Une drôle de peine

Encore et encore, Justine Levy tourne et retourne dans les tréfonds de sa douleur.

J'ai couru après maman toute ma vie, toute sa vie, je l'ai cherchée partout, tout le temps, j'en ai fait des livres, toujours les mêmes, et maintenant, c'est en moi qu'elle se cache et en moi qu'elle surgit. Maman est une douleur physique qui, parfois, me terrasse. Un tambour dans ma tête. Des coups dans mon ventre alors qu'Angèle et Paul sont nés depuis longtemps. Il y a tant de manières de pleurer à l'envers. C'est long. C'est sans fin. Parfois la douleur s'arrête.
Une drôle de peine de Justine Levy
L’histoire d’un deuil sans fin. Une relation mère-fille inaboutie, un fil impossible à lâcher.

Si j’étais condamnée à mort et qu’on me demandait ce que je veux pour mon dernier repas, je répondrais que je n’en ai rien à faire. Donnez-moi un saut en parachute, donnez-moi la possibilité d’être vivante une dernière fois, vraiment vivante, c’est-à-dire tout près de la mort.

Un hurlement pour tenter enfin de déposer son fardeau et de se laisser vivre

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Maman n'aime pas être allongée toute raide, comme ça, sous le ciel bas de cette grosse boîte marron (elle déteste le marron). Comment elle a pu se laisser enfermer là-dedans ? si seule ? si jeune ? Laideur des croque-morts, monstruosité des grosses fleurs, c'est moche ici, elle doit se dire, ce marron, ce noir, le noir et le marron de ce cercueil tout en angles.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Est-ce que tu me vois, maman ? J'ai deux crédits à la banque, deux enfants que j'étouffe, quatre chats dont deux débiles et une estropiée, des rides en pattes d'araignée autour des yeux et des oignons aux pieds, le même amoureux qui me supporte et tient bon depuis vingt ans, quelle dinguerie, je ne suis ni parfaitement féministe, ni tout à fait écologiste, ni vraiment révoltée, pas encore alcoolique, plus du tout droguée : je mets beaucoup d'énergie à essayer de ne pas te ressembler, maman, je n'ai pas pu être une enfant et je ne sais pas être adulte. »
Une drôle de peine est à la fois une adresse et une enquête.
C'est aussi une magnifique déclaration d'amour.

Le train de Venise

Dans ce train de Venise, la fortune va tomber dans les mains de Justin. Mais sera-t-il capable d’y faire face et d’en jouir ?

Bob, lui, n'avait jamais vécu avec une femme plus de trois mois. Ne le regrettait-il pas ? N'était-ce pas par impuissance à faire partie d'un vrai couple qu'il était si pessimiste ?
 ─ Pendant un temps, on marche la main dans la main, ou bras-dessus bras-dessous. On se raconte. Chacun adore se raconter, tout en ne prêtant qu'une oreille distraite à ce que l'autre lui raconte à son tour... La seconde, la troisième fois qu'une femme débite la même histoire du temps de son enfance, l'irritation commence, et il en est de même si c'est l'homme qui rappelle ce qu'il faisait à dix-sept ans...
Il concluait :
 ─ C'est comme un combat de boxe. Il faut qu'en fin de compte l'un des deux gagne et que l'autre se résigne. Toute la question est : lequel ?...
Justin avait l'impression que, dans son ménage, ni l'un ni l'autre n'avait essayé de gagner. Ce n'était que maintenant qu'il se rendait compte des limites étroites entre lesquelles sa vie était enfermée.
Le train de Venise de Georges Simenon
Et Simenon de s’amuser avec ce pauvre homme honnête, craintif et qui était, jusqu’à là, bienheureux dans son couple et sa vie. Une vraie torture que cette valise pleine de billets de banque

Tous les romans durs de Simenon
105. Le train de Venise
104. Le petit saint 106. Le confessionnal
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Pourquoi toute l'image était-elle centrée sur sa fille ? Cela le gênait un peu, ou plutôt c'est après surtout qu'il y pensa, une fois le train en marche. Et encore ne fut-ce, en réalité, qu'une impression fugace, née au rythme du wagon et aussitôt absorbée par le paysage.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À son retour de vacances, Justin Calmar fait une étrange rencontre dans son train. Un homme lui demande de prendre une valise et de la déposer chez une femme. Calmar découvre que la jeune femme a été assassinée et que la valise contient une fortune. Il rentre chez lui, ne sachant que faire.

Le train

Et Simenon de s’amuser à conter un bonheur amoral. La jouissance au milieu de la douleur. Une rencontre adultère dans un train de la débâcle alors que l’Allemagne s’empare de la France.

Un homme marié dont la femme va bientôt accoucher vit quelques jours passionnés avec une ancienne prisonnière, sous les tirs des Stukas, au milieu de la misère. Il est pourtant heureux. Il l’aime.

Le lundi matin,
je me sentais vide et déprimé. Anna avait dormi d'un sommeil agité, secouée plusieurs fois par ces mouvements brusques auxquels je ne m'habituais pas, et plusieurs fois elle a parlé avec volubilité dans sa langue.
Je me suis levé à la même heure que les autres jours pour préparer le café et me raser mais, au lieu de me trouver seul dehors, j'ai aperçu des groupes de réfugiés encore mal éveillés qui regardaient passer des motos allemandes.
J'avais l'impression de retrouver dans leurs yeux l'abattement résigné qui devait se lire dans les miens et cela était général; cela a duré plusieurs jours, pour certains plusieurs semaines.
On tournait la page. Une époque était révolue, chacun en avait la certitude, bien que nul ne pût prévoir ce qui allait la remplacer.
Le train de Georges Simenon
Un de romans durs sous la forme d’une confession. Des livres longuets où il semble qu’à chaque chapitre, Simenon tente de justifier sa vie dissolue, ses passions, sa boulimie sexuelle en nous prenant à témoin : « Voyez, je ne suis pas seul »

Tous les romans durs de Simenon
98. Le train
97. Betty 99. Les autres
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Quand je me suis éveillé, les rideaux de toile écrue laissaient filtrer dans la chambre une lumière jaunâtre que je connaissais bien. Nos fenêtres, au premier étage, n'ont pas de volets. Il n'y en a à aucune maison de la rue. J'entendais, sur la table de nuit, le tic-tac du réveille-matin et, à côté de moi, la respiration scandée de ma femme, presque aussi sonore que celle des patients, au cinéma, pendant une opération. Elle était alors enceinte de sept mois et demi.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Juin 40
L'exode pousse des millions de civils sur les routes de la France défaite. Dans la débandade générale, sous les bombes de stukas allemands, un train file vers le sud. Parqués dans la foule de ce train, un homme et une femme. Elle est une jeune juive. Il est commerçant près de Maubeuge et, à la première alerte, sa famille a été dispersée.
Dans la pénombre et la promiscuité du wagon à bestiaux bondé, sans mot dire, les deux inconnus s'allongent côte à côte. Lentement ils s'étreignent, s'accouplent. Étonnés, ils accomplissent quelque chose qui ressemble à l'amour.

La belle dame d’A

Mais qui peut bien être ce si méchant Jean Tillet ? Capable de tant d’horreurs (possiblement délices pour certains et ignominies pour d’autres). Tant de débordements ? Tout y passe avec, toutefois, et c’est remarquable, des femmes qui tiennent le manche.

Maintenant la jeune fille bat la directrice tous les jours en lui exhibant sa petite moule dont elle la frustre constamment pour se donner à deux vendeuses des étages inférieurs qui font de l'escrime contre la paroi de son ventre en l'engodant des deux côtés. Leurs petits seins ont la douceur de la pêche. Pendant ce temps la directrice se fait tirer des pipes par « sa mère » qui joue la poule de luxe et panse ses plaies en mettant du rouge à lèvres pour lui bouffer le clito. « La fille » de madame règne sur le grand magasin au rythme du fouet qui s'abat sur les tétins de la patronne.
La belle dame d’A : ou Les degrés du silence suivi de La grande vie des jeunes filles et de Autres terres de Lesbos de Jean Tillet
Du porno sale, excessif, dans la viande et pour la viande.

Tant et tant que cela en devient drôle… M’enfin…

Et qu’importe l’auteur-musicien genevois qui peut bien se cacher sous ce pseudo… Calvin appréciera 😉

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Au commencement, il n'y a rien.
L'univers n'est qu'un grand bureau lisse et vide de toute chose.
Puis elle paraît.
Deux jeunes filles lui ceignent le gode, une femme nue s'allonge sur le bureau, bras en croix. Un milliard de téléphones s'allument, qui répercuteront le râle. Les étoiles filantes, les vaisseaux spatiaux sillonnent le ciel, les sirènes réveillent les usines et les petites filles, dans les campagnes les plus éloignées, copient les lettres de l'alphabet.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ne cherchez pas dans ce texte une histoire logique. C'est une suite de fantasmes merveilleusement écrit d'une plume à la fois hardie et pudique, qui décrit sous un éclairage cru les rêves ou les fantasmes assouvis d'une mystérieuse dame « d'A ».
Celle-ci ne vit pas pour le sexe et par le sexe. Au tout début de son récit, elle offre son cul à de robustes jeunes gens dans un local minable. Elle ne s'attarde pas et retrouve la maison attenante à un cloître ou elle vit avec une gouvernante tout aussi obsédée qu'elle. Hommes ou femmes, c'est une sarabande sulfureuse de rencontres où la Belle Dame se déguise, change de personnalité, se plonge dans les milieux les plus différents avec comme unique objectif, comme elle le confesse elle-même, « trouver de la viande ».
Il n'y a dans ce récit, ni amour ni sentiments ni logique même. Simplement une quête du plaisir sexuel sous ses formes les plus basiques.
Par la précision des termes et l'atmosphère à la fois gaie et désespérée de ces « tableaux vivants », on pense à « Trois filles de leur mère » de Pierre Louÿs.

La vieille

Simenon s’attache ici à rendre des sentiments et des émotions subtiles et sensibles. Hélas, l’argument semble un peu faible et c’est avec grand peine qu’il semble arriver à justifier une fin qu’il aurait probablement souhaité plus glauque.

Elle s'énervait. Elle aurait voulu exprimer quelque chose qui ne ressortait pas de son discours. Elle tournait autour d'une idée confuse, perdait le fil.
 ─ Regarde !
Elle montrait, comme si cela avait un rapport avec son récit, deux fenêtres éclairées, une pièce haute de plafond, des bibliothèques d'acajou pleines de livres reliés et, dépassant du dossier d'un fauteuil tourné vers l'intérieur, un crâne chauve, un peu jaune, qui ne bougeait pas.
 ─ Tu comprends ?
 ─ Je crois.
 ─ La sensation que tout se fige, que l'air devient une matière solide qui nous étouffe...
La vieille de Georges Simenon
Une grand-mère et sa petite fille peu liées et alcooliques peinent à se retrouver, à tisser un lien alors qu’elles se retrouvent à vivre ensemble.

Sans être complètement loupé, Georges a été plus inspiré pour mettre en lumière toutes nos noirceurs

Tous les romans durs de Simenon
95. La vieille
94. Le veuf 96. L’ours en peluche
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Sous la voûte, aussi froide et humide qu'une cave, le commissaire de police s'arrêta un instant, regarda l'heure à son bracelet-montre et, secouant son par-dessus, envoya des gouttes de neige fondue sur le carrelage où elles s'agrandirent comme sur du buvard.
Il était onze heures cinq.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le commissaire de police Charon vient solliciter l'aide de Sophie Emel, dont la grand-mère,qu'elle a perdue de vue depuis longtemps, refuse farouchement de quitter l'immeuble qu'elle habite et qui est voué à la démolition. Elle menace, si on l'y contraint, de se jeter par la fenêtre. La grand-mère accepte finalement de « faire son coin » chez sa petite-fille. Sophie, vedette sportive très connue, mène une vie quelque peu bohème.

Les trois cœurs du poulpe

Une histoire de faillites, un jeune veuf, sa sœur, sa fille, un palace… Rien ne va très bien, et ça sera pire, doucement, mais pire.

Soulagé de retrouver son bureau, il tira les rideaux devant le ciel clair qui changerait dès qu'il tournerait le dos. Il n'alluma ni le plafonnier ni les deux lampes d'appoint, la pénombre au moins était stable.
 ─ Si on veut, on peut, dit-il à voix haute.
Un instant, cela lui apparut comme une immense duperie.
Les trois cœurs du poulpe de Raluca Antonescu
Raluca Antonescu nous dresse une galerie de portraits touchants mais qui semblent aussi désincarnés et inhabités que ce grand hôtel qui va ouvrir.

Trois cœurs en deuil dans une construction brutaliste, comme des poulpes piégés dans une amphore vide, dans l’attente d’un salut, perdus dans le brouillard.

Un roman au décor inspiré par une histoire invraisemblable, un lieu mythique

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le gardien partit un mardi de mars 2009. Il siffla son chien, qui furetait sous une bruyère que plus personne n'avait pris la peine de tailler. À l'extérieur du Lagoa Palace, le désordre brouillait les frontières des constructions. Les herbes pullulaient dans le gravier, les joints des dalles verdissaient et les mousses s'agrippaient partout : au béton et à la pierre, aussi bien qu'au métal. Telle une infection, du lichen orange vif perlait sur les grilles du portail.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Suite à un drame, Evan devient propriétaire d’un hôtel luxueux aux Açores, sur un site époustouflant mais difficile d’accès. L’ouverture est imminente et l’échec inconcevable, selon le mot d’ordre tu veux, tu peux.

Sa fille Anël, neuf ans, dotée d’une mémoire prodigieuse et d’un vif intérêt pour les animaux, veille sur lui. Leur quotidien est millimétré jusqu’à l’arrivée de Vicki, sœur aînée d’Evan à qui il fait appel après un silence de plus de dix ans.

Rien ne se passera comme prévu sur cette île volcanique où règne une météo déroutante.

Le roman s’inspire de l’histoire du Monte Palace à São Miguel, dont les immenses ruines incarnent la discordance entre luxe et nature sauvage.

Gêne et confusion

Fabienne Radi aime à s’amuser de la dérision dérisoire de nos vies. Pourtant, alors la définition de la dérision impliquerait mépris et moquerie, Fabienne (qui ne se prénomme pas Isabelle) joue en tendre complice avec nos petits égarements.

Question pour une géomorphologue
À quel moment un tas mou se transforme-t-il en flaque épaisse ?
Gêne et confusion de Fabienne Radi

Et au travers de ces tranches de vies, anecdotes célèbres ou ignorées, histoires de familles et autres petits embarras, elle nous rappelle à la raison. La vie nous offre tant de cadeaux pour peu que nous sachions les voir.

Filles de la campagne
« Je marcherais à travers le désert en mangeant des briquettes de charbon de bois imbibées de Tabasco pendant quarante jours et quarante nuits pour ne plus jamais avoir à écouter quoi que ce soit en rapport avec les Shaggs. »
Cette sentence fleurie a été postée sur internet il y a plusieurs années par un amateur de rock, visiblement perturbé par une expérience auditive douloureuse. À l'inverse, dans une formule plus incisive, et avec une pointe d'ironie mais pas que, Frank Zappa déclarait en son temps : « Les Shaggs sont meilleures que les Beatles. » Un point de vue qui infusera lentement, jusqu'à renverser l'image des Shaggs. Passées de pire groupe du monde à la fin des années 1960 à meilleur pire groupe du monde dans les années 1980, les Shaggs deviennent un groupe culte à partir des années 2000. Ce qui est assez épatant pour une formation qui n'a pas eu plus de six ans d'existence, et dont les membres n'ont jamais eu envie de faire de la musique.

Tour à tour drôle, touchante, amusée, ridicule, émerveillée, intéressée… Fabienne Radi nous parle de nous avec un petit sourire malicieux

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ma belle-sœur a un chien depuis quelques mois. C'est un bâtard issu d'un croisement improbable; le résultat est aussi incongru qu'intéressant. Un museau pointu de teckel, de longues pattes de lévrier et un thorax puissant de boxer. On dirait que les différentes parties de son anatomie ont grandi séparément.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un avocat essaie de cacher sa langue poilue ; une jeune femme se méprend sur les paroles de sa prof de yoga ; un frère envoie ses condoléances par erreur depuis la Sibérie ; une mère s'acharne sur une tache qui ne part pas ; un homme refuse le cadeau fait par une amie... Les protagonistes de « Gêne et confusion » sont confrontés à des situations plus ou moins embarrassantes, traversent même parfois des moments de honte.

Swiss Trash

Quel enfer, quelle horreur ! La Suisse et les drogues à la fin des années 80. Les années Letten et SIDA. Et la violence en bonus ! Écœurant de réalisme.

Elle est mal. Mal à en crever. Tout son corps est de trop. Les muscles font mal. L'estomac fait mal. La peau fait mal. Les monstres s'agitent, la tête pense trop, explose à force d'être obnubilée par la ligne de brown. Désolation. Marie vit mais n'éprouve que douleur dans le corps. S'en veut d'avoir raté son suicide. Ne songe qu'à mourir. Se reproche sa veulerie. N'a pas le choix. Vivre ou mourir. Comme sa jeune carcasse refuse de mourir, il faut que son Être s'adapte, se force à vivre. Marie se désintoxique pour goûter enfin lucidement à la souffrance de la vie.
Swiss Trash de Dunia Miralles
Une réédition qui permet se replonger dans ces années ou nombreux jeunes sont tombés d’overdose, malades ou sous la violence du trafic. Un milieu ou la vie d’un homme ne vaut guère plus que le prix d’une dose… et celle d’une femme encore moins.

Un tableau insoutenable à la noirceur sanglante, à la sororité salvatrice

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La Chaux-de-Fonds, le 18 février 89
Le rot, épais, s'aplatit comme une morve dégoulinante sur la face de la serveuse. Son visage se referme comme l'anus d'un puceau. Les quatre garçons rigolent. Elle tourne le dos à la tablée. Pas la peine de s'énerver à ces heures tardives.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Après la mort de son compagnon, pour oublier sa culpabilité et son travail à l’usine, le week-end Cathy se déplace en stop, fait le tour des concerts rock et couche avec des garçons au hasard. Dans une autre ville Marie, qui se trouve moche, se saoule pendant que sa copine Gloria saute de lit d’avocat en lit de diplomate, déterminée à faire un beau mariage. Dans un processus de violence et d’autodestruction, diverses rencontres les mènent du sexe à la drogue. Leur route croisera aussi celle de Constance, rebelle mi-fille mi-garçon qui cogne plus fort qu’un homme. L’histoire se déroule sur fond de guerre yougoslave, dans une Suisse où la vie n’a pas l’arôme de son chocolat, à une époque où la scène ouverte de la drogue existait encore.

L’amazone d’Arcachon : ou la chica del Chupa Chups

Une voix suffit-elle pour une histoire d’amour ? Pas sûr.

Mais pour une escapade érotique, certainement. Et lorsque les parfums, les vents et le sable des bords de l’Atlantique, le grain de la peau, et un brin de folie s’emmêlent… mÆL s’envole !

Il me montre le clou de la soirée. Je le lèche, le pourlèche. Mes lèvres se referment sur la sucette, Chupa Chups de mon enfance. Il enfonce sa mèche jusqu'à provoquer des haut-le-cœur. J'aime la sensation. Et je suce avec plus de véhémence. Il n'a aucune retenue, il aime sonder mes profondeurs. Il attrape mes cheveux et les tire en arrière. Suis à sa merci. Il prend les commandes, j'en redemande. Je quémande, il bande dur, je veux que ça dure. J'ouvre les yeux, son regard inquisiteur versus mon abandon. Il est étonné. « Vous êtes une professionnelle ! » No comment. La pompe reste sèche. Lui, dans le contrôle.
 ─ J'ai un avantage sur vous, Sieur de Bordela.
 ─ Ah, oui, lequel ?
 ─ Je vous aime, j'ai donc beaucoup plus de plaisir que vous.
L’amazone d’Arcachon : ou la chica del Chupa Chups de mÆL
Une femme danse avec la passion.

Un petit livre à l’érotisme flamboyant, regorgeant d’invitations poétiques, de musiques, de fantaisies typographiques et parsemé de QR codes (qui ne fonctionnent tristement pas tous) pour un voyage à fleur de peau

Un livre délicieusement sucré à suçoter au bord de mer
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
26 juin 2024, 12h30, Aéroport de Bordeaux

Je me retrouve au milieu du hall des arrivées, ma petite valise à la main. J'y ai enfourné trois tenues : celle de la petite fille bien sage, rose pâle, celle de la femme fatale, rouge passion, et celle de la mondaine, similicuir noir. They say the clothes make the woman, mais pas le moine. If you are what you wear, you'd better dress the part you want.
Enfin !
Je me sens comme une gamine.
Demain c'est mon anniversaire.
Je me suis fait un cadeau d'anniversaire.
J'ose enfin aller au bout de mes fantaisies.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un contact sur Instagram, une voix, une photo...

S'abandonnant à la folie, qui la tient depuis des années, une gamine dans le corps d'une femme ─ féminine et coquine qui plus est ─ va retrouver un homme convoité. Ballottée entre son insoutenable légèreté de l'être et l'étrange objet de son désir, elle exprime sans fard ses ressentis. De l'autofiction à la réalité, elle gomme la frontière entre réel et imagination pour raconter sa vérité. Pour ce faire, elle innove, coupe un patron inédit dans la langue, jongle avec les mots et redessine la mise en page.

Un livre sur le désir amoureux qui ne devrait pour vous laisser indifférent.e.s.

Mesdames, une réflexion osée et libertaire. Messieurs, une mise à nu sexy et audacieuse.

900 km la distance à parcourir pour...

Il y a encore des noisetiers

Typique des derniers romans durs de Simenon, ces noisetiers racontent un homme au moment du bilan de sa vie. Apaisé, enfin, l’homme regarde avec satisfaction son oeuvre : famille, argent, réalisations et quelques regrets quand même… point trop de brillance n’en faut pour celui qui résidait alors en Suisse protestante.

J'ai eu la chance de réaliser dans ma vie à peu près tout ce que j'ai entrepris. Jusqu'ici, j'ai été exempt de la plupart des maux moraux ou physiques qui frappent la plupart des hommes.
Cela signifie-t-il que je voudrais recommencer ?
Ce n'est pas la première fois que j'y pense et chaque fois la réponse a été non. Ni en tout, ni en partie. Pour chaque époque, je trouve, avec le recul, quelque chose de gênant, d'inachevé.
J'ai souvent honte de l'homme que j'ai été à tel ou tel moment.
Il y a encore des noisetiers de Georges Simenon
Mais là, alors que la dernière ligne semblait bien droite et déblayée, tout s’emballe : des tristes nouvelles d’une ex outre-Atlantique, à Paris son fils se marie avec une femme de l’âge de sa fille qui en profite pour annoncer qu’elle est enceinte d’un homme qu’elle ne veut pas revoir…

Et Simenon de lui donner l’occasion de briller enfin dans la famille, vieux sage, patriarche généreux. Un peu mélo, mais sympa.

L’occasion de jeter encore une fois un œil sur la position de la femme dans les années 60. L’époque où les mères célibataires étaient des filles-mères, stigmate honteux

Tous les romans durs de Simenon
112. Il y a encore des noisetiers
111. La prison 113. Novembre
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Étais-je, ce matin-là, plus ou moins heureux que les autres jours ? Je n'en sais rien et le mot bonheur n'a plus beaucoup de sens pour un homme de soixante-quatorze ans.
En tout cas, la date reste dans ma mémoire: le 15 septembre. Un mardi.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le banquier Perret-Latour vit retiré dans son appartement de la place Vendôme, entouré de quelques domestiques et protégé par sa gouvernante. Dans son existence régulière et ordonnée surviennent trois événements qui vont réveiller le passé et rendre sa vitalité au vieil homme.