Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Ce roman dur fait partie des confessions. Un homme, sentant la fin venir raconte sa vie, pourquoi, aujourd’hui, il en est arrivé là. L’homme au petit chien de Georges SimenonComme bien souvent, on retrouve la sensation que Simenon s’y dévoile, coincé entre ses peurs, ses fiertés et ses fausses modesties. Que ce soit en clair ou en miroir.
Cette fois-ci, un homme rongé par la jalousie. Et peut-être pire encore, l’envie. L’humiliation de ne pas avoir « été ». Juste avoir traversé la vie, piteusement
L’homme au petit chien, adaptation de François Boyer et Jean-Marie Degèsves avec Gilles Ségal
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Est-ce que l'incident de dimanche a l'importance que je suis tenté de lui attribuer ? On ne peut même pas, sans exagération, parler d'incident. Une rencontre fortuite, dans la rue.
Un couple inconnu dans la foule parisienne.
Un échange de regards.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pour les gens de son quartier, M. Félix est un célibataire de cinquante ans, à l'air prématurément vieilli, le plus tranquille des hommes. Pour d'autres, qui le voient passer à heure fixe en compagnie d'un drôle de caniche, il est l'homme au petit chien...
Coincé en Amérique du Sud après la faillite de l’entreprise qui les y a envoyé, le couple Dupuche peine à réagir. Pise en main par les expats français Germaine arrive à peu près à s’en sortir alors que Jo s’enfonce dans l’alcool de mauvaise qualité et s’en va vivre avec une (très) jeune femme noire.Quartier nègre de Georges SimenonUn roman des années 30, du temps des colons, du racisme, des castes et des classes.
Une histoire sans fards, moche, sale, puante. Et pourtant, comme à son habitude, Simenon dépeint avec le plus de réalisme possible ce qu’il voit. Une veule humanité
Adapté en téléfilm par Pierre Koralnik en 1990 avec Tom Novembre, Fabienne Babe, Jean-Paul Roussillon et Jacques Denis
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) ─ Je ne vois que des nègres, avait murmuré Germaine, alors que le navire manœuvrait encore et que, du haut du pont-promenade, elle voyait se rapprocher lentement un quai où attendaient deux rangs de dockers noirs.
Et son mari avait murmuré sans conviction :
─ Évidemment !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) L'Amérique du Sud, cela peut faire rêver. Le canal de Panama... les Antilles... la jeune puissance américaine qui grandit, la fortune possible et l'exotisme des paysages, l'excitation de l'aventure, le risque de croiser d'anciens forçats de Cayenne...
Cela peut aussi devenir l'enfer : une mort lente sous tropiques. Joseph, fiancé depuis deux et marié depuis peu, débarque à Panama la zone du Canal. Il croyait faire escale se retrouve bloqué. La compagnie qui l'embauchait a fait faillite.
Plus de ressources. d'argent. Joseph ne sait plus que faire. Son épouse, si jeune, le regarde autrement. Que sait-il d'elle finalement ? Que sait-elle de ? Entre espoir, survie et quartier réservé aux putes à matelots, quelle sera la fin ?
Deux hommes dégustent deux bouteilles de vin. Un Romanée-Conti de 1935 et un La Tache de 1966.Romanée-Conti 1935 de Takeshi Kaikō, trad. de Anne Bayard-SakaiL’occasion d’éveiller des souvenirs enfouis.
Une lecture poétique et plaisante mais qui n’a guère éveillé mon intérêt.
Une nouvelle suivie par Le monstre et les cure-dents qui n’a guère plus réussi à me séduire
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Un dimanche d'hiver, tard dans l'après-midi, deux hommes étaient assis face à face dans le restaurant d'un gratte-ciel d'acier et de verre. Cirée avec soin, la lourde table en bois de châtaignier, aux dimensions respectables, luisait comme un lac, les veines du bois reflétaient l'ombre d'un vase orné d'une rose. Deux bouteilles de vin étaient posées là, l'une debout, l'autre couchée dans un panier. Ils étaient seuls dans la salle.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) A Tôkyô, un dimanche après-midi, deux hommes absorbés dans la dégustation cérémonieuse d'une vieille bouteille de bourgogne Romanée-Conti 1935, usant de gorgées comme ponctuations, poursuivent jusqu'à la lie le long texte désordonné de leurs souvenirs.
Voici une lecture éblouissante de la vie : on plonge avec délices dans l'intimité d'un grand vin, dans le secret de rêveries amoureuses, riches de la saveur d'un amour endormi, d'une femme aux contours effacés et au parfum évanoui.
Si on peut remercier Patrick Schindler de rendre hommage à Margarethe Faas Hardegger dans ce petit livre, il m’a semblé dommage de ne s’arrêter qu’à une petite partie de sa vie. Certes, les archives doivent manquer et les informations certainement difficiles à obtenir. Car, cette biographie s’arrête malheureusement en 1908 avec la fin de la publication de l’Exploitée alors que, selon Wikipedia : Elle meurt à Minusio le 23 septembre 1963 d’une insuffisance cardiaque. Elle est enterrée au cimetière de Locarno. Vie et luttes de Margarethe Faas Hardegger : anarchiste, syndicaliste & féministe suissesse romande, au début du XIXe siècle de Patrick SchindlerPour autant, son travail durant ces années de secrétaire à l’USS (Union syndicale Suisse) furent pour elle l’occasion de partager ses idées au travers du journal qu’elle fonda – consultable en ligne sur E-Periodica.
Extrait du journal l’ExploitéeUne femme de conviction, anarchiste, antimilitariste, féministe et syndicaliste militante à une époque où la condition de la femme (et pire encore, de la femme ouvrière) n’était guère enviable… piètre euphémisme
Voir aussi : La révolte des cigarières à laquelle elle apporta son soutien et le FC Hardegger (@fchardegger), club de foot antifasciste basé à Lausanne
L’exploitée : organe des femmes travaillant dans les usines, les ateliers et les ménages : Numéro 1 (1907-1908) consultable en ligne sur E-Periodica
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Une adolescente aux convictions précoces 1882
Margarethe Faas-Hardegger voit le jour en 1982 [sic], dans le canton de Berne, en suisse romande. Le contexte de sa petite enfance et de son adolescence nous reste quasiment inconnu 1. Ce qui est fort regrettable car, quelques pistes supplémentaires auraient été les bienvenues, pour nous aider à mieux comprendre son par-cours et les choix qui ont dicté le cours de sa vie. Cependant, elle nous a tout de même laissé, à part ses nombreux articles parus dans l'Exploitée, quelques petites notes autobiographiques épar-ses, dont l'une d'elle est, on ne peut plus révélatrice.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Margarethe Faas Hardegger, dans son engagement féministe, n'est pas du tout ancré dans la mouvance des suffragettes... C'est une anarchiste, syndicaliste engagée ne faisant aucune concession à l'état bourgeois. Margarethe Faas Hardegger (1882-1963) est née à Berne. Après avoir travaillé quelques temps aux PTT, elle se lança dans des études de médecine alors qu'elle était déjà mère de famille. Parallèlement à son activité estudiantine, elle organisa des cercles de discussions et contribua à créer des syndicats. Par la suite, elle devint secrétaire de l'USS (Union syndicale suisse) et fit paraître en 1906 le premier numéro de l'organe de la Fédération suisse des ouvrières, Die Workaempferin. L'année d'après, la version romande est sortie sous le titre de l'Exploitée. Cependant, les relations entre le Comité syndical fédéral et Margarethe Faas s'altérèrent. Cette dernière trouva toutefois appui et solidarité auprès des Unions ouvrières (syndicalistes révolutionnaires). Ainsi leur organe La Voix du peuple se joint à l'Exploitée dans leur combat. En 1909, alors que l'Exploitée a déjà cessé de paraître, Margarethe Faas quittait le poste de secrétaire de l'USS, ce qui lui laissait une plus large liberté d'expression. Ainsi, libre de toute attache, elle continua sa vie durant à se battre pour une certaine justice sociale.
Ces chairs impatientes se lisent d’une traite, en un seul souffle et laissent hagard, hébété. Avec des courts chapitres et dans un rythme halluciné, Marion Roucheux nous parle d’une passion adultère qui emporte tout.Les chairs impatientes de Marion RoucheuxPas de réflexion ni de recul. Le désir pur et la jouissance des corps.
Mais… Rien ne dure, n’est-ce pas ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Pieds nus dans la neige, je m'allume une cigarette chaque soir depuis que je suis ici. Je n'ai pas le droit de fumer, alors je sors en peignoir sur le balcon. Il a neigé toutes les nuits, le paysage est moulé dans un seul bloc silencieux, on discerne à peine les chalets sombres et leurs volets dentelés, la montagne n'est qu'une masse imposante derrière moi dont je ressens la densité.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Six mois après la naissance de son deuxième enfant, une jeune femme est admise en maison de repos au bord d'un lac de montagne. En retournant skier seule pour la première fois depuis longtemps, elle rencontre un homme qui va réveiller son corps.
Dans une langue poétique et crue, Les chairs impatientes racontent un certain désir féminin dévorant qui ne veut plus renoncer à rien et peut tout renverser sur son passage.
Voilà une bien curieuse vie comme neuve, qui m’a dérouté, intrigué et perdu sur de fausses pistes tant je ne savais pas où le Georges voulait amener ce guère sympathique Dudon qui, suite à un grave accident, trouve l’opportunité de commencer une toute nouvelle vie.
Une vie comme neuve de Georges Simenon
Mais peut-on changer de vie ? Nos anciens démons, nos culpabilités, nos vices et toutes nos petites pourritures peuvent-elles disparaître par enchantement ?
Un roman sur la force destructrice du clérical péché
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il s'attendait depuis si longtemps à une catastrophe et à une catastrophe survenant précisément à un moment comme celui-là qu'il fût sans terreur et pour ainsi dire sans surprise. S'il y eut un certain étonnement en lui, c'est qu'après avoir imaginé les événements les plus compliqués il se trouvait devant un fait divers banal, comme on en lit chaque jour dans les journaux.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Maurice Dudon, un étrange personnage qui mène une vie de cloporte, est renversé par une voiture. L'homme qui la conduisait l'installe à ses frais dans une clinique. Confié à Anne-Marie, une charmante infirmière qu'il épouse, il connaît un destin nouveau.
Très librement inspirée par la réussite et la fortune des frères Tréchot, colons français au Congo, Simenon raconte la fin de vie peu glorieuse de Dieudonné Ferchaux, poursuivi par la justice française pour le meurtre de trois guides indigènes à la dynamite. Une fuite en Amérique du Sud racontée par son secrétaire, Michel Maudet.L’aîné des Ferchaux de Georges SimenonUn roman glauque et sale, misérable. Deux hommes liés par un pacte tacite qui se délite inexorablement pour ne laisser que rancune et haine larvée dans une interdépendance malsaine
Adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville avec Jean-Paul Belmondo, Charles Vanel, Stefania Sandrelli et Michèle Mercier
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Le train s'ébranlait d'une secousse brutale et Maudet, interrompu dans sa course, était collé, l'espace d'une seconde, contre la cloison du couloir, près de l'accordéon noir d'un soufflet. Alors, la viscosité de cette cloison, qui semblait suer gras et froid par une nuit pluvieuse d'octobre, lui entra dans les doigts, dans la peau, dans la mémoire; elle devait à tout jamais s'associer pour lui à la notion de train de nuit.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Dieudonné Ferchaux, vieil homme tyrannique, engage comme secrétaire Michel Maudet, un garçon famélique et avide de vivre. Entre les deux hommes se tissent des liens étroits et ambigus où se mêlent haine et admiration. Traqués par la police, ils fuient à travers l'Amérique du Sud...
Un homme a élevé son fils seul. Un soir, le fils n’est pas rentré.L’horloger d’Everton de Georges SimenonSimenon raconte un père dans la détresse, de n’avoir rien vu venir, désemparé de ne pouvoir aider, démuni face à l’irréparable.
Avec une grande empathie, Simenon tente de décrire le désarroi et l’amour inconditionnel d’un parent
Adapté au cinéma par Bertrand Tavernier en 1974 (L’horloger de Saint Paul) avec Philippe Noiret et Jean Rochefort
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Jusque minuit, voire jusqu'à une heure du matin, il suivit la routine de tous les soirs, ou plus exactement des samedis, qui étaient un peu différents des autres jours.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) La fugue, la délinquance, le meurtre : en quelques jours, pour une amourette avec une fille de son âge, Ben Galloway, à seize ans, a commis l'irréparable. C'est dans la prison d'Indianapolis que son père, Dave, modeste horloger d'un village de l'Etat de New York, le retrouve. Mais le garçon se mure dans un silence hostile que n'entameront ni le procès, ni la condamnation à la prison perpétuelle. Comment ce fils qu'il a élevé seul a-t-il pu devenir à ce point un étranger ? Qu'adviendra-t-il de l'enfant qui naîtra de la brève union de Ben et de Lilian ?
Un roman poignant aux résonances dramatiquement actuelles, dont s'est inspiré Bertrand Tavernier pour son film L’Horloger de Saint-Paul.
Les vaches de mer (Rhytine de Steller) : découvertes en 1741, éteintes en 1768. L’homme découvre… L’homme détruit ! Écœurant, révoltant !L’extinction des vaches de mer de Adèle RosenfeldDans ce livre Adèle Rosenfeld raconte sa fascination pour cet animal et pour l’expédition qui le découvrit. Puis, dans une seconde partie, elle tisse des liens (un poil alambiqués ?) avec la fin de vie de son grand père. La disparition et la préservation de la mémoire.
Une écriture exigeante qui m’a plusieurs fois laissé à distance malgré un sujet fascinant
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Les nuages s'étaient essorés et ne formaient plus qu'un mince ourlet vaporeux au-dessus de la mer, quand une impulsion électrique traversa le ciel, la sensation d'un danger, un changement brutal qui alerta Steller. Une masse sombre couvrit les flots, lui fit d'abord penser à une zone d'algues brunes, mais cette masse persista, jusqu'à ce qu'émergeassent d'autres collines au-dessus des flots bariolés d'écume, puis une silhouette jaillissant qui émit un bruit de choc d'air, de chair et d'eau, comme si quelque part des draps mouillés étaient étendus dans une plaine, le linge claquant dans le vent, et la masse brune replongea, et une autre plus loin apparut.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) La Rhytine de Steller, plus connue sous le nom de « vache de mer », a été découverte en 1741 par le naturaliste allemand Georg Wilhelm Steller. C’est lors d’une expédition dans les eaux glacées du Pacifique nord qu’il rencontre ce gigantesque animal marin au destin tragique – puisqu’il s’éteindra définitivement 27 ans après son premier contact avec les hommes.
À la fois roman d’aventure, épopée scientifique et plongée dans l’intimité d’un équipage échoué, L’extinction des vaches de mer nous entraîne dans la vie d'un grand explorateur lancé dans la bataille que se livrent les savants européens du XVIIIème siècle pour s’approprier de nouvelles terres et des espèces encore inconnues. Jusqu’à trouver ces vaches de mer devenues mythiques, dont la chair a le pouvoir de sauver les naufragés affamés, sa graisse de les réchauffer, et ses airs de sirène de les enivrer.Mais si la Rhythine de Steller a envahi l’imaginaire de la narratrice, de quoi cette obsession est-elle le nom ?
Porté par une écriture poétique, sensorielle, L’extinction des vaches de mer interroge la possibilité de préserver ce qui menace de s’effacer : un animal, un grand-père, une langue, une histoire familiale. À travers la figure de Steller, scientifique hanté par la beauté et la fragilité du vivant, Adèle Rosenfeld propose une réflexion bouleversante sur la disparition, les douleurs silencieuses et le besoin de transmettre.
Tania de Montaigne poursuit son analyse du racisme avec une version plus personnelle suite à la réception de messages haineux sur les réseaux sociaux.Un violent désir de chaleur humaine de Tania de MontaigneElle y soulève quelques évidences, certes, mais qui méritent d’être répétées ! Le triste constat d’une société individualiste, rongée par la haine et les injonctions qui font le succès et l’argent des GAFAM et autres TikTok.
Un appel à retrouver notre vitale humanité
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Et puis, j'ai posté une photo de moi un peu floue prise sur un bateau-mouche avec ce commentaire, « Quel plaisir de retrouver les amis ».
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Dégénérée », « Vas faire à bouffer connasse ! », « Vas t'occuper de ton gosse ! » , « T'es pas prête à ce qui va t'arriver », « Regarde ta coupe on dirait un balai à chiotte », « Meurs, t'es pas belle... », « Tu mérites de te faire égorger… »
« Le premier message est arrivé sur mon compte à 23h03. Je me suis dit, ça doit être une erreur. Je n'ai pas senti qu’à ce moment précis j’étais en train de devenir le point de rencontre entre les plus anciennes pulsions humaines, la peur, la haine, le meurtre, la cupidité, d'un côté, et la technologie la plus avant-gardiste de l’autre ».
Quelque chose dans notre civilisation s’est brisé. Il ne s’agit plus d’un malaise ni d’un combat entre le juste et l’injuste, le vrai et le faux, le bien et le mal, le réel et le numérique. Quelque chose de bien plus profond et d’enfoui a explosé à la faveur des réseaux sociaux : la haine, notre haine. On ne compte plus les messages violents, racistes, misogynes, homophobes, qui déferlent sur nos appareils. Et dans nos vies. À la légitime question, que faire ?, on pointe du doigt les objets, ce téléphone que l'on dit smart, ces réseaux que l'on dit sociaux. Mais si l'objet est en cause, est-il vraiment LA cause ? Regarder l'objet sans se regarder soi-même, c'est regarder le doigt sans regarder la lune. « La folie c'est de faire tout le temps la même chose et d'attendre un résultat différent », écrit Einstein. Sommes-nous prêts à vivre différemment ?