Un peu d’amour

Une petite merveille de poésie commencée à être dévoilée strip par strip durant le confinement…

Les nouvelles aventures de Lapinot, tome 4 : Un peu d’amour de Lewis Trondheim

Un bonheur de poésie à l’humour timide et délicat

J’ai juste pas trop compris le comment ou pourquoi de la séparation d’avec Cléa… manquait-il un ou deux strips dans la BD disparus lors du choix d’ordonnancement des 132 strips fait par terre ?

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Si les livres étaient comestibles, mangerions-nous ceux que nous n'avons pas aimés ?

Génération offensée : de la police de la culture à la police de la pensée

Caroline Fourest s’intéresse au « politiquement correct » qui débarque gentiment de ce côté-ci de l’Atlantique, venu des États-Unis après un passage par le Canada. De plus en plus, les réseaux sociaux s’indignent à la première suspicion d’appropriation culturelle. Faut-il être trans pour parler des trans, ne peut-on plus que parler que de sa propre couleur de peau, faut il un test ADN ou s’aider d’un nuancier pour mesurer sa légitimité ? Et pour les religions ? Le mélange des genres n’a-t-il par toujours fait partie des démarches artistiques ? Puis-je me faire des dreadlocks si je suis norvégien ?

Et d’où viennent ces réflexes identitaires et qui cachent-ils ?

Génération offensée : de la police de la culture à la police de la pensée de Caroline Fourest

Caroline Fourest revendique le droit à s’exprimer, à créer librement, en différenciant l’hommage (ou l’inspiration) du pillage culturel. Elle refuse de voir sa parole confisquée par des mouvements identitaires et appelle au respect des diversités

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C'est l'histoire de petits lynchages ordinaires, qui finissent par envahir notre intimité, assigner nos identités, transformer notre vocabulaire et menacer nos échanges. Une peste de la sensibilité.

Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d'une cause, menace, et censure parce qu'il se dit « offensé ». Souvent, le procès est mené en criant à l'« appropriation culturelle », ce nouveau blasphème.

Au Canada, des étudiants réclament la suppression d'un cours de yoga pour ne pas risquer de « s'approprier » la culture indienne. Aux États-Unis, la chasse aux sorcières traque les menus asiatiques dans les cantines et l'enseignement des grandes oeuvres classiques, jugées choquantes et normatives. Des étudiants s'offusquent à la moindre contradiction, qu'ils considèrent comme des « micro-agressions ». Au point d'exiger des safe space, où l'on apprend à fuir le débat et l'altérité. La parole même est confisquée, selon l'origine géographique ou sociale, le genre ou la couleur de peau. Une intimidation qui va jusqu'à la menace physique et au renvoi de professeurs.

La France croyait résister à cette injonction, mais là aussi, des groupes tentent d'interdire des expositions ou des pièces de théâtre... souvent antiracistes ! La police de la culture vire à la police de la pensée.

Ce livre propose une voie authentiquement féministe et antiraciste, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l'hommage, tout en continuant à penser et se parler

La merditude des choses

C’est sale, gras, ça colle, ça pue l’alcool, le vomi et le tabac sur fond de Roy Orbison. C’est l’enfance de Dimitri à Reetveergedem, chez sa grand-mère, avec son père et ses deux oncles. Bienvenue dans la dèche !

La merditude des choses de Dimitri Verhulst

Une fiction autobiographique absolument choquante dans une loose absolue… Et pourtant très drôle lorsqu’elle est vue sans mélo par les yeux d’un enfant.

Un chef d’oeuvre, presque autant que le concert de Roy Orbison au Coconut Grove nightclub de Los Angeles

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Bienvenue dans la Belgique profonde, chez la plus grande famille de soiffards que la terre ait jamais portée.
Dimitri vit avec son père et ses trois oncles chez sa grand-mère, une sainte femme qui fait leur lessive, les laisse boire sa maigre pension et nettoie le mobilier avant le passage de l'huissier. Les Verhulst ne travaillent pas, ou seulement en cas d'extrême nécessité. Le reste du temps, ils éclusent les bars de Reetveerdegem lors de beuveries épiques, défendent à coups de poing l'honneur familial, organisent des Tours de France éthyliques ou des courses de vélo nudistes. Leur dieu : Roy Orbison ; leur déesse : la Dive Bouteille.
De cuites phénoménales en tendres démonstrations de solidarité familiale, La Merditude des choses dresse le portrait d'un clan de marginaux déjantés, qui sont à la société ce que la famille Addams est aux Lequenois. Un roman hilarant et mélancolique, mais qui porte sur ses personnages le regard tendrement nostalgique de celui qui en a réchappé et, par là même, a trahi

La passe dangereuse

Un roman un peu tradi avec un couple sans passion, une jolie femme esseulée, un belatre et… voilà…

La passe dangereuse de William Somerset Maugham

Mais seulement alors, le roman commence suite à la découverte de l’adultère par le cocu. Voici venu le temps de la repentance et de la morale pour une Kitty qui n’est pas sans rappeler Scarlett, une belle écervellée que les événements vont endurcir et en révéler les qualités… Au milieu de la Chine en pleine épidémie de choléra. Une histoire avec des boys, des coolies, des soeurs missionaires, la chaleur moite et un petit whisky le soir.

Un livre aussi sur la fragile condition des femmes, à la merci de leurs maris, de leurs amants et du qu’en dira-t-on

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Peu de mondes semblent aussi éloignés l'un de l'autre que ceux de Somerset Maugham et de George Orwell. On découvre pourtant avec surprise dans un essai de l'auteur de 1984, qu'il admirait «immensément.»
Maugham, pour son «talent à raconter une histoire sans la moindre fioriture.»
Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable histoire d'amour dans le Hong Kong de la grande époque coloniale anglaise avec adultère, épidémie, général chinois, bonnes sœurs... Tous ingrédients que Maugham mélange avec un art consommé du récit et une maîtrise raffinée du « bel ouvrage.»

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres

Une petite fille dans un quartier défavorisé de Chicago des années 60 qui se prend pour un loup-garou détective.

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres de Emil Ferris

Son histoire entre sa mère malade, son frère qu’elle suspecte d’avoir tué la voisine, les copines ??? d’école et les monstres

Un chef-d’oeuvre, même s’il peut être un peu difficile d’accès et que je n’ai possiblement pas tout compris (attendons le tome 2). Un magnifique travail d’édition (un peu lourd quand même)

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
J'ai monté le son pour qu'on ne sache pas ce que je faisais, parce que...
... ça serait vraiment la cata...
... si maman se pointait et me trouvait comme ça.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Journal intime d'une artiste prodige, moi, ce que j'aime, c'est les monstres est un kaléidoscope brillant d'énergie et d'émotions, l'histoire magnifiquement contée d'une fascinante enfant au cœur du Chicago en ébullition des années 1960. Dans cette œuvre magistrale, tout à la fois enquête, drame familial et témoignage historique, Emil Ferris tisse un lien infiniment personnel entre un expressionisme féroce, les hachures d'un Crumb et l'univers de Maurice Sendak

Noir d’ancre : et autres nouvelles du Prix de la nouvelle érotique 2016

Ce recueil de le première édition du prix de la Nouvelle érotique (2016) est un très bon panaché de nouvelles sensuelles, hard, sado-maso, tendres, coquines, explicites…

Noir d’ancre : et autres nouvelles du Prix de la nouvelle érotique 2016 des Avocats du Diable

Une réussite !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Créé par les Avocats du Diable, le Prix de la Nouvelle Érotique propose un nouveau défi littéraire : écrire durant la nuit la plus longue une nouvelle inédite en respectant la double contrainte d'un contexte et d'un mot final.

Du plus cru au plus sentimental, du fétichisme à l'humour lexical, les nouvelles de cette première édition déclinent la contrainte « Jamais sans toi, peut-être avec un autre » et la chute : « Ancre ».

Les meilleurs auteurs de littérature érotique se sont pris à ce jeu qui replace l'érotisme dans la littérature d'aujourd'hui

La demeure des lémures

Pour un roman érotique, il faut reconnaitre que ce n’est pas trop trash et que le vocabulaire y est recherché (un peu too much quand même, Leo Barthe aime à faire des phrases…)

La demeure des lémures de Leo Barthe

Mais cela ne suffit pas. Le tout reste plat et l’intrigue évanescente au service des fantasmes à décrire.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Une petite bonne est engagée dans la maison du maître, où règnent le silence et le mystère. Si elle se donne du mal pour se montrer irréprochable, elle ne peut oublier cet homme austère, croisé ici et là, dont le charme et le charisme lointains la troublent jusque dans ses rêves. Encore naïve des choses du sexe mais avide de découvertes, elle entreprend alors de le séduire. Sa fougue et son impudeur ont bientôt raison de l'apparente impassibilité du maître, qui prend sur lui d'éduquer la petite bonne - bientôt plus si naïve, et plus du tout innocente. Dans la moiteur de l'été, tandis que les amants se rejoignent chaque nuit et que la volupté de leurs ébats trouble la somnolence de la demeure ancestrale, un complot se trame dans l'ombre...

Léo Barthe construit ici un monde de sensualité et de transgression, dans lequel le lecteur se retrouve enfermé jusqu'au dénouement, évidemment sulfureux. Un livre ciselé, un conte oscillant entre érotique et fantastique, qui comblera jusqu'aux plus exigeants des lecteurs

Elles se rendent pas compte

A flâner dans une librairie d’occasion je suis tombé sur un vieux Vian qui était encore édité sous le nom de Vernon Sullivan, une édition de 1967 pour un petit livre à côté duquel j’étais passé. Quelle belle surprise pour mes yeux ébahis !

Un pastiche dans le plus pur esprit du polar de gare américain. Des grosses brutasses, des femmes dont on abuse et qui finissent par se pâmer, des coups de poings, des dollars, de l’alcool et même de la drogue…

Elles se rendent pas compte de Vernon Sullivan

Cette fois-ci, cela se passe chez les lesbiennes et les gays (le terme n’était toutefois pas encore aussi répandu) et, époque malheureuse oblige, on ne passe pas à côté d’une belle grosse homophobie en plus d’un sexisme redoutable… Bouarf ! Notons que le genre veut ça, il faut de la testostérone bien virile et hétérosexuelle !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Que Gaya s'apprête à en épouser un autre, Francis, son ami d'enfance et amoureux d'occasion, aurait peut-être pu l'admettre à la rigueur. Mais que le fiancé lui fournisse de la drogue, non !

Surtout qu'il appartient à une drôle de bande, ce fiancé. Et qu'en plus il n'aime pas les filles. Et là, ça devient carrément louche.

Parce qu'elle est d'une famille très riche, la petite Gaya. Alors il fonce, Francis. Beaucoup de bagarres, pas mal de sexe, quelques morts.

Il faut ce qu'il faut : sans ça, elles se rendent pas compte ! Un « Vernon Sullivan » percutant, qui classe sans conteste Boris Vian parmi les classiques du polar noir

Je suis Jeanne Hébuterne

Une passion absolue pour Modigliani, génie maudit qui cultive sa misère dans ses addictions. Une fin brutale et misérable (euphémisme) en janvier 1920, dévastée, pleurant son amour et rejetée par sa famille moraliste et intolérante.

Je suis Jeanne Hébuterne de Olivia Elkaim

Pourtant, dès le début du livre, il m’a été difficile d’adhérer aux émotions projetées sur les protagonistes par Olivia Elkaim

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Jeanne Hébuterne est une jeune fille quand, en 1916, elle rencontre Amedeo Modigliani. De quinze ans son aîné, il est un artiste « maudit », vivant dans la misère, à Montparnasse. Elle veut s'émanciper de ses parents et de son frère, et devenir peintre elle aussi.

Ils tombent fous amoureux. De Paris à Nice - où ils fuient les combats de la Première Guerre mondiale -, ils bravent les bonnes moeurs et les interdits familiaux. Mais leur amour incandescent les conduit aux confins de la folie.

« Mon corps se dérobe, mon âme vagabonde, entièrement aspirés pour n'exister qu'immobiles et figés sur les tableaux de Modigliani. »