La fragilité des hommes

Cette fragilité est pleine d’une puissance magnifique.

La fragilité des hommes de Zabus, dessins de Nicoby, couleurs de Pierre Jeanneau, Laurence et Salomé Ory
Cet album sensible touche au cœur des hommes et de leur foutue virilité comme le chante Marguerite.

Un bijou de théâtre de la vie dans village un peu… Mouais avec des hommes appuyés au zinc et bien en peine avec leurs émotions

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Cette histoire commence ici, chez moi. Ici où rien ne se passe, ici où personne ne parierait que les événements à venir auront bel et bien lieu.
Et pourtant...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Cette histoire se passe là où rien ne se passe... à Mouais, une petite ville que les jeunes ont quitté pour travailler ailleurs et où les vieux sont morts. Ceux qui y restent ont simplement oublié de partir. Mais Fanny débarque en ville... La comédienne compte bien glaner les histoires de chacun pour en composer un spectacle de rue.

Sauf qu'à Mouais, on ne parle pas d'intime, et encore moins les hommes. Et certainement pas François. Son mètre quatre-vingt-quinze vouté sur une quarantaine bien tassée et son incapacité à terminer une phrase, François est pourtant chargé d'accompagner l'étrange projet. A moins que, justement, il ait lui aussi des secrets qui ne demandent qu'à s'échapper ?

Entre comédie douce-amère à manière des frères Coen et récit à l'âpreté proche de Ken Loach, Zabus et Nicoby raconte la désindustrialisation et la difficulté masculine à communiquer.

Gonzalo et les autres

Si son premier roman, Suiza, m’avait cisaillé, Saint Jacques ne m’avait guère laissé de souvenirs et j’avais donc laissé Gonzalo de côté… Jusqu’à ce que, bienheureusement, on m’en loue la qualité. Et merci !

J'ai voulu rencontrer d'autres femmes ensuite, pour tenter d'oublier, de guérir, mais je cherche toujours une part de Bonnie dans mes nouvelles conquêtes. J'ai des séquelles insurmontables, des lésions chéloïdes sur le cœur qui le rendent encore plus dur à s'émouvoir, je fais de l'arythmie d'amour. Je finirai seul, Gonzalo, je ne sais pas aimer. Quand la solitude sera trop corrosive, que je me sentirai trop ankylosé, j'irai parfois à Cáceres me promener dans les rues et m'enivrer aux terrasses dans la touffeur du soir. Je m'injecterai un rappel d'amour, en m'arrêtant sous les porches, je remonterai vers la rue Roso de Luna et, depuis notre ancienne chambre d'hôtel au velux ouvert sur le ciel, je me souviendrai de tout et j'écrirai comme Neruda les vers les plus tristes de ma vie : « La nuit est pleine d'étoiles, elle n'est pas avec moi. »
Gonzalo et les autres de Bénédicte Belpois
Ce roman choral où les amis, voisins et famille de Gonzalo prennent tour à tour la parole, respire la vie.

Un livre magnifique ou l’amour, tout comme Gonzalo, s’en vient et s’en va

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Aujourd'hui j'ai écrit à la Tía Cayetana.
Elle seule peut faire quelque chose pour moi. Elle ira parler au Père, certainement, elle plaidera ma cause. Elle a toujours trouvé les mots pour l'adoucir et il l'écoute comme un oracle depuis l'enfance.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Gonzalo, fils d’un viticulteur d’un petit village d’Estrémadure, s’enfuit pour éviter le service militaire instauré par les franquistes et le destin médiocre auquel il se croit promis. Mais, après des années passées en France et un amour malheureux, il embrasse de nouveau ses racines et l’immuabilité de la vie rurale.
Il devient alors pour les autres le confident, celui à qui chacun peut livrer les grandeurs et les misères de son existence. Car c’est le portrait d’un village qui se dessine au travers des récits de ces personnages si attachants, un lieu clos où tous se connaissent et où chacun conserve ses secrets. Avec ce roman, Bénédicte Belpois continue de tracer une œuvre singulière au prisme d’une écriture très haute en couleur, sincère et émouvante.

La belette

Publié trois ans après Silence, cette bande dessinée reprend des lieux similaires et la même sensation d’oppression s’en dégage. Entre sorcellerie et religion, les nouveaux venus ne sont guère bien accueillis.

La belette de Didier Comès
Comès accentue ici le trait et les visages en pâtissent en même temps que le scénario se montre moins créatif.

Une suite (qui n’en est pas vraiment une) moins heureuse que le noir et brillant Silence mais qui, avec lui, annoncent les débuts du roman graphique

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
... Non ! Non ! ...
Rien à faire, elle ne me plaît pas !
... Je la sens hostile !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
En quelques sortes, un prolongement de « Silence ». La sorcellerie est toujours le vecteur de ce très bel album. Plusieurs éléments se côtoient dans ce roman qui a pour cadre la région natale de Comès. La fécondité et Démeter, la déesse mère avec Anne, Pierre son fils autiste et la Belette face à la religion représentée par le curé Schonbroodt sans oublier la nouvelle religion : la télévision représentée par Gérald, réalisateur venu de la ville. Les tensions et les rivalités du petit village Amercoeur sont dépeintes avec beaucoup de sensibilité.

Indésirable

Sam n’est ni homme ni femme, ou alors et femme et homme. Et lorsqu’iel s’installe dans un petit village de France… ça passe difficilement.

La main à la pâte
Les clés. Ce n'est pas grand-chose, des clés. On en manipule tous les jours, on n'y fait même plus attention, sauf à les perdre ou les oublier. Or les clés que maître Boisrond vient de pousser vers elui sur son immense bureau, Sam ne les considérera jamais comme de simples morceaux de métal dentelés.
Iel n'oubliera jamais ce moment.
Durant le court trajet entre l'étude et la Maison du Disparu, Sam peine à démêler le lacis de sensations qui læ parcourt.
La main à plat sur le mur, iel fait le tour du bâtiment. Puis, d'un geste solennel, ouvre la porte d'entrée. Entre. Chez elui.
Referme la porte.
 ─ Bonjour, la maison.
Indésirable de Erwan Larher
Une histoire pleine de retournements, de renversements… Mais surtout, une écriture géniale qui permet enfin à la langue française de s’adresser à celleux qui ne se retrouvent pas dans une vision par trop binaire.

Un roman qui se lit d’une traite mais qui pêche toutefois par une fin qui m’a semblé inutilement tarabiscotée, comme si l’auteur n’avait, au dernier moment, pas assumé son intention première

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'érotisme des vieilles pierres
Paysage bucolique à tendance bocagère, relief vallonné, revêtement routier récent ─ à l'oreille, probablement un béton bitumineux drainant. Comme sur la plupart des voies carrossables hors agglomération, la vitesse maximale autorisée insulte la puissance, la tenue de route et les équipements de sécurité des automobiles récentes. Ces vingt dernières minutes, Sam a failli se faire flagrant délinquer deux fois par des radars mobiles de type Vitronic PoliScan F1 HP. Et maintenant que le moindre quidam à penchants délateurs peut prêter serment pour moucharder ses semblables, rien ne dit qu'un radar embarqué, dont sont friands les collecteurs de taxes, n'ait pas croisé sa trajectoire infractionnelle.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quand Sam Zabriski s'installe à Saint-Airy, dans la maison dite «du Disparu», le destin de ce village rural au riche passé historique bascule.
Ici, on se méfie un peu des étrangers. Ici, on décatit très bien entre-soi. Ici, on a des certitudes, dont celle que l'humanité se compose d'hommes et de femmes. Or impossible de deviner à quel genre appartient Sam, par ailleurs énigmatique quant à son passé. L'incertitude et l'inconnu dérangent, les passion s'exaltent, les tensions s'aiguisent. Après quelques escarmouches, la guerre est bientôt déclarée. Personne n'en sortira indemne.
Roman noir, roman politique, étude de mœurs, Indésirable déroule cinq années de la vie d'un microcosme perturbé par l'arrivée d'un corps étranger. Et forge une langue pour exprimer le dissemblable.

Le haut mal

La tension de ce haut mal ne réside pas dans le suspense, le meurtrier (enfin, la tueuse) étant connue dès le début. Pourtant, ce roman noir de Simenon reste nauséabond d’un bout à l’autre. Sale dehors comme dedans.

Mme Pontreau alla dans le dernier grenier et choisit le plus profond des intervalles qui s'étaient creusés entre les poutres. Avant d'y mettre les dix billets, elle les entoura de papier qu'elle ficela avec un morceau de cordon rose pris à son jupon. 
La place de Nieul était toujours aussi nue. Les curieux, refoulés par les gendarmes, formaient un barrage à cent mètres de la maison grise. Parfois une auto passait sans s'arrêter devant chez Louis, en direction de Marsilly ou de La Rochelle. Le docteur était parti à Lauzière où il avait trois malades. 
On aurait pu croire qu'il allait geler, tant le ciel était blanc et toutes les couleurs crues dans l'air trop transparent. 
Un seul être traversait de temps en temps la place déserte. C'était la mère Naquet, avec son chapeau noir, son parapluie, qui marchait jusqu'à l'angle du chemin de la mer. Là, elle avançait un peu la tête pour voir sans être vue. Elle parlait toute seule. Elle battait en retraite, agitée, comme si elle eût voulu rentrer chez elle, mais bientôt elle faisait demi-tour et venait voir à nouveau.
Le haut mal de Georges Simenon
Dans une ferme mal tenue, la belle-mère tente de remettre de l’ordre en se débarrassant de son gendre incapable.

Un vrai Soulages, brillant de noirceur

Tous les romans durs de Simenon
7. Le haut mal
6. Les gens d’en face 8. La maison du canal
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le gamin poussa la porte et annonça, en regardant la femme de ménage qui, les mains sanglantes, vidait les lapins :
« La vache est morte. »
Son vif regard d'écureuil fouillait la cuisine, à la recherche d'un objet ou d'une idée, de quelque chose à faire, à dire ou à manger et il se balançait sur une jambe tandis que sa sœur, ronde et frisée comme une poupée, arrivait à son tour.
« Allez jouer, prononça Mme Pontreau avec impatience.
- La vache est morte !
- Je le sais.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Trois femmes traversent la place du village en direction de l'église. Depuis des années, on les voit toujours ensemble. On ne s'occupe plus d'elles, on ne leur parle plus. Impénétrable, la veuve Pontreau marche en tête, gantée et chapeautée. Sa fille Hermine la suit, invisible dans son tailleur gris. A son côté, la mère Naquet, laide et sale, avec son parapluie et ses souliers trop grands, a l'air de sortir d'un conte de fées.
Il y a longtemps que ce trio sinistre ne fait plus peur à personne. Depuis ces jours d'été tragiques à la ferme Pontreau où un homme atteint d'épilepsie – le haut mal –, faisait une chute mortelle. De cette mort et des drames qui s'ensuivirent, ces femmes murées dans leur silence détiennent le secret.

La montagne entre nous

Après avoir trouvé le dessin un peu approximatif malgré des planches aux aquarelles très réussies, j’ai fini par me laisser emporter par cette bande dessinée très touchante. Histoires de vies qui se sont manquées, de secrets de famille un peu pourris, de la violence des hommes et de la force des femmes.

La montagne entre nous de Marcel Shorjian, dessins de Jeanne Sterkers
Une histoire – parfois un peu cliché – qui se passe au rythme des villages qui vieillissent, à l’heure où les morts qui s’en vont révèlent des secrets bien enfouis

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Dans quelques minutes, le train entrera en gare d'Entre-les-Monts.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
N’est-il jamais trop tard pour s’aimer ?

De leur village d’enfance niché dans la montagne, Marcia s’est échappée pour la grande ville. Pour une autre vie. Florence, elle, est restée, s’est mariée et a repris la boucherie familiale comme son père l’avait toujours espéré. Pourtant, à l’adolescence, lors leurs escapades secrètes dans la forêt loin des regards inquisiteurs des villageois, c’était Florence qui brillait par son désir d’évasion.

Pourquoi Marcia a laissé Florence derrière elle ? Pourquoi Florence ne l’a pas suivie ? Quand Marcia rentre dans son village natal après trente ans d’absence et de silence, les retrouvailles entre les deux femmes sont assombries par les non-dits et les regrets. Entre rapprochements timides et tension latente, les vraies raisons de leur séparation refont surface…

La langue des choses cachées

La forme est travaillée, recherchée, poétique à l’excès. Elle en enrobe le fond et l’histoire pour en devenir une figure de style ampoulée qui m’a lassé et laissé en surface.

 - Je ne dis pas que c'est votre faute, ni que vous avez menti. Mais vous n'êtes pas malade, pas vraiment, n'est-ce pas?
La jeune femme soupira. La maison ne prendrait pas feu. La colère redevint une ombre et la mère avança le buste, pliée, son visage à hauteur de figure, elle tendait le cou comme un cygne.
 - Je ne suis pas malade, mais j'ai si mal, souffla-t-elle, les yeux descendus sur son ventre.
 - Vous avez mal de chagrin. C'est la vraie douleur.
La langue des choses cachées de Cécile Coulon

Et même l’histoire (qui baigne dans un ésotérisme qui me laisse généralement froid, il est vrai), de guérisseurs et guérisseuses se transmettant leurs dons pour soigner celles et ceux pour qui les hommes ne peuvent rien, ne m’a pas vraiment touché

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Car c'est ainsi que les hommes naissent, vivent et disparaissent, en prenant avec les cieux de funestes engagements: leurs mains caressent et déchirent, rendent la peau si douce qu'on y plonge facilement des lances et des épées.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À la tombée du jour, un jeune guérisseur se rend dans un village reculé. Sa mère lui a toujours dit : « Ne laisse jamais de traces de ton passage. » Il obéit toujours à sa mère. Sauf cette nuit-là.
Cécile Coulon explore dans ce roman des thèmes universels : la force poétique de la nature et la noirceur des hommes.
Avec La Langue des choses cachées, ses talents de romancière et de poétesse se mêlent dans une oeuvre littéraire exceptionnelle.

Les battantes

Une histoire de village, d’Italie et de guerre. Une histoire de haines ancestrales, de jalousies, de rivalités et… au milieu, un terreau fertile pour les amours interdites des jeunesses qui se découvrent.

Les plus petits mangeaient à contrecoeur mais mangeaient. La tentation était trop forte. Les grands résistaient, se montrant au-dessus de ces bestialités terrestres. Au mieux, ils picoraient.
Qu'il s'agisse de repas de fête ou ordinaires, le rituel était le même: porcelaine fine, argenterie, nappes damassées, cristal de Daum.
Même en temps de guerre, paraît-il, l'étiquette avait été respectée. Dans des assiettes peintes à la main, ciselées d'or, on consommait les miettes que la campagne offrait en période de disette. Mais avec des couverts en argent et des mains propres, la misère vous semble moins misérable, proférait zio Umberto d'un air supérieur.
Ces repas se déroulaient plus ou moins en silence, peu de mastication, aucun plaisir puisque le plaisir, nous le savions, était réservé aux besogneux et aux indigents.
Les battantes de Simona Brunel-Ferrarelli

Malgré plusieurs époques et leur traitement un peu brouillon (ou trop emmêlé pour moi), le style et la passion emportent ce livre très touchant.

Il ne manque qu’un balcon pour se croire à Vérone…

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Lundi 6 septembre 1943
Premier jour d'école. Je ne sais pas si je tiendrai. Ils m'ont amené leurs gosses avec une méfiance de paysans obtus et coincés. C'est parce que je ne suis pas d'ici. Et que je suis une femme.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
"Dans ma famille, aucun évènement, pas même la guerre, ne pouvait enfreindre les certitudes d’un nom qui se savait fort pour sa discrétion, sa respectabilité. Aucune faute, commise ou non, ne serait jamais avouée. On trouverait le moyen de l’étouffer, de la rendre invisible et non advenue.
C’est ainsi que les histoires de famille, racontées à demi-mot par des tantes radoteuses, réchappées à l’enclos du silence pendant les fugues de mon enfance, constituèrent, à l’insu de tous, les vraies bases de mon éducation."
Âpre et rude est la vie à Rocca Patrizia ; frustres et obtus sont ses habitants. Dans cette atmosphère où l’on s’observe, se toise et se jalouse évoluent les familles du village. Leurs liens se dévoilent subtilement au fil des pages. Simona Brunel-Ferrarelli redonne vie avec fougue à cette Italie d’autrefois, aussi dramatique qu’envoûtante. Un roman que porte une écriture musicale et charnelle.

Le rapport de Brodeck

Lu après la sublime adaptation en BD par Larcenet… Quel choc !

Il est difficile de reprendre son souffle après une telle lecture. Magnifique et pourtant d’une noirceur abyssale.

Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

Un livre sur les pires vomissures dont les hommes sont capables, sur la guerre et la haine de l’autre, les fascismes, les compromissions et les exactions.

Mais aussi par effet de miroir, un conte sur la beauté simple de l’amour qui tente sans jamais perdre espoir, de survivre dans toute cette saleté.

Bouleversant

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.

Moi je n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.

Mais les autres m'ont forcé : "Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études." J'ai répondu que c'étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d'ailleurs, et qui ne m'ont pas laissé un grand souvenir. Ils n'ont rien voulu savoir : "Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses. Ça suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s'embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront." »

Le rapport de Brodeck

Deux tomes, l’autre et l’indicible

Glacial !

Le rapport de Brodeck, tome 1 : L’autre de Manu Larcenet

Il neige, il fait froid, ça pue l’isolement, le repli et la haine de l’autre.

L’autre assassiné.

Charge à Brodeck d’en rédiger le rapport dans l’étouffante atmosphère post guerre – camps de concentration – compromissions avec l’envahisseur.

Le rapport de Brodeck, tome 2 : L’indicible de Manu Larcenet

D’après le roman de Philippe Claudel

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'autre
L'Anderer ?
Vous n'avez pas fait ça, quand même ?

L'indicible
Dankelish, Fédorine.
Hier soir, quand Schloss m'a montré la chambre de l'Anderer, j'ai pris peur.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Brodeck établit de brèves notices sur l'état de la flore et les saisons, un travail sans importance pour son administration. Il ne sait pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal. Le maréchal-ferrant lui demande aussi de consigner les évènements du village.