Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
A cette époque, celle de nos grands-parents, les maîtres et maîtresses étaient tout puissants et régnaient sur les classes dociles. La punition était sévère et nul ne pouvait la remettre en cause. De là à devenir cruels…
Élise de Fabian Menor
Basé sur des histoires racontées par sa grand-mère, Fabian Menor tente de nous faire revivre ces maltraitances dans les campagnes, au pays des joies de l’enfance et de la cruauté gratuite.
Mais il m’a manqué quelque chose, des émotions mieux traduites ou peut-être un scénario plus épais
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) À une époque où les professeurs ont le droit de lever la main sur les élèves, le quotidien d'Élise ressemble à celui de n'importe quelle petite fille.
Enfin presque...
Après la mort de sa femme, un père continue, avec ses deux fils. Mais durant les trois années de cancer, les enfants ont grandi et les liens se sont imperceptiblement distendus.
Ce qu’il faut de nuit de Petitmangin Laurent
Et un fils se met petit à petit à trainer avec des mecs que le père ne sent pas trop. Lui, militant socialiste regarde avec peine et incompréhension son aîné trainer du côté des fachos. Et cette histoire qui s’assombrissait bascule en enfer.
Un premier roman bouleversant d’une très grande maîtrise
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Fus s'arrache sur le terrain. Il tacle. Il aime tacler. Il le fait bien, sans trop démonter l'adversaire. Suffisamment vicieux quand même pour lui mettre un petit coup. Parfois le gars se rebiffe, mais Fus est grand, et quand il joue il a un air mauvais.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Une histoire d'amour. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux et ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le coeur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir
Une très bonne BD noire, avec des truands testostéronés, du sexe, des coups et des gueules cassées, des flingues et des entourloupes. Un graphisme magnifique en noir et blanc rehaussé par du rouge avec un grand talent. Comme un hommage soigné au genre, tant pour le dessin – avec des femmes courbes et des hommes à la mâchoire d’enclume – que pour le scénar un peu ridicule et caricatural.
Noir burlesque de Enrico Marini
Slick vient payer ses dettes à New-York après un séjour en Europe.
Mais voilà, ce n’est que le premier tome. Quelle déception lorsque je suis arrivé à la fin qui n’en était pas une. Il faudra patienter. Dommage !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Années 1950, États-Unis. Slick travaille pour Rex, un boss de la mafia irlandaise qui tient un cabaret. A la suite d'un vol raté, leur partenariat est annulé et Slick devient un homme à abattre. Pour ne rien arranger, ce loup solitaire est aussi l'ancien amant de Caprice, la fiancée de Rex, et malgré les années, ils sont toujours irrémédiablement attirés l'un par l'autre
Quelles phrases géniales, quelles envolées mémorables ! Chaque début de chapitre est travaillé, ciselé et millimétré, ciblé et percutant ! La première page est à elle seule un chef d’oeuvre !
Ce prochain amour de Nora Benalia
L’histoire d’une femme qui s’est abandonnée à son couple et qui, finalement (trop tardivement ?), a décidé de reprendre sa vie. Mais est-ce possible encore, où sont les hommes et qui sont-ils réellement, quelles sont les règles ?
Une dénonciation (et une démonstration) du patriarcat, de la violence, de la difficulté de sortir des schémas imposés et du manque de couilles de la moitié de la population (qui était pourtant celle qui devrait en avoir)
Un livre avec malgré tout certaines longueurs et une certaine confusion dans la seconde partie à laquelle j’ai moins accroché
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) La narratrice a renoncé à son métier, élevé seule ses trois enfants et été menacée de mort par leur père. Refusant de se laisser abattre, poussée par la rage, elle se bat au quotidien, bien décidée à obtenir vengeance
Rodolfo Fierro était la bras droit de Pancho Villa. Un tueur sanguinaire et sans pitié.
Les amis de Pancho Villa de Léonard Chemineau
Adapté d’un roman de James Carlos Blake, Léonard Chemineau propose ici bout de l’histoire de la révolution mexicaine – sa partie sanglante en tout cas – avec un graphisme particulièrement à propos.
Une histoire quand même un peu touffue pour être résumée dans une BD de 128 pages dans lesquelles la mort s’invite plus souvent qu’à son tour
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) C'est en 1910 que tout a commencé.
Je faisais deux ans de taule à Chihuahua pour avoir buté un flic.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Quoi de mieux pour narrer l'épopée de la révolution mexicaine que de se mettre dans la peau de Rodolfo Fierro, le plus fidèle et irréductible compagnon de Pancho Villa ? À travers son récit, c'est l'histoire chaotique du Mexique au début du XXe siècle qui défile. L'odyssée grandiose et pitoyable de ces révolutionnaires à la fois idéalistes et cruels.
Entre faits et fiction, une vision très noire, d'où émergent des moments d'authentique grandeur, le dévouement et le courage d'hommes sans mesure, qui embrassent la vie et la mort avec la même fougue. Une réflexion sur le sens de l'action révolutionnaire
Perversités, trash, porn et violence. Tout est là. Liberatore !
Petites morts (et autres fragments du chaos) de Liberatore
RanX, bande dessinée mythique de l’Écho des Savanes manque peut-être dans cette rétrospective de son travail. Des premiers croquis aux derniers dessins, Petites morts retrace l’évolution du trait, l’arrivée et le traitement de la couleur, la constructions des planches, les obsessions et fantasmes, les collaborations et les influences de cet auteur de BD italo-punk.
Un « beau livre » assez crade, une réussite
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) L'ouvrage contient toutes les premières créations de T. Liberatore, publiées en Italie à la fin des années 1970, les histoires publiées dans L'écho des savanes, et une histoire jamais publiée mettant en scène l'univers du sexe au Japon. Chacun de ses récits montre un univers sombre, désabusé et absurde au bord de la rupture
Une bande dessinée bien trash et absolument convaincante adaptée du chef d’œuvre éponyme de Boris Vian (signé Vernon Sullivan).
J’irai cracher sur vos tombes de Jean-David Morvan, Rey Macutay, Rafael Ortiz, Scietronc adapté du roman de Vernon Sullivan
Du sexe et de la violence sur un fond de vengeance en plein sud des État-Unis à une époque ou le K.K.K. était bien présent.
Une BD suivie d’un mini dossier permettant de se rendre compte du choc lors de la parution du roman dans les années d’après guerre.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Voulant venger la mort de son frère, lynché parce qu'amoureux d'une blanche, Lee Anderson, 26 ans, s'installe à Buckton, dans le sud des Etats-Unis, et devient gérant de librairie. Il séduit les sœurs Asquith, deux femmes blanches racistes, issues d'un milieu aisé. Adaptation du roman publié en 1946
Une adaptation bien virile du roman de Vernon Sullivan (oui, Boris Vian), un livre qui ne l’était pas moins.
Les morts ont tous la même peau de Jean-David Morvan, German Erramouspe, Mauro Vargas adapté du roman de Vernon Sullivan
Si on retrouve bien le sang, la testostérone, les poings et le sexe… manque peut-être (même si la BD n’en est pas dépourvue) un peu de l’humour et du second degré que j’avais ressentis lors de leurs lectures originales.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il n'y avait pas beaucoup de clients, ce soir, et l'orchestre jouait mou, comme toujours dans ce cas-là.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Dan est un métis new-yorkais. Videur dans un bar de nuit, il ne vit que pour Sheila, sa femme, et leur enfant. Il est heureux que son fils ait la peau si blanche et que personne ne puisse deviner des origines que lui s'évertue à dissimuler. Sa vie bascule lorsqu'il s'éprend d'une prostituée noire et que le retour de son frère menace de révéler ses origines. Adaptation d'un roman paru en 1947
Dans un Paris post-apocalyptique, ravagé par une pandémie et sous la tutelle d’un gouvernement autoritaire à lieu, une fois par an, un lâcher de canard.
Ouvre ton aile au vent de Éloi Audoin-Rouzeau
Et joie à celle ou celui qui l’attrapera. Souper avec le président, dégustation du canard et plein de brousoufs !
Et nous voilà à suivre le vol du volatile traqué par les foules
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Dans un Paris post-apocalyptique règnent une violence primitive et un pouvoir autoritaire. Une fois l'an, la foule a droit à son charivari rituel : une chasse au canard est organisée. Tous les moyens sont bons pour le capturer, et le vainqueur échappera à la misère. Les jeux sont ouverts et le peuple laisse libre cours à ses pulsions... Sauf que, cette fois, avec l'aide d'une poignée de rêveurs et d'insoumis, le canard joue crânement sa chance. Dans ce premier roman aux allures de course-poursuite, Éloi Audoin-Rouzeau Interroge la bestialité tapie en chacun de nous. Face à la violence sociale, il en appelle à l'individu. Une plume tendre qui dénonce la barbarie et célèbre la résistance
Écœuré par l’inefficacité de la non-violence du mouvement féministe, le bon féministe décide de devenir activiste sur les réseaux sociaux.
Un bon féministe de Iván Repila
Mais comme cela ne suffit pas, il recrute quelques bons gros sales machos bien épais puants pour monter un groupuscule qui, à force de provocations, va faire monter la tension et faire passer les féministes à une lutte plus musclée…
Un livre remarquable tant il est difficile de saisir les réelles motivations au fil de cette escalade de la violence organisée à la manière de services secrets utilisant des groupuscules chargés de s’auto-discréditer. Un jeu où il est facile de perdre la tête… comme dans toutes les révolutions
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Issu d'une famille où la position que l'on occupe est déterminée en fonction de son sexe, un jeune journaliste se demande comment être un véritable « allié », et soutenir efficacement la lutte pour une réelle égalité entre les femmes et les hommes.
Lorsqu'il rencontre Najwa, une militante féministe, l'allié se rend compte de tout le chemin qu'il reste à parcourir. Convaincu que seule une révolution radicale pourra arracher une conquête sociale, il décide de se lancer dans une campagne anonyme de sexisme extrême. Son but ? Provoquer un électrochoc dans la société.
Il crée alors l'État Phallique, groupuscule composé des plus fervents machos du pays. Les actions se succèdent, les luttes s'intensifient jusqu'au point de non-retour... Car pour l'allié, le prix à payer est considérable : devenir l'homme qui déteste le plus la femme qu'il aime.
Roman-gigogne tour à tour sociologique, politique et dystopique, où l'humour le dispute à la provocation et à l'hyperbole, Un bon féministe est une formidable histoire d'amour et de combat dont on ne peut sortir indemne