Philippe Delerm s’intéresse à ces petites choses de tous les jours, tout à fait évidentes et qui pourtant nous échappent.
C’est plein de finesse, de douceur et de subtilité.
Le regard est acéré, mais tout ça m’a semblé un peu court peut-être, un peu répétitif aussi
« On est entré dans le temps additionnel ! » Il y a un jour où cette phrase du commentateur du match de football ne s'adresse plis à des millions de téléspectateurs mais à vous seul. La métaphore vous dévoile ; vous êtes à la fois l'équipe qui mène au score et celle qui est menée.
« Les gens, quels sales types ! » disait Marcel Aymé. Les gens, c’est-à-dire toute l’humanité sauf vous à qui je parle, sauf moi… Que voulez-vous, les gens sont comme ça, si individualistes et grégaires cependant. On ne les refera pas, c’est sûr. Faut-il s’en accommoder ?
À moins d’entrer dans un couvent, la réponse est oui. Alors, vivre avec eux, en conservant la restriction mentale de penser qu’on n’est pas tout à fait comme eux ?
Les gens… C’est dans leur bouche qu’on entend ces petites phrases toutes faites qui nous font sourire, parfois nous désoler, nous moquer souvent. Philippe Delerm a récolté les plus savoureuses : « Tu me donneras la recette », « T’inquiète ! », « C’est ni fait ni à faire ». Sous l’apparente banalité se cachent des vérités plus profondes qu’on ne croit. Les gens, c’est un peu nous aussi ?



![Nelly Arcan en avait fini par se pendre de toutes ces histoires-là, Nelly Arcan qui avait pour elle, l'intelligence et la poésie, mais dont la plus grande part de l'énergie avait été perdue, gâchée à cela : comparer ses seins à ceux des autres femmes à l'aune et sous la surveillance de ce regard-là, qui souvent traversait les yeux des garçons que l'on aimait, et ça faisait mal - et je me demande moi, ce que ça ferait si depuis toutes petites, on s'amusait comme ça, à voix haute, à détailler devant tout le monde le corps des garçons, les garçons qui ont peur je le sais bien, tout le monde le sait, on nous le répète assez souvent comme s'il s'agissait là d'un argument indémontable, d'une raison suffisante pour, peur que leur bite ne soit pas, oui mais ce n'est pas une raison suffisante et ça n'a jamais été, une affaire publique discutée dans la cour de l'école par des petites filles assemblées en [...]](https://i0.wp.com/www.noid.ch/wp-content/uploads/2024/10/pour-britney.jpg?resize=660%2C434&ssl=1)








