Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Michka s’en va, doucement, accompagnée par Marie, une femme qu’elle avait accueillie alors qu’elle était enfant, et Jérôme, l’orthophoniste de l’EPHAD.
Les gratitudes de Delphine de Vigan
Une petite vielle, devenue toute frêle, qui perd ses mots et qui s’éteint tout doucement.
Un livre et d’une grande sensibilité à la délicate poésie pour dire merci. Magnifique !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L'expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.
À qui ?
On croit toujours qu'on a le temps de dire les choses, et puis soudain c'est trop tard. »
Après Les Loyautés, Delphine de Vigan poursuit dans Les Gratitudes son exploration des lois intimes qui nous gouvernent
Il y a des belles phrases, des belles pensées, de la tendresse et beaucoup d’amour dans ce livre qui parle d’un jeune qui saute d’un pont, de sa mère et de sa petite sœur (et un tout petit peu du père), de ses amis et de ses rêves.
Il fait bleu sous les tombes de Caroline Valentiny
Mais je n’ai pas réussi à m’accrocher à cette histoire qui m’a perdu, ne sachant trouver mon chemin et ne réussissant pas à me laisser guider… pour aller où d’ailleurs ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Enfant, lorsqu'il était en vie, il se couchait dans l'herbe, le soir, pour observer le ciel. Aujourd'hui, depuis son carré d'herbe étanche à la lumière, il a beau plisser les yeux, il ne peut plus rien voir. »
Jusqu'il y a peu, Alexis était vivant. À présent, il ne sait plus. Il perçoit encore la vie alentour, le bruissement des feuilles, le pas des visiteurs, et celui, sautillant, de sa petite soeur qui vient le visiter en cachette.
Il se sent plutôt bien, mais que fait-il là ? Il l'ignore. Ses proches n'y comprennent rien non plus. Quel est le mystère d'Alexis ? Qu'a-t-il voulu cacher à en mourir ?
Caroline Valentiny explore le clair-obscur de l'existence dans un premier roman d'une subtilité et d'une douceur impressionnante
A l’attaque ! Un livre sur le courage qui fleure bon les tuniques bleues, l’humour en moins et la boucherie en plus.
L’insigne rouge du courage de Stephen Crane
L’histoire d’un petit bleu chez les bleus qui se retrouve face à la boucherie grise qui avance… Fuir ou tenir, fier ou couard ?
Les tuniques bleues de Lambil et Cauvin
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Henry, par désir de gloire, s'engage à 17 ans dans l'armée nordiste pendant les campagnes de la guerre de Sécession. Il se trouve rapidement blessé. Confronté à son manque d'expérience de la guerre, il doit admettre qu'il ne connaît pas son degré de courage
C’est toujours un peu pénible avec ces recueils posthumes… il y a des fonds de tiroirs et il y a des pépites, on retrouve des petites merveilles oubliées et on y colle des pages dispensables que les auteurs auraient probablement préféré oublier.
Passage de l’ombre : et autres nouvelles de Jacques Chessex
Un sentiment mitigé, donc, avec ce recueil de nouvelles inédites…
Mais au moins, on y lit du Chessex. Du noir, de l’obsessionnel, du sexuel, de l’amusé, du puissant et du dérangeant.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Jacques Chessex était travaillé par la question du mal, du désir, du salut - que les paysages et montagnes vaudoises ne purent jamais enserrer ni résoudre.
Plusieurs des nouvelles de ce recueil se déroulent dans un espace clos : hôpital psychiatrique ou pensionnat.
Le Portier met en scène des jeunes filles dans un dortoir, s'abandonnant aux attouchements de Jonathan. Celui-ci, égaré, voit en elles des brebis, dont il est le berger et le consolateur.
Dans Le chat et l'argent du chat, une dame tente de racheter la vie d'un matou à un chauffeur de bus payé pour le noyer...
Chez Chessex, le monde de Dieu n'est jamais loin, mais inatteignable - et son calvinisme austère toujours transgressé : toute laideur peut devenir grâce, quand l'écriture et l'envie s'en mêlent.
Il y a dans ces pages une vitalité, un goût pour l'extase, pour l'amour sous toutes ses formes, et une écriture sublime, provocante et tendre, que n'oubliera jamais le lecteur - familier ou découvrant cette oeuvre
Des subtiles variations sur des fantasmes, des désirs inavouables, des pulsions perverses, des envies honteuses…
Variations endogènes de Karoline Georges
C’est délicieusement cru, rude, sale, morbide et souvent drôle avec de surprenantes surprises !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Ils sont nombreux. Parmi eux, l'une attend sa naissance, l'autre est à l'apogée de son existence. Il y a quelques fous, des amants, un milliardaire, des enfants livrés à eux-mêmes. Ils sont animés par des intentions cruelles, sadiques, morbides ou masochistes. Ils tendent des pièges, mettent en scène leurs fantasmes, s'épuisent à poursuivre un idéal illusoire. Ils sont isolés. Ils s'apprêtent à mourir ou à commettre l'irréparable. Ils sont peut-être déjà morts. Assemblés avec minutie par une auteure au regard aussi tranchant qu'une lame, les quatorze tableaux de Variations endogènes forment un fascinant cabinet de perversités
Trois sœurs, trois parcours de vies avec chacune ses failles. L’enfance, l’adolescence, et vite arrive le temps du sexe et, à leur tour, de la maternité – pour celles qui le peuvent.
Le bus de Mélanie Richoz
Avec des hommes en filigrane.
Un livre sur la sororité, les liens qui nous relient, les blessures de la vie et de la chair.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Ça La fait rire de conduire un bus par lequel elle a imaginé tant de fois se faire écraser. »
Jeanne, Cerise et Léonie, trois soeurs hantées par le secret de la génération qui les précède. Trois soeurs qui se battent contre le vide. Puis Chloé qui s'apprête à réussir là où sa mère et ses tantes ont échoué...
C’est chou et horrible. C’est la guerre mondiale, la première, avec ses tranchées, la mort partout, les poux, la peur, les obus et la crasse.
Émilie de Aïssa Lacheb
Et il y a Émilie, une fillette de 10 ans, orpheline, qui fleurit les tombes.
C’est court. Une petite tranchée de poésie en enfer.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Nauroy, 1917, les Allemands occupent les restes du village détruit, le Cornillet et les monts de Champagne. La guerre fait rage sur le front ouest. De la mer du nord à la frontière suisse, tout n'est que ruines.
Dans cette désolation, Émilie, une orpheline de dix ans, sème des fleurs sur les tombes des soldats...
Pas grand chose à dire sur mon frère, c’est beau… Mais.
Mon frère de Daniel Pennac
Les incessantes références à Bartelby finissent par masquer ce frère dont Pennac n’arrive plus à s’approcher et ont fini, moi aussi, par me perdre.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Je ne sais rien de mon frère mort si ce n'est que je l'ai aimé. Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j'ai perdu. J'ai perdu le bonheur de sa compagnie, la gratuité de son affection, la sérénité de ses jugements, la complicité de son humour, la paix. J'ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu ?
Lorsque les couleurs et les détails des souvenirs ont disparu, restent les émotions, les sentiments, les odeurs et des couleurs.
Trois amours de ma jeunesse de Danièle Saint-Bois
C’est doux et tendre et la passion semble encore intacte après des années.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Comment apprend-on à se construire dans les années soixante-dix, à la campagne, quand on est une jeune femme attirée par d'autres femmes ? À l'époque, Danièle est mariée, élève ses trois enfants. Une vie conforme aux attentes de sa famille. Seule la littérature lui ouvre d'autres horizons. Sa rencontre avec Mia la foudroie. Mais comment s'assurer que ses sentiments sont réciproques ? Du souvenir de cette passion resurgissent, comme de poupées russes, d'autres visages : ceux de Frankie, adolescente qui fut son premier coup de foudre sur les bancs de l'école, puis de Linda, dont elle tomba amoureuse à la veille de son mariage.
Trois amours de ma jeunesse est le récit autobiographique d'une éducation sentimentale tourmentée. Danièle Saint-Bois s'y livre comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. Dans ce travail d'archéologie intime, écrit avec les tripes, on retrouve son style plein de fougue et sa colère envers une époque qui lui a volé, chaque fois, la possibilité d'aimer et d'être aimée
Joli fantasme que de ne jamais mourir. Et plus encore en regardant ses enfants grandir. Frédéric se lance à la recherche de sa propre éternité en consultant les plus grands scientifiques en génétique et les experts du vieillissement.
Une vie sans fin de Frédéric Beigbeder
Mais la vie éternelle, cela peut devenir un peu long… comme ce livre qui n’en finit plus.
Alors que plus court, plus incisif il eut été probablement bien plus convainquant.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « La vie est une hécatombe. 59 millions de morts par an. 1,9 par seconde. 158 857 par jour. Depuis que vous lisez ce paragraphe, une vingtaine de personnes sont décédées dans le monde - davantage si vous lisez lentement. L'humanité est décimée dans l'indifférence générale.
Pourquoi tolérons-nous ce carnage quotidien sous prétexte que c'est un processus naturel ? Avant je pensais à la mort une fois par jour. Depuis que j'ai franchi le cap du demi-siècle, j'y pense toutes les minutes.
Ce livre raconte comment je m'y suis pris pour cesser de trépasser bêtement comme tout le monde. Il était hors de question de décéder sans réagir. »
F. B.
Contrairement aux apparences, ceci n'est pas un roman de science-fiction