Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Attention, il ne faut pas voir ici qu’une petite bande dessinée au dessin chou et naïf. Jungle est un vrai bijou de porte d’entrée pour qui veut comprendre un peu l’autisme et sortir des clichés. Alors oui, l’autisme, c’est tout un spectre, mais ici, on parle de Gabi, une jeune femme qui va gentiment comprendre ce qu’elle ne comprend pas (j’interprète peut-être, désolé).Jungle : une traversée de l’autisme au féminin de Adélaïde Barat Magan, Justine Langlois et Fanny ModenaEt c’est magnifique, plein d’émotions et de sensibilité, tout en étant très clair et pédagogique.
Une pépite à mettre dans toutes les mains pour ouvrir les yeux
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) À quoi associes-tu le mot « fleurs » ?
Euh, ben... c'est simple...
Les fleurs sont comme les organes des plantes supérieures, souvent appelées phanérogames
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Gabi a 26 ans.
26 années passées à masquer ce qu'elle est et ce qu'elle ressent, à se perdre dans un monde qui lui échappe. Aujourd'hui, elle tient entre ses mains un diagnostic : trouble du spectre de l'autisme.
À travers lui, elle revisite sa vie. Ses luttes et son féminisme, ses joies, ses peurs et les obstacles invisibles qu'elle affronte chaque jour, encore et encore. Gabi est une femme et Gabi est autiste.
Les dialogues et les entretiens sont une méthode assez efficace pour sortir une bonne émission de télé ou de radio. On est dans l’instant, les phrases rebondissent et l’imprévisible se retrouve parfois au coin d’un ricochet. Encore faut-il des avis différents, des personnalités maîtrisant tant le domaine que l’instantané.Bouffons ! : l’humour est-il un sport de combat ? de Swann Périssé et Guillaume MeuriceDans un livre, par contre, sans un gros travail d’édition, il est souvent difficile de sortir des platitudes et des « moi, personnellement, je pense que… »
Un petit livre sur le paysage de l’humour en France, sur les radios, les réseaux et dans les salles. Un peu léger, mais sympa…
Bah, pour bouffer, faut bien remplir la marmite
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Guillaume Meurice entre partout avec la nonchalance de ceux qui ont un planning bien chargé : le lundi, renverser le système, le mardi, converser avec un astrophysicien, le dimanche, partir en soirée avec des potes.
Avec quinze minutes de retard et après avoir lancé son seizième projet de la semaine, Swann Périssé débarque et son énergie remplit l'espace. Elle sourit, mais elle plierait le patriarcat juste en levant le petit doigt.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Dans ce dialogue drôle mais sérieux, Guillaume Meurice et Swann Périssé s'interrogent sur la place de l'humour et des humoristes dans notre société, sur leur métier, leurs limites, et sur ce qui les fait rire (ou pas).
Doit-on rire des faibles comme on rit des puissants ? Les blagues discriminent-elles ? Peut-on rire quand on est triste ? Doit-on rire à tout prix ? Peut-on subvertir l'ordre établi en riant ? Quelles révolutions l'humour mène-t-il ? Le rire est-il toujours encadré par le pouvoir, comme au temps des bouffons ?
Le livre pour ne plus dire qu'on ne peut plus rien dire.
Lu juste après Qimmik, mais aussi il y a quelque temps Maikan de Michel Jean, ce livre en est le documentaire. Auassat plonge dans les plaies encore saignantes des peuples premiers du Canada. Vols d’enfants pour l’adoption, viols, racisme, abus sexuels, emprise, morts suspectes, disparition des corps… Des grosses saloperies perpétrées par des religieux, des oblats, curés, missionnaires… et couvertes par leurs hiérarchies et avec (pour le moins) la complaisance de l’état.Auassat : à la recherche des enfants disparus de Anne PanasukDans cette enquête, Anne Panasuk de Radio-Canada tente d’aller au fond des choses, mais ses recherches montrent un abyme sans fin au ramifications dans tous les territoires et villages.
Une enquête sérieuse et impressionnante, qui cite les noms des coupables et laisse la parole aux victimes
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Que de souvenirs me reviennent lorsque la vidéo de Joyce Echaquan, cette mère de famille atikamekw, est diffusée publiquement, nous faisant voir et entendre les insultes racistes dont l'infirmière et la préposée de l'hôpital de Joliette ont accablé la femme au lieu de la soigner.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Auassat – « les enfants », en innu – dévoile un chapitre ignoré de nos relations avec les Premières Nations, une histoire terrible qui explique les traumatismes transmis d’une génération à l’autre, jusqu’à aujourd’hui.
Au début des années 1970, des enfants autochtones sont disparus après avoir été envoyés à l’hôpital pour y être soignés sans leurs parents. Certains, déclarés morts alors qu’ils ne l’étaient pas, ont été adoptés. Plusieurs ont perdu la vie sans que leurs proches en aient été avertis. Encore aujourd’hui, les familles cherchent ces enfants qui n’ont jamais été oubliés. Contactée par ces dernières, la journaliste Anne Panasuk se lance en 2014 dans une enquête pour savoir ce qui leur est arrivé. Ses recherches lui apprennent que le même scénario d’horreur s’est produit dans plusieurs communautés autochtones et la conduisent finalement sur la piste des Oblats de Marie-Immaculée, qui régnaient en rois et maîtres chez les Innus et les Atikamekws. De fil en aiguille, l’enquête qu’elle a menée sur le terrain lui a permis de documenter également les agressions sexuelles commises par dix missionnaires dans huit communautés autochtones au Québec jusqu’à l’orée du XXIe siècle. Dans ce livre, dont la recherche documentaire est en partie tirée du balado Histoires d’Enquête : chemin de croix et de l’émission Enquête, mais enrichie de matière inédite depuis ces deux diffusions, Anne Panasuk donne la parole à des Autochtones de tous âges qui, se sachant entendus, ont décidé de briser le silence. De victimes, ils deviennent survivants et retrouvent ainsi leur dignité.
Destiné à un jeune public, ce petit livre rose tord le cou à tous les clichés normés, aux injonctions et autres culpabilisations. How to love : un guide universel des sentiments & relations de Alex NorrisEst-ce que je dois ? devient Ai-je envie ? ou Comment faire ?.
C’est tout simple finalement !Des premières questions jusqu’aux rencontres, des amitiés à la passion, des premiers baisers jusqu’à la rupture en passant par bien des soucis et des problèmes, tous les sentiments sont abordés sans tabous ni interdits, simplement et avec beaucoup d’humour.
Un dessin un peu tout moche pour un adorable guide
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Te voilà qui flotte sereinement dans le néant du manque d'amour.
Puis tu vois quelqu'un
Une personne magnifique et fascinante
Et irrésistiblement détachée
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Que faire lorsqu'un coup de foudre te tombe dessus subitement ? Lorsque les étincelles jaillissent puis se dissipent ? Ou que tu ne t'entends tout simplement plus avec ta moitié ?
Ce guide qui s'adresse à tous t'accompagnera dans ta découverte de l'amour et répondra à toutes tes questions.
Alors que l’on me demandait, en me voyant ouvrir ce livre, si je n’en avais pas un peu marre de lire encore des bouquins de ce genre (entendons par là : féministes et révoltés). J’avais répondu que non, vraiment pas ! J’y trouvais de la rage, une écriture nouvelle et politique. Une littérature jubilatoire et engagée pleine de convictions, armée de revendications solides et argumentées.
Ce livre en est un parfait exemple !
Armer la rage : pour une littérature de combat de Marie-Pier Lafontaine
Un essai qui tient entièrement dans son titre, 100 pages qui disent fièrement : ne nous chiez plus dans les bottes où vous allez vous les prendre dans le cul ! (notez que c’est beaucoup mieux dit que ça !)
Brillant !
Je me permet de copier ici l’intro qui annonce bien la couleur
J’imagine cet essai comme un combat. Je voudrais écrire un essai-colère, un essai-rage. Qu’il soit reçu comme une avalanche de coups. Entre chaque phrase, il faudra visuliser une énergie qui se déploie. Il faudra voir les muscles de mes cuisses se contracter, mon centre de gravité s’abaisser et mes poings en position de garde. Il faudra comprendre pourquoi je m’efforce de maintenir mes épaules détendues et mes réflexes alertes, imaginer avec précision un coude qui se baisse légèrement, des hanches qui se tournent. Voyez leur rotation, voyez comme elles suivent l’élan du bras, le propulsent vers sa cible. Entre chaque mot de chacune des phrases qui composent ce texte, il faudra entendre le bruit d’un corps qui en cogne un autre. Les martèlements de ma colère ne suffiront peut-être pas à faire éclater l’histoire de ma famille. Alors, il vaudra mieux garder en tête l’image de bandages noirs autour de mes jointures. Ils enrubannent leur tranchant, empêchent la peau de se fendre, me protègent des fractures aux poignets. Ils me permettent surtout de frapper plus fort.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) L'agression de trop
Un des conseils qui me mettait le plus hors de moi après qu'un homme m'a agrippé les fesses sur le quai d'une station de métro à Montréal était de ne plus prendre les transports en commun.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Armer la rage est une charge contre la culture du viol, la violence familiale et une société qui, plutôt que d’apprendre aux femmes à contre-attaquer en cas d’agression sexuelle, préfère les mettre en garde contre le risque de se défendre.
Cet essai jette un regard à la fois intime et politique sur les traumas sexuels dans leurs différentes modalités (directe, indirecte et insidieuse), sur le droit des femmes à l’autodéfense et sur le pouvoir de l’écriture pour un sujet qui n’a su qu’à l’âge adulte qu’il existe des familles préservées de la terreur.
Cette compilation de nombreux articles impressionne par sa pertinence et plus encore par l’époque à laquelle elle a été écrite ; L’éthique de la terre a été publiée en en 1933 ! Oui, cela fait bien longtemps que le signal d’alarme a été tiré.L’éthique de la terre : suivi de penser comme une montagne de Aldo LeopoldEn plaidant pour une éthique de la terre, similaire à celle qui régit nos rapports humains ou avec les animaux, Aldo Leopold souligne l’importance vitale, esthétique, culturelle ou nourricière… de la terre sur laquelle nous vivons. Non, nous ne pouvons pas (pour notre propre survie et notre bien-être) en faire n’importe quoi. Il est essentiel de la préserver, ainsi que d’en conserver certaines zones intactes d’une dégradation humaine.
Certes, il s’agit ici de la parole d’un forestier du début du 20e siècle, et certains points de vues environnementaux ont probablement évolué, mais le fond de sa vision reste absolument actuelle et se décline aisément pour l’entier du monde qui nous entoure
SOURCE DES TEXTES
Trois textes d’Aldo Leopold sont à l’origine de Land Ethic (L’éthique de la terre») : «The Conservation Ethic (Journal of Forestry, vol. 31, nº 6, octobre 1933, p. 633-643), «A Biotic View of Land » (Journal of Forestry, vol. 37, n° 9, septembre 1939, p. 727-730) et «The Ecological Conscience (conférence du 27 juin 1947 publiée dans le Bulletin of the Garden Club of America en septembre 1947, p. 45-53). Cet ensemble, ainsi que «Thinking Like a Mountain» (Penser comme une montagne»), écrit en avril 1944, «Good Oak» («Un bon chêne»), écrit en janvier 1948, «The Remnants» («Les vestiges»), «Conservation Esthetic» («Esthétique d’une protection de la nature »), publié dans Bird-Lore, vol. 40, nº 2, mars-avril 1938, «Wilderness As a Land Laboratory» («La nature sauvage, un laboratoire de la terre»), publié dans Living Wilderness, vol. 6, juillet 1941, ont ensuite été intégrés au recueil A Sand County Almanac. «Boomerangs» a été publié en avril 1918 dans The Pine Cone, journal officiel du New Mexico Game Protection Movement, où Leopold publia beaucoup entre 1915 et 1924. «The River of the Mother of God» («La Rivière de la mère de Dieu»), que la Yale Review avait refusé, date de décembre 1924 et «What Is Wilderness Area?» («Qu’est-ce qu’un espace naturel?») est extrait de «Wilderness As a Form of Land Use», publié en octobre 1925 dans le Journal of Land and Public Utility Economics (vol. 1, nº 4, p. 398-404).
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Quand le divin Ulysse rentra de la guerre de Troie, il fit pendre une douzaine de jeunes esclaves qu'il soupçonnait de s'être mal conduites en son absence.
Il ne le faisait pas pour une question de morale. Ces filles lui appartenaient. Disposer de ses biens était alors, comme aujourd'hui, une affaire de convenance personnelle, non de moralité.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Prends garde à ce que tu laisses. »
Il y eut trois pionniers américains de la pensée écologique : l'ermite Henry David Thoreau, le voyageur John Muir et le forestier Aldo Leopold. On doit à ce dernier, que certains tiennent pour un géant littéraire et un prophète, les premières politiques de protection des espaces naturels, une réflexion inégalée sur la nature sauvage, et la conviction qu'il est possible à l'homme de développer une intelligence écologique. Car l'« éthique de la terre » est possible. Elle repose sur l'idée lumineuse de communauté et d'équilibre. Grâce à elle, nous pouvons tous apprendre à être heureux dans la nature. À la fois narrative et philosophique, l'écologie d'Aldo Leopold possède une force surprenante : elle pulvérise notre arrogance tout en nous chuchotant « l'opinion secrète » de la montagne à l'égard des loups.
Hé ben voilà qui est ébouriffant, mazette !Les féministes t’encouragent à quitter ton mari, tuer tes enfants, pratiquer la sorcellerie, détruire le capitalisme et devenir trans-pédé-gouine de Alex TamécyliaDans cet essai poétique, Alex Tamécylia se lâche pour un petit livre rose absolument hors normes. Créatif autant que combatif, ce manifeste dégomme à-tout-va !Et les mecs-hét-sys s’en prennent bien dans les… et avec eux, c’est toute la société et ses dysfonctionnements qui sont désignés, preuves et démonstrations à l’appui.
Génial et brutal !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Peut-être que c'est un cri. Mais le souffle qui le porte s'avère tellement puissant qu'il pulvérise autant qu'il galvanise. Une tendresse radicale, une ironie jouissive; le goût du vitriol et de la lucidité. Un cri capable de transmuter la colère en gestes qui déconstruisent et en éclats de rire. Articulant sa charge autant que ses réflexions dans une langue inventive, corrosive, poétique et frontale à la fois.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Un souffle tellement puissant qu’il pulvérise autant qu’il galvanise... Le goût du vitriol et de la lucidité. » Chloé Delaume
« Tu ne seras ni social justice guérillère ni caution féministe pour ligne budgétaire. »
alex~tamécylia a 37 ans. Autrice, poétexsse et performeureuse, ielle anime à Paris les ateliers d’écriture féministe Langue de Lutte dans divers lieux dont La Mutinerie et la librairie Violette and Co ; ielle a confié son manuscrit au nouvel attila par admiration pour Michelle Lapierre-Dallaire.
Après une hideuse et merveilleuse (si, si) traduction de Guillaume Remuepoire et un génial livre féminirigolo, l’Indéprimeuse ne baissent pas les bras 😉 et remettent le couvert sur la table de monsieur pour un opus pas féminichiant du tout et pas que !Faudrait peut-être recadrer : petites pensées féministes dans un monde plutôt genré de L’IndéprimeuseOui, le féminisme, c’est aussi rigolo, joyeux, festif, libéré et toujours : déterminé !
Un vrai bonheur qui réjouira même le tonton grognon au prochain repas de famille (… enfin, on peut toujours tenter)
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Jeune fille, je ne saisis pas tout de suite l'importance d'être féministe. Mes amis, camarades, amoureux, père et oncles, tous les hommes de mon entourage ne me veulent aucun mal, bien au contraire. Je vis dans un pays libre, j'ai la possibilité de faire des études et je reçois autant d'argent de poche que les garçons. L'égalité semble évidente.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Plongez dans l'univers poétique de L'Indéprimeuse, à travers plus de 130 aphorismes, fausses couvertures de livres et autres fantaisies - dont de nombreux inédits. Les soeurs Davina et Felicia Sammarcelli érigent le féminisme et la sororité en étendard dans des créations engagées, irrévérencieuses et terriblement drôles. L'Indéprimeuse croque aussi bien la typographie que notre société, met les points sur les I, les barres sur les T et le patriarcat au bûcher.
Dans ces chroniques mensuelles de 2023 et 2024, Lola Lafon parle de guerres, de viol, de violences… Bref, assez tristement : de l’actu. Mais aussi de sujets plus personnels ou plus intemporels comme l’anorexie ou la Shoah.Il n’a jamais été trop tard de Lola LafonElle y laisse s’exprimer sa sensibilité, son désir du vivre ensemble. Un recueil sensible et profond, mais pas vraiment gai pour un titre qui semblait pourtant plein d’espoir
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) C'est ce que nous laissent les disparus, ces évanouis, les manquants, les passés trop vite : un puzzle de mots, qu'on aura partagés. Des confidences, des désaccords, des fous rires, des désirs et des doutes. Cette hérédité fragile nous échoit.
Qu'en fera-t-on ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Ce livre est une histoire en cours. Celle d'un hier si proche et d'un demain qui tremble un peu. Ce présent qui bouscule, malmène, comment l'habiter, dans quel sens s'en saisir ? Comme il est étroit, cet interstice-là, entre hier et demain, dans lequel l'actualité nous regarde. Elle reflète le monde, mais aussi des événements minuscules en nous, des souvenirs, des questions, des inquiétudes. Ces pages ne sont pas le lieu d'un territoire conquis, d'un terrain marqué de certitudes. Ce livre est l'histoire de ce qui nous traverse, une histoire qu'on conjuguerait à tous les singuliers. »
L.L.
Rien de nouveau… hélas. Et probablement pire d’ailleurs. Les complexes s’en vont et le racisme s’affiche. Debout, tête haute ! : manifeste pour répondre au racisme de Fatma Bouvet de la MaisonneuvePsychiatre, Fatma Bouvet de la Maisonneuve reçoit des patients et patientes racisé-e-s (elle n’aime pas trop ce terme, d’ailleurs. Mais faute de mieux). Et quelle meilleure place pour un état des lieux des souffrances qu’un cabinet de psy ? Sa profession l’invite à prendre la parole.Et même si tout cela ressemble à ce qui a déjà été dit et redit, tout est juste ! Ne pas se taire, debout, la tête haute !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je vis en France depuis 30 ans. De par mon métier de psychiatre et mes engagements politiques et citoyens, j'écoute, j'observe, j'accueille et j'accompagne. Aujourd'hui, je peux dire sans hésitation que l'atmosphère en France est toxique pour beaucoup, et génère une souffrance exprimée par la sensation d'un étouffement physique et de la confusion mentale.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Depuis des années, j’alerte sur les discours haineux. Certes, ce sont ceux d’une minorité. La bêtise a été banalisée là où il aurait fallu de la réflexion. On a fait de l’étranger un bouc émissaire. La haine est plus facile à exprimer que la fraternité, la solidarité ou l’amour.
Mon métier m’oblige à la neutralité bienveillante. Avec l’expérience, je réalise cependant que, parfois, il est difficile de garder une distance émotionnelle. Je pense même que ce serait faire preuve de manque d’empathie et de courage en tant que citoyenne que de rester passive. Beaucoup d’écrits académiques ont été rédigés sur toutes les formes de discriminations, leurs mécanismes, leur histoire. Ils ont nourri ma réflexion pour ce manifeste qui se veut être un texte qui parle au cœur des gens, à cette pépite d’humanité que nous avons tous en commun pour trouver des solutions et répondre à des situations humiliantes et déshumanisantes. Pour en sortir Debout, tête haute !