Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
C’est parfois drôle et tendre et à d’autres instants, c’est glauque et sordide. 40 histoires de femmes, 40 portraits autour de la complicité ou de la rivalité, de l’amour ou de la répulsion, des envies ou du dégout.
O vous, soeurs humaines de Mélanie Chappuis
Peu d’hommes dans ce recueil de nouvelles très courtes qui pourtant, ouvrent toutes sortes de portes sur un monde, une relation, un début, une histoire…
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Mère, amie, amoureuse, rivalités, fidélités, complicités... quarante portraits de femmes qui vont vous rappeler quelqu'une
Leonardo, un gardien de musée d’art contemporain plutôt quelconque, passionné de voitures avec deux doigts en moins (lui, pas les voitures), surprend sa fiancée (chaste et catholique) à cheval sur le pénis de Devin, son voisin. Cocu !
Divine vengeance de Francesco Muzzopappa
Après une petite déprime, vengeance !
C’est plutôt rigolo… mais guère plus.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Leo est fou amoureux de sa copine, mais, très pratiquante, elle suit à la lettre les principes de l'Église et ne veut pas coucher avant le mariage. Qu'à cela ne tienne ! Il s'apprête à faire sa demande et... la surprend en plein ébat avec un autre. Furieux, Leo se lance alors dans une vengeance digne des films de Tarantino : il va bafouer un à un les dix commandements et mener la vie rude à la belle, à sa famille, et même à son perroquet. Car pour se consoler, quoi de mieux que de se venger ?
Une femme disparue qui se dévoile au fil des indices qui parviennent au questeur chargé de l’enquête. Un portrait complexe se dessine.
Noli me tangere / Ne me touche pas de Andrea Camilleri
Une nouvelle bien tendue pour une fin un peu frustrante.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Laura, belle et brillante épouse d'un grand écrivain, disparaît alors qu'elle était sur le point de finir son premier roman. Son mari s'inquiète, la presse s'emballe et toute une ribambelle d'amants en profitent pour dire tout le mal qu'ils pensent d'elle. Mais Laura est-elle cette séductrice cruelle et sans cervelle, cette femme calculatrice et superficielle, ce monstre d'égoïsme que décrivent ses amants ? Ou bien un être tourmenté et absolu, avide de spiritualité, chroniquement affligé de crises de mélancolie, de ghibli, comme elle dit, qui l'obligent à se retrancher du monde et des hommes ?
Le subtil commissaire Maurizi mène une enquête discrète sur les traces d'une femme mystérieuse, fascinée par la fresque de Fra Angelico Noli me tangere, qui a magistralement orchestré sa propre disparition.
Construit comme un kaléidoscope de dialogues, articles, lettres qui tentent tour à tour d'approcher l'insaisissable Laura, ce court roman est un formidable hommage à une femme libre et à la possibilité qu'a tout un chacun de se réinventer radicalement
La solitude pesant, une femme noue une relation épistolaire avec un homme via une petite annonce.
S’escrimer à l’aimer de Laure Mi Hyun Croset
Une mignonne nouvelle sur l’éveil des sens, les attentes, les fantasmes et les peurs de l’inconnu qui se dévoile au fil de ses lettres.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le court roman S'escrimer à l'aimer relate une histoire d'amour épistolaire. Construit en suivant les différentes parties d'un match d'escrime, il exprime comment une femme est en lutte avec elle-même, avec ses fantasmes, ses craintes et ses limites. D'un style classique, mâtiné de langue parlée, ce récit se veut avant tout badin et ironique. Le narrateur se moque, avec la complicité du lecteur, de son personnage un peu ridicule mais, comme les héros de Flaubert, pas si éloigné de tout un chacun
Dommage, c’est pas mal, mais reste une impression de traitement de surface, comme si Marie Maurisse n’avait pas voulu ou pu voir au fond des choses, le glauque et le malsain (ou peut être ma vision est-elle biaisée). Même son voyage à Budapest parait bien gentil. En dehors de cette impression, le livre tente de faire le tour du sujet et ne semble éviter aucune facette.
Planète Porn de Marie Maurisse
Reste un livre équilibré pour aborder ce sujet et s’en faire une idée sans dogmatisme ni à priori.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le X est partout. Chaque année, près de cent milliards de vidéos sont regardées gratuitement sur le site Pornhub. Amateurs, fétichistes, libertins... Désormais, la pornographie est à portée de clic. Cette banalisation change la manière de travailler des professionnels du secteur, confrontés à une crise sans précédent. Doit-on avoir peur de cette nouvelle donne ? Comment appréhender les contenus pornos disponibles sur Internet ? Sont-ils de plus en plus violents ? Faudrait-il les censurer pour le bien-être de nos enfants ? Les femmes regardent-elles aussi du porno ? L'addiction existe-t-elle ?
De Los Angeles à Budapest, en passant par Paris, Newcastle et Barcelone, Marie Maurisse a rencontré les nouveaux acteurs du X et questionné des spécialistes sur ce que la diffusion massive de la pornographie change dans nos vies. Son récit mélange reportages, interviews et analyses qui nous donnent les clés pour réagir à ce nouvel âge
Une quête d’identité en attendant la fin de l’autopsie de sa mère, retrouvée suicidée dans un hôtel en Grèce au côté de son compagnon.
Être en vie de Cristina Comencini
Plusieurs thèmes sont abordés, plutôt finement, c’est délicat.
Il m’a manqué des émotions, du ressenti. Il y étaient sûrement, mais je suis resté en surface.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Qu'est-ce que ça veut dire être en vie ?
- Pour moi, c'est comme une chanson, vous la savez par coeur, elle vous semble stupide, toujours la même, tout le monde la connaît, mais quand il vous arrive de la chanter à nouveau, elle vous donne le frisson... »
Caterina vit à Rome, a un travail qu'elle aime, un mari et deux enfants. Un destin inespéré pour la petite orpheline de Campanie.
Quand les corps sans vie de sa mère adoptive et de son compagnon, Sebastiano, sont retrouvés dans une chambre d'hôtel à Athènes, Caterina décide de s'y rendre, seule. À son arrivée, elle est rejointe par le fils de Sebastiano. Ils ont le même âge, sont liés par la même douleur. Pourtant, tout en lui l'irrite, la dérange, et l'attire.
Au cours de ces quelques jours intenses, ils vont revisiter leur enfance et faire ressurgir un passé au goût d'interdit et de liberté. Et se sentir, enfin, vivants
Ces hommes qui m’expliquent la vie de Rebecca Solnit
Un recueil d’articles brillants, pointus et parfois drôles qui sentent l’exaspération de l’impatience. Le monde et les mentalités changent, heureusement, mais il reste tant de travail et d’inégalités.
Les articles abordent différentes facettes, et du coup, c’est parfois redondant. Mais il est aussi bon de dire et redire !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés d'expliquer aux femmes ce qu'elles savent déjà ? D'où vient leur certitude de savoir mieux qu'elles ce qu'elles doivent penser, ou faire ?
Peut-être de l'Histoire, qui a constamment relégué les voix des femmes au silence.
Dans ce recueil d'essais où la colère le dispute à l'intelligence et à l'humour, Rebecca Solnit explore une nouvelle façon de penser le féminisme.
Et fournit des armes pour les luttes à venir.
« Une portion significative des femmes de votre entourage entre dans la catégorie des survivantes. »
Un livre un peu terrible, laissant l’impression que même Jean Ziegler n’y croit plus. Et ça, malgré un titre qui pouvait sembler porteur d’espoir.
Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures de Jean Ziegler et Denis Lafay
Dans cet ordre mondial inféodé au capital, on voit difficilement ou se trouvent les fissures même si le livre se termine par: « Ou bien c’est nous qui abattrons cet [l’]ordre cannibale, ou c’est personne. »
Un constat de la fin des utopies, même si… par-ci, par-là subsistent encore quelques irréductibles rêveurs.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « De plus en plus rares sont les critiques virulents du capitalisme et du libéralisme contemporains. Leur voix n'est pas éteinte, mais elle est muselée, sinon discréditée, au moins contestée par la suprématie que ce double modèle idéologique et économique exerce désormais, sous des formes certes disparates, sur la quasi-totalité du globe... et dans la quasi-totalité des consciences. Jean Ziegler est de ces opiniâtres résistants au capitalisme. Sa confrontation intellectuelle et physique, scientifique et émotionnelle, à la véracité de l'extrême pauvreté, au cynisme des mécanismes diplomatiques, aux obscurantismes multiformes, à l'étranglement des droits humains élémentaires, au dépérissement des utopies, lui confère d'être un observateur unique de l'état humain du monde. »
Denis Lafay
Le choix assumé de la romance fait cette biographie un livre très touchant. Pour autant, il faut accepter ce choix d’écriture plutôt osé tant les occasions de trahir semblent se présenter au fil de ce récit très intimiste.
Barbara, roman de Julie Bonnie
Reste un livre fort sur une passion, sur l’inceste et sur une chanteuse hors du commun.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Je décide de m'appeler Barbara Brodi. Grany, ma chère Grany s'appelait Brodsky. Je suis sa lignée, l'héritière de sa Moldavie. Je me plais dans ce nouveau nom, vierge de la petite Monique que l'on n'écoute pas. Barbara Brodi, ma nouvelle vie. Lorsque je l'annonce à Claude, il me dit, «Alors, Barbara, que nous chantes-tu ce soir ? » et je lui réponds, diva, « Ce soir, je chante pour toi, le répertoire de Barbara. » Nous éclatons de rire. »
J. B.
Julie Bonnie raconte Monique, enfant juive fuyant le nazisme, fille victime d'inceste, adolescente détestant son corps, pianiste empêchée. Sous ses yeux sensibles de chanteuse-écrivain, une jeune femme perdue décide de poursuivre son rêve, se transforme, s'invente. De l'enfant cachée pendant la guerre à la création de la chanson Nantes, comment Barbara est-elle devenue Barbara ?
L’histoire de retrouvailles avec une amie d’enfance qui débute un peu moyen, qui termine vaguement confusément et qui offre tout de même des bons moments. Une cinquantaine de mots clé pourraient être ajoutés à cette comédie un peu chick-lit qui, à trop vouloir embrasser, passe légèrement à côté de tout et ne termine rien.
Une fille bien de Valérie Toranian
Restent quelques bonnes pages sur les confusions. Celles de la mémoire, politiques, de la presse, de la vision occidentale du voile et de l’islam ou de l’homosexualité.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pourquoi sa vie avait-elle basculé en si peu de temps ?
Quand Louise Castillo lui restitue le journal intime qu'elle avait oublié chez elle trente ans plus tôt, un malaise gagne la narratrice : des pages entières sont raturées, qui semblent évoquer un événement grave, lié à une relation avec un homme plus âgé. Pourquoi ne se souvient-elle de rien ?
Alors que Sibel, sa vieille tante fantasque dont le passé arménien est marqué par la tragédie, pense qu'elle est le jouet d'une malédiction familiale, ses amies lui intiment d'affronter son histoire forcément traumatique et ses fils s'inquiètent de sa nervosité grandissante. Quant à elle, elle redoute de s'enfermer dans le rôle de la victime.
Valérie Toranian dresse, sous la forme d'une enquête psychologique, le portrait d'une fille bien résolue à résister à toute forme de conformisme. Elle nous livre une véritable comédie dramatique mettant en scène, entre cocasserie et gravité, nos obsessions contemporaines