Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Un vrai coup de coeur pour cette bande dessinée aux traits dépouillés et aux grand aplats unis. Un graphisme volontairement naïf pour un groupe de punkettes qui ne le sont pas moins
The Black Holes de Borja González
L’histoire d’une revenante qui vient glisser des paroles à une fille qui tente de monter un groupe punk avec deux copines
Très drôle, minimaliste et sans prétentions. Pas vraiment un chef-d’œuvre mais absolument une grande réussite !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Snif.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) De nos jours, Gloria, Laura et Cristina, trois adolescentes, souhaitent former un groupe de punk appelé « The Black Holes ». Attitude, présence, instinct et musicalité, rien ne leur manque ! Mais à peine ont-elles commencé à répéter qu'une étrange présence surgit : une réminiscence aussi puissante que mystérieuse de quelque chose qui s'est passé il y a 160 ans et qui persécute l'une d'entre elles.
Une fable envoûtante et macabre sur les aspirations de la jeunesses
Stupéfiant ! Après un début qui m’a laissé abasourdi et avoir revu plusieurs fois la même case pour être sûr d’avoir bien compris, je me suis retrouvé dans la même sidération que Fabienne.
Je vais rester de Lewis Trondheim et Hubert Chevillard
Et c’est tout le génie de cet album que de nous plonger immédiatement dans le sujet, de nous permettre cette identification surréaliste à cet événement invraisemblable
C’est à Palavas, au bord de mer, Fabienne et Roland qui désirent un enfant vont passer une semaine de vacances bien organisée et…
Une magnifique bande dessinée, un chef d’oeuvre de sensibilité, un scénario millimétré avec un dessin poétique au cordeau !
Splendide !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Non, dans les papiers ils disent bien : "Pas d'accès à la location avant 14h".
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Fabienne et Roland débarquent à Palavas pour passer la semaine. Roland a tout payé, tout organisé et scrupuleusement consigné chaque étape du séjour dans un carnet.
Ils s'apprêtent à déposer leurs bagages à l'appartement.
Soudain, elle se retrouve seule.
Stupeur, déni...
Contre toute attente, elle décide de rester
Ludwig, traducteur allemand est envoyé en fin de 2e guerre mondiale traduire des documents importants au Japon.
Hibakusha de Thilde Barboni et Olivier Cinna
Il tombe amoureux, mais cette fin de guerre est difficile et les allemands passent du status d’alliés de l’Axe aux traîtres qui ont entrainé le Japon dans la défaite.
Une jolie BD au traits fins qui – malgré une fin détonante – n’évite malheureusement pas les clichés et le romantisme un peu mièvre.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Cet épisode bref et douloureux, ce désir inassouvi a-t-il scellé mon destin ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) - C'est ma jambe qui me fait mal.
- Vos muscles sont tétanisés. Le corps est un tout. On ne peut pas isoler ses différentes parties. Vous souffrez de migraines, n'est-ce pas ?
- J'ai souvent la tête lourde.
- Je vais tenter de soulager votre corps, mais pour votre âme, hélas... Je ne peux rien...
C'est une histoire d'amour. Pas au bon moment, pas au bon endroit. Ludwig est Allemand, elle est Japonaise. Ils se lient pour l'éternité en 1945 à Hiroshima. Depuis cette date, « hibakusha » est le nom donné aux survivants des attaques nucléaires américaines sur les villes de Nagasaki et d'Hiroshima. Témoins éternels de l'horreur. Mais au-delà de l'Histoire, de ses aléas, de ses drames et de ses déchirements, cet album pose les questions de l'instant d'après...
Que reste-t-il de la vie d'un homme, de ses engagements, de ses manquements, de ses fautes ? Que reste-t-il de ses émotions, de ses amitiés, de ses amours ?
Magistralement inspirés par la nouvelle de l'écrivaine Thilde Barboni, le trait sensuel et la palette délicate d'Olivier Cinna font d'Hibakusha une ode graphique à l'amour éternel
Une BD qui m’a laissé dubitatif. Certaines planches sont splendides alors que d’autres m’ont paru bâclées avec beaucoup de styles différents sans réelle unité. Le scénario m’a semblé également bien pauvre pour une BD qui aurait pu plonger un peu plus profondément dans cette piscine.
Les brûlures de Zidrou et Laurent Bonneau
Un flic qui drague à la piscine, des prostituées qui se font tuer, l’histoire se complique un peu et pis voilà
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) La vie, c'est comme la piscine.
Il y a toujours quelqu'un pour t'apprendre à nager. Mais va-t'en trouver quelqu'un pour t'apprendre à te noyer !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Dans les rues d'une petite station balnéaire, les putes tombent comme des mouches. Un premier cadavre, atrocement mutilé, est découvert, puis un second, brûlé. La série, pourtant, ne fait que commencer.
Arrêter les assassins, les deux inspecteurs de police chargés de l'enquête n'y comptent pas trop. Après, tout, les victimes ne sont que des putes. Italiennes, de surcroît. Nos deux flics cherchent néanmoins à comprendre. C'est leur boulot. Surtout, c'est ce qui les aide à tenir debout. Tenir debout, c'est déjà beaucoup, pas vrai ?
Pas besoin de plus pour décrire une situation qui dérape.
Famille de Lydie Salvayre
Avec un grand talent Lydie Salvayre expose le drame avec une parfaite économie de moyen. Un fils schizophrène paranoïaque hurlant sa détresse à une mère obstinément aveugle et un père dépassé. Une descente aux enfers
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le spécialiste a dit que le fils était schizophrène. Quelle honte dit le père.
Un dessinateur enfermé dans un hôtel particulier avec quatre top modèles nues durant les quatre jours de la résurrection d’un Salvador Dali cryogénisé… Le cocktail parfait aux champignons hallucinogènes pour une bande dessinées intrigante et inclassable.
Fin de la parenthèse de Joann Sfar
L’occasion d’en tirer des dessins magnifiques, de philosopher (délirer ?) sur la religion, la mode, la vie/mort, le sexe, le corps, la beauté, les drogues, la violence aveugle… et Dali
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) La chose qui te fait retourner en France n'a aucune logique.
Appelons ça du patriotisme.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Et si l'art était la seule alternative à la violence et à l'obscurantisme contemporain ?
Et si seul Salvador Dali, en prophète surréaliste, pouvait nous en montrer le chemin ?
Après tu n'as rien à craindre de moi, Joann Sfar nous convie à une parenthèse de quelques jours avec cinq personnages au bord de la crise de nerf. Confinés dans un hôtel particulier. Ils tentent une expérience artistique sans limites
Nathan, un garçon né dans un corps de fille. L’âge de la puberté, de l’évidence, de l’acceptation et de la revendication de son identité !
Appelez-moi Nathan de Catherine Castro et Quentin Zuttion
Un peu à la manière d’un docu-fiction, la bande dessinée tente de montrer les étapes de façon positive sans éluder les difficultés. Un excellent album pédagogique !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Quitte à devenir quelqu'un, autant que ce soit vous-même !
Lila coule une enfance parfaite jusqu'au jour où son corps fait des siennes et crie à tout le monde qu'elle est une fille.
Lila est seule à savoir qu'elle est un garçon. Ce corps étranger, cette identité féminine, ça ne va pas être possible.
Devenir « il » aux yeux de tous, corriger les résultats de la loterie génétique pour être enfin lui-même, va être son combat. On n'imagine pas, comment l'imaginer, ce qu'une telle décision représente ; ce qu'il faut de bravoure, de ténacité, pour y parvenir.
Appelez-moi Nathan est la fiction d'une très belle histoire vraie
Une très jolie bande dessinée avec beaucoup de thématiques : la montagne et l’escalade, le féminisme, la haute-couture, l’après-guerre, l’armée, la passion, le statut social, la maternité, le handicap, l’usine, le couple…
Edelweiss de Cédric Mayen et Lucy Mazel
Tellement de sujets que c’est peut-être là que je glisse un bémol : à tout vouloir embrasser…
… Mais la montagne est si belle
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) En 1947, près de Paris, Edmond, un jeune ouvrier, rencontre Olympe, la fille d'un politicien. Celle dernière est passionnée par l'alpinisme et souhaite escalader le mont Blanc. Il lui promet de l'aider à réaliser son rêve. Or, ce projet est contrarié par les aléas du quotidien
Une adaptation tendre et délicate, poétiquement mise en image par Cyril Bonin. On y retrouve son trait irrégulier et sa palette de couleurs chaudes et orangées
La délicatesse de Cyril Bonin adapté du roman de David Foenkinos
Sans avoir lu le roman de David Foenkinos, il est bien difficile de juger du traitement. Pour autant, Cyril Bonin use et abuse du regard timide et « par en dessous », et ça, tant pour Nathalie que pour tous les autres protagonistes jusqu’à créer un sentiment de soumission générale… Mais peut-être est-ce là justement le thème de cet album, la difficile émancipation au dictât de nos vie ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Chaque soir, Markus rentrait chez lui à sept heures quinze.
Il connaissait les horaires du RER par cœur et avait parfois l'impression d'être ami avec ces inconnus qu'il croisait chaque jour.
Il n'était pas malheureux de ce quotidien huilé mais ce soir-là, il avait envie de crier, de raconter sa vie à tout le monde.
Sa vie avec les lèvres de Nathalie sur les siennes. Il voulait être fou...
Tombé sur la très bonne bande dessinée de Frédéric Rébéna, je me suis dit qu’il serait bon de lire ce livre culte qui propulsa Françoise Sagan superstar !
Bonjour tristesse de Françoise Sagan
Un premier roman de 1954 alors qu’elle n’avait que 18 ans. Plutôt bien foutu malgré quelques passages un peu approximatifs, mais : un très, très bon premier roman ! Subtil, étouffant, plein de culpabilité et de désirs, moite et calculateur. Un bord de mer, une ado désœuvrée, un père en mal de séduction, un triangle amoureux… Si j’étais un peu taquin, un peu le livre que Djian aurait aimé écrire.
Un roman court à la hauteur de sa renommée
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C'est un sentiment si complet, si égoïste que j'en ai presque honte alors que la tristesse m'a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l'ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd'hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un homme de quarante ans, charmant, léger, aux aventures faciles et nombreuses, et sa fille de dix-sept ans, Cécile, forment un couple inséparable de camarades. Ils vivent dans la plus grande liberté, une amoralité parfaite, une insouciance totale, jusqu'au jour où, plus dangereuse que toutes les habituelles « passantes », une femme survient... Belle, envoûtante, un peu mystérieuse, Anne, qui fut la meilleure amie de la mère de Cécile, va vouloir enchaîner l'homme volage et préserver la jeune fille d'une dépravation certaine. Devant cette menace, Cécile, avec un machiavélisme à la fois innocent et pervers, provoque la rupture, la catastrophe... Le danger est écarté, mais un nouveau visage hantera désormais l'adolescente : celui de la tristesse.