Saint Jacques

Une histoire d’amour, de transmission familiale, de relations mère-fille mal vécues, de vies loupées, de rencontres et de résiliation.

Saint Jacques de Bénédicte Belpois

Des histoires de vies…

C’est simple et très fort, des émotions justes sans trop de mélo

Si, quand même… pas mal de mélo, mais c’est bon et bien fait

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À la mort de sa mère, Paloma hérite d'une maison abandonnée, chargée de secrets au pied des montagnes cévenoles. Tout d'abord décidée à s'en débarrasser, elle choisit sur un coup de tête de s'installer dans la vieille demeure et de la restaurer. La rencontre de Jacques, un entrepreneur de la région, son attachement naissant pour lui, réveillent chez cette femme qui n'attendait pourtant plus rien de l'existence bien des fragilités et des espoirs.

Ode à la nature et à l'amour, Saint Jacques s'inscrit dans la lignée de Suiza, le premier roman de Bénédicte Belpois, paru en 2019 aux Éditions Gallimard. Avec une simplicité et une sincérité à nulles autres pareilles, l'auteure nous offre une galerie de personnages abîmés par la vie mais terriblement touchants

Florida

Quelle force, quelle puissance, quelle rage !

Florida de Olivier Bourdeaut

Après le bouleversant Bojangles, Olivier Bourdeaut m’avait un peu déçu avec son bien terne Pactum Salis. Mais quelle puissance retrouvée !

Avec Florida on entre dans le monde du corps avec les concours de mini miss où des parents projettent toutes leurs délirantes espérances dans le corps de leurs filles. Pour s’en sortir (s’en sortira-t-elle ?) Elizabeth va tout saboter, à commencer par elle même.

Un livre bodybuildé sur les délires d’une mère, la démission d’un père et la révolte d’une enfant manipulée

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ne trouvez-vous pas cocasse que dans un pays de gagnants, ma malédiction soit d'avoir un jour gagné? Pas n'importe quel jour, celui de mes sept ans. Ma mère me disait que j'étais très belle et que je n'étais pas trop bête. L'ordre des compliments est important, la forme aussi. J'étais très belle, une affirmation. Je n'étais pas trop bête, une négation.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Ma mère s'emmerdait, elle m'a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s'est vengée. »

La commode aux tiroirs de couleurs

Malgré un départ un peu confus, oscillant entre les personnages et la narratrice, je me suis rapidement retrouvé sous le charme absolu de ce récit de famille qui débute en pleine guerre d’Espagne, suivie de l’exil pour aboutir dans un bar-tabac-café-restaurant-hôtel-épicerie de Marseillette. Une histoire soigneusement consignée dans une commode que l’auteure reçoit en héritage au décès de sa grand-mère, l’Abuela.

La commode aux tiroirs de couleurs de Olivia Ruiz

Un presque premier roman fortement inspiré de son histoire familiale, époustouflant d’émotions et de sentiments. Des vies de femmes, porteuses de mémoire

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l'intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d'une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

La commode aux tiroirs de couleurs signe l'entrée en littérature d'Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l'Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l'exil

Dites-lui que je l’aime

Un livre de souvenirs. Une fille part à la recherche de sa mère, star de cinéma brutalement décédée à 33 ans.

Dites-lui que je l’aime de Clémentine Autain

Une mère fantasque et extrême. Le portrait d’une alcoolique perdue, brossé par une fille en colère qui n’ose que timidement tenter une réconciliation.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Comédienne culte, aujourd'hui oubliée, Dominique Laffin crève l'écran dans les années soixante-dix. Femme radieuse et brûlée, en quête de reconnaissance et de liberté, elle décède brutalement en 1985, à trente-trois ans. Sa fille Clémentine en a douze.

L'étoile du cinéma était aussi une mère en souffrance. Avec elle, les rôles étaient parfois inversés tant il lui était difficile de prendre soin de sa fille. Il aura fallu trente ans et les questions de ses propres enfants pour que Clémentine Autain se retourne vers le passé et vers cette mère « partie sans un mot », qu'elle avait dû effacer pour se construire. Elle entreprend alors de retrouver ce quelle lui doit en même temps que les souvenirs d'une enfance hors norme et en tire un récit d'une grande douceur, une lumineuse lettre d'amour

Le bus

Trois sœurs, trois parcours de vies avec chacune ses failles. L’enfance, l’adolescence, et vite arrive le temps du sexe et, à leur tour, de la maternité – pour celles qui le peuvent.

Le bus de Mélanie Richoz
Le bus de Mélanie Richoz

Avec des hommes en filigrane.

Un livre sur la sororité, les liens qui nous relient, les blessures de la vie et de la chair.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Ça La fait rire de conduire un bus par lequel elle a imaginé tant de fois se faire écraser. »

Jeanne, Cerise et Léonie, trois soeurs hantées par le secret de la génération qui les précède. Trois soeurs qui se battent contre le vide. Puis Chloé qui s'apprête à réussir là où sa mère et ses tantes ont échoué...

L’été d’Olta

Une histoire qui aurait pu être sympa si elle n’eut-été aussi ennuyeuse.

L'été d'Olta de Ornela Vorpsi
L’été d’Olta de Ornela Vorpsi

Une fille qui habite avec sa mère magnifiquement belle. Le père a disparu, emprisonné par le régime et la mère déjà instable disjoncte de plus en plus.

Rarement drôle et plutôt lassant

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans l'Albanie de la fin des années 1970, Olta voit son quotidien bousculé par la disparition soudaine et inexplicable de son père. Chacune à sa manière, la fillette et sa mère Veronika affrontent le mystère de cette absence. Veronika, femme aussi belle que peu sûre d'elle, échafaude mille scénarios d'adultères.

Olta, confidente forcée et souffre-douleur de sa mère, rêve de liberté. Elle tente de se tenir à distance du drame et porte un regard souriant sur le monde des adultes, sur ce pays qui vénère la Chine communiste avant de la rejeter comme il a rejeté précédemment la tutelle soviétique, sur la vitalité d'un peuple que la dictature ne parvient pas à juguler.

Tout en nous offrant une chronique acidulée de l'Albanie d'avant la chute du Mur, la jeune Olta découvre de son côté, avec une fausse candeur, le monde du désir et de la sensualité

Innocence

Par de longues descriptions d’endroit, tenues, couleurs… l’auteure nous immerge dans la vision de l’enfant qu’elle était entre 4 et 10 ans. Une enfant utilisée, manipulée, objetisée, érotisée, pornographiée par sa mère. Salement malsain.

Innocence de Eva Ionesco
Innocence de Eva Ionesco

Entre séances photos, et voyages, Eva cherche son père. Un père trouble, tenu à l’écart par sa mère jalouse et abusive.

Parfois longuet, souvent même un peu chiant, le témoignage touchant d’une enfance bien salopée.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Elle s'appelle Eva, elle est adorable avec ses boucles blondes et ses bras potelés. Une enfant des années 70. Ses parents se séparent très vite. Dès lors, sa mère l'enferme dans un quotidien pervers et éloigne le père par tous les moyens en le traitant de nazi. Photographe, elle prend Eva comme modèle érotique dès l'âge de quatre ans, l'oblige à des postures toujours plus suggestives, vend son image à la presse magazine.

Emportée dans un monde de fêtes, de déguisements et d'expériences limites, entre féerie et cauchemar, la petite fille ne cesse d'espérer et de réclamer l'absent qui seul pourrait la sauver de son calvaire. Mais sa mère, elle-même fruit d'un inceste, maintient l'enfant-objet sous emprise et attendra deux ans avant de lui annoncer la disparition de son père.

Comment survivre parmi les mensonges, aux prises avec une telle mère, dans une société qui tolère le pire ? Une seule voie, pour Eva devenue adulte mais restée une petite fille en manque d'amour : mener l'enquête sur son père, tenter de reconstruire ce qui a été détruit. Une expérience vertigineuse

Sa mère

C’est très beau cette histoire. Celle d’une naissance sous X et d’une fille en colère.

Sa mère de Saphia Azzeddine
Sa mère de Saphia Azzeddine

Oui, c’est peut-être un peu longuet au début et mélo à la fin, ma foi…

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Marie-Adélaïde, née sous X, a la rage au ventre ; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissière à La Miche Dorée. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d'autres camarades de galère et d'errance. Serait-ce celui de nounou des enfants impeccables de la Sublime ? Ou celui de retrouver sa mère coûte que coûte ? Son destin, elle va le chercher avec les moyens dont elle dispose : le culot, la parole qui frappe, l'humour cinglant, l'insoumission à son milieu, la révolte contre toutes les conventions. C'est une héroïne de notre temps.

« Ma situation est transitoire. Transitoire, c'est un mot qu'utilise mon assistante sociale. Moi, je disais pourrie, elle m'a reprise et a dit : « Non, transitoire, Marie-Adélaïde. » Depuis je le dis aussi, mais ça ne m'empêche pas de penser pourrie. »

Frappe-toi le cœur

Elle est bien foutue cette histoire de manque, de jalousie et de déficience d’amour maternel. Des mères extrêmes, des pères absents, et les filles qui payent.

Mais comme à son habitude, Amélie Nothomb reste en surface, creuse un peu, ausculte le cœur, éventuellement un ventricule…

Frappe-toi le cœur de Amélie Nothomb
Frappe-toi le cœur de Amélie Nothomb

Et zou, trop rapidement… c’est fini et me voilà frustré. Encore faim et c’est déjà l’heure de l’au revoir.

Zut !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie. »
Alfred de Musset

Mauvaise fille

Les relations mères-filles au moment ou la mère s’en va et la femme va devenir mère.

Mauvaise fille de Justine Lévy
Mauvaise fille de Justine Lévy

Le second roman que je lis de Justine Lévy (après La gaieté) et pourtant la sensation de le relire à l’identique avec les mêmes peurs, culpabilités et dysfonctionnements.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Maman est morte, je suis maman, voilà, c'est simple, c'est aussi simple que ça, c'est notre histoire à toutes les trois. Tu en mets du temps à raconter les histoires, je me disais quand elle me racontait une histoire dans mon lit. Là c'est allé vite, si vite, le regard de maman dans le regard de ma fille, c'est là qu'elle est, c'est là que je la retrouve, et dans ses gestes aussi, dans les gestes impatients, un peu brusques, de ma petite fille doublement aimée. Maman vit en Angèle qui court sur une pelouse interdite. Maman me parle et me sourit quand Angèle lance son regard de défi aux adultes qui la rattrapent et la grondent. Maman est là quand Angèle tombe et se relève aussitôt, les dents serrées, pour ne pas pleurer. Elle est dans le cri qu'elle ne pousse pas, dans sa petite grimace d'enfant crâne qui ne compose pas. Partout, dans mon enfant, ma mère a laissé son empreinte. »