Tssitssi

Tssitssi ne peut pas laisser indifférent. C’est un choc. Et encore, Claire Castillon nous fait grâce du pire et du plus sale. Car c’est sordide.

J'ai le seum alors je ne parle plus pendant les soutiens. Je note rien. Je pense juste aux mecs que je vais me taper. De toute façon, depuis Vadim, je vois plus le problème. Quand c'est fait une fois, ça change rien, le nombre, après.
Du coup, mon père est convoqué par le lycée parce que je profite pas des chances qui me sont données pour réussir ma fin de scolarité. Il est vert. Il me lâche qu'il avait un rendez-vous et que c'était pas le jour pour un entretien avec mes profs. Et moi, il croit que c'est le jour pour deux cours de soutien ? Genre j'ai pas autre chose à faire de ma vie ?
Tssitssi de Claire Castillon
Hélène rêve comme sur Insta : des beaux sac, de la sape, des 5 étoiles et des grosses tires à la sellerie en cuir.

Candeur adolescente manipulée, abusée

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ever ou Ilona. Si je veux vivre des relations de haut niveau, qu'on me sorte aux Champs-Élysées ou dîner à l'Oppio, il faut que je change de prénom. T'offres pas un Ophidia à une Hélène qui vit à Meudon. Je préfère un Vuitton en plus.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Hélène a de moins en moins envie de répondre quand on l'appelle Hélène. Ça jure avec l'image qu'elle renvoie. Elle a quand même 1000 followers sur insta, et depuis qu'elle pose en bikini, ça monte. Tssitssi, c'est son pseudo, mystérieux, sifflant, enfantin. Les vieux vont adorer.

À 16 ans, elle rêve de luxe et d'oisiveté. Mais son discours impertinent, porté par une verve féroce, laisse entrevoir peu à peu une blessure, un secret. Loin de l'imaginaire dans lequel elle s'est réfugiée, elle nous apparaît vulnérable, abîmée, bouleversante.

Traces de sang : une enquête de Nick Rider

Le dessin de Toppi se prête admirablement bien au polar américain. Des mâchoires carrées, un noir-blanc d’une franchise impeccable, les villes, les marais et les mouvements (et les coups) sont francs et tendus juste à souhait.

Traces de sang : une enquête de Nick Rider de Gino D’Antonio, dessin de Sergio Toppi, traduction de Salvatore Biddau
Pour l’histoire, pas de surprise. Du polar très classique, des poursuites, des gentils qui ne le sont pas forcément, des flics aux gros bras et des guns qui crachent de la poudre et du plomb.

Rien de nouveau, un bon gros classique mais plutôt bien fait, plaisant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Mais arrête !...
Toutes ces années Levasseur nous a donné de quoi subvenir à nos besoins. Il mérite au moins notre gratitude, tu ne crois pas ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Jacky Duvall n’a pas eu une vie facile, mais ce qui l’attend semble être bien pire. Seule au monde et fuyant tout le monde, elle cherche refuge à New York de la furie du brutal Levasseur et de ses sbires. Mais pourquoi la recherche, ce qui se cache derrière le voyage aventureux d’une jeune fille des marais de la Louisiane à la Grande Pomme ?
Une tragédie inimaginable, mûrie depuis longtemps dans l’isolement qui enveloppe les terres inhospitalières des Cajuns et la dégradation familiale… Une tragédie sur laquelle Nick Raider ne pourra faire la lumière que grâce à l’aide de la combattante Sarah Himmelman et des coéquipiers habituels : Marvin, Jimmy et tous les « anges en uniforme » du District Central !

Le rapport du gendarme

Un accident en face de la ferme va rompre brutalement l’équilibre de la famille Roy.

Quant à Roy...
Deux fois encore, elle eut la tentation de poser sa main sur la sienne. Ce n'était pas de la tendresse, ni de la pitié. Elle ne l'aimait pas. Est-ce qu'elle avait jamais aimé quelqu'un ? C'était un homme. Ils vivaient, ils travaillaient ensemble. Elle connaissait ses petits défauts, ses travers, et d'habitude elle devinait ses pensées.
Elle était indulgente envers lui comme une aînée, il le savait. Toujours il avait eu un peu peur d'elle, de son regard qui perçait les mensonges, de son indifférence devant certaines fautes, certaines lâchetés.
Ce qu'il y avait de nouveau aujourd'hui, depuis quelques minutes, depuis qu'ils étaient tous les deux dans la voiture, épaule contre épaule, c'était la conscience, chez Joséphine, d'un lien qu'elle ne définissait pas. Peu importait d'avoir dormi, d'avoir fait l'amour ensemble pendant vingt ans, peu importait d'avoir travaillé du matin au soir aux mêmes tâches et d'avoir eu des préoccupations identiques.
Ce qu'elle découvrait était différent, infiniment plus fort, et le geste qu'elle contenait, ce geste de la main vers le bras de l'homme...
Mais oui ! Elle avait envie de se raccrocher à lui ! Dans l'immensité noire, humide et froide, ils étaient deux, ils pouvaient, ils devaient être deux. Sinon...
Le rapport du gendarme de Georges Simenon
Entre enquête, suspicions et vieux secrets mal enfouis, la vie bascule et la parano s’installe.

Un roman d’atmosphère à l’écriture travaillée qui s’alourdi au fil des pages

Tous les romans durs de Simenon
49. Le rapport du gendarme
48. La veuve Couderc 50. L’aîné des Ferchaux
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les deux femmes étaient dans le grenier de devant celui dont l'œil-de-bœuf donnait sur la route, et qu'on avait transformé en fruitier. La mère, Joséphine Roy, assise sur une chaise basse, prenait des pommes dans un panier, les essuyait avec un torchon à carreaux rouges, mettait les fruits véreux à part et passait les bons à Lucile.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un soir d'orage, un homme blessé par une voiture est ramassé sur la route et porté dans la ferme la plus proche. Là habitent Étienne Roy, un paysan un peu sauvage, un peu demeuré, sa femme Joséphine et leur fille. Au cours de l'enquête, Joséphine dissimule un petit papier échappé de la poche du blessé. Sur ce papier on déchiffre mal une adresse : celle justement de la ferme Roy.
Le geste de Joséphine a suffi pour créer le doute. La police rôde sans repos. Un enchaînement subtil permettra au gendarme d'établir un rapport inflexible. La colère d'Étienne éclate dans le meurtre...

Les justiciers de l’ombre

Habitant Genève, c’est avec délice que j’ai lu ce polar qui s’y déroule. Pourtant, pas de grande littérature ici, non, au contraire, même.

Jaroslav Kravic et ses mercenaires sont réunis à Bratislava, dans une des nombreuses caves voûtées de la vieille ville, magnifiquement restaurée.
Les justiciers de l'ombre se savent traqués.
Nous ne cesserons jamais la lutte, assène le Polonais, mais nous devons pour l'instant, réduire nos actions au minimum et communiquer uniquement par messages cryptés. Je vais moi-même quitter la Tchéquie et me rendre dans un pays où personne ne pensera à me chercher. Mais n'ayez crainte, un jour, nous ou nos successeurs reprendrons la chasse aux mécréants.
Les justiciers de l’ombre de Robert Jordan
Et pourtant, cette écriture au style plat (voir absent) apporte un petit charme un peu naïf à ce polar où se mêlent franc-maçonnerie, groupuscules d’extrême-droite et opéra.

Un petit livre à réserver aux régionaux ou au personnes qui seraient attachées à Genève, son Grand-Théâtre ou Mozart

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Salzburg (Autriche) de nos jours...
Le festival de musique bat son plein.
Nous sommes en août, le temps est splendide et la ville baroque, qui a vu naître le grand Mozart en 1756, brille de mille feux.
Elle a aussi vu naître, en 1908, le célèbre chef d'orchestre Herbert von Karajan.
Ses palais, ses églises et ses rues étroites enchantent les nombreux touristes et amateurs de grande musique, venus du monde entier.
L'immense forteresse de Hohensalzburg domine toute la ville. Un vieux funiculaire permet d'y accéder en quelques minutes.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Les deux policiers présentent leurs cartes et le patron du Grand Théâtre les invite à s’asseoir.
Puis s’adressant à Passard :
– Que puis-je pour vous commissaire ?
L’homme a un visage rond, une chevelure noire abondante, une carrure massive. Il paraît encore assez jeune, la cinquantaine au maximum.
– Je dois malheureusement vous annoncer une mauvaise nouvelle : le Maestro Karl Schaugel ne viendra pas. Il a été assassiné ! »

Quand le célèbre chef d’orchestre Karl Schaugel est retrouvé mort dans un train à son arrivée à Genève, la scène artistique retient son souffle. Nous retrouvons le commissaire Sébastien Passard, qui sera chargé d’enquêter sur cet assassinat signé d’un nom mystérieux : les Justiciers de l’ombre. Très vite, les recherches s’orientent vers un groupuscule radical, antisémite et antimaçonnique, dont les racines plongent dans l’Europe du XVIIIe siècle. De Genève à Prague, en passant par Vienne, Nuremberg ou Salzburg, la narration alterne entre passé et présent, et explore les résurgences inquiétantes de l’extrémisme en Europe. La tension monte jusqu’au soir de la première de Don Giovanni au Grand Théâtre de Genève, où tout pourrait basculer…

Le nouvel équilibre

Cette nouvelle qui a gagné le Prix Ailleurs & Demain du futur optimiste le mérite amplement. Candide ou naïf, ce texte l’est évidemment, pourtant ! A le lire, tout cela semble si simple, si évident, si normal et naturel !

Alia est réveillée par l'odeur de praliné et de crêpes qui embaume le salon. Les paupières encore closes, elle sourit. Les ronflements de son père ont opéré leur magie, lui permettant de trouver rapidement un sommeil profond et réparateur. Elle entend chantonner dans la cuisine un air familier, celui des jours heureux où la vie est simple. Elle se sent bien. Les événements de la veille restent flous dans son cerveau à moitié endormi. Mais lorsqu'elle ouvre les yeux, ils affluent brusquement. L'enterrement, les carnets, le tirage au sort.
Le nouvel équilibre de Amélie Géal
Mais bien sûr, ce serait sans compter sur notre avidité, notre cupidité et notre égoïsme.

Une nouvelle réjouissante et enlevée sur un futur vertueux possible mais qui semble paradoxalement totalement inaccessible aujourd’hui

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
À son réveil, les rayons du soleil réchauffent déjà le visage d'Alia. Mauvais signe. Elle ouvre les yeux et fixe la lumière franche qui éclaire sa table de chevet. Il doit être huit heures passées. Plus tard qu'elle ne l'aurait voulu.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Lundi 21 mai 2085

Alia attend la publication des résultats du tirage au sort. Elle allume son Eterna et cherche les noms des représentant·e·s qui, pendant sept ans, bâtiront le futur du monde et de ses habitant·e·s.

Mais une autre nouvelle s'affiche : sa grand-mère, scientifique reconnue, est décédée. Troublée, Alia se tourne vers les journaux intimes qu'elle a laissés, espérant trouver dans le passé des réponses aux questions que lui pose l'avenir.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu

Western drôle à l’ancienne avec des pistolets, du désert, des trains et des caravanes, des méchants, des niais, des morts et des indiens. Le tout de bonne facture. Rien à dire, le boulot est fait et même bien fait.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 1 : Chili con carnage de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Lorenzo Pieri
En bonus, l’héroïne principale use de ses armes avec beaucoup de talent et tient le manche de ces quatre albums avec poigne, douceur, séduction, pleurs, sourire, charmes et même : revolver en main !

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 2 : Sur la piste de Madison de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Au menu, trahisons, retournements de situations, manigances et… comme pour tout bon western : du sang, des viscères et des morts !

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 3 : Le mystère de la femme araignée de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Le fond de l’histoire est également bien trouvé avec le second amendement de la constitution et l’avenir des États-Unis qui se retrouve en jeu.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 4 : La loi du plus fort de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Bref, une bande dessinée en quatre tomes, drôle et mouvementée qui, sans être un chef d’oeuvre absolu se défend fort bien avec charme, violence et humour

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tome 1 : Chili con carnage
TroOOOoo ChoOOohhh...
Vous avez raison Monsieur Hoggaard. C'est inhumain, cette chaleur.

Tome 2 : Sur la piste de Madison
C'est qui, ce gars-là ?

Tome 3 : Le mystère de la femme araignée
Allez, mon vieux Tim. Tu vas le retrouver, cet indien, et lui faire la peau ! Tôt ou tard !

Tome 4 : La loi du plus fort
J'vvouus juuuure...
P... Pas vue, non...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tome 1 : Chili con carnage
Début du XXe siècle, Arizona... Maître Byron Peck, citoyen britannique et avocat d'affaires, escorté de son acolyte, l'effrayant Monsieur Hoggaard, parcourt le désert en quête d'un mystérieux papier qui pourrait changer à jamais le cours de l'histoire des états-Unis d'Amérique. Dans le même but, la dangereuse Margot de Garine s'associe à une bande de Mexicains sans foi ni loi... Et ils seront sans pitié !

Tome 2 : Sur la piste de Madison
Pourquoi Margot de Garine a-t-elle quitté son époux, Maître Byron Peck ? Comment le Danois Knut Hoggaard, alors encore en pleine possession de ses moyens intellectuels, est-il entré dans la vie de Margot et de Byron ? Surtout, que contiennent ces mystérieuses lettres, pour lesquelles cet improbable trio est prêt à s'entre-tuer ?... Deuxième volet de la poursuite infernale au cœur de l'Arizona.

Tome 3 : Le mystère de la femme araignée
Margot sait y faire avec les hommes. Elle alterne baisers et coups de revolver. Certains ont eu droit aux deux traitements. Mais la méthode a un défaut : ceux qui survivent sont revanchards. Ainsi, Byron Peck et Knut Hoggaard ne sont plus seuls à traquer l'élégante voleuse en terre Navajo. Pour Margot, la messe semble dite. À moins que la mystérieuse "femme araignée" ne lui vienne en aide...

Tome 4 : La loi du plus fort
Washington D.C. Dans la jeune capitale, ce n'est pas le flingue qui fait la loi mais la finance... Lupano et Salomone mettent le point final à leur histoire de l'Amérique à contresens, ultime étape de ce voyage d'ouest en est. Dans cette Amérique de 1900 où le Congrès est dominé par les millionnaires, l'application de la loi Dawes permet la spoliation de milliers d'hectares de terres indiennes et la NRA, jeune association de promotion des armes à feu, intrigue pour faire voter une loi à sa mesure. Tandis que dans les banques le TIC TIC d'une nouvelle machine est en train de changer le monde, nos héros se retrouvent pour un chassé-croisé impitoyable...

La physique pour les chats

Drôle, taquin et mignon ! Certes, toutes les pages ne se valent pas, mais quelles pépites, quelles réussites, quel humour !

La physique pour les chats de Tom Gauld, traduction de Éric Fontaine
Bienvenue en absurdie, domaine de prédilection des scientifiques acharnés.En plus, c’est vraiment tout chou

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Crash !
Une fois de plus, j'ai confirmé mon hypothèse, mais de plus amples recherches seront nécessaires.
J'adore la science.


Yiyun

Pour celles et ceux qui le suivent depuis ses débuts, cet album est un vrai trésor de nostalgie. Cosey y a posé tous ses amours : l’Asie, bien sûr, mais aussi les montagnes suisses, un poil de politique contre la répression chinoise, de la neige, une romance inaboutie, de la bande dessinée d’après-guerre… et même Jonathan qui vient y faire un petit caméo surprise ! Sans compter quelques surprenants dinosaures ou les découpages au cœur du récit.

Yiyun de Cosey
Une merveille de planches au style si reconnaissable, fourmillantes de références et de clins d’oeil.
Une très belle réussite accompagnée d’une préface sympa de Maou et d’exquises esquisses !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La première fois que je l'ai vue, j'ai cru qu'elle était Miss Wu en personne...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Années 90 au Pays d'Enhaut, Alpes vaudoises. Urs, 14 ans, croit reconnaître, parmi des élèves venus d'Angleterre, Miss Wu la belle chinoise (qui porte un cache-œil) d'une ancienne BD d'aventures. Les tentatives de parler à la jeune sosie de Miss Wu, qui en réalité se prénomme Mei, semblent vouées à l'échec… Jusqu'au moment où Urs parvient à entraîner Mei sur le télésiège au moment de la fermeture. Les deux adolescents se retrouvent bloqués sur l'installation arrêtée pour la nuit. Persuadés de finir congelés avant l'aube, ils se rapprochent de plus en plus… Ils sont retrouvés par les secours quelques instants après leur premier baiser.

L'été suivant, lors d'une randonnée, Urs s'étonne de tomber sur Mei. Elle se montre très distante, pour une raison qu'elle ne peut pas dévoiler.

10 ans plus tard, Urs réalise des découpages qui se vendent à quelques touristes séjournant dans la région. Un jour, à sa grande surprise, un courrier d'une galerie londonienne lui propose une exposition de ses œuvres.

A Londres, la baronne Frida von Fürstendorfkirchen, directrice de la Galerie F&M, lui présente sa compagne : Mei. Urs est étonné en retrouvant la jeune chinoise de ne ressentir ni déception ni frustration ni même désir. Face aux questions d'Urs, Mei retire son cache-œil, révélant ses deux yeux intacts, en précisant qu'il y a à Taïwan une personne qu'Urs connaît bien, qui pourra dévoiler enfin le mystérieux secret…

Le petit saint

Avec ce récit de l’enfance d’un futur peintre, Simenon s’attache surtout à décrire le Paris du début du 20e. Une mère, pauvre qui pousse sa charrette de fruits ou légumes pour nourrir seule ses six enfants. Un livre comme un tableau vivant, la vie de famille, les hommes qui ne restent rarement longtemps et le lit de la mère séparé d’un simple draps des paillasses des enfants. Et la maladie qui en emporte, puis la guerre.

 ─ A quoi penses-tu, Louis ?
 ─ A rien, man.
Elle poussait encore sa charrette sur quelques mètres de pavé, ses beaux yeux bleus fixés droit devant elle.
 ─ Tu es un curieux bonhomme.
Il existait entre eux une intimité faite d'une tendresse vague, qui ne se manifestait jamais par des mots, par des effusions, seulement par des regards furtifs, pudiques, ou par certaines intonations.
Il est vrai qu'il ne se souvenait pas d'avoir été blotti dans ses bras, comme dans ses livres de lecture. Lorsqu'il était bébé, peut-être ? Il gardait une vague image de sa mère tenant Émilie contre sa poitrine, mais c'était pour lui donner le sein.
 ─ Tu ne penses vraiment à rien ?
 ─ Je ne sais pas.
 ─ Il paraît qu'on pense toujours à quelque chose, même quand on ne s'en rend pas compte. Je ne sais plus qui m'a dit ça, quelqu'un qui avait fait des études.
Le petit saint de Georges Simenon
Et là, au milieu, Louis, le petit saint qui deviendra célèbre.

Simenon peintre naturaliste ou ethnographe tente de se rapprocher au plus proche de l’humain, avec ses corvées, travail, saletés et ses maigres instants de bonheurs

Tous les romans durs de Simenon
104. Le petit saint
103. L’homme au petit chien 105. Le train de Venise
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il avait entre quatre et cinq ans lorsque le monde commença à vivre autour de lui, lorsqu'il prit conscience d'une vraie scène se jouant entre des êtres humains qu'il était capable de distinguer les uns des autres, de situer dans l'espace, dans un décor déterminé. Il n'aurait pas pu préciser, plus tard, si c'était en été ou en hiver, bien qu'il eût déjà le sens des saisons. Probablement en automne, car une légère buée ternissait la fenêtre sans rideau et la lumière du bec de gaz d'en face, seule à éclairer la chambre, jaunâtre, semblait humide.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ses camarades de classe le surnommaient le petit saint. Si on le battait, il ne ripostait pas et refusait de désigner le coupable. Il ne paraissait pas malheureux et se contentait d'observer les choses et les gens. A la maison, dans la promiscuité et la misère de la rue Mouffetard, il aidait sa mère, marchande de quatre-saisons, et la suivait, émerveillé, sur le carreau des Halles.

Plus tard, devenu l'un des peintres les plus célèbres de Montparnasse, lorsqu'on lui demandait « Maître, qui êtes-vous ? » ; il répondait pudiquement : « Un petit garçon » Simenon a déclaré à plusieurs reprises que « Le petit saint » était son roman préféré, et sans doute le plus personnel. Et lors de sa parution, en 1964, les lecteurs furent intrigués par cette bande-annonce qui disait « Enfin, je l'ai écrit ! ».

La dernière maison juste avant la forêt

Bienvenue dans une maison grand-guignolesque où le vaudou permet bien des extravagances.

La dernière maison juste avant la forêt de Régis Loisel et Jean-Blaise Djian, Dessins de Loisel et couleurs de Bruno Tatti
Un Loisel-Djian (pas vraiment pour les enfants) loufoque et burlesque, peuplé de créatures monstrueuses sous la domination de Mamacumba.

Mais quand le pouvoir tient à un bâton de rouge à lèvres, celui-ci peut s’avérer bien fragile

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Mais ça va pas la tête !
Quel con ce mec !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Mamacumba, règne d'une main de fer sur son manoir, la dernière maison juste avant la forêt, grâce à ses mystérieux pouvoirs vaudous. Elle y vit entourée de son mari, le colonel, qu'elle a transformé en statue, de ses domestiques, créatures qu'elle a façonnées de ses mains, et de ses « demoiselles », de terrifiantes plantes carnivores, avides de chair humaine. Son fils Pierrot, à qui elle a jeté un sort, et qui se pense irrésistible malgré son physique terriblement disgracieux, vient les visiter pour l'anniversaire du colonel. Mais la fête va être troublée par l'entrée en scène d'un étrange cadeau : Mimi, une charmante prostituée, qui ne laisse vraiment personne indifférent.