A l’heure où à lieu un massacre à huis-clos en Iran, cette lecture est encore plus choquante ! Il y a quarante six ans avait lieu la révolution islamique… rien n’a changé si ce n’est en pire, en plus sanglant.
Il trempait sa plume dans l'encre bleue, la retirait lentement, la faisait glisser sur le bord de l'encrier pour l'égoutter, puis il la posait délicatement sur la feuille blanche et la laissait danser de la façon la plus noble, la plus sensuelle et la plus élégante qui fût. Les deux coudes posés sur la table, le menton enfoncé dans la paume des mains, je le dévorais du regard. Mon père n'était pas un écrivain. Mais en l'observant, à cinq ans, sans savoir ni lire ni écrire, je me suis juré qu'un jour je ne ferais qu'écrire.
« Il y a des souvenirs plus graves que la vie elle-même. La brûlure se fait sentir après coup. Les dire, les redire, et même peut-être un jour les écrire, ailleurs, autrement, dans une autre langue, permettrait de les conjuguer au passé, des les faire entrer dans un livre, comme une vie vécue autrefois par une narratrice inconnue, anonyme, comme un récit qui se raconte et pourrait être le mien, le vôtre ou celui d'une autre. »
« Je viens d'ailleurs » raconte par fragments vingt ans de la vie d'une jeune Iranienne révoltée par la violence du régime islamique installé par Khomeini en 1979. La voix de la narratrice, claire, juste, tintée de lyrisme persan, nous fait rejoindre, à chaque page, un quotidien souvent insoutenable et jusqu'ici complètement ignoré par l'Occident. Entre fiction et témoignage, ce roman donne à voir, à entendre , à comprendre l'Iran quotidien.












