Il faut un peu s’accrocher pour suivre Simon. Ici, tout le monde parle en même temps : Simon, sa sœur, Santiag, l’Étranger, le vénérable Maître, le sergent Chochotte, des chats et même quelques poules… et j’en oublie ! Oui il faut suivre, d’autant que ça va vite !
C’est drôle, foutraque et surprenant. Et c’est plutôt réussi
Demain, je sortirai. Demain je quitterai cet endroit répugnant. Lorsque je prendrai l'allée qui me mènera au grillage, puis au trottoir, ce serait bien que le bâtiment, dans mon dos, brûle. Pour que plus jamais personne ne doive y pénétrer. Ce serait bien que le personnel brûle avec la bâtisse. Pour que plus jamais il ne puisse faire de mal. Ce serait bien que les autres enfants brûlent eux aussi. Pour que le monde du dehors ne connaisse pas leur cruauté.
Le monde du dehors.
Dans cet ouvrage insolite, superbement illustré par Ludovic Chappex, Philippe Battaglia nous régale d'une fable fantastique aux allures de roman graphique. Son humour caustique embrasse avec tendresse les bienfaits de l'anthropomorphisme, évoque l'abandon, l'amour fraternel et la rage à travers le destin d'un jeune homme haï de tous. Rebut de la société, Simon ne connaît la bienveillance que par ses félidés et sa sœur.
Lorsque cette dernière se trouve aux prises d'une organisation secrète au fin fond des bayous, Simon se voit obligé d'affronter le monde extérieur. Notre antihéros parviendra-t-il à lever le voile sur les desseins maléfiques du Vénérable Maître de la Prince Hall Lodge n°50 et à sauver le monde absurde qui s'embrase autour de lui ?













![G [Guillaume Meurice] : Moi, je trouve ça hyper intéressant à quel point les gens qui se considèrent comme des dominants, des « mâles alpha », sont en fait d'énormes trouillards. Ils passent leur temps à dire : « On veut nous empêcher de dire ça ! Oh là là, regardez, la société va changer, ils veulent marier les homosexuels, il va tomber des pluies de grenouilles. » Dans leur tête, ils se voient comme des Vikings. Mais on dirait plutôt des petits chatons terrifiés.
Ça, ça me régale.
C'est dingue de voir à quel point certains mecs - beaucoup de mecs - ont peur du féminisme. On parle d'égalité de droits. Comment tu peux avoir peur de ça ?
Moi, en cas de guerre de civilisations, j'irai me protéger auprès d'une meuf qui a de l'endométriose, qui sait comment gérer la douleur, plutôt qu'auprès d'un mec qui a peur parce qu'il y a un point médian dans un tract.
S [Swann Périssé] : Je le vois aussi dans les réactions de gens qui sont accusés de viols, dans le cadre du #MeToo Stand-up. Ils ont fait des stories et tout, en disant: « Ça se fait pas, c'est pas bien ce qu'on dit sur moi, je vais me suicider, on me regarde mal. » Les gens sont vraiment concentrés sur leur image, leur ego... Pendant ce temps-là, t'as la police qui interviewe toutes les petites meufs que t'as violées, qui fait son petit dossier de preuves. Et toi, t'es là à faire des stories « Je suis malheureux ». Bon courage pour ce qui est à venir !](https://i0.wp.com/www.noid.ch/wp-content/uploads/2025/07/bouffons.jpg?resize=660%2C556&ssl=1)
