Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Ça tire dans tous les sens, tout le monde se défonce et ça baise pas mal aussi. Il y a des morts par paquets et la police est débordée.Défoncé de Mark Haskell Smith, traduction de Julien GuérifEt en plus, c’est bien drôle et même un poil irrévérencieux !
Un cocktail plus que sympa pour s’envoler dans les vapeurs d’une herbe de qualité… Attention ! Pas n’importe quelle daube : de l’Elephant Crush, gagnant de la Cannabis Cup !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Une balle peut vraiment foutre votre journée en l'air.
Il sortit de sa maison et pénétra dans le halo de chaleur incandescente. La balle fusa du canon d'un pistolet, jaillit par la vitre ouverte d'un SUV, brûla un trou noir aux contours parfaits dans sa veste (celle qu'il avait achetée dans la friperie de Sunset Boulevard, avec le mot Tigers en lettres orange éclatantes), puis déchiqueta sa chair et enfonça des particules de T-shirt dans sa poitrine.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Miro Basinas, passionné de botanique, cultive ses plants avec amour. Il ne s'agit ni de fleurs ni de fruits et légumes, mais de marijuana.
Comme c'est un artisan doué et consciencieux, il remporta la prestigieuse Cannabis Cup d'Amsterdam, une véritable consécration qui doit lui ouvrir les portes de la gloire. Dès lors, tout ce que l'univers compte de plus défoncé se met en quête de son produit.
Gangsters, mormons, belle Portugaise enceinte, hommes d'affaires douteux : toux n'ont plus d'yeux que pour Miro. Et biens sûr, les ennuis commencent...
Découvert avec beaucoup de plaisir l’année passée, je me suis dit que j’allais guigner du côté des premiers romans de Erwan Larher. Et grand bien m’en a fait !Qu’avez-vous fait de moi ? de Erwan LarherCe premier roman est une sorte de thriller conspirationniste avec un antihéros assez particulier pris dans un engrenage qui le dépasse totalement.
C’est écrit avec des mots (oui, Erwan a des mots (ou un dictionnaire avec beaucoup de pages, qu’en sais-je)) et on y trouve quelques raretés qui m’ont plusieurs fois coincé… Que peut bien faire Nogret lorsqu’il s’amuït ? J’ai dû chercher un peu, je l’avoue.
Un scénario un peu cucul mais fort sympa avec style littéraire plutôt soutenu (un poil frimeur), un premier roman fort enlevé. Très sympa !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Comme la pratique en plein air du badminton, qui ne tolère pas de conditions météorologiques approximatives, mon petit déjeuner ne supporte pas l'à-peu-près.
Que la minuterie ne mette pas la cafetière en marche à l'heure prévue, que la chaîne stéréo ne se déclenche pas simultanément, que j'aie omis de mettre une brique de lait au frais et la mauvaise humeur prend, soudaine, calcinant l'enchevêtrement fragile de ma garrigue intérieure ; je n'enrayerai le sinistre que plusieurs heures plus tard, pour peu que rien ne soit venu l'attiser entre-temps. Mon bol de café chaud m'attend, les enceintes éructent du gros son, environnement familier, je maîtrise mon retour quotidien à la surface du monde, démiurge détendu, quand survient l'incident.
Plus de clopes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Je suis une bombe...
Fragmenté de frustrations.
Vous m’avez gavé de savoirs, vous m’avez infiltré de connaissances, puis vous m’avez jeté sur votre marché du travail, lesté de bagages mais sans rien ni personne pour me guider, avec en guise de boussole un impératif sans cesse instillé par vos médiatiques nervis : réussir.
Je me suis perdu, il va de soi.
Je ne me suis même peut-être jamais trouvé.
Maintenu en dehors de votre monde – à la lisière tout d’abord, puis imperceptiblement de plus en plus loin à la périphérie –, je me suis mis à le haïr. Vous avez fait de moi un rebelle au lieu d’un petit soldat.
Je voulais bien jouer le jeu mais tous les rôles étaient déjà distribués. Alors je m’en suis écrit un.
S’il n’y a plus de révolutions, j’en inventerai.
Je suis une bombe...
Fragmenté de frustrations.
Et j’ai rencontré des artificiers. »
Léopold Fleury
Entre fantasme et réalité, Léopold découvre un abîme où il va basculer. Pris dans un engrenage infernal, il décide de livrer un combat héroïque. Mais comment démêler le vrai du faux sans laisser de corps au bord du chemin, ni plaider coupable ?...
Un groupe de jeune loulous mal assortis attendent que des vieux sortent de leur maison isolée pour en ouvrir le coffre et s’envoler avec l’oseille. Mais (oui, il y a bien évidement des mais !) tout ne se passe aussi facilement que prévu.
Une nuit de pleine lune de Yves H. et dessin de Hermann
Une bande dessinée dans les canons du duo Huppen père et fils avec un début au soleil qui s’enfonce rapidement dans une sanglante noirceur réglée par une loi du talion franchement expéditive.
Un album aux 56 pages contractuelles, le boulot est fait… sans trop de surprises
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Karim rêve de retourner vivre un jour au Maroc, dans une villa au soleil, au bord de la mer. Mais pour ça, il aurait besoin de toucher le pactole. Avec une équipe pas vraiment pro, il décide de s'attaquer à la petite fortune d'un couple de particuliers… Ce sont donc cinq jeunes nerveux et mal préparés qui pénètrent un soir chez les Boisseau, un couple âgé vivant dans une maison isolée en rase campagne. L'idée est d'attendre le retour du couple et de les effrayer suffisamment pour qu'ils dévoilent le code de leur coffre. N'importe qui finirait par céder ! Sauf que Boisseau n'est pas n'importe qui…
Un polar (thriller ?) au milieu de l’apartheid et du racisme dans les tonwships d’Afrique du Sud qui monte gentiment… et de plus en plus, et de pire en pire, et quand c’est trop, il y a encore plus pire.
Zulu de Caryl Ferey
Un thriller (polar ?) absolument addictif, qu’on se dépêche de terminer pour regretter ensuite de l’avoir trop vite dévoré.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs en Afrique du Sud : la violence et le sida. Une jeune fille est retrouvée cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. La cause du massacre semble être une drogue de composition inconnue. Neuman, qui enquête dans les townships sur l'agression de sa mère, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur. Ils ne savent pas où ils mettent les pieds... Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...
Une femme qui se retrouve à faire ses valises, prendre un flingue et ses deux filles et à fuir, loin, sans laisser de traces pour se protéger, elle et ses filles.
Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé
S’en suit un roman très bien construit, fait de flash-back pour comprendre pourquoi et par qui ?
Et, petit à petit, la personnalité de la mère apparaît, son histoire, enfance, mariage, Tonton Gio, Santini… Le voile se lève
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Gloria a choisi ce jour de juin pour partir. Elle file récupérer ses filles à l'école et les embarque sans préavis pour un long voyage. Toutes trois quittent les rives de la Méditerranée en direction du Nord, la maison alsacienne dans la forêt de Kayserheim où Gloria, enfant, passait ses vacances. Pourquoi cette désertion soudaine ? Quelle menace fuit-elle ? Pour le savoir, il faudra revenir en arrière, dans les eaux troubles du passé, rencontrer Giovannangeli, qui l'a prise sous son aile à la disparition de son père, lever...
C’est drôle et les pages se tournent, impatientes. Le glauque devient risible et l’inextricable se complique encore. Un bon moment à passer aux côtés d’une splendide psychopathe aux amoureux transis et de sa sœur un peu débordée.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Quand l'esprit de famille pousse à l'extrême... Korede s'est donné pour mission de protéger sa cadette envers et contre tout, et ce n'est pas une mince affaire. Non contente d'être la plus belle et la favorite de leur mère, Ayoola a aussi la fâcheuse habitude de tuer ses amants. Ainsi, au fil du temps, Korede est devenue experte pour faire disparaître les traces de sang et les cadavres. "Seulement, avec Femi, ça fait trois. Et à trois, on vous catalogue serial killer... "
A l'instar d'une Jane Austen des temps modernes, Oyinkan Braithwaite interroge les liens du sang, tout en pratiquant une critique en règle de la société nigériane : sa corruption, ses différences de classe, son machisme exacerbé... Une comédie noire et décalée, aussi mordante que glaçante
Un suspense à la lenteur rurale, une tension qui monte par échelons, des événements qui se télescopent dans un réalisme glaçant. Un chien mort et tout s’emballe dans une spirale morbide.
Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre
Trois périodes de la vie d’Antoine pour un fait divers avec un dénouement salement tendu.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien... »
P.L.
Deux histoires en parallèle, une mère qui hait la sienne et qui a perdu son fils. Un fils qui perd sa mère avec laquelle il avait une relation fusionnelle. Des profils psy qui vont très bien pour un thriller pas trop mal torché.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Photographe de l'identité judiciaire, Iris Baudry est discrète, obsessionnelle, déterminée. Disponible nuit et jour, elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant.
Mais une nouvelle affaire va la ramener au coeur de son cauchemar : dans la ville maudite où son enfant a disparu, un tueur en série s'est mis à sévir. Et sa façon d'écorcher ses victimes en rappelle une autre...
La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu'Iris croyait éteint va s'enflammer à nouveau dans l'objectif de son reflex