La demeure des lémures

Pour un roman érotique, il faut reconnaitre que ce n’est pas trop trash et que le vocabulaire y est recherché (un peu too much quand même, Leo Barthe aime à faire des phrases…)

La demeure des lémures de Leo Barthe

Mais cela ne suffit pas. Le tout reste plat et l’intrigue évanescente au service des fantasmes à décrire.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Une petite bonne est engagée dans la maison du maître, où règnent le silence et le mystère. Si elle se donne du mal pour se montrer irréprochable, elle ne peut oublier cet homme austère, croisé ici et là, dont le charme et le charisme lointains la troublent jusque dans ses rêves. Encore naïve des choses du sexe mais avide de découvertes, elle entreprend alors de le séduire. Sa fougue et son impudeur ont bientôt raison de l'apparente impassibilité du maître, qui prend sur lui d'éduquer la petite bonne - bientôt plus si naïve, et plus du tout innocente. Dans la moiteur de l'été, tandis que les amants se rejoignent chaque nuit et que la volupté de leurs ébats trouble la somnolence de la demeure ancestrale, un complot se trame dans l'ombre...

Léo Barthe construit ici un monde de sensualité et de transgression, dans lequel le lecteur se retrouve enfermé jusqu'au dénouement, évidemment sulfureux. Un livre ciselé, un conte oscillant entre érotique et fantastique, qui comblera jusqu'aux plus exigeants des lecteurs

Elles se rendent pas compte

A flâner dans une librairie d’occasion je suis tombé sur un vieux Vian qui était encore édité sous le nom de Vernon Sullivan, une édition de 1967 pour un petit livre à côté duquel j’étais passé. Quelle belle surprise pour mes yeux ébahis !

Un pastiche dans le plus pur esprit du polar de gare américain. Des grosses brutasses, des femmes dont on abuse et qui finissent par se pâmer, des coups de poings, des dollars, de l’alcool et même de la drogue…

Elles se rendent pas compte de Vernon Sullivan

Cette fois-ci, cela se passe chez les lesbiennes et les gays (le terme n’était toutefois pas encore aussi répandu) et, époque malheureuse oblige, on ne passe pas à côté d’une belle grosse homophobie en plus d’un sexisme redoutable… Bouarf ! Notons que le genre veut ça, il faut de la testostérone bien virile et hétérosexuelle !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Que Gaya s'apprête à en épouser un autre, Francis, son ami d'enfance et amoureux d'occasion, aurait peut-être pu l'admettre à la rigueur. Mais que le fiancé lui fournisse de la drogue, non !

Surtout qu'il appartient à une drôle de bande, ce fiancé. Et qu'en plus il n'aime pas les filles. Et là, ça devient carrément louche.

Parce qu'elle est d'une famille très riche, la petite Gaya. Alors il fonce, Francis. Beaucoup de bagarres, pas mal de sexe, quelques morts.

Il faut ce qu'il faut : sans ça, elles se rendent pas compte ! Un « Vernon Sullivan » percutant, qui classe sans conteste Boris Vian parmi les classiques du polar noir

Je suis Jeanne Hébuterne

Une passion absolue pour Modigliani, génie maudit qui cultive sa misère dans ses addictions. Une fin brutale et misérable (euphémisme) en janvier 1920, dévastée, pleurant son amour et rejetée par sa famille moraliste et intolérante.

Je suis Jeanne Hébuterne de Olivia Elkaim

Pourtant, dès le début du livre, il m’a été difficile d’adhérer aux émotions projetées sur les protagonistes par Olivia Elkaim

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Jeanne Hébuterne est une jeune fille quand, en 1916, elle rencontre Amedeo Modigliani. De quinze ans son aîné, il est un artiste « maudit », vivant dans la misère, à Montparnasse. Elle veut s'émanciper de ses parents et de son frère, et devenir peintre elle aussi.

Ils tombent fous amoureux. De Paris à Nice - où ils fuient les combats de la Première Guerre mondiale -, ils bravent les bonnes moeurs et les interdits familiaux. Mais leur amour incandescent les conduit aux confins de la folie.

« Mon corps se dérobe, mon âme vagabonde, entièrement aspirés pour n'exister qu'immobiles et figés sur les tableaux de Modigliani. »

10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange

Du feel-good pas trop mal foutu, l’histoire d’une prostituée retrouvée morte dans une benne à ordures d’Istanbul.

10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange de Elif Shafak

L’occasion d’approcher la condition de la femme en Turquie et de donner la voix à celles (et ceux aussi) que l’on entend jamais.

Un livre gentil et bienveillant aux nombreuses ellipses sur les sujets trop glauques, et pour autant sans complaisance tant les non dits sont clairs (un exercice d’équilibrisme assez réussi)

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C'est ce qui arrive à Tequila Leila, prostituée brutalement assassinée dans une rue d'Istanbul. Du fond de la benne à ordures dans laquelle on l'a jetée, elle entreprend alors un voyage vertigineux au gré de ses souvenirs, d'Anatolie jusqu'aux quartiers les plus mal famés de la ville.

En retraçant le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé, Elif Shafak nous raconte aussi l'histoire de nombre de femmes dans la Turquie d'aujourd'hui. À l'affût des silences pour mieux redonner la parole aux « sans-voix », la romancière excelle une nouvelle fois dans le portrait de ces « indésirables », relégués aux marges de la société

La féerie cinghalaise

Aïe ! Voilà un livre que j’avais bien mal jugé ! Lu de travers, trop vite et auquel je n’avais rien compris !

Certes, il ne s’agit pas là de grande littérature. Non, quand même pas! Mais de racisme il n’y en avait pas et cette féérie aurait même plutôt tendance à se moquer des colons et des touristes apeurés (voir mon ancienne critique tracée ci-dessous)

La balade d’un français dandy-candide à Ceylan accompagné par un colon britannique un peu brutasse. Une façon (à l’époque) de découvrir en s’amusant.

Bref, après avoir jeté au feu ce bouquin je me suis fait remonter les bretelles à juste titre sur Babelio. Alors, cher Monsieur Francis de Croisset, veuillez bien accepter ici toutes mes excuses pour mon jugement totalement à côté de la plaque !

La féerie cinghalaise : Ceylan avec les anglais de Francis de Croisset

Comme un ennuyeux voyage dans les colonies britanniques, les pérégrinations d’un français en croisière jusqu’à Ceylan.
Un témoignage raciste et condescendant des années 20.
Bouarf, allumez le feu !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
A l'approche de la cinquantaine, Francis de Croisset réalise un vieux rêve : confronter une île fantasmée à sa réalité. Les opérettes et les comédies qui ont fait son succès à Paris avaient souvent comme argument ce monde indien inconnu. Ceylan, colonie britannique au sud-est de l'Inde, se révèle d'une richesse étonnante par son histoire et sa nature profuse. Les temples millénaires du centre, les éléphants en liberté ou les fleurs et les fruits qui poussent sans entrave le réjouissent. Accompagné par des représentants parfois collants de sa Gracieuse Majesté, en se moquant de leur inimitable accent français, le voyageur curieux nous offre ici de vivantes descriptions pleines d'un humour inattendu. Ce joyau de l'océan Indien, encore mal connu des Français, y gagne sous sa plume authenticité et hommage à sa beauté

3 minutes de philosophie pour redevenir humain

Un essai de philo de cuisine qui tombe maladroitement dans les travers qu’il tente de dénoncer…

3 minutes de philosophie pour redevenir humain de Fabrice Midal

Des pistes sympa, des phrases intéressantes, des mises en relief presque originales… Mais comment faire tenir 40 réflexions philosophiques dans 250 pages sans une extrême superficialité ?

A réserver pour des petites lectures rapides… L’oubli du smartphone aux toilettes par exemple 😉

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« La philosophie nous bouscule. Elle ne nous laisse pas tranquilles ; elle nous réveille et nous éclaire. C'est pourquoi nous en avons si profondément besoin. »
Fabrice Midal

Dans son nouveau livre, le philosophe Fabrice Midal décrypte 40 citations inspirantes de penseurs, d'écrivains, de peintres ou de poètes pour inviter les lecteurs à penser autrement et redevenir humain.

Une expérience inédite et profonde de philosophie et de méditation

Abécéd’hair Approxima’tif

C’est drôle, très !

Abécéd’hair Approxima’tif de Penseur étoile et Un Faux Graphiste

Rien à ajouter, ruez-vous dessus, prenez-en cinq ou six ! (plus une dizaine pour les offrir avant qu’on ne vous les vole)

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
120 jeux de mots, anagrammes, paronymes ou encore homophones

A mains nues

Une vie de femme, une sexualité de femme, un sexe de femme, une histoire

A mains nues de Amandine Dhée

Amandine regarde en arrière et se souvient, des premiers émois, des premières langue, de la première fois, des nombreuses fois, de l’habitude, des ruptures, de la solitude et du renouveau. Elle épluche les codes et les non-dits.

C’est absolument intime et très beau. Pourtant, cette distanciation entre « je » aujourd’hui et « elle » hier m’a un peu perdu.

Alors ? Autobiographie ou autofiction ? Finalement, si les mots sont vrais, qu’importe !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
J'aimerais montrer la complexité d'un chemin où l'individu est autant l'auteur de ses choix qu'il est "fabriqué" par les autres, où distinguer son propre désir peut prendre du temps, tout comme désobéir aux attentes, souvent implicites, de son entourage et de la société. J'explore la notion de norme, la façon dont elle nous sécurise et nous enferme à la fois.
Amandine Dhée

L’homme qui n’est jamais mort

Un flatteur panégyrique laudatif (j’ose les pléonasmes) à la gloire Matthias Sindelar… Oui, ce livre, c’est un peu ça. Mais pas que ! Et dans sa brève post-face, Olivier Margot revient sur les inévitables dernières zones d’ombres malgré un travail de recherches et de documentation qui dû s’avérer phénoménal.

Reste un sportif d’exeption, un footballeur hors norme sacré sportif Autrichien du siècle. Mais aussi un homme qui refusa de plier devant le IIIe Reich, retrouvé mort dans de bien étranges circonstances.

L’homme qui n’est jamais mort de Olivier Margot

Un chouette bouquin à destination des passionnés du foot ou des amateurs des portraits fleuris.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Mars 1938, les troupes allemandes envahissent l'Autriche. La propagande nazie a l'idée d'organiser à Vienne le match de la réconciliation entre les deux pays. Bien que son équipe n'ait pas le droit de marquer, le capitaine autrichien ouvre le score et court célébrer son but devant l'aréopage nazi. Une dangereuse provocation.

Cet homme s'appelle Matthias Sindelar et il fut le meilleur footballeur du monde dans les années trente. Dans la capitale de la musique, il inventa un jeu musical, un football collectif d'où l'art n'était jamais absent.

On le surnomma le Mozart du football.

Chaque 23 janvier depuis quatre-vingts ans, de nombreux Viennois se réunissent autour de sa tombe, en hommage à celui qui s'opposa frontalement aux nazis.

C'est un roman où presque tout est vrai, et le reste est vraisemblable. C'est un texte écrit par un auteur passionné, fruit d'une enquête de vingt ans pour démêler le vrai du faux, pour comprendre l'épaisseur du mythe qui accompagne toujours les légendes

Déjeuner en paix

Chick-lit, pop-lit ou feel-good… difficile de coller une étiquette très claire sur ce portrait en miroir de deux femmes sur une terrasse. Deux femmes dont on suit les pensées, les envies, les frustrations, les bonheurs, les errances, les jalousies et les échecs…

Déjeuner en paix de Charlotte Gabris

C’est en tout cas absolument drôle, facile à lire et plus profond qu’une simple blagounette

Un brillant premier roman à la construction remarquable !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Paris, une terrasse de café ensoleillée.

C'est l'heure du déjeuner, les gens font la queue. Les salades sont immangeables, une tasse de thé coûte huit euros, le personnel est abject. Mais les gens font la queue.

Une jeune provinciale est attablée, seule. À ses côtés, une Parisienne attend son amoureux qui tarde à la rejoindre.

Deux femmes qui n'ont a priori rien en commun. Si ce n'est que l'une et l'autre se regardent, se jaugent, se moquent.

Peut-on parler fort, ne jamais sourire, et porter un panier en osier avec autant d'assurance et d'aplomb ? se demande la première. Peut-on boire un verre de vin en trinquant... avec soi-même, et sembler heureuse malgré tout ? se demande la seconde.

Mais sont-elles si différentes ? Et qui sont-elles pour se juger si durement ?

Charlotte Gabris s'amuse ici de la rivalité féminine avec malice.

Et si nous essayions, nous aussi, de déjeuner en paix ?