Et la joie de vivre

Quel livre, quel témoignage ! Tout est juste ici ! Sans pathos ni mélo, intime sans être voyeuse, d’une insupportable violence et pourtant d’une invincible énergie vitale… Cette joie de vivre emporte tout.

J'étais si seule ce soir-là. Inutile de chercher le sommeil après avoir raccroché. Même en de telles circonstances, je n'aurais pas recours à ces cachets dont Dominique m'avait gavée. Je n'en avais pas de toute façon. Je regardais les heures s'écouler. Que contient une minute, une heure, une vie ? Je ne savais plus. La réalité m'échappait. Tout se dérobait. C'était comme si le jour n'allait plus jamais se lever. Ma vie n'était qu'une longue nuit.
Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot et Judith Perrignon
Gisèle Pelicot raconte son histoire, de la sidération jusqu’au procès. Elle décortique et cherche les pourquoi, comment… toutes ces questions qui vraisemblablement ne trouveront jamais de réponse satisfaisante pour expliquer une telle abjection

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est toujours la veille que je dresse la table du petit-déjeuner. Je dispose les tasses, les assiettes, les couverts, les serviettes, puis le miel et les pots de confiture. C'est comme enjamber la nuit que j'ai toujours crainte, décréter l'harmonie du prochain jour. Il n'y aura plus qu'à sortir le beurre, enclencher la bouilloire, laisser monter les odeurs du café et du pain qui grille. Tout va bien se passer.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le 2 septembre 2024 s'ouvre le procès de Mazan et la France découvre le visage de Gisèle Pelicot. Décidée à ce que « la honte change de camp », elle a voulu et obtenu que ce procès soit public. Son courage bouleverse le monde entier à mesure que l'horreur des crimes qu'elle a subis est exposée au tribunal. Depuis le procès, elle qui n'a jamais pris la parole et est devenue un symbole mondial de la dignité des femmes a décidé de raconter son histoire avec ses propres mots. Elle veut transmettre un message d'espoir à tous ceux et toutes celles qui traversent des épreuves, comme à ceux et celles qui l'ont soutenue au cours de ces semaines d'automne 2024. Le récit ciselé et bouleversant qu'elle a écrit avec la romancière Judith Perrignon dévoile l'histoire singulière et passionnante ainsi que les ressorts intimes de l'incroyable résilience de cette femme si secrète.

Un rendez-vous particulier

En 2022, Martina enchainait les Rendez-vous. En 2025, c’est LE rendez-vous ! Toujours accompagnée par ce cher Monsieur qui propose de trouver la force dans des œuvres d’art.

Nous sommes avec Sixtine devant une légère soupe miso dans laquelle flottent des carrés de tofu sans goût, mais ce n'est pas mauvais. Nous avons également commandé des sashimis et des brochettes de poulet avec du fromage fondu et du riz parce que nous avons faim et que nous sommes trop amorties pour prétendre à des carrières de mannequins ; même chez les seniors elles mesurent 1 mètre 80 et sont maigres avec des liftings, parce que si tu es maigre et âgée, généralement le visage est chiffonné comme celui d'Iggy Pop, sur lui c'est perçu comme sexy, mais une femme qui ressemble à un iguane, ce n'est pas considéré comme socialement acceptable. Le vieux monde était misogyne certes mais le nouveau l'est toujours.
Alors foutu pour foutu, je vais prendre un mochi aussi, merci.
Un rendez-vous particulier de Martina Chyba
L’occasion de rire avec elle de nos paradoxes et de persévérer encore et encore dans cette cinquantaine qui n’est pas tendre, même si elle n’est pas vraiment ferme non plus

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'urologue de mon ami Max est une personne adorable.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À Paris, sur les marches du Sacré-Cœur, j’ai rencontré un homme. Grâce à une erreur sur un site de rencontres. J’ai eu peur que cet inconnu me découpe en rondelles, et que l’on ne retrouve jamais mon corps. Mais j’ai couché avec lui le premier soir et aujourd’hui nous formons un couple. Enfin, nous essayons.

Dans les contes de fées ou les comédies romantiques, les personnages surmontent des obstacles, se rejoignent, cela se termine par un baiser, ils furent heureux et tout et tout. Mais dans la réalité, c’est exactement à ce moment-là que les emmerdements commencent. N’est-ce pas ?

La preuve : un jour, l’homme des marches du Sacré-Cœur me redonne rendez-vous au même endroit et me demande de l’épouser. Je me trouve aspirée dans une histoire faite d’événements follement joyeux, mais aussi infiniment tragiques.

Nous, les quinquas, sommes une génération qui croit qu’elle a toujours 30 ans. Nous vivons en baskets, mais aussi en état de crise. En amour, comme au boulot, nous nous retrouvons parfois sur le marché, alors que nous ne sommes pas encore des légumes. Et terrorisés de finir au compost.

Heureusement, il y a des soirées soupe et des amis. Et pour m’aider, j’ai un psy pas comme les autres. Déjà, il est jeune et beau. Et il ne prescrit pas d’antidépresseurs. Mon thérapeute à moi ne prescrit que des œuvres d’art.

Et vous savez quoi ? Ça marche.

L’héroïne, inspirée du vécu de l’auteure, cumule les rôles et les défis, entre amis, travail, enfants, deuils, années qui passent, soucis de santé et amours compliquées. Avec un seul objectif : rester vivante, toujours. Ce livre, plein d’humour et sans tabous, nous aide à déculpabiliser tout en explorant le pouvoir guérisseur de l’art.

Bergelon

Médecin, Bergelon craque et prend la fuite. A cause d’une erreur médicale, d’une famille trop pesante, d’un train-train étouffant, de menaces de mort de la part du mari qui vient de perdre sa femme à cause de lui, d’une vie professionnelle médiocre… Un peu tout ça, un peu rien…

Quelle est la minute exacte à laquelle on s’aperçoit qu’un vêtement est devenu trop étroit ? Pourquoi pas la veille ? Pourquoi pas le lendemain ?

Au centre, un bar était entouré d'hommes qui avaient l'air de parler tous ensemble, tant était puissante la rumeur qui émanait d'un aussi petit groupe. Deux soldats portaient l'uniforme kaki, les bandes molletières et le képi noir des troupes coloniales. Un autre, en bleu, mal habitué à son costume, devait retourner pour la première fois dans sa campagne.
L'air sentait le tabac refroidi et le cassoulet qu'on réchauffe, et dans un réduit on apercevait un garçon malingre, au tablier crasseux, aux cheveux qui lui tombaient dans la figure, occupé à fricoter sur un réchaud ce qu'on lui commandait.
Bergelon de Georges Simenon
Un de ces romans durs où pas grand chose ne se passe, un portrait triste, une vie sans sens ni pourquoi

Tous les romans durs de Simenon
39. Bergelon
38. Malempin 40. Cour d’assises
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il n'était pas besoin d'être médecin pour établir ce diagnostic-là : Bergelon avait la gueule de bois.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À la suite d'une terrible erreur médicale dont il se sent responsable, le docteur Élie Bergelon s'enfuit. Des plages corses à Anvers, il fuit sa femme et ses enfants qui, pense-t-il, le jugent ; il fuit le mari de la malheureuse morte en couches par sa faute, qui a juré de se venger ; il fuit une vie marquée par la médiocrité et l'échec... Mais le petit docteur va apprendre qu'il arrive toujours un moment où il faut faire face et expier, il va apprendre que parfois certaines punitions sont pires que la mort.

Jeune et fauchée

Avec ses petits personnages faussement naïfs, Florence continue de nous raconter sa vie. Jeune et fauchée, c’est le départ de la maison, les premiers boulots et les premiers amours, l’alcool, les fêtes et les drogues et puis : le couple, les enfants, la séparation et surtout, comme un fil rouge : le manque d’argent !

Jeune et fauchée de Florence Dupré la Tour
La palette de couleurs et les aquarelles sont au top, les métaphores visuelles créatives et inspirées et, plus que tout, l’histoire est d’une cruelle et bouleversante sincérité.

Certes, papa et maman (coupables idéaux) prennent cher ! Une mère dépressive, un père absent, un complexe de classe, une bigoterie envahissante et une avarice révoltante semblent n’avoir pas préparé au mieux Florence à affronter son futur.

Par contre, quel terreau fertile pour raconter sa vie !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La richesse, l'oseille, l'argent, le pèze, le fric, la moula, les économies, le blé, les écus, les biffetons, la thune, la caillasse, la fortune, les deniers, le pognon, les ronds, le flouze, les sous.
Enfant, j'avais beaucoup de chance.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Née dans une famille bourgeoise, Florence grandit sans penser à l'argent. Tout bascule à 18 ans, lorsqu'elle se retrouve livrée à elle-même. Etudiante, puis mère célibataire et autrice précaire de bande dessinée, elle découvre la réalité de la débrouille, entre privations, trésors d'inventivité et survie avec deux enfants.

Le riche homme

Voilà un livre typique des années 70-80. L’âge d’or de David Hamilton et ses photos de fort jeunes filles dénudées qui excitaient fort les vieux lubriques. L’époque des photos de Eva Ionesco (à 11 ans nue en une du Spiegel) ou, un peu plus tard, du film Noces Blanches avec Vanessa Paradis (alors 16 ans) et Bruno Cremer (58 ans)… Pour ne citer des exemples qui m’ont marqué.

Difficile à lire aujourd’hui mais fort utile. Car Simenon qui, au travers de ses romans durs, voulait « présenter l’homme sans habit, sans cravate, au travers de la composition d’une vaste tragédie humaine » raconte avec grand talent cet homme de plus de 40 ans qui fréquente assidûment les prostituées de chez Nenette et qui s’éprend de sa petite bonne de 16 ans.

Il s'était mis à boire beaucoup, comme si cela allait l'empêcher de penser, et plus il buvait, plus il était hanté par Alice, qui prenait une importance grandissante à ses yeux.
Si on lui avait dit, dix jours plus tôt encore, que cela lui arriverait, il aurait haussé les épaules. À d'autres, peut-être. Pas à lui. Aucune femme ne l'avait impressionné, pas même la sienne.
Le riche homme de Georges Simenon
Pourtant, s’il présente bien l’homme sans habit dans le sens d’en explorer la psyché, avec les femmes il se contente seulement ici de les déshabiller au sens le plus littéral.

Un roman de son époque (révolue ou mieux cachée ?), témoignage malaisant et éclairant

Tous les romans durs de Simenon
114. Le riche homme
113. Novembre 115. La cage de verre
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il arrêta le camion plein de paniers de moules en face du bistrot où l'on lisait, sur la façade, les mots Chez Mimile en lettres jaunes.
Par l'autre portière, Doudou le Muet descendit en même temps que lui et le suivit sans bruit, comme sans déplacer d'air, pieds nus, les jambes du pantalon de toile bleue haut troussées, comme d'habitude.
Victor Lecoin était grand, puissant, large d'épaules, épais de torse. Ses cuissardes de caoutchouc, à moitié baissées, faisaient penser aux bottes des mousquetaires et il portait son éternelle veste de cuir noir. Il se sentait fort. Quand il tourna le bec-de-cane et qu'il poussa la porte, il eut l'impression d'en remplir le cadre et, dans le petit café où quatre hommes jouaient aux cartes près de la fenêtre, il était comme un géant parmi les nains.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
A Marsilly, près de La Rochelle, Victor Lecoin est un boucholeur important. Surnommé le riche homme, il en impose par sa taille et sa prospérité. Dans son travail, il est aidé par un valet simple d'esprit, Doudou-le-muet, qui lui est attaché par un dévouement presque animal. La comptabilité de son commerce est tenue par Jeanne, son épouse, une ancienne institutrice.

Les témoins

Diverses circonstances vont interroger le juge Lhomond, fiévreux, sur les questions de preuves et de culpabilité.

S'il ne l'avait jamais aimée, c'était néanmoins l'être qu'il avait été le plus près d'aimer, non d'amour, mais d'une affection fraternelle.
Ce n'était pas vrai. Il se mentait une fois de plus et cela, elle le sentait avant même qu'il s'en aperçût. Le sentiment qu'il éprouvait pour elle était cette sorte de gêne qu'on éprouve devant un animal qui souffre au bord du trottoir et qu'on est impuissant à aider, qu'on ne peut même pas soulager avec des mots qu'il ne comprendrait pas.
Voilà ce qu'il y avait de tragique ! Il n'existait rien de commun entre eux, aucun lien, sinon d'avoir vécu pendant vingt-quatre ans ensemble dans cette grande maison qui n'avait jamais été un foyer.
Elle ne le lui pardonnerait jamais et elle l'en haïssait.
Par discrétion, il n'avait pas questionné Chouard plus avant, mais la façon dont le docteur la traitait indiquait qu'il ne la croyait pas en danger. Elle gardait la chambre pour ne pas reparaître à la face de la ville qui savait. Elle n'en avait pas moins peur de la solitude et il lui restait son mari.
Les témoins de Georges Simenon
L’accusé qui risque la peine de mort sur un faisceau de présomptions sans preuves réelles. Mais aussi chez lui, dans son propre couple avec sa femme malade et ce flacon de strychnine qu’il vient de casser…

Coupables ? Selon le point de vue, tout le monde ne risquerait-il pas d’être accusé ?

Un roman un peu longuet, mais pas dénué d’interrogations intéressantes

Tous les romans durs de Simenon
84. Les témoins
83. La boule noire 85. Les complices
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il n'y avait pas cinq minutes qu'il s'était levé pour redresser, dans la cheminée, une bûche qui avait roulé des chenets en émettant une gerbe d'étincelles et, de s'être penché sur les flammes, il en gardait la peau du visage chaude.

Profitant de ce qu'il était debout, il était allé sur la pointe des pieds jusqu'à la porte toujours ouverte entre sa chambre et la chambre de sa femme.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Épouse d'un magistrat, Laurence Lhomond est malade et garde la chambre depuis cinq ans. Ses crises, d'origine cardiaque, varient en nombre et en intensité suivant que son mari est plus ou moins absorbé par sa profession. Du moins, c'est ce que remarque Xavier Lhomond, qui finit par se demander si sa femme ne le fait pas exprès. La veille du jour où il doit présider la cour d'assises dans un procès où est inculpé un homme qu'on accuse du meurtre de sa femme, Lhomond voudrait, le soir, chez lui, revoir le dossier. Son épouse l'appelle, pressentant une crise.

Le train de Venise

Dans ce train de Venise, la fortune va tomber dans les mains de Justin. Mais sera-t-il capable d’y faire face et d’en jouir ?

Bob, lui, n'avait jamais vécu avec une femme plus de trois mois. Ne le regrettait-il pas ? N'était-ce pas par impuissance à faire partie d'un vrai couple qu'il était si pessimiste ?
 ─ Pendant un temps, on marche la main dans la main, ou bras-dessus bras-dessous. On se raconte. Chacun adore se raconter, tout en ne prêtant qu'une oreille distraite à ce que l'autre lui raconte à son tour... La seconde, la troisième fois qu'une femme débite la même histoire du temps de son enfance, l'irritation commence, et il en est de même si c'est l'homme qui rappelle ce qu'il faisait à dix-sept ans...
Il concluait :
 ─ C'est comme un combat de boxe. Il faut qu'en fin de compte l'un des deux gagne et que l'autre se résigne. Toute la question est : lequel ?...
Justin avait l'impression que, dans son ménage, ni l'un ni l'autre n'avait essayé de gagner. Ce n'était que maintenant qu'il se rendait compte des limites étroites entre lesquelles sa vie était enfermée.
Le train de Venise de Georges Simenon
Et Simenon de s’amuser avec ce pauvre homme honnête, craintif et qui était, jusqu’à là, bienheureux dans son couple et sa vie. Une vraie torture que cette valise pleine de billets de banque

Tous les romans durs de Simenon
105. Le train de Venise
104. Le petit saint 106. Le confessionnal
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Pourquoi toute l'image était-elle centrée sur sa fille ? Cela le gênait un peu, ou plutôt c'est après surtout qu'il y pensa, une fois le train en marche. Et encore ne fut-ce, en réalité, qu'une impression fugace, née au rythme du wagon et aussitôt absorbée par le paysage.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À son retour de vacances, Justin Calmar fait une étrange rencontre dans son train. Un homme lui demande de prendre une valise et de la déposer chez une femme. Calmar découvre que la jeune femme a été assassinée et que la valise contient une fortune. Il rentre chez lui, ne sachant que faire.

Dimanche

Est-ce vraiment très moral de projeter de tuer son mari ou son épouse ? Nul besoin de réponse, pourtant, dans nombre de ses romans, Simenon s’amuse de situations où l’on pourrait se dire que… ma foi… le ou la pauvre avait bien des raisons pour.

C’est amoral, certes, mais bon !

Il fallait franchir sans impatience l'accalmie qui suivrait les fêtes, attendre l'arrivée du premier flot de touristes.
Il se sentait parfois fatigué. C'était fatal. Mais il avait conscience d'avoir réalisé ce que peu d'êtres ont le courage de réaliser dix mois, onze mois bientôt de préparation, sous le regard méfiant de Berthe, en dormant chaque nuit dans son lit, sans se trahir une seule fois.
N'était-il pas naturel de regretter qu'il n'y ait pas eu de témoins ?
Dimanche de Georges Simenon
Mais ici, il ne s’arrête pas là et plonge encore plus profondément dans le sordide.

Un roman dur comme une master class !

Tous les romans durs de Simenon
93. Dimanche
92. Strip-tease 94. Le veuf
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il n’avait jamais eu besoin de réveille-matin et depuis un certain temps déjà, les yeux clos, il était conscient du soleil qui se glissait entre les deux minces fentes des volets, quand il entendit enfin une sonnerie étouffée dans la chambre d’en haut.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Emile, fils d'un hôtelier de Champagne, près de Luçon, a 25 ans, il est allé aider des amis de sa famille, les Harnaud, qui ont repris une petite auberge sur la Côte d'Azur. L'affaire ne marche pas très bien, M. Harnaud meurt, et sa veuve, désireuse de retourner à Luçon, accueille plus que favorablement l'union de sa fille Berthe avec Emile. Celui-ci, intelligent et courageux, a fait de La Bastide sa chose personnelle, et la fait prospérer. Il ne va pas tarder à s'apercevoir que c'est Berthe la vraie patronne.

Le grand Bob

Le grand Bob, c’est l’exploration de l’âme d’un homme par un ami. Bob s’est suicidé sans laisser de message avec l’espoir (vain) que sa mort passe pour un accident.

Sa lèvre inférieure se gonflait comme si elle allait pleurer. Je lui ai saisi le coude.
 ─ Vous finirez par ne plus y penser, lui ai-je dit sans trop y croire.
Certaines images de Bob lui reviendraient probablement plus d'une fois et lui gâteraient des moments qui auraient pu être agréables.
Ce n'est qu'à l'instant où j'allais la quitter qu'elle s'est décidée à vider le fond de son sac, corrigeant d'un sourire ironique ce que sa phrase pouvait avoir de sentimental.
 ─ S'il s'était montré tel qu'il était, au lieu de toujours faire le clown, j'aurais pu en être amoureuse.
Cette phrase-là m'a frappé. Elle me revient souvent à la mémoire quand je je pense à Bob Dandurand. Au fond, l'attitude d'Adeline n'est pas sans certaines analogie avec mes propres réactions.
Le grand Bob de Georges Simenon
Mais qui était-il vraiment ? Et pourquoi a-t-il mis fin à ses jours ?Qu'est-ce qui m'a poussé à retourner chez Adeline ?
Vu avec mes yeux de médecin, c'est un petit corps ni beau, ni laid, plutôt mal portant, qui manque de globules rouges, et la peau est pâle et molle, trop transparente, la taille étroite, les côtes saillantes, le bassin plus large qu'il n'est d'habitude à son âge. Elle a des seins en poires, sombres au bout, dont la consistance me fait penser à un pis de chèvre.
Elle ne se met guère en frais pour moi et fait plutôt mal l'amour, pour l'excellente raison qu'elle n'y prend qu'un plaisir modéré. Elle est plus occupée, pendant ce temps-là, à m'observer qu'à coopérer et je la soupçonne d'agir de même avec tous ses partenaires.
Pourquoi accepte-t-elle ? Pourquoi n'a-t-elle pas eu un instant d'hésitation ni la première fois, ni les deux autres ? Je me suis posé cette question-là aussi. Il y a le fait, bien sûr, que c'est une sensation plutôt agréable. Je n'en suis pas moins persuadé que, ce qui l'intéresse avant tout, c'est d'acquérir, ne fut-ce que pour quelques minutes, une incontestable importance.Un roman exploratoire sensible qui date pourtant d’une autre époque où l’on retrouve Simenon dans ses travers les plus déplaisants lorsqu’il parle du corps des femmes. Comment pouvait-il comprendre aussi finement l’humain tout en étant aussi fièrement nauséabond ? Une époque misogyne… Seulement ?

Tous les romans durs de Simenon
81. Le grand Bob
80. Crime impuni 82. L’horloger d’Everton
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je n'étais pas à Tilly ce dimanche-là, car profitant de ce que les enfants étaient chez leur grand-mère, nous avions accepté, ma femme et moi, une invitation à passer le week-end chez des amis qui possèdent une propriété en bordure de la forêt de Rambouillet. La journée avait été chaude et lourd avec des menaces d'orage et même quelques grosses gouttes de pluie vers la fin de l'après-midi.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Pourquoi Robert, dit le Grand Bob, a-t-il choisi de disparaître en se noyant au cours d'une partie de pêche ? Ami de Bob et de sa femme Lulu, le docteur Coindreau cherche dans le passé de cet homme au tempérament plutôt boute-en-train des éléments qui puissent élucider ce mystère.
Issu d'une famille honorable, Bob a jadis abandonné ses études de droit pour vivre avec la légère et gentille Lulu, chapelière à Paris. Leur vie a été modeste mais heureuse. Alors ?
Alors, Coindreau finira par comprendre le destin de deux êtres qui s'aimaient, et qui n'ont pas voulu être indignes l'un de l'autre...
Une fois encore, le romancier du Petit Homme d'Arkhangelsk, créateur de Maigret, nous fait pénétrer dans le quotidien d'existences ordinaires, dont il sait comme personne exprimer l'humanité, et parfois la grandeur.

Le petit homme d’Arkhangelsk

L’histoire touchante d’un bouquiniste, doux et discret marié à une femme jeune et pétillante. Et qui disparaît du jour au lendemain, le laissant seul et bien démuni.

— Je peux tout au moins vous offrir la tranquillité.
Cette phrase-là ou des mots approchants. Il ne lui avait pas parlé d'amour, de bonheur, mais de tranquillité, parce qu'il était trop humble pour se figurer qu'il pourrait lui donner autre chose.
Elle était belle, gonflée de sève, et il avait seize ans de plus qu'elle, il était un petit bouquiniste poussiéreux et solitaire dont la seule passion était de collectionner les timbres. 
Ce n'était pas exact. C'était l'apparence, c'était ce que les gens devaient penser. La vérité, c'est qu'il vivait intensément, en son for intérieur, une vie riche et multiple, celle de tout le Vieux-Marché, de tout le quartier dont il connaissait les moindres pulsations.
Le petit homme d’Arkhangelsk de Georges Simenon

Et suite à un petit mensonge d’agrément social, les événements vont fatalement s’enchaîner.

La bien triste histoire d’une plutôt triste vie

Tous les romans durs de Simenon
87. Le petit homme d’Arkhangelsk
86. En cas de malheur 88. Le fils
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il eut le tort de mentir. Il en eut l'intuition au moment où il ouvrait la bouche pour répondre à Fernand Le Bouc et c'est par timidité, en somme, par manque de sang-froid, qu'il ne changea pas les mots qui lui venaient aux lèvres.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Lorsqu'on demande à Jonas Milk, le petit bouquiniste et philatéliste du Vieux-Marché, où est passée sa jeune et jolie femme Gina, il répond évasivement qu'elle est allée à Bourges. Mais à mesure que les jours passent, cette réponse apparaît de plus en plus insuffisante ; et bientôt les ragots, les soupçons, l'hostilité de toute la ville se concentrent autour du petit homme d'Arkhangelsk, Russe naturalisé français, mais finalement resté aux yeux de tous l'étranger... Jonas est innocent, pourtant. Mais il faut croire qu'il appartient à un monde où les innocents sont faits pour devenir des victimes... Le créateur de Maigret, disparu en 1989, nous conte ici à petites touches, en observateur attentif des mœurs provinciales et de la nature humaine, un drame de la solitude. Sans lyrisme ni pathétique, il nous fait partager sa compassion. On se dit en refermant le livre que l'on a dû aussi, sans le savoir, côtoyer des Jonas Milk.