De guerre en guerre : de 1940 à l’Ukraine

A l’aune de sa longue vie, de ses expériences, de la seconde guerre mondiale et de ses engagements, Edgar Morin en arrive à la guerre en Ukraine.

Alors que les générations qui n'ont pas connu la guerre s'horrifient à juste titre des images télévisées de maisons éventrées et de civils assassinés en Ukraine, je me remémore les plus massives destructions et massacres commis par les nôtres, notamment américains.
De guerre en guerre : de 1940 à l’Ukraine de Edgar Morin

Et aujourd’hui, alors que la guerre fait rage en Europe, cet essai tente d’éviter les conclusions trop simplistes et rappelle que la manipulation de l’information, que les crimes de guerre, que les bombardements de villes et civils n’ont jamais été l’apanage exclusif des méchants nazis ou soviétiques (pour ne citer qu’eux).

Alors que l'on se félicite d'avoir accédé à la société de la connaissance, on est plongé dans un aveuglement d'autant plus grand qu'il croit posséder les moyens adéquats du savoir.

Un essai qui tente de sortir d’une vision gentil-méchant pour éviter l’escalade et trouver des solutions permettant une paix durable

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le premier bombardement aérien de terreur en Europe fut celui de la Luftwaffe qui anéantit Rotterdam en mai 1940. Il fut suivi par les pilonnements de Londres au cours de l'été 1940, qui furent abandonnés après la résistance héroïque de la Royal Air Force.
Puis il y eut les bombardements alliés sur les villes allemandes.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« La guerre d'Ukraine a rappelé en moi les terribles souvenirs de la Seconde guerre mondiale. Les destructions massives, les villes ravagées et détruites, les carcasses d'immeubles éventrés, les innombrables morts militaires et civiles, les afflux de réfugiés... J'ai revécu les crimes de guerre, le manichéisme absolu, les propagandes mensongères. Et me sont revenus en mémoire les traits communs à toutes les guerres que j'ai connues, guerre d'Algérie, guerre de Yougoslavie, guerres d'Irak. Les mêmes criminalisations non seulement de l'armée, mais du peuple ennemi, les mêmes délires, les erreurs et illusions toujours renouvelées, l'arrivée de l'inattendu toujours incroyable, puis rapidement banalisé.

J'ai écrit ce texte pour que ces leçons de quatre- vingt années d'histoire puissent nous servir à affronter le présent en toute lucidité, comprendre l'urgence de travailler à la paix, et éviter la pire tragédie d'une nouvelle guerre mondiale. »

De feu et d’or

De feu et d’or raconte de magnifique façon l’histoire d’une famille noire des États-Unis. Portés par plusieurs voix, nous traversons plusieurs époques en partant du massacre de Tulsa jusqu’à la maison de Brooklyn et la fameuse dernière marche des escaliers.

« Où. Allons. Nous. Iris ? »
Et puis. Et puis. Et puis.
Il arrive que le corps élimine le souvenir. Je vois les valises de ma mère portées au rez-de-chaussée, son dos disparaître par la porte. Le cou et les épaules de papa se lèvent vers mon visage, mes sanglots, mes hurlements. Les hanches de papa sont labourées par mes coups de pied. Ses mains me serrent fort. Mon papa. Qui tient bon.
De feu et d’or de Jacqueline Woodson

Un livre choral qui parle de racisme, de transmission familiale, du désir, de la maternité. La vie de Melody, Aubrey, Idris et ses grands parents dans une famille ou les filles deviennent femmes à 16 ans. Ou parfois plus (trop ?) tôt.

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tout de même, cet après-midi-là, il y avait un orchestre. La musique emplissait la maison de grès brun. Des doigts noirs tiraient des archets de violon, grattaient des cordes de violoncelle ; des lèvres foncées enserraient des trompettes; une fillette brune effleurait une flûte de ses ongles rose clair.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Pendant que nous dansons, je ne suis ni Melody, qui a seize ans, ni la fille autrefois illégitime de mes parents. Je suis un récit, une histoire presque oubliée. Dont on se souvient. »

En ce jour de printemps 2001, toute la famille est réunie à Brooklyn pour fêter le seizième anniversaire de Melody. Tandis qu'elle fait son entrée sur une musique de Prince, resplendissante dans sa robe blanche, une certaine mélancolie s'installe. Cette robe fut cousue seize ans auparavant pour une autre jeune fille : Iris, la mère de Melody, qui n'eut jamais l'occasion de la porter.

Déroulant l'histoire de Melody, de son père, d'iris et de ses grands-parents - du massacre de Tulsa en 1921 au 11 septembre 2001 -, Jacqueline Woodson reconstitue leurs ambitions et leur fureur de vivre, mais aussi le prix payé pour échapper à leur destin

Lonely Betty

Visiblement, Joseph Incardona s’est bien amusé à écrire cette Lonely Betty… Et c’est très réussi !

Alors que le coroner Mélanie Smith et le médecin légiste Charles Saroyan habillaient leurs enfants - un cas typique de couple s'étant formé au sein d'une activité professionnelle commune, la drague au boulot, un gain de temps considérable - pour aller assister à la messe du soir dans la petite église en bois mal isolée de Durham, afin de célébrer la nativité de Jésus-Christ-Notre-Sauveur, John Markham donna sa fiole à Betty Holmes qui but une lampée après avoir éteint sa cigarette. Jamais faire deux choses à la fois, telle était sa devise et elle s'y tenait encore strictement.
 - T'as toujours eu de la bonne gnole là-dedans, John.
Lonely Betty de Joseph Incardona et illustrations de Thomas Ott

Une sorte de parodie de roman noir un peu curieuse avec une centenaire qui aurait des révélations à faire sur le triple meurtre d’enfants disparus 54 ans plus tôt.

Ce ne furent ni Sally ni N'guyen qui découvrirent le corps inerte de Betty Holmes gisant par terre au pied de la fenêtre mais une auxiliaire de service n'ayant pas encore de badge épinglé à son tablier. La semaine précédente, lors du stage hebdomadaire de formation continue, la jeune fille avait appris que si une telle situation venait à se présenter, il fallait: a) ne pas paniquer, b) vérifier le pouls de la victime, c) alerter d'urgence (et en toute discrétion) le ou la chef(fe) de service. Voyant Betty Holmes au sol, les yeux grands ouverts fixant le vide avec une expression de terreur, la jeune infirmière passa allègrement sur les points a) et b) et se précipita dans le couloir en hurlant.

Une drôle de nouvelle où l’on croise par ordre d’apparition :
Mike Dougladis (chauffeur de camion), Robert Kawzcinsky (maire), Jesus Christ (notre sauveur), Sarah Marcupanni (38 ans), Elisabeth Zelda (Betty) Holmes (99 ans), Savannah Simpson (compagne secrète de Sarah et gardienne de la prison d’Augusta), Rachel Bloom (fleuriste), Maurituus (chien), Helmut Schweinsteiger (docteur), cette salope de Miranda, Junior Bonner (l’ex), Jim Beam (bourbon), John Markham (shérif à la retraite), Marvin (petit fils de John), Laureen Markham (fille de John), James Sullivan (barman au Funny Throat), un infirmier asiatique (N’guyen), Tom Collins (un collègue), les parents de Tom, Malik Oblomov (colonel-instructeur), Sally Duchaussois (infirmière en chef), Mister Proper, Ingrid Duchaussois (jeune élève propre et studieuse), Linda Horowitz (élève à bleus), Henri (petit), Rooney (et sa petite bite), Mélanie Smith (coroner), Charles Saroyan (médecin légiste), Julie Fergusson (morte), David Bloom (le frère de la fleuriste), Richard Marlowe (directeur), Brahms (compositeur), Julian Pesci (photographe), le révérend Goldworthy, Elvis (chanteur), Nora (femme de John), Freddy Krueger (himself), Jack Daniel’s (whisky), les frères Harris (Peter, Georges et Ellis), Stephen (le quatrième enfant devenu grand), Jimmy et Igor (qui mangent des sandwichs), l’agent Withaker (agent), Jennifer Van Dine et ses parents (qui se rongent les sangs), le pape Wojtyla (pape), Magda (la vieille tante foldingue), Falkner (dans le titre), les trois petits cochons, Carrie (jeune) ou Dolores, Mozart (compositeur), Steve Mingus (lieutenant), Bela Lugosi (I love him), Tabitha (femme de Stephen), Alexandre Dumas (écrivain), Columbo (de mes deux) et Dolores Claiborne.

J’espère n’avoir oublié personne !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C’était un dimanche, la veille de Noël. En moins de douze heures, le chasse-neige était déjà passé six fois sur le tronçon de la Route 9 traversant Durham.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans une petite ville du Maine, la veille de Noël, toute la communauté s'apprête à célébrer les cent ans de Betty Holmes, l'ancienne institutrice. À la stupeur générale, en ce jour de fête, Miss Holmes fait des révélations surprenantes sur une mystérieuse disparition vieille de soixante ans et sur un de ses anciens élèves devenu célèbre. Betty ne verra pas Noël...

Joseph Incardona pastiche le roman noir, s'amuse de tous les clichés du genre et, par une habile pirouette, cette parodie devient hommage

Noir burlesque, tome 2

Après un premier tome qui m’avait laissé sur ma faim, voici le second qui sonne la fin.

Noir burlesque, tome 2 de Enrico Marini

Et le dessin est toujours aussi parfait, le style « roman/film noir » accompagné de gros bras, maffieux, jolies poupées, scotch, coups de poings, révolvers et carabines est parfaitement respecté ! Il y a du sang !

Alors, certes, il ne faut pas s’attendre à autre chose, mais le dessin est sublimement adapté au genre et Marini signe ici deux tomes de très bonne facture !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Pour Slick, les choses ne s'arrangent pas. Jusqu'à présent, il avait affaire aux truands irlandais. Mais cette fois, il change de dimension : le voilà confronté à la mafia italienne.
Rex, pour qui il n'avait travaillé qu'une seule fois, lui demande cette fois, sous la menace, de voler une oeuvre d'art. Et pas n'importe laquelle : outre sa très grande valeur, elle appartient à la mafia.
Dans un monde idéal, Slick prendrait le large avec Caprice, la femme de sa vie. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal. Caprice se retrouve coincée elle aussi : Rex la retient avec un secret qui pourrait ruiner sa carrière à tout jamais. Et les ennuis de Slick ne s'arrêtent pas là : il doit faire équipe avec une bande de véritables détraqués. Notamment Crazy Horse, l'un des tueurs incontrôlable de Rex qui semble être parti sur le sentier de la guerre.
Ce qui est certain, c'est que du sang et de larmes vont couler... Entre femmes fatales, fusillades sanglantes et règlements de comptes, Enrico Marini poursuit son hommage au film noir américain des années 1950

Maigret chez le coroner

C’est au tour de Maigret de partir en voyage d’étude. Aux Amériques, où il aura l’occasion de constater les différences de traitement d’une enquête (et des suspects) entre la France et les États-Unis.

 - Quel est votre prénom ?
Il ne pouvait pourtant pas leur dire qu'il n'en avait pas. Force lui était d'avouer qu'il s'appelait Jules. Alors son interlocuteur réfléchissait un moment.
 - Oh! yes... Julius! Ils prononçaient Djoulious, ce qui lui paraissait déjà moins mal.
 - Have a drink, Julius! (Bois un verre, Jules!)
Et ainsi, tout le long du chemin, dans des quantités de bars, il avait bu un nombre incalculable de bouteilles de bière, de manhattans et de whiskies.
Maigret chez le coroner de Georges Simenon

Un commissaire qui aura bien de la peine à ne pas intervenir et qui devra se contenter de ronger son frein devant leurs étrangères procédures.

Un livre qui a bien vieilli et qu’il faut prendre « dans son jus » de l’époque pour supporter des termes qui ne sont plus admissibles aujourd’hui.

Tous les Maigret
57. Maigret chez le coroner
56. Mon ami Maigret 58. Maigret et la vieille dame
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Maigret, deputy-sheriff.
Hé ! Vous.
Maigret se retournait, comme à l'école, pour voir à qui l'on s'adressait. Oui, vous, là-bas...
Et le vieillard décharné, aux immenses moustaches blanches, qui semblait sorti vivant de la Bible, tendait un bras tremblant. Vers qui? Maigret regardait son voisin, sa voisine. Il s'apercevait enfin, confus, que c'était vers lui que tout le monde était tourné, y compris le coroner, y compris le sergent de l'Air Force qu'on interrogeait, l'attorney, les jurés, les sheriffs.
- Moi ? questionnait-il en faisant mine de se lever, étonné qu'on eût besoin de lui.
Or, tous ces visages souriaient, comme si tout le monde, sauf lui, était au courant.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le 28 juillet, le corps de Bessy Mitchell est déchiqueté par un train de la ligne passant par Tucson, dans l'Arizona. La veille, Bessy est sortie avec cinq jeunes militaires de la base aérienne de Davis Mountains, près de Tucson : Ward, O'Neil, Van Fleet, Mullins et Wo Lee.
Maigret, en mission d'étude, assiste aux séances publiques de l'enquête menée par le coroner.
Un jury est chargé de déterminer, préalablement à toute mise en accusation, s'il s'agit d'un suicide, d'un accident ou d'un acte criminel.

Les méthodes de la justice américaine déroutent quelque peu le célèbre commissaire français…

Blackwater, tome 6 : l’épique saga de la famille Caskey : Pluie

Fin de règne à Perdido. Toutes les richesses sont !

« Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda sa femme.
- Elinor, promets-moi quelque chose.
- Quoi ?
— Ne demande pas quoi. Promets.
— Je te promets Oscar. Tout ce que tu veux. De quoi s'agit-il?
- Promets-moi que tu me laisseras mourir avant toi, dit-il. Promets-moi que tu ne m'obligeras pas à vivre seul dans cette vieille et grande maison. Laisse-moi mourir en premier. Promets-le-moi.»
Blackwater, tome 6 : l’épique saga de la famille Caskey : Pluie de Michael McDowell

Ainsi se clôt cette saga familiale fantastico-gothique telle qu’elle était déjà annoncée dans le deuxième tome.

Une réussite sublime. Après un renversement au troisième tome, un petit coup de mou dans les 4 et 5 tomes… C’est sans surprise qu’Elinor tire sa révérence. Sublime !

Une saga dans laquelle, dès le premier tome, les femmes prennent le pouvoir au près de l’inquiétante rivière noire et nauséabonde.

Une histoire de femmes et d’eau, d’eco-féminisme (merci Kirzy de Babelio pour la formule) et de mère nature dans une narration gothico-fantastique fort bien dosée

Blackwater, tome 5

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Peut-être n'étaient-elles que cela : deux vieilles femmes se livrant à d'éternels commérages dans la chambre isolée d'une maison vétuste, dans un coin perdu de l'Alabama.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Si le clan Caskey accuse le poids des ans, il est loin de s'être assagi : révélations écrasantes, unions insolites et réceptions fastueuses rythment leur vie dans une insouciance bienheureuse. Mais quelque chose surplombe Perdido, ses habitants et ses rivières. Le temps des prophéties est enfin venu

Blackwater, tome 5 : l’épique saga de la famille Caskey : La fortune

Le clan prospère, du pétrole est trouvé dans les terres des Caskey ! Et comme pour chaque tome désormais, de nouveaux arrivants se présentent et d’autres disparaissent.

— Mais tu vas le faire dans tous les cas, n'est-ce pas ? Autrement tu ne serais pas montée ici avec moi. Si tu n'avais pas eu l'intention de tout me dire, tu ne m'aurais rien dit du tout. Qu'est-ce qu'il y a ?
— Nerita n'a pas mangé le fils Gully en entier.
- Comment ça ?
— Elle... elle m'a gardé une part. »
Blackwater, tome 5 : l’épique saga de la famille Caskey : La fortune de Michael McDowell

Une fortune plutôt lassante avec toutefois une puissante fin pour doper la soif du dernier volume !

Blackwater, tome 4
Blackwater, tome 6

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tous les Caskey pleurèrent la mort de James avec une grande émotion. Bien qu'âgé et fragile, personne n'avait imaginé qu'il puisse partir un jour.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tel un organisme vivant, le Clan Caskey se développe et se transforme. Certains font face à la mort, d'autres accueillent la vie, entre rapprochements inattendus, haines sourdes et séparations inévitables, les relations évoluent, Miriam, désormais à la tête de la scierie et noyau dur de la famille, ne cesse de faire croître la richesse, suite à une découverte surprenante et miraculeuse - sauf pour une personne - c'est bientôt la ville entière qui va prospérer. Mais cette soudaine fortune suffira-t-elle, alors que la nature commence à réclamer son dû ?

Blackwater, tome 4 : l’épique saga de la famille Caskey : La guerre

Dans ce quatrième opus, après une première partie de transition et de passages de pouvoir, la famille Caskey retrouve une nouvelle harmonie.

La seconde guerre mondiale arrive et les affaires explosent pour la scierie qui voit les commandes affluer.

Elinor avait changé elle aussi, et de façon plus frappante encore depuis la mort de Mary-Love. Elle était plus calme, ses accès de colère semblaient l'avoir quittée ; elle paraissait moins dangereuse.
Blackwater, tome 4 : l’épique saga de la famille Caskey : La guerre de Michael McDowell

Un livre plus tranquille, dans lequel toutes et tous semblent trouver un certain apaisement.

Travis n'eut plus conscience de rien après ça. Frances dévora ses bras. Au cours de ce festin, Travis mourut. Lorsque sa faim fut rassasiée, Frances porta le cadavre jusqu'au nid d'alligators, sur la berge qui jouxtait le pâturage. Attirés par l'odeur du sang, les bêtes étaient là pour l'accueillir. 
Frances sortit de l'eau, tenant devant elle le corps démembré. Le sang se déversait des articulations évidées. Sa propre bouche ensanglantée s'ouvrit et émit une série de brèves notes aiguës. L'eau tout autour d'elle fut agitée par les battements de sa queue et de celles des alligators. Quelque part, dans un coin sombre de l'esprit de la créature, Frances Caskey sursauta en reconnaissant le chant étrange qu'elle entendait en rêve.

Bien sûr, ce tome reste fidèle aux Blackwater avec quelques drames et morts (étranges ou non), mais où les personnalités peuvent enfin vivre sans se cacher. Enfin… presque

Blackwater, tome 3
Blackwater, tome 5

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Mary-Love était morte depuis deux ans. Dans les mois qui suivirent l'enterrement, les Caskey avaient guetté les changements qui bouleverseraient immanquablement la structure de la famille. Ceux-ci furent lents et subtils.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La guerre est finie, vive la guerre ! Une nouvelle ère s'ouvre pour le clan Caskey : les années d'acharnement d'Elinor vont enfin porter leurs fruits ; les ennemies d'hier sont sur le point de devenir les amies de demain ; et des changements surgissent d'où personne ne les attendait. Le conflit en Europe a fait affluer du sang neuf jusqu'à Perdido. Désormais les hommes vont et viennent comme des marionnettes sur la propriété des Caskey. Sans se douter que, peut-être, leur vie ne tient qu'à un fil

Blackwater, tome 3 : l’épique saga de la famille Caskey : La maison

La tension monte encore d’un cran jusqu’à un événement auquel je ne m’attendais pas du tout et une redistribution des cartes au sein du clan. Comme pour une partie d’échec, des pièces majeures disparaissent et (fin de l’analogie) de nouvelles entrent en jeu.

— Papa, je ne veux pas me marier. Je m'amuse beaucoup trop. Je ne crois pas avoir permis au moindre célibataire de m'approcher sur le campus. » James éclatait de rire.
« Ma chérie, si tu ne les laisses pas approcher, comment sont-ils censés te demander en mariage ?
— C'est précisément ce que je ne veux pas ! Qu'ils essaient et ils verront la raclée qu'ils vont se prendre. »
Blackwater, tome 3 : l’épique saga de la famille Caskey : La maison de Michael McDowell

Dans ces luttes où les femmes se battent pour le pouvoir, la rivière continue de démontrer le sien ainsi ses liens forts avec Elinor.

Assise sur le banc dans l'étouffante gare d'Atmore, Mary-Love gémissait et transpirait abondamment. Aucune phrase intelligible ne sortait de sa bouche. À ses côtés, Ivey lui essuyait le front et lui serrait les mains en chuchotant: « M'dame Mary-Love, qu'est-ce vous avez mangé ? Vous avez pris que que chose qu'était pas bon pour vous ? Vous avez bu de la mauvaise eau ?»

En pleine dépression de 1929 dans le sud des États-Unis, un épisode toujours aussi gluant et putride, une vraie réussite qui entretient avec un grand talent la soif de connaître la suite

Blackwater, tome 2
Blackwater, tome 4

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Miriam et Frances Caskey étaient sœurs ; elles étaient nées avec à peine un an d'écart, et vivaient dans des maisons séparées d'à peine vingt mètres, pourtant, leurs deux foyers communiquaient si peu que lorsqu'elles se rencontraient sur la propriété — ce qui était rare —, elles se montraient timides et méfiantes l'une envers l'autre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
1928 à Perdido. Alors que le clan Caskey se déchire dans la guerre intestine et sans merci que se livrent Mary-Love et sa belle-fille, et tandis que d'autres crises - conjugales, économiques, existentielles - aux répercussions défiant l'imagination se profilent, dans les recoins sombres de la maison d'Elinor, la plus grande de la ville, les mauvais souvenirs rôdent et tissent, implacables, leurs toiles mortelles.

Blackwater, tome 2 : l’épique saga de la famille Caskey : La digue

Blackwater continue avec le tome deux pour s’éloigner sensiblement de Elinor et s’orienter sur les jeux de pouvoir au sein de la famille Caskey avec son omnipotente marâtre Mary-Love.

L'INGÉNIEUR
« Seigneur, protège-nous des flots, du feu, des animaux affamés et des Nègres en fuite. »
C'est par cette prière que Mary-Love commençait chaque repas. Elle la tenait de sa mère, laquelle avait soustrait son argenterie, ses esclaves et ses poules à l'avidité des pilleurs yankees. Désormais, Mary-Love et Sister imploraient secrètement le secours divin contre une cinquième menace: « O Seigneur, protège-nous d'Elinor Dammert Caskey. »
Blackwater, tome 2 : l’épique saga de la famille Caskey : La digue de Michael McDowell

Un clan qui ne cesse de s’agrandir et, en même temps, de perdre certains de ses membres mystérieusement. La digue s’installe. Elinor et la rivière semblent s’en accommoder…

« Ecoute-moi bien, Zaddie. Cette digue - si jamais un jour elle est construite - n'apportera rien de bon à la ville.
— Qu'est-ce que vous voulez dire ?
— Moi vivante, et tant que j'habiterai dans cette maison, il n'y aura pas de crue à Perdido, avec ou sans digue. Les rivières ne monteront pas.
— Mam'selle Elinor, vous pouvez pas... »
Elinor ignora cette protestation.
« Par contre Zaddie, quand je serai morte, reprit-elle, avec ou sans digue, cette ville et tous ses habitants disparaîtront de la surface de la terre... »

Vivement la suite dans une atmosphère toujours aussi pesante. Un délice de malaise visqueux

Blackwater, tome 1
Blackwater, tome 3

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
« Seigneur, protège-nous des flots, du feu, des animaux affamés et des Nègres en fuite. » C'est par cette prière que Mary-Love commençait chaque repas.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tandis que la ville se remet à peine d'une crue dévastatrice, le chantier d'une digue censée la protéger charrie son lot d'imprévus : main-d'oeuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes... Pendant ce temps dans le clan Caskey, Mary-love, la matriarche, voit ses machinations se heurter à celles d'Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer. Manigances, alliances contre-nature, sacrifices, tout est permis.
À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences, irréversibles