Fabienne Radi aime à s’amuser de la dérision dérisoire de nos vies. Mais alors que la définition de la dérision impliquerait mépris et moquerie, Fabienne (qui ne se prénomme pas Isabelle) joue en tendre complice avec nos petits égarements.

Et au travers de ces tranches de vies, anecdotes célèbres ou ignorées, histoires de familles et autres petits embarras, elle nous rappelle à la raison. La vie nous offre tant de cadeaux pour peu que nous sachions les voir.
Tour à tour drôle, touchante, amusée, ridicule, émerveillée, intéressée… Fabienne Radi nous parle de nous avec un petit sourire malicieux
Ma belle-sœur a un chien depuis quelques mois. C'est un bâtard issu d'un croisement improbable; le résultat est aussi incongru qu'intéressant. Un museau pointu de teckel, de longues pattes de lévrier et un thorax puissant de boxer. On dirait que les différentes parties de son anatomie ont grandi séparément.
Un avocat essaie de cacher sa langue poilue ; une jeune femme se méprend sur les paroles de sa prof de yoga ; un frère envoie ses condoléances par erreur depuis la Sibérie ; une mère s'acharne sur une tache qui ne part pas ; un homme refuse le cadeau fait par une amie... Les protagonistes de « Gêne et confusion » sont confrontés à des situations plus ou moins embarrassantes, traversent même parfois des moments de honte.








![G [Guillaume Meurice] : Moi, je trouve ça hyper intéressant à quel point les gens qui se considèrent comme des dominants, des « mâles alpha », sont en fait d'énormes trouillards. Ils passent leur temps à dire : « On veut nous empêcher de dire ça ! Oh là là, regardez, la société va changer, ils veulent marier les homosexuels, il va tomber des pluies de grenouilles. » Dans leur tête, ils se voient comme des Vikings. Mais on dirait plutôt des petits chatons terrifiés.
Ça, ça me régale.
C'est dingue de voir à quel point certains mecs - beaucoup de mecs - ont peur du féminisme. On parle d'égalité de droits. Comment tu peux avoir peur de ça ?
Moi, en cas de guerre de civilisations, j'irai me protéger auprès d'une meuf qui a de l'endométriose, qui sait comment gérer la douleur, plutôt qu'auprès d'un mec qui a peur parce qu'il y a un point médian dans un tract.
S [Swann Périssé] : Je le vois aussi dans les réactions de gens qui sont accusés de viols, dans le cadre du #MeToo Stand-up. Ils ont fait des stories et tout, en disant: « Ça se fait pas, c'est pas bien ce qu'on dit sur moi, je vais me suicider, on me regarde mal. » Les gens sont vraiment concentrés sur leur image, leur ego... Pendant ce temps-là, t'as la police qui interviewe toutes les petites meufs que t'as violées, qui fait son petit dossier de preuves. Et toi, t'es là à faire des stories « Je suis malheureux ». Bon courage pour ce qui est à venir !](https://i0.wp.com/www.noid.ch/wp-content/uploads/2025/07/bouffons.jpg?resize=660%2C556&ssl=1)




