L’instant infime d’une respiration

S’il n’avait été si court, voilà un livre que j’aurais laissé tomber. Et pourtant ! Intrigué par la quatrième de couv’, j’ai persisté un petit peu et je me suis laissé prendre par ce père de famille, postier, avec quelques TOC et qui aime courir…

L'esprit comprend. Il comprend la vacuité de l'acte, du mouvement perpétuellement reconduit sans but autre que les kilomètres, de la mécanique trop bien huilée qui indéfiniment se meut sans raison que l'effort superflu et la performance vaine. L'usure des semelles à l'égal de l'usure de la vie, à peine de la poussière soulevée et déjà retombée, à peine d'infimes particules déplacées. Un chemin harassant, inutilement parcouru, une souffrance stérile, une énergie gaspillée. Et des résultats décevants, toujours décevants. Un travail d'arriérés qui nie l'être et ne valorise que la performance. Une famille-couperet, des ailes rognées, des jambes sciées, un cerveau lesté au sol, à ras de terre, qui désespère d'un envol ou d'un écrasement, et s'embourbe dans le quotidien.
Pourquoi courir ? Il aurait fallu fuir à temps. Mais pour aller où ?
L’instant infime d’une respiration de Catherine Bex

Jusqu’à sa rencontre avec Dieu.

L’histoire d’un délire mystique qui voit un homme sombrer en lui même.

Chronique d’une horreur

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ils serrent. Surtout ils serrent. Sans secouer. Mais ils serrent.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Martin vit comme il court, court comme il vit. Avec une exigence extrême. Perfectionniste, introverti, il passe aux yeux de tous pour un homme travailleur et sportif, bon père et bon mari. Pourtant, Martin est faille, bloc fragile sur le ballant. Rattrapé insidieusement par la maladie, aspiré par l'idéal et obnubilé peu à peu par son sentiment d'impuissance face à Dieu, il perdra pied inexorablement. Jusqu'au drame.

S'inspirant de faits réels, L'instant infime d'une respiration tente de dépeindre la plongée d'un homme a priori banal dans la folie, une folie menant à la négation complète d'autrui.

Déréglée : journal d’une ménopause

Vous approchez de la cinquantaine et vous êtes une femme : ne lisez pas forcément ce roman graphique, ça risquerait de vous faire peur. Quoique, c’est tellement drôle ! Tout compte fait : lisez-le, c’est trop bien foutu.

Vous approchez de la cinquantaine et vous êtes un homme (ou si vous n’êtes pas personnellement concerné-e par la ménopause) : lisez le absolument ! En plus de passer un bon moment, vous apprendrez quelque chose et vous changerez probablement votre regard !

Déréglée : journal d’une ménopause de Francine Oomen

Après une première partie consacrée à la ménopause et aux dérèglement physiques, mentaux, sociaux, humains… qu’elle peut induire (oui, Francine parle d’elle et de son cas précis, difficile d’en tirer des généralités), la seconde partie est beaucoup plus introspective (et encore plus touchante)

Un vrai bijou de bande dessinée à la créativité assez folle !

J’ai adoré !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le titre... Euh... Hum... Quelque chose avec le mot ménopause ? Ménopause : le guide de survie ? Non ! Comment j'ai survécu à la ménopause ? Comment j'ai vécu la ménopause ? Non plus, ça ne va pas ! Euh... Déréglée, journal d'une ménopause ?
Yes ! Je l'ai ! Yes !

Merde... Encore une bouffée de chaleur !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un roman graphique bourré d'humour, dans lequel Francine Oomen décrit sa traversée personnelle de la ménopause et la crise existentielle qui l'accompagne.
À 52 ans, Francine ne comprend pas ce qui lui arrive : cerveau en compote, bouffées de chaleur, sautes d'humeur, syndrome de la page blanche... Elle ne se reconnaît plus. Jusqu'à ce qu'elle identifie la source de ces bouleversements : la ménopause bien sûr !
Avec fraîcheur, sincérité et humour, l'autrice nous entraîne dans sa traversée personnelle de cette période si redoutée, dont les symptômes envahissants la plongent dans une crise existentielle et la poussent dans une introspection aussi douloureuse que salutaire.
Et si le secret, pour se libérer des injonctions de la société et des traumatismes du passé, c'était de ralentir ? Et si, pour surfer la grande vague de la ménopause, il fallait d'abord accepter de s'y jeter ?

Petite

C’est vraiment chou, cette histoire. Et en même temps, c’est plus que ça. Oui, il y a cette fougue, cette jeunesse et cette candeur absolument touchante (ou cucul selon le degré de cynisme condescendant), mais il y a plus que ça, un apprentissage, un moment clé de la vie et aussi un brin d’autodérision bienvenu.

Petite de Sarah Gysler

Alors certes, il n’y a pas tout, et Alice, et la famille, et … il m’a manqué des clés et parfois je me suis demandé, mais…

…mais bon! Ce n’est qu’un premier livre, la vie est là et elle commence à peine. Et attention, elle va très vite aussi

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je suis née au milieu des années nonante dans une famille décomposée. On était de ces enfants qui grandissent avec une clef autour du cou, connaissent les numéros d'urgence par coeur et savent faire cuire des pâtes avant même d'être en mesure d'atteindre les casseroles. Petite, on a tenté de m'expliquer que j'avais des "origines" par ma mère et un père qui ne peut plus courir parce qu'il a trop travaillé. En classe, j'écoutais des professeurs désabusés me raconter comment réussir ma vie. Plus tard, on m'a dit que je travaillerai dans un bureau parce que c'est ce qu'il y avait de mieux pour moi, qu'assez vite j'aurai un mari, une maison, puis des enfants, qui verront le jour presque par nécessité.

« À vingt ans, j'ai arrêté d'écouter les gens et je suis partie. Seule, en stop et sans un sou en poche. J'ai traversé l'Europe jusqu'au cap Nord, sans autre but que de ne pas pourrir chez moi. On peut dire que j'ai fui. C'était mon premier grand voyage.

« Dans ce livre, j'ai voulu raconter mes errances, mes chutes et comment la route m'a sauvée. »
S.G.

Ce livre est un roman d'apprentissage foudroyant, celui d'une petite fille qui transforme sa colère en odyssée. Avec humour et tendresse, la jeune globe- trotteuse raconte les tourments de l'enfance, son dégoût d'une société uniformisée, mais aussi son irrésistible soif d'être libre qui la pousse à dépasser ses peurs

Rejoignez-nous : #grevepourleclimat

Trente pages et tout est dit !

Rejoignez-nous : #grevepourleclimat de Greta Thunberg

Malheureusement, ce petit livre me fait trop penser à celui – Oh combien tout aussi essentiel – de Stéphane Hessel… Et combien inutile il fut.

Avec l’espoir d’un réveil !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
"Nous devons changer à peu près tout dans nos sociétés. Plus grande est votre empreinte carbone, plus grand est votre devoir moral. Plus grande est votre audience, plus grande est votre responsabilité.
Les adultes continuent de dire : C'est notre devoir de donner de l'espoir aux jeunes.
Mais je ne veux pas de votre espoir. Je ne veux pas que vous soyez pleins d'espoir. Je veux que vous paniquiez.
Je veux que chaque jour vous ayez peur comme moi. Et puis je veux que vous agissiez. Je veux que vous agissiez comme si vous étiez en crise. Je veux que vous agissiez comme si notre maison était en feu. Parce qu'elle l'est".
G.T.

Où allons-nous, mes amis ?

Parfait pour se questionner ou se réunir pour tenter de chercher des solutions, ce petit essai ne m’a pourtant pas emmené très loin avec lui. Un livre pourtant érudit et plein de bonnes intentions capable de mettre en évidences nos erreurs et nos manquements, mais sans pour autant proposer des solutions. Si ce n’est peut-être l’éducation et la discussion comme armes contre l’obscurantisme.

Où allons-nous, mes amis ? de Marek Halter
Où allons-nous, mes amis ? de Marek Halter

Oui, d’accord. L’intelligence contre la bêtise, soit ! Super, même. Mais…

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Mes amis, il ya urgence. Nous marchons et ignorons où mènent nos pas. Même l'horizon, que certains tentent de nous dessiner, se dissout dans le brouillard. Nous sommes comme ce voyageur du Transsibérien qui, jour après jour, se lamente sur son siège. « Personne ne peut m'aider, personne. - Mais pourquoi ? - Parce que, depuis une semaine déjà, je roule dans un train qui ne va pas dans la bonne direction ! » Depuis une semaine ? Pour nous, depuis bien plus longtemps. Avons-nous essayé de tirer la sonnette d'alarme ? De changer de train ? De direction ? Mais pour aller où ? Vieille question. Quo Vadis. Domine ? « Où vas-Tu, Seigneur ? » Où allons-nous, mes amis ? Où voulons-nous aller ? »

Dans un monde dominé par la peur et menacé par les guerres de religion, Marek Halter tente inlassablement de restaurer le dialogue entre juifs, musulmans et chrétiens. D'une voix puissante, il lance avec ce texte un nouvel appel à la réconciliation et à la paix

Danser au bord de l’abîme

Une vie plan-plan, le sentiment du vide et un envol possible. Tout laisser et vivre !

Danser au bord de l'abîme de Grégoire Delacourt
Danser au bord de l’abîme de Grégoire Delacourt

La chèvre de Monsieur Seguin le sent bien, elle doit partir, là-bas dans le noir. Rien ne pourrait la retenir.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d'un homme dans une brasserie.

Aussitôt, elle sait.

Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences

Les dunes sauvages

Réalisateur au bout du rouleau, Sébastien se retrouve au camping, chez les naturistes. Prêt à tomber la chemise ?

Les dunes sauvages de Marie Dô
Les dunes sauvages de Marie Dô

Souvent bateau mais plutôt sensible.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Rien ne va plus. Divorce, métier éreintant, fuite en avant, alcool et somnifères inopérants : Sébastien n'a pas le choix, il doit prendre des vacances. En urgence. Ses finances exsangues le contraignent à atterrir au camp Robinson, dans le bungalow de son ex-femme, qu'il n'a jamais pris le temps de visiter. Sur place, le quarantenaire en crise, roi de l'hyper-contrôle et maniaque des apparences découvre, atterré, son pire cauchemar : un camp naturiste et ses occupants à la spiritualité à des années-lumière de la sienne. Le corps et le coeur à nu, Sébastien doit composer avec ses étranges congénères. Au milieu des dunes, face à l'infini de l'océan, il se débat avec ses préjugés, ses fantômes et ses doutes, pour échapper au marasme existentiel qui le dévore