduction de Julien Lapeyre de Cabanes
Et quand, en plus, sa femme et lui semblent en jouer, son désir devient besoin et l’éloignement synonyme de manque.Elle était perdue.
Elle souffrait, et même cette souffrance lui donnait du plaisir.Du désir en Turquie où les jeux de pouvoir et d’argent se mêlent et où le roi d’hier risque le cachot demain.

Une variation originale d’un triangle de désirs

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Si ma raison cherche à entraver ma chair, je l'étranglerai à mort. Ainsi se parlait-elle, pleine de résolution et de sang-froid. Deux fois encore, elle le répéta à voix haute. Comme si elle voulait intimer à son esprit, dont les tentatives d'obstruction l'inquiétaient, de ne pas s'engager sur cette voie.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Aslı, médecin d'une cinquantaine d'années et femme au caractère affirmé, est recrutée afin de soigner les douleurs de dos de Mehmet, un homme énigmatique qui dit avoir été procureur. Elle vit à Ankara mais se rend tous les week-ends dans la propriété de campagne de son patient et y fait la connaissance de Romaïssa, son épouse, avec qui elle noue une relation amicale. Peu à peu séduite par Mehmet, dont elle comprend qu'il cache bien des choses, Aslı plonge dans l'intimité du couple et dans le passé tortueux de Mehmet, au risque de se perdre.

L’amazone d’Arcachon : ou la chica del Chupa Chups

Une voix suffit-elle pour une histoire d’amour ? Pas sûr.

Mais pour une escapade érotique, certainement. Et lorsque les parfums, les vents et le sable des bords de l’Atlantique, le grain de la peau, et un brin de folie s’emmêlent… mÆL s’envole !

Il me montre le clou de la soirée. Je le lèche, le pourlèche. Mes lèvres se referment sur la sucette, Chupa Chups de mon enfance. Il enfonce sa mèche jusqu'à provoquer des haut-le-cœur. J'aime la sensation. Et je suce avec plus de véhémence. Il n'a aucune retenue, il aime sonder mes profondeurs. Il attrape mes cheveux et les tire en arrière. Suis à sa merci. Il prend les commandes, j'en redemande. Je quémande, il bande dur, je veux que ça dure. J'ouvre les yeux, son regard inquisiteur versus mon abandon. Il est étonné. « Vous êtes une professionnelle ! » No comment. La pompe reste sèche. Lui, dans le contrôle.
 ─ J'ai un avantage sur vous, Sieur de Bordela.
 ─ Ah, oui, lequel ?
 ─ Je vous aime, j'ai donc beaucoup plus de plaisir que vous.
L’amazone d’Arcachon : ou la chica del Chupa Chups de mÆL
Une femme danse avec la passion.

Un petit livre à l’érotisme flamboyant, regorgeant d’invitations poétiques, de musiques, de fantaisies typographiques et parsemé de QR codes (qui ne fonctionnent tristement pas tous) pour un voyage à fleur de peau

Un livre délicieusement sucré à suçoter au bord de mer
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
26 juin 2024, 12h30, Aéroport de Bordeaux

Je me retrouve au milieu du hall des arrivées, ma petite valise à la main. J'y ai enfourné trois tenues : celle de la petite fille bien sage, rose pâle, celle de la femme fatale, rouge passion, et celle de la mondaine, similicuir noir. They say the clothes make the woman, mais pas le moine. If you are what you wear, you'd better dress the part you want.
Enfin !
Je me sens comme une gamine.
Demain c'est mon anniversaire.
Je me suis fait un cadeau d'anniversaire.
J'ose enfin aller au bout de mes fantaisies.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un contact sur Instagram, une voix, une photo...

S'abandonnant à la folie, qui la tient depuis des années, une gamine dans le corps d'une femme ─ féminine et coquine qui plus est ─ va retrouver un homme convoité. Ballottée entre son insoutenable légèreté de l'être et l'étrange objet de son désir, elle exprime sans fard ses ressentis. De l'autofiction à la réalité, elle gomme la frontière entre réel et imagination pour raconter sa vérité. Pour ce faire, elle innove, coupe un patron inédit dans la langue, jongle avec les mots et redessine la mise en page.

Un livre sur le désir amoureux qui ne devrait pour vous laisser indifférent.e.s.

Mesdames, une réflexion osée et libertaire. Messieurs, une mise à nu sexy et audacieuse.

900 km la distance à parcourir pour...

Ceinture

Des personnages attachants, une intrigue rondement menée et la boucle est bouclée ! Oui, les jeux de mots sont faciles ici. La lecture aussi, mais sans y voir un défaut, au contraire : c’est fluide et les pages se tournent avec impatience.

Ce soir-là dans la salle de réunion, Maxime lui demande de l'eau et tend son verre sans quitter l'ordinateur des yeux. Elle attrape la bouteille et la maintient en l'air, au-dessus du gobelet, sans faire couler. Il finit par lever les yeux pour comprendre ce qui la retient. Leurs regards se croisent et le temps se suspend. Tout à coup, les tableaux de chiffres, les recommandations stratégiques et les budgets prévisionnels sont balayés comme si un vent violent avait ouvert la fenêtre. Joseph ne se rend compte de rien. L'espace entre eux est devenu dense, brusquement chargé de la puissance de leur désir commun. Il a suffi d'une seconde. Le plus dur est fait, pense Lauren. Maintenant, tout le reste ne sera que logistique.
Ceinture de Céline Robert
Une très bonne ceinture qui enserre cinq protagonistes plus où moins volages dans la ronde de leurs désirs

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Jean est assis sur le canapé en velours gris, devant la fenêtre. Le soir est tombé et le salon est éclairé par de petites lampes qui nimbent d'une lumière tamisée le tapis persan et les cartes anciennes aux murs. Les enceintes en bois, encastrées dans la bibliothèque où des centaines de livres s'entassent chaotiquement, diffusent le Porgy and Bess de George Gershwin. Est-on vraiment obligés de vivre dans un putain de Woody Allen ? se demande Lauren


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Elle ne ressent rien de particulier en sa présence, si ce n’est une envie irrépressible de lui plaire. Elle se sent exister dans son regard sans nuance.»

À quarante ans, Lauren trompe son mari pour la première fois, sans la moindre culpabilité. Maxime, son amant, est un séducteur sans vergogne. Nadia, sa femme, brillante avocate en burn-out, est troublée par Emma, leur baby-sitter, elle-même tombée sous le charme de son professeur, Jean, respectable universitaire tiraillé entre son attirance pour son élève et l’amour qu’il porte à sa femme, Lauren.

Tous sont liés par le désir dans une boucle impossible.

Avec humour et précision, Céline Robert entraîne ses personnages dans une danse finement menée et signe un grand roman sur l’amour et la séduction.

La mécanique des désirs

Réécriture de Escorte paru en 2010 (que j’avais lâché après quelques pages que j’avais alors trouvées un peu indigestes), on retrouve ici une femme [qui] regarde les hommes regarder les femmes comme l’écrivaient Siri Hustvedt ou Louise Chennevière dans Pour Britney… avec le désespoir en moins.
Mais toujours et encore, une femme, son corps, sa jeunesse… pour les hommes.

Elle allait aussi recommencer à être quelqu'un d'autre, emprunter un autre prénom, enfiler des habits cachés depuis des années sous son lit, dans des tiroirs, contre le mur. Elle m'avait montré des photos d'elle, en latex, avec un fouet. Je m'étais rapprochée d'elle, parce que dans les cours d'école, j'ai besoin des autres mères, j'ai besoin de rire encore fort et de vouloir pleurer. J'aime arriver seule, sans maquillage, les cheveux mouillés, toujours presque en retard, puis m'entourer des femmes qui attendent, elles aussi. Sous les lunettes aux verres sombres, je réussissais intuitivement à aller vers celles qui me ressemblent : après maints jours, nous nous disions que nous n'avions pas qu'embrassé des hommes, et que nous avions déjà été payées pour être nues et aimer ceux qui recherchent quelque chose qu'ils n'ont pas.
Ils ne réussissent pas à l'avoir avec nous, non plus, ce qu'ils cherchent, raconter leurs histoires et avoir notre attention et notre sexe, sans considérer les heures. Moi aussi, je ne peux pas avoir ce que je cherche, mais je peux m'en approcher, comme un homme sous moi, à laper entre mes jambes.
La mécanique des désirs de Mélodie Nelson
Forcément impudique, évidement dérangeant, cette mécanique des désirs est pourtant très touchante par son intime sincérité.

Certes, on n’y retrouve pas le même sentiment d’oppression qu’avec Nelly Arcan, pas non plus l’exhibitionnisme autofictionnel d’Emma Becker… mais toujours cette ambiguïté dont parlait Nancy Huston, oscillant entre le désir de plaire et la souffrance de cette soumission – désirée autant que subie. Une autobiographie qui semble nous renvoyer à Schopenhauer et sa fameuse citation « La vie oscille, comme un pendule, de la souffrance à l’ennui ». Et comme seul l’art pourrait nous en sauver… Mélodie écrit. Et même fort bien !

Mais désormais mère ! Et la maternité n’efface pas la violence du désir…

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
J'ai toujours été un peu mélancolique, et cette tristesse s'incruste même quand je change de couleur de cheveux ou de vernis à ongles, même quand je me blottis contre un homme, comme une bête sauvage qui fait semblant d'être apprivoisée dans un lit, sous un arbre, au parc, dans l'espace restreint d'une banquette arrière, avec de la buée dans les fenêtres.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La mécanique des désirs transpose le regard lucide et distancié d'une femme devenue mère qui revisite son passé d'escorte. Ce récit littéraire parfois cru, révèle la froideur des hôtels du centre-ville, les secrets des maisons de la banlieue et les confidences entre amies sur les banquettes de la Belle Province. Sans fard, la narratrice évoque ses moments d'intimité avec les clients, les rencontres marquantes qui ont jalonné sa trajectoire, ainsi que ses relations avec ses proches. La mécanique des désirs, c'est aussi l'exploration de la nature profonde d'une femme, de sa sexualité, et au-delà du désir et des attentes jamais vraiment comblées, des décisions qui fabriquent une vie.

Le goût du baiser

Sans être forcément dans le public cible, voici une romance érotique et féministe bien sympathique !
Certes, les clichés s’y déroulent comme les blés devant la moissonneuse, mais le tout reste plutôt bien tourné.

Quand il s'arrête devant chez moi et que je descends de sa Vespa, je me sens légèrement tremblante pendant quelques secondes. C'est très étrange, c'est presque la même sensation que lorsque... je viens de me caresser ! Je fais attention à ne pas avoir le même sourire béat, déjà que, après avoir enlevé le casque, je dois avoir une coupe de cheveux de folle. Il descend et enlève son casque. Ses cheveux à lui n'ont pas bougé : merci la gomina.
Je le remercie de m'avoir ramenée. Nous restons l'un face à l'autre, sans dire un mot. Il est vraiment grand, je dois lever mon visage pour le regarder dans les yeux. Ce regard si noir, fascinant, troublant...
 - Bon, on se voit au prochain cours. Enfin si je n'ai plus mal au pied, et si je ne suis pas démoralisée.
 - Tu sais, même après des années de pratique, y a des fois où on n'y arrive pas.
Le goût du baiser de Camille Emmanuelle
Véritable guide pratique pour jeunes filles (et pour les mecs aussi, il y a encore bien du boulot !), ce goût du baiser démontre que les emmerdes, les conneries que l’on peut faire et tous les connards malveillants peuvent être surpassés. Enfin, tous… n’exagérons pas !
Un vrai bol d’air frais bouillant qui sent bon (enfin… façon de parler) la vie.

Et pis c’est trop chou, et ça fait du bien

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'odeur du pain grillé. Je ne sens pas l'odeur du pain grillé. J'ai pourtant bien entendu le bruit du pain qui saute du grille-pain, dans la cuisine. C'est samedi matin. Je suis dans ma chambre, dans mon lit, encore allongée. Je suis réveillée depuis plusieurs minutes. Le matin, le week-end, ma mère fait griller du pain. Tous les samedis et tous les dimanches, depuis que je suis petite, je me réveille avec cette odeur familièrement délicieuse.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Cette année de première s'annonce particulière pour Aurore : à la suite d'un accident de vélo, elle vient de perdre le goût et l'odorat.

Au lycée, elle fait tout pour cacher ce handicap, invisible aux yeux des autres. Mais en réalité, ce trouble s'avère plus envahissant que prévu, surtout quand Antoine, un garçon sur lequel elle fantasme depuis des mois, semble enfin s'intéresser à elle.

Privée de deux sens sur cinq, Aurore a soudain le sentiment que son propre corps lui est étranger. Comment poursuivre une vie sexuelle à peine amorcée quand on ne sent rien, pas même sa propre odeur ?

Une histoire d'amitié, de plaisir, de désir, de colère transformée en force et de réappropriation du corps. Celle d'une jeune femme portée par une joie de vivre farouche et communicative.

Nous nous verrons en août

De son vivant, Gabriel García Márquez ne souhaitait pas publier ce roman (nouvelle ?). Et pourtant, 10 ans après sa mort parait Nous nous verrons en août ! Qu’en penser ?

Certes, l’éditeur et les enfants semblent avoir des arguments et le livre n’est vraiment pas dénué de qualités… Mais !

Il n'y eut pas d'autres formalités. Tous les deux savaient où ils allaient, et c'était pour elle la seule chose claire qu'elle pouvait attendre de lui depuis qu'ils avaient dansé le premier boléro. Elle fut stupéfaite par la maîtrise de magicien de salon avec laquelle il la dénuda du bout des doigts, pièce de vêtement après pièce de vêtement, comme s'il pelait un oignon. Au premier assaut, elle crut mourir de douleur et d'une commotion atroce de génisse écartelée
Nous nous verrons en août de Gabriel García Márquez

Incapable de trancher sur ce fond polémique, voilà une nouvelle fraîche et titillante sur le désir d’une femme mariée.

Tous les ans, un soir, sur l’île, après avoir déposé des glaïeuls sur la tombe de sa mère, Ana Magdalena trouve… un nouvel amant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Elle revint dans l'île le vendredi 16 août par le bac de trois heures de l'après-midi.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Il était absurde d'attendre une année entière pour soumettre au hasard d'une nuit le restant de ses jours. »

Une fois par an, le 16 août, Ana Magdalena Bach prend un ferry pour passer une nuit sur l'île où est enterrée sa mère. Indifférente à la splendeur des Caraïbes, elle se contente de déposer un bouquet de glaïeuls sur sa tombe avant de retrouver son mari. Mais l'été de ses quarante-six ans, une aventure avec un inconnu va précipiter son destin.

Ana Magdalena découvre l'infidélité et la passion des corps en même temps que le dépit amoureux. Prise dans une spirale érotique, chaque pèlerinage sur l'île lui réserve un nouvel amant. En comprenant l'origine de l'attachement de sa mère à cette lagune peuplée de hérons bleus, Ana Magdalena échappera-t-elle au sortilège des Caraïbes ?

Nous nous verrons en août est une oeuvre d'une intense sensualité dans laquelle Gabriel García Márquez déploie tout son talent pour brosser le portrait d'une femme libre. La publication de ce roman inédit annonce les retrouvailles exceptionnelles avec le prix Nobel de littérature colombien.

L’indésir

L’indésir est une quête, celle de Nuria qui enterre sa mère. Une mère qu’elle ne connait pas, qu’elle n’a pas vue depuis 8 ans, une mère absente. Le deuil d’une inconnue.

Abel lève les yeux vers moi. Elle est belle comme toi. Elle n'est pas belle, cette femme. Elle est mauvaise, elle est seule, elle est malheureuse, elle n'est qu'elle et rien ne lui survit. Rien d'autre que les larmes de bébé croco d'un jeune idiot qui se tapait une vieille. Elle n'est pas comme moi. Je crache ça avec mépris.
L’indésir de Joséphine Tassy

Mais aussi une rencontre avec Abel.
bats-toi pour ton désir
attise-le comme un feu qui réchauffe et ne brûle pas 
attise-le comme le feu du jaune de tes yeux
Je ne sais pas quels sont les mots sortis de sa bouche et quels sont ceux sortis de ma tête. Tout s'est mélangé. Ça n'a pas d'importance.
Par faiblesse, j'aurais pu penser: c'est le destin.

Deux événements qui se percutent pour lui donner une chance de ressentir à nouveau, de désirer et de vivre.

Un livre marquant tant par son écriture que sa thématique difficile, une fille qui n’a pas été aimée par sa mère. Comment oser vivre, aimer ou désirer

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ce matin, je me suis réveillée avec une impression d'hier.
J'ai regardé mes pelures de la veille abandonnées là où hier je les ai laissées.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ce matin, Nuria s'est réveillée avec une impression d'hier. Dans la nuit, son téléphone a sonné : sa mère est morte. Elle ne ressent rien, aucun chagrin pour cette étrangère qu'elle n'a pas vue depuis huit ans. Avec Abel, un garçon croisé en boîte, elle part à la rencontre des drôles d'individus qui ont connu sa mère. Nuria cherche des réponses sans poser de questions. Sauf une, qu'elle garde pour elle. Le souvenir de cette femme qui n'a jamais voulu d'elle la renvoie à l'indésir qui lui colle à la peau.

Dès que sa bouche fut pleine

Le postulat de ce livre est hilarant (et très intéressant aussi). Et si c’était plutôt le fait de manger qui était tabou plutôt que la sexualité ?

Dès que sa bouche fut pleine, elle sut qu'elle n'oublierait jamais le goût, le plaisir, la puissance de cet instant, et que jamais, même si l'occasion se présentait un jour, même si quelqu'un était d'accord pour l'écouter, elle ne trouverait les mots pour en parler.
Dès que sa bouche fut pleine de Juliette Oury

Et dans cette société où tout le monde vit son alimentation caché – voir honteux – en ne se nourrissant que de barres anaromatiques, tout le monde baise et se touche, se retrouve pour une partie entre amis, partage une banquette entre collègues…

Mais petit à petit, Laetitia (qui s’emmerde quand même un peu dans son couple) sent monter le désir, celui de l’interdit, l’envie de goûter, de cuisiner, de manger, du gras, du goûteux, salé, épicé, sucré, des saveurs et des textures… Croquer dans cette irrésistible pomme !

Un livre sur le désir et la sensualité débordant d’érotisme culinaire

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Laetitia avait rarement très envie, le matin. Son sommeil était lourd et pénétré de rêves obscurs qui collaient à ses yeux quand elle ouvrait les paupières. Pourtant, chaque matin, quand Bertrand posait la main sur elle, quand elle sentait son érection contre sa cuisse, elle lui souriait, et puis elle se laissait faire.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Ce geste ne disait rien du désir de Bertrand, dont elle ne savait pas grand-chose, mais il parlait du jeune homme consciencieux qu'il était, de ceux qui avaient bien noté que les experts considéraient le rapport matinier, en ce qu'il rompait la chasteté de la nuit, comme le meilleur pour le métabolisme. Laetitia voyait que son amoureux mettait un point d'honneur à suivre les recommandations officielles et qu'il baisait donc équilibré, ne s'autorisant que peu d'écarts. »

Dans ce monde où la place du sexe et celle de la nourriture sont inversées, le sexe rythme les journées de tous, tandis que la nourriture est une affaire de l'intime, d'amants, qu'il faut taire et qui fait rougir.

Véritable expérience de lecture, Dès que sa bouche fut pleine est aussi un premier roman initiatique, l'histoire d'une jeune femme entraînée malgré elle par son désir, un désir défendu qu'elle va transformer en une force intime capable de la protéger contre toutes les formes d'aliénation. D'ailleurs, le désir et l'appétit sont-ils vraiment si différents ?

Le salon de massage

A la lecture de ce salon de massage, j’ai vraiment eu l’impression que Mazarine avait créé Souheila, lui avait donné un âge, un copain et un métier et s’était ensuite contentée de la regarder vivre…

… et entrer dans un salon de massage et…

Tout mon corps réagissait à ses mains calleuses dont j'aimai immédiatement la texture. Lorsqu'elle remonta le long de mes jambes vers mes fesses, je ne savais plus si j'espérais qu'elle s'y aventure ou si je le redoutais. Mon corps s'ouvrait et se détendait, mon esprit commençait à son tour à lâcher prise. Elle s'en tint au bas des fesses, puis au bas du dos. Rien dans son attitude ne laissait penser que son métier eût un aspect sexuel. D'ailleurs, il était bien noté sur une feuille imprimée et scotchée au mur que toute demande explicite serait sanctionnée par la loi. J'ignorais de quelle loi il s'agissait mais commençais à considérer que cette activité était tout à fait normale: masser était un métier à part entière, [...]
Le salon de massage de Mazarine Pingeot

Une Souheila qui semble vivre comme un bateau en papier qui descend le courant, se laissant porter, coincer, chahuter par les éléments.
Sur le chemin du retour, je laissai couler des larmes de rage et d'impuissance. Je ne savais plus ce que je faisais ni pourquoi. La gratuité de mon existence me sautait aux yeux. J'aurais pu sauter du pont de Tolbiac, mais même ça n'aurait pas eu de sens.

Une vie où même le désir, les rencontres ou les conflits ne semblent réussir à la toucher. Et pour qui ne se laisse pas toucher, quoi de mieux qu’entrer dans un salon de massage ?

« Chaque roman dit au lecteur : "Les choses sont plus compliquées que tu ne le penses." C'est la vérité éternelle du roman mais qui se fait de moins en moins entendre dans le vacarme des réponses simples et rapides qui précèdent la question et l'excluent. »
Milan Kundera, L'Art du roman
Un roman qui commence avec un épigraphe bien sympatoche !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je venais d'avoir 28 ans et un poste à Paris dans une école du XII arrondissement quartier tranquille dont l'ambiance me rappelait Nevers, là où j'ai commencé à enseigner. Je connaissais Paris pour y avoir fait mes études. Ce n'était pas nouveau pour moi, je n'y débarquais pas comme une provinciale apeurée ou au contraire curieuse de tout et qui va au-devant du danger. J'avais aimé la province bien plus que je ne l'avouais à mes amies ou à mon compagnon. Secrètement j'en nourrissais une nostalgie qui me donnait un air blasé, un air de Parisienne.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tout va bien pour Souheila. Ou, plus exactement, rien ne va mal. Alors, qu'est-ce qui la pousse à entrer dans ce salon de massage thaïlandais à deux pas de chez elle qu'elle n'avait jamais remarqué ? Et pourquoi n'en parle-t-elle pas à Rémi, l'homme avec qui elle partage sa vie ? C'est la question à laquelle elle va devoir répondre quand un scandale éclate, qui met au coeur de l'attention le salon de massage et ses clientes.

Souheila, plus à l'aise dans l'ombre et les interstices, se voit contrainte de se rapprocher de ces femmes avec lesquelles elle ne partage rien, si ce n'est d'avoir été victime des mêmes trafiquants. Mais être victime est-il suffisant pour créer des liens ? C'est pourtant par le biais de ce petit groupe que Souheila rencontre un homme qui va bouleverser le cours de son existence, l'obligeant à faire des choix, elle qui s'en remettait au hasard.

Avec une plume saillante et un humour mordant, Mazarine Pingeot s'attaque ici aux sujets les plus brûlants de notre époque