Maigret et son mort

Un excellent mort que voilà ! Avec presque du suspense, des coups de feu, des rebondissements et même… des sentiments.

 - Allons voir le vieux singe! soupira Maigret, qui n'avait jamais pu sentir le juge Coméliau.
Il savait fort bien que celui-ci l'accueillerait par une phrase glacée qui constituerait à ses yeux le plus cinglant des reproches :
« Je vous attendais, monsieur le commissaire... »
Il aurait été capable de dire:
« J'ai failli attendre... »
Maigret s'en moquait éperdument.
Depuis deux heures et demie du matin, Maigret vivait avec son mort.
Maigret et son mort de Georges Simenon

Et tout le monde est là ! Maigret et Madame, Moers de l’identité judiciaire, les éternels Lucas, Janvier, Lapointe, Torrence, un juge toujours impatient et des criminels bien méchants, des indics, des barmans, des hôtels miteux aux patrons louches, des petits brigands et des danseuses… Et bien sûr, des nuits blanches à la bière et sandwichs.

Il hésita en montant dans la voiture. Est-ce qu'il n'avait pas dormi la nuit précédente ? N'avait-il pas eu trois jours et trois nuits pour se reposer pendant sa fameuse bronchite ? Moers avait-il le temps de dormir?
 - Où est-ce que nous trouverons quelque chose d'ouvert? questionna-t-il.
Il avait faim, tout à coup. Faim et soif. L'image d'un verre de bière bien fraîche, à la mousse argentée, lui faisait monter l'eau à la bouche.
 - En dehors des boîtes de nuit, je ne vois guère que La Coupole, ou les petits bistrots des Halles.
Il le savait. Pourquoi avait-il posé la question? 
 - A La Coupole.

Un polar bien équilibré avec, une fois n’est pas coutume, une fin touchante

Tous les Maigret
54. Maigret et son mort
53. Les vacances de Maigret 55. La première enquête de Maigret
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
- Pardon, madame...
Après des minutes de patients efforts, Maigret parvenait enfin à interrompre sa visiteuse...
- Vous me dites à présent que votre fille vous empoisonne lentement...
- C'est la vérité...
- Tout à l'heure, vous m'avez affirmé avec non moins de force que c'était votre beau-fils qui s'arrangeait pour croiser la femme de chambre dans les couloirs et pour verser du poison soit dans votre café, soit dans une de vos nombreuses tisanes...
- C'est la vérité...
- Néanmoins... - il consulta ou feignit de consulter les notes qu'il avait prises au cours de l'entretien, lequel durait depuis plus d'une heure - vous m'avez appris en commençant que votre fille et son mari se haïssent...
- C'est toujours la vérité, monsieur le commissaire.
- Et ils sont d'accord pour vous supprimer ?
- Mais non! Justement... Ils essayent de m'empoisonner séparément, comprenez-vous ?...
- Et votre nièce Rita ?
- Séparément aussi...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le roman de Maigret le plus peuplé - avec un lien particulier avec la victime. Une vieille dame qui croit qu'on veut l'empoisonner, un appelant anonyme qui se sent poursuivi par des inconnus. Il y a des jours où les fous semblent surgir par séries. Mais l'appelant est-il vraiment un fou ? Il appelle sans relâche, jusqu'à ce qu'un silence soudain s'installe. Dans la même nuit, son corps est retrouvé place de la Concorde. Et il ne s'arrête pas à un mort...

Maigret et l’homme du banc

Tiens, voilà une enquête où l’on ne croise que des innocents (enfin… presque). Maigret et ses collaborateurs interrogent, fouinent, cherchent, mais aucun coupable crédible ne semble apparaître.

Tandis qu'il montait dans la voiture, les deux femmes le regardaient par-dessus les layettes et les lainages blancs et roses.
 - Où allons-nous, patron ? 
Il était onze heures du matin.
 - Arrête au premier bistrot.
 - Vous en avez un à côté du magasin.
Une pudeur l'empêchait d'entrer dans celui-là, sous les yeux de Léone.
 - Tourne le coin de la rue.
Il voulait téléphoner à M. Kaplan, chercher dans le Bottin l'adresse exacte de M. Saimbron, quai de la Mégisserie.
Par la même occasion, puisqu'il avait commencé sa journée par un calvados, il en but un autre au comptoir.
Maigret et l’homme du banc de Georges Simenon

Simenon ne va quand même pas nous faire le coup du coupable surprise qu’il sort de sa manche juste à la fin et bim ?

Maigret alla tisonner le poêle, bourra une pipe et, pendant près d'une heure, se plongea dans de la besogne administrative, annotant des pièces, en signant d'autres, donnant quelques coups de téléphone sans intérêt.
 - Je peux entrer, patron?
C'était Santoni, tiré à quatre épingles selon son habitude, et, comme toujours aussi, répandant une odeur de coiffeur qui faisait dire à ses collègues :
 - Tu sens la putain! 
Santoni était frétillant.
 - Je crois que j'ai découvert une piste. 
Maigret, sans s'émouvoir, le regarda de ses gros yeux troubles.

Mais non, ça tient la route, cet homme du banc est un bon Maigret, un poil atypique, mais d’une brillante et surprenante construction !

Tous les Maigret
69. Maigret et l’homme du banc
68. Le revolver de Maigret 70. Maigret a peur
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les souliers jaunes
Pour Maigret, la date était facile à retenir, à cause de l'anniversaire de sa belle-sœur, le 19 octobre. Et c'était un lundi, il devait s'en souvenir aussi, parce qu'il est admis au Quai des Orfèvres que les gens se font rarement assassiner le lundi. Enfin, c'était la première enquête, cette année-là, à avoir un goût d'hiver.
Il avait plu tout le dimanche, une pluie froide et fine, les toits et les pavés étaient d'un noir luisant, et un brouillard jaunâtre semblait s'insinuer par les interstices des fenêtres, à tel point que Mme Maigret avait dit :
- Il faudra que je pense à faire placer des bourrelets.
Depuis cinq ans au moins, chaque automne, Maigret promettait d'en poser le prochain dimanche.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Comment Louis Thouret, marié, habitant Juvisy et magasinier de son état, a-t-il pu finir tué d'un coup de couteau dans une impasse proche du boulevard Saint-Martin ? C'est en se posant cette question que Maigret va découvrir une existence étrange, la double vie d'un homme très ordinaire.
Depuis longtemps, Thouret était pour sa femme un inconnu. Depuis longtemps, il n'était plus magasinier. Depuis longtemps, il mentait, mû par une crainte dérisoire et plus forte que tout. À quelle déchéance progressive ce mensonge initial a pu conduire le défunt, c'est ce que Maigret comprendra peu à peu, en explorant une de ces vies à la fois ordinaires et mystérieuses qu'excelle à camper Georges Simenon

Le charretier de la Providence

Ces Maigret écrits dans les années 30 permettent de bien se rendre compte de l’époque. Car entre deux guerres, toutes les péniches n’étaient pas à moteur et nombre d’entre elles étaient tirées par des chevaux le long des chemins de halage.

Depuis une heure qu'il était là, le commissaire n'avait songé qu'à se familiariser avec un monde qu'il découvrait soudain et sur lequel il n'avait en arrivant que des notions fausses ou confuses.
L'éclusier lui avait dit :
 - Il n'y avait presque rien dans le bief : deux moteurs avalants, un moteur montant, qui a éclusé l'après-midi, une vidange et deux Panama. Puis le chaudron est arrivé avec ses quatre bateaux...
Et Maigret apprenait qu'un chaudron est un remorqueur, qu'un Panama est un bateau qui n'a ni moteur ni chevaux à bord et qui loue un charretier avec ses bêtes pour un parcours déterminé, ce qui constitue de la navigation au long jour.
Le charretier de « la Providence » de Georges Simenon

Cette enquête est la deuxième de Maigret et ces premiers livres ne font pas vraiment partie de mes préférés. L’écriture y est moins fluide, les personnages moins clairs. Une histoire de jeune femme retrouvée étranglée dans un canal glauque et sombre.

Deux écluses encore! Rien! Maigret devait suivre les éclusiers sur les portes, car, à mesure qu'il avançait, le trafic était plus intense. A Vésigneul, trois bateaux attendaient leur tour. A Pogny, ils étaient cinq.
Du bruit, non! grogna le préposé à cette dernière écluse. Mais je voudrais bien savoir qui a eu le culot de se servir de mon vélo...
Le commissaire s'épongea en entrevoyant enfin un semblant de but. Il avait le souffle court et chaud. Il venait de parcourir cinquante kilomètres sans même boire un verre de bière.
 - Où est votre bicyclette?
 - Tu ouvriras les vannes, François? cria l'éclusier à un charretier.

Un Maigret toutefois intéressant pour qui souhaite découvrir des termes tels que Panama, charretier, cabestan, un système de trématage ou savoir qu’il y avait une écurie sur les péniches

Adapté pour la télévision japonaise en 1978 sous le titre Keishi to Minami jūjisei par Inoue Akira, avec Kinya Aikawa dans le rôle du commissaire Maigret
Tous les Maigret
2. Le charretier de La Providence
1. Pietr-le-Letton 3. Monsieur Gallet, décédé
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'écluse 14
Des faits le plus minutieusement reconstitués, il ne se dégageait rien, sinon que la découverte des deux charretiers de Dizy était pour ainsi dire impossible.
Le dimanche - c'était le 4 avril -, la pluie s'était mise à tomber à verse dès trois heures de l'après-midi.
A ce moment, il y avait dans le port, au-dessus de l'écluse 14, qui fait la jonction entre la Marne et le canal latéral, deux péniches à moteur avalantes, un bateau en déchargement et une vidange.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Des faits le plus minutieusement reconstitués, il ne dégageait rien, sinon que la découverte des deux charretiers de Dizy était pour ainsi dire impossible.
Le dimanche - c'était le 4 avril -, la pluie s'était mise à tomber à verse dès trois heures de l'après-midi.
A ce moment, il y avait dans le port, au-dessus de l'écluse 14, qui fait la jonction entre la Marne et le canal latéral, deux péniches à moteur avalantes, un bateau de déchargement et une vidange.
Un peu avant sept heures, alors que commençait le crépuscule, un bateau-citerne, I'Eco-III, s'était annoncé et avait pénétré dans le sas

T’as pas l’impression de prendre toute la couverture ? : Poésies visuelles et jeux de (mauvais) caractères

C’est magnifique, hilarant, drôle, cocasse, c’est un chef d’oeuvre, c’est fou, juste, débile, incroyable, impertinent, marrant, génial, surprenant, inconvenu, bienvenu… (encore ?)

T’as pas l’impression de prendre toute la couverture ? : Poésies visuelles et jeux de (mauvais) caractères de l’Indéprimeuse

L’Indéprimeuse (Davina Sammarcelli et Felicia Sammarcelli) m’avaient déjà impressionné avec leur traduction de Guillaume Remuepoire et garnissent mon intérieur de leurs tableaux et impressions. Elles réjouissent les imprimeuses-eurs, typographes, correctrices-eurs, polygraphes, infographistes, metteuses-eurs en pages, titreuses-eurs… (tiens, j’y pense, sont-elles pour ou contre l’écriture inclusive ?) et toutes et tous !

Tiens, celui-là, je ne l’ai pas comprise tout de suite

Mais surtout, elles dont drôles et poétiques !

Et c’est un chef-d’oeuvre !

Merci l’Indéprimeuse, c’est un bonheur

Maigret et l’indicateur

Après plus d’une quarantaine de Maigret, je remarque de plus en plus différentes périodes d’écriture et les derniers opus (dont celui-ci) me semblent vraiment meilleurs !

Il était un peu ému quand même, comme chaque fois qu'il quittait sa femme pour plus d'un jour.
Sur le trottoir, il leva la tête et il savait d'avance qu'il l'apercevrait à la fenêtre.
Heureusement, car elle lui montrait la mallette bleue qu'il avait oubliée et ils se retrouvèrent à mi-chemin dans l'escalier.
Maigret et l’indicateur de Georges Simenon

Simenon à moins besoin d’en faire, les intrigues sont moins tortueuses, l’action plus lente et les personnages ont plus de corps.

Il commençait à tomber de larges gouttes d'eau qui formaient des disques noirs sur le trottoir.
Il atteignit la place Dauphine où deux de ses collègues prenaient des pastis. Il fut tenté un instant, puis il se reprit.
 - Le plus grand verre de bière que vous ayez... dit-il au patron.

Certes, si l’inspecteur boit toujours, c’est avec plus de modération, mais sa pipe n’a que rarement le temps de refroidir

Tous les Maigret
102. Maigret et l’indicateur
101. Maigret et l’homme tout seul 103. Maigret et Monsieur Charles
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Quand le téléphone sonna et que Maigret manifesta son déplaisir par un grognement, il n'avait pas la moindre idée de l'heure qu'il pouvait être. Il ne pensa pas à regarder le réveille-matin. Il sortait d'un sommeil lourd et ressentait encore un poids sur la poitrine.
Pieds nus, d'une démarche de somnambule, il se dirigea vers l'appareil.
- Allô...
Il ne se rendait pas compte que ce n'était pas lui mais sa femme qui avait allumé une des lampes de chevet.
- C'est vous, patron?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
C'est commode, un indicateur qui vous téléphone, et vous désigne nommément l'assassin que vous cherchez... C'est commode, mais cela n'efface pas toutes les questions. D'abord, pourquoi la Puce - c'est le surnom de ce petit homme, ancien chasseur de cabaret, guère pris au sérieux dans le monde des truands - est-il pressé de coffrer Manuel Mori ? Le fait que ce dernier soit depuis trois ans l'amant de Line Marcia, l'épouse de la victime, est-il une des causes de l'assassinat ? Les uns et les autres ont-ils quelque chose à voir avec le «gang des châteaux", spécialisé dans le pillage de propriétés isolées ?
Aidé de l'inspecteur Louis, le commissaire Maigret promène sa pipe et son chapeau entre les Halles et Montmartre, plus que jamais convaincu que, pour élucider une affaire, il faut d'abord comprendre les êtres qu'elle met aux prises

La procrastination : l’art de reporter au lendemain

Voilà un petit essai qui brille principalement pour ce qu’il ne promet pas : guérir de la procrastination.

Ne jamais remettre au lendemain ce que l'on pourrait faire le surlendemain.
Mark Twain

Auteur d’un article qui fit beaucoup de bruit, John s’est fendu (après moultes reports) d’un petit bouquin sur la procrastination structurée.

Il n'aura pas échappé au lecteur attentif que la procrastination structurée requiert une bonne dose de mauvaise foi, puisqu'elle repose sur une constante arnaque pyramidale contre soi-même.
La procrastination : l’art de reporter au lendemain de John D. Perry

Un livre bourré d’humour et (quand même) de quelques conseils, pour nous permettre (si ce n’est de guérir) de mieux vivre avec ce handicap fréquemment lié, selon lui, à un autre défaut, le perfectionnisme. Mais ne serait-ce pas, là aussi, un peu de mauvaise foi ?

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'homme est un animal rationnel, c'est bien connu.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Autant s'y mettre tout de suite (ou, allez... dès demain) ! »

Le philosophe américain John Perry est professeur émérite à l'université de Stanford en Californie. Étant de son propre aveu un procrastinateur invétéré, il a créé le concept révolutionnaire de « procrastination structurée ».

Traduit dans une vingtaine de langues, cet ouvrage lui vaut aujourd'hui une reconnaissance internationale

L’écluse N°1

Le dernier Maigret avant la quille ! Et après, c’est fini (enfin… pas tout à fait)

Certes, de nombreuses enquêtes paraîtront après, mais Simenon n’ayant pas écrit ses livres dans l’ordre chronologique, voilà déjà l’heure de poser sa plaque et de partir à Meung-sur-Loire pour une retraite bien méritée. Et voilà pourquoi ce livre écrit en 1933 annonce la fin alors que la dernière enquête sera écrite en 1972. Pourtant, Madame Maigret est déjà dans les cartons !

C'était prodigieux de vie, ce paysage lumineux découpé par les fenêtres. Vues d'en haut, les péniches paraissaient plus lourdes, comme enlisées dans une eau trop dense. Debout dans son bachot, un marinier passait au goudron la coque grise de son bateau qui émergeait de deux mètres. Et il y avait des chiens, des poules dans une cage en treillage, et la jeune fille blonde qui astiquait les cuivres du pont. Des gens allaient et venaient sur les portes de l'écluse et les bateaux qui sortaient en aval semblaient hésiter avant de se laisser glisser au fil de la Seine.
L’écluse N°1 de Georges Simenon

Une enquête glauque dans un endroit qui aurait pu être sympa, en Haute-Marne, juste à côté de Paris au milieu des écluses.

Mais voilà, on s’y retrouve chez un odieux tyran domestique, qui loge sa maîtresse à l’étage, qui insulte sa femme et n’a de respect pour personne. Un riche parvenu à la force de ses bras, bien malheureux au milieu de ses possessions et qui ne vit qu’en écrasant ceux qui l’entourent.

Ducrau fronça les sourcils, regarda à nouveau son compagnon et, cette fois, avec autant d'admiration que de curiosité. 
« Que pensez-vous de ma femme ? Est-ce que vous trouvez que je la rends malheureuse?
 - Ma foi, non! Vous ou un autre ! C'est une de ces créatures qui sont toujours effacées et tristes, quel que soit leur sort. »
Maigret eût pu marquer un point, car Ducrau en restait ahuri.
« Elle est morne, bête et vulgaire, soupira-t-il. Comme sa mère que je loge dans une des petites maisons voisines et qui a passé sa vie à pleurer!

Une écluse N°1 pénible et laborieuse

Tous les Maigret
18. L’écluse n°1
17. Liberty Bar 19. Maigret
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Quand on observe des poissons à travers une couche d'eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis, d'un frémissement de nageoires, aller un peu plus loin pour n'y rien faire qu'attendre à nouveau.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Après une soirée trop arrosée, le vieux Gassin, en regagnant son bateau, tombe à l'eau et est aussitôt agrippé par un deuxième homme en passe de se noyer. Ce dernier n'est autre que Ducrau, le patron de Gassin. On les repêche et on s'aperçoit que Ducrau a reçu un coup de couteau dans le dos avant de se retrouver dans le canal. On parvient à le sauver et il demande l'intervention de la police, ce qui déclenche l'enquête de Maigret…

Maigret et les témoins récalcitrants

Maigret se retrouve avec un meurtre dans une famille guère collaborative. Propriétaire d’une ancienne biscuiterie florissante dont il ne reste plus que des miettes et des dettes dans une grande maison peu causeuse.

 - Tu n'as pas oublié ton parapluie ?
 - Non.
La porte allait se refermer et Maigret tournait déjà la tête vers l'escalier.
 - Tu ferais mieux de mettre ton écharpe. Sa femme courait la chercher, sans se douter que cette petite phrase-là allait le barbouiller un bon moment et lui inspirer des pensées mélancoliques.
Maigret et les témoins récalcitrants de Georges Simenon

Alors, cambriolage ou meurtre de l’intérieur ?

Au fond - et sa femme devait le soupçonner depuis longtemps - si Maigret, lorsqu'il était plongé dans une enquête, rentrait rarement chez lui pour les repas, c'était moins pour gagner du temps que pour rester comme replié sur lui-même, à la façon d'un dormeur qui, le matin, se recroqueville, entortillé dans les couvertures, pour mieux s'imprégner de sa propre odeur.
C'était l'intimité des autres, en somme, que Maigret reniflait, et maintenant, par exemple, dans la rue, les mains dans les poches de son pardessus, de la pluie sur le visage, il restait plongé dans l'ahurissante atmosphère du quai de la Gare.

Un commissaire qui rêve déjà de retraite, encombré d’un jeune juge d’instruction envahissant pour une enquête à la Maigret. Il cause, flâne, flaire, renifle, se questionne et interroge

Tous les Maigret
81. Maigret et les témoins récalcitrants
80. Les scrupules de Maigret 82. Une confidence de Maigret
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
- Tu n'as pas oublié ton parapluie ?
- Non.
La porte allait se refermer et Maigret tournait déjà la tête vers l'escalier.
- Tu ferais mieux de mettre ton écharpe.
Sa femme courait la chercher, sans se douter que cette petite phrase-là allait le barbouiller un bon moment et lui inspirer des pensées mélancoliques.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Léonard Lachaume, directeur d'une biscuiterie vétuste, est retrouvé assassiné sur son lit, d'une balle en plein cœur. La famille veut faire croire à une affaire de cambriolage qui aurait mal tourné, mais Maigret n'y croit guère. Son enquête s'avère difficile devant le mutisme de l'entourage de Léonard, d'autant plus que le commissaire se retrouve flanqué d'un jeune juge d'instruction plutôt encombrant. Maigret apprend tout de même que la biscuiterie est au bord de la faillite, et que c'est l'argent de Solange Lauchaume, la belle-sœur de Léonard, qui tient l'entreprise à flots...

L’Arétin français

L’occasion de découvrir (par rebond et sur Wikipedia) qui était Pietro Aretino, vénitien banni de sa ville et qui fit parler de lui au 15e siècle pour ses Sonnets luxurieux

Figure sixième
J'éprouve, à ton aspect, un doux frémissement, 
À ta voix seule, je soupire ; 
J'en suis encore à mon premier moment, 
Plus je jouis, plus je désire.
J'aime à te caresser, l'amour fait mon bonheur. 
Qu'une froide coquette, orgueilleuse statue, 
De ses riches bijoux étale sa splendeur, 
Ma plus belle parure est d'être bien foutue
L’Arétin français de Félix Nogaret

Sinon, pas grand chose à dire de ce tout petit livret trouvé aux puces et qui m’avait amusé… Mais finalement pas trop

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Des feux les plus ardens le con me rend la proie
Le con , par excellence , eſt l’ouvrage des Dieux ;
L’homme au con doit ſa vie, & plus encor ſa joie;
Voltaire a beaucoup fait ; il n’a rien fait de mieux,
Du ſpectacle jamais je ne fus idolâtre,
Il laiſſe à froid ſouvent & l’eſprit & le cœur.
De la place où je ſuis je me forme un théâtre,
Le con, c’eſt-là ma piece , & mon vit eſt l'acteur.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Publiés anonymement à Londres en 1787, les poèmes de L'Arétin français sont de Félix Nogaret (1740-1831), qui est aussi l'auteur des Épices de Vénus. Le recueil est composé de dix-neuf courts poèmes, de huit vers chacun, qui servent de légendes à une suite de gravures de Burins d'Elluin d'après Borel.

La nuit merveilleuse : ou le nec plus ultra du plaisir

Voilà une nouvelle érotique du 18e bien amusante. Une nuit torride sur un malentendu… ou presque.

Madame d'Arbonne me prit sans m'aimer; elle me trompa, je me fâchai; elle me quitta; cela était dans l'ordre. Je l'aimais alors, et pour me venger mieux, j'eus le caprice de la ravoir, quand à mon tour je ne l'aimai plus. J'y réussis, et lui tournai la tête; c'est ce que je demandais.
La nuit merveilleuse : ou le nec plus ultra du plaisir de Dominique Vivant Denon

Avec des carrosses, des robes, des gorges fermes, des désirs qui consument, des pommes charmantes et des baisers de feu…

Tout ceci avait été un peu brusqué : nous sentîmes notre faute; nous reprîmes ce qui nous était échappé, avec plus de détails. Trop ardent, on est moins délicat: on court à la jouissance, en confondant tous les délices qui la précèdent. Partout la volupté marque sa trace, et bientôt l'idole ressemble à la victime.
Plus calmes, l'air nous parut plus pur, plus frais.

Un texte tiré de Point de lendemain qui le paraphrase d’une manière fort érotique

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Madame d'Arbonne me prit sans m'aimer ; elle me trompa, je me fâchai ; elle me quitta ; cela était dans l'ordre. Je l'aimais alors, et pour me venger mieux, j'eus le caprice de la ravoir, quand à mon tour je ne l'aimai plus. J'y réussis, et lui tournai la tète ; c'est ce que je demandais.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Publié clandestinement en 1794 et en 1800, La Nuit merveilleuse ou Le Nec plus ultra du plaisir est attribué à Dominique Vivant Denon. Diplomate, homme de cour, écrivain léger, ironique, fantasque, l'auteur de Point de lendemain nous laisse ici un miroir fidèle des jeux amoureux que les écrivains du XVIIIe siècle ont su décrire avec tant d'élégance.