Et l’homme créa les dieux : comment expliquer la religion

En anthropologue, Pascal Boyer tente ici de comprendre ce qui ─ du Cambodge à Salt Lake City, du Cameron jusqu’en Finlande ─ est à l’origine des croyances humaines. Avatars surnaturels, ancêtres, dieux, zombis… Pourquoi l’humanité les a-t-elle créés ?

Comme je l'ai déjà souligné à maintes reprises, l'élaboration de concepts religieux repose sur des capacités et des systèmes mentaux que nous avons déjà, concepts religieux ou pas. La morale religieuse se sert des intuitions morales, les notions d'agents surnaturels exploitent nos intuitions concernant le vivant en général, et ainsi de suite. C'est pourquoi j'ai dit que les concepts religieux parasitent nos capacités mentales. L'aptitude à jouer de la musique, à peindre des tableaux et même à donner un sens à des taches d'encre sur du papier sont, à cet égard, tout aussi parasitiques. Comme la religion. Parce que les concepts supposent toutes sortes de capacités spécifiquement humaines, on peut décrire la religion en décrivant la manière dont ces différentes capacités sont recrutées, comment elles contribuent à créer les traits que partagent toutes les religions du monde. Il est inutile de supposer qu'il existe un mode de fonctionnement spécial que déclencheraient exclusivement les pensées religieuses.
Pour terminer, je devrais en bon anthropologue souligner que cette idée de la religion en tant que domaine à part est non seulement dénuée de fondement mais tout à fait ethnocentrique.
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Et l’homme créa les dieux : comment expliquer la religion de Pascal Boyer
A la manière d’un testeur informatique, convoquant neurologie, psychologie, sociologie et anthropologie, il dissèque nos fonctionnements pour tenter d’en trouver les failles qui ont permis au surnaturel de s’y glisser tout naturellement.Telle est la vraie tragédie des théologiens non seulement les gens, parce qu'ils sont dotés d'un esprit et non d'une simple mémoire livresque, seront toujours théologiquement incorrects, ajouteront toujours leur touche personnelle au message et le déformeront mais, en outre, la seule façon de protéger le message de ces altérations c'est de le rendre cohérent, donc prévisible, ce qui favorise la dissidence imagiste et menace la position de la corporation.Tout ça semble assez bien tenir la route même si à la fin de cette lecture, j’avoue ne pas tout comprendre beaucoup mieux.

A noter quand-même que si cet essai tente de mettre à jour les origines des croyances et leur inébranlable succès, il ne parle absolument pas de ce que les hommes en ont fait.

Un essai adapté en bande-dessinée par Joseph Béhé peut-être un peu plus accessible… quoique 😉

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Une voisine, au village, me conseille de me protéger des sorciers. Faute de quoi ils me lanceront des flèches invisibles qui pénétreront dans mes veines et m'empoisonneront le sang.

Un chaman fait brûler des feuilles de tabac devant une rangée de statuettes tout en leur parlant. Il leur demande de se rendre dans les villages du ciel pour l'aider à guérir un patient dont l'âme est retenue prisonnière par des esprits invisibles.

Un groupe d'adeptes s'en va racontant que la fin est proche. Le Jugement dernier est prévu pour le 2 octobre. La date arrive et rien ne se produit. Les fidèles continuent à clamer que la fin est proche (mais la date a changé).


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Là où il y a des hommes, il y a des dieux, des ancêtres, des esprits, des sorcières et des démons. D'un bout à l'autre de la Terre, du bocage normand à la brousse africaine, des hauteurs de l'Himalaya aux confins du Pacifique, on retrouve le même cortège bigarré de croyances et de pratiques dont la finalité et la cause restent somme toute obscures. Car, au fond, s'il y a partout de la religion, sait-on pourquoi il en est ainsi ?

Dans cet ouvrage novateur, Pascal Boyer résout l'énigme en l'abordant sous trois angles différents. D'abord, les résultats de l'ethnographie moderne démontrent l'étonnante diversité des religions humaines mais aussi l'existence, sous ce foisonnement, de thèmes récurrents, de caractéristiques universelles. Ensuite, les sciences du cerveau, qui ont connu une véritable révolution au cours des trois dernières décennies, permettent de comprendre comment se forment les croyances religieuses. Enfin, le renouvellement de la réflexion darwinienne appliquée au cerveau permet d'inscrire le phénomène religieux dans l'histoire de notre espèce.
C'est parce que nous sommes dotés d'un certain type de cerveau, fruit dune certaine évolution, que la religion existe. Mais c'est seulement en s'intéressant au détail des résultats décrits ici par Pascal Boyer que l'on pourra mesurer la force de cette assertion. Car cette approche permet non seulement de comprendre enfin pourquoi la religion existe, mais aussi pourquoi elle entretient un rapport particulier avec la mort et la morale, pourquoi il y a des rituels, pourquoi il existe des institutions et des doctrines, et pourquoi la force de ces croyances est telle qu'elles peuvent pousser les hommes au don de soi - mais aussi à l'intolérance et au fanatisme.

Et l’homme créa les dieux

Presque tout est dans le titre. Il n’y manque que : mais pourquoi ?

Et l’homme créa les dieux de Joseph Béhé, d’après l’essai de Pascal Boyer
C’est à cette question que cette bande dessinée tente de répondre, avec toute la rigueur scientifique possible (et beaucoup de pédagogie) en se basant sur les dernières découvertes en sciences sociales, neuro-psy, anthropologie, sociologie…Et c’est, ma foi, fort bien fait, accessible et vraiment passionnant…

…Même s’il est vrai qu’à la fin toutes ces informations tendent à devenir confuses. Une bande dessinée à reprendre possiblement à plusieurs reprises pour bien en saisir tous les concepts. A moins d’en profiter pour sauter sur l’essai original de Pascal Boyer

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
On peut « entrer en religion » pour de multiples raisons :
Pour s'y adonner, s'y abandonner, faire corps avec sa puissance, se laisser pénétrer par ses mystères, pour y méditer sur sa beauté...
On peut également « entrer en religion » pour tenter d'en comprendre les ressorts invisibles, ceux qui permettent, organisent et scellent les croyances.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Pourquoi existe-t-il des religions dans le monde ? Ont-elles une origine commune ? Pourquoi les gens sont-ils croyants ? Nous sommes ici face aux interrogations les plus fondamentales, les plus intemporelles et peut-être les plus cruciales pour l'avenir des hommes sur la terre.

À ces questions brûlantes, Pascal Boyer apporte des réponses concrètes en s'appuyant sur des recherches en sciences du cerveau, en anthropologie, en psychologie et en biologie de l'évolution. Cette approche croisée permet non seulement de comprendre enfin pourquoi la religion existe, mais aussi pourquoi la force de ces croyances peut pousser les hommes au don de soi mais aussi à l'intolérance et au fanatisme.

Bouleversé par cet essai qui a changé son regard sur les croyants, Joseph Béhé en livre une adaptation graphique remarquable.

Le crépuscule des idiots

Une fable sur la bêtise, la cruauté, la crédulité et la cupidité des singes (ça ne parle évidement pas de notre propre inhumanité) de Jean-Paul Krassinscky.

L’histoire de singes assoiffés de pouvoir et utilisant un Diou pour s’installer sur le trône

Le crépuscule des idiots de Jean-Paul Krassinsky

Et tout y passe, l’adoration, les tables de la loi, le blasphème, le patriarcat, la domination des femelles, les rivalités, les schismes, les adorateurs…

Une bande dessinée démonstration, magnifique et consternante !

Et ces singes dans l’espace, et la chienne Laïca et tous les autres animaux sacrifiés ? Quelle merde, quelle saloperie !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Certains humains sont bêtes comme des singes, dit-on. Mais il est des singes qui sont sots comme des humains. »

Petit (mal)traité d’histoire des religions

Un bouquin pour remettre les grands noms, les mythes et les croyances dans le bon ordre et au bon endroit. Intelligent sans être érudit, drôle sans être méchant.

Petit (mal)traité d'histoire des religions de François Conod
Petit (mal)traité d’histoire des religions de François Conod

Un survol des religions par un athée agnostique. Si, si !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Pour comprendre l'art, la littérature, la musique, il est nécessaire d'avoir quelques connaissances en matière de religion. Ce livre comble une lacune, car il traite d'une façon souvent sarcastique et irrévérencieuse, mais toujours avec respect, de la plupart des principales religions pratiquées sur cette planète, avec l'accent sur celles qui ont essaimé en Occident : christianisme, judaïsme, islam...

Nul prosélytisme ici. Il s'agit de culture et d'histoire. Celle du XXIe siècle montre, hélas ! que l'incompréhension crée des ravages. Puisse ce traité contribuer à une meilleure entente entre les différentes obédiences