J’ai soif ! soif ! soif ! mais soif !

Bien miséreux que ce livre d’alcoolo triste et auto-apitoyé pris dans les affres de la page blanche, du manque de talent et des trous de mémoire.

J'ai soif ! soif ! soif ! mais soif ! de Jean-Marie Gourio
J’ai soif ! soif ! soif ! mais soif ! de Jean-Marie Gourio

Reste de belles pages, des bons mots et des colères revigorantes… gâchées dans l’alcool moisi. Difficile de pardonner l’ivresse pleurnicharde, écrire exige l’alcool flamboyant.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Hier, j'ai insulté mon éditeur par téléphone. Il paraît que j'étais ivre. C'est lui qui me l'a dit. Moi, je ne me souviens de rien. [...] Je lui ai posé la question : "Je ne vois pas pourquoi je vous aurais insulté ?" Il a répété calmement ce qu'il avait déjà dit posément : "Parce que vous étiez complètement saoul. - On ne va pas polémiquer là-dessus !" lui ai-je répondu. Il me semble avoir crié. Il me restait de l'alcool dans le sang. Je crois qu'on s'est quittés en bons termes. Il m'a demandé si le livre avançait. J'ai dit oui, mais non. Le livre n'avance pas. Ceci explique peut-être cela. »

Desirée Fe ou l’innocente pornographe

La découverte du sexe, de la passion, des choix et des trahisons à Cuba.

Desirée Fe ou l'innocente pornographe de Zoé Valdés
Desirée Fe ou l’innocente pornographe de Zoé Valdés

L’amour entre la plage et la police politique, le désir et les frustrations.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans ce roman, Zoé Valdés revient sur les lieux de ses bouleversantes nostalgies, à La Havane, pour cartographier les rêves d'une petite fille, Desirée Fe, ses fantasmes et ses frustrations d'adolescente, amoureuse découvrant avec l'ardeur de sa jeunesse les méandres de la sexualité. Parmi les ruines de la cité du désespoir, se dressent une infinie soif de liberté et une indomptable volonté de survivre

Nick Cave : Mercy on me

J’ai pas tout compris, ce n’était pas forcément le but.

Nick Cave : Mercy on me de Reinhard Kleist
Nick Cave : Mercy on me de Reinhard Kleist

Une bio de Nick Cave bien barrée, pour se mettre la tête à l’envers, perdue entre le réel, les chansons, les fantasmes et les hallucinations.

Une BD magnifiquement soutenue par un dessin bien noir et agressif.

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est un lundi que je partis, laissant tout derrière moi.
La nuit était froide et semblait interminable.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Reinhard Kleist, maître du roman graphique et créateur de mythes a, une fois de plus, repoussé les conventions de la bande dessinée en élaborant un terrifiant mélange de chansons, de demi-vérités biographiques et de totales affabulations. Il a ainsi tracé un voyage étrange et complexe à vous glacer le sang dans l'univers de Cave, plus proche de la réalité qu'aucune autre biographie, c'est évident ! Enfin, pour info : je n'ai jamais tué Elisa Day. »
Nick Cave

Tenir jusqu’à l’aube

C’est rude, mais pas misérabiliste, le ton est juste. Mais c’est dur, vraiment !

Tenir jusqu'à l'aube de Carole Fives
Tenir jusqu’à l’aube de Carole Fives

Tous les jours, se battre, seule, pour son fils et pour soi. Impossible d’être malade, de payer un avocat, de trouver du temps pour soi…

Et la recherche d’un peu d’air. Pas même un bol, un brise, un souffle.

A lire même juste pour les commentaires sur Internet. Tellement inappropriés, sales, condescendants, humiliants… Criants de vérité !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Et l'enfant ?
Il dort, il dort.
Que peut-il faire d'autre ? »

Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour mie baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l'étouffement, la mère s'autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l'appartement d'abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d'un semblant de légèreté.

Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore ?

Les belles ambitieuses

Un livre délicieux pour ses bons mots et ses « punchlines ». Entre Guitry et Audiard, tendre et cynique.

Les belles ambitieuses de Stéphane Hoffmann
Les belles ambitieuses de Stéphane Hoffmann

Un croc-exquis de la jeunesse bien née parisienne (enfin… de Versailles) nobliaux enarques politicards de Pompidou à Giscard.

Il n’y manquait qu’une intrigue ou un scénario pour donner un petit peu de corps. Zut.

Mais quels délices de belles tirades!

Les authentiques s’y reconnaîtront, les envieux se moqueront et les autres en riront joyeusement.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Traîner au lit avec une dame aimable est une sagesse : on n'y a besoin de rien ni de personne d'autre. C'est aussi une plénitude, c'est-à-dire un paradis. »

Paris, années 70.
La comtesse de Florensac veut avoir le salon le plus influent de Paris.
La jeune Isabelle Surgères veut changer la vie.
La douce Coquelicot veut faire plaisir à ceux qu'elle aime.
Ce sont les belles ambitieuses.
Elles s'activent autour d'Amblard Blamont-Chauvry qui, bien que polytechnicien, énarque, et promis à une brillante carrière, a décidé de s'adonner à la paresse, l'oisiveté, la luxure, la gourmandise et autres plaisirs.

Que faire de sa vie ? Comment s'épanouir ? Doit-on être utile ? Peut-on être libre ? Faut-il être ambitieux ?
À ces questions, chacun des personnages, entre Paris, Versailles et les États-Unis, à la ville comme à la campagne, répond à sa façon, et de manière parfois surprenante.
On retrouve l'élégance et l'humour mélancolique de Stéphane Hoffmann, prix Roger Nimier pour Château Bougon, dans ce roman éblouissant de finesse

Le malheur du bas

Une lecture choc, dans la viande, celle du bas. Le viol. Pire encore, la vie après.

Le malheur du bas de Inès Bayard
Le malheur du bas de Inès Bayard

Un livre terrible et sans esquive, l’anéantissement d’une femme, l’impunité du salaud.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Au coeur de la nuit, face au mur qu'elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d'une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant

Pervers

Un livre sans trop de surprise, bien mené, bien tendu mais manquant de… quelque chose, un truc…

Pervers de Jean-Luc Barré
Pervers de Jean-Luc Barré

L’enquête biographique d’un manipulateur pris dans sa toile.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« - Tous les écrivains sont des monstres et, dans mon genre, je suis l'un des pires. Il vaut mieux que je vous prévienne.
Marlioz passait pour cynique et pervers, réputation qu'il avait lui-même entretenue par vice ou par jeu. Mais en quoi pouvait-il s'être rendu coupable du suicide de sa fille ? »

Que cherche le si mythique et secret Victor Marlioz en acceptant de recevoir au crépuscule de son existence, dans un somptueux hôtel italien puis dans son antre de Genève, le directeur des pages littéraires d'un grand hebdomadaire parisien venu enquêter sur lui ?

Se livrer à une ultime confession à charge qui achèverait d'authentifier sa vérité d'écrivain du mal, s'exempter de ses fautes, traquer son chasseur ?

Un vertigineux tête-à-tête avec le monstre

Concours pour le Paradis

Pour les amateurs du genre, un roman historique comme une invitation à Venise.

La courtisane sonna et Veronese, tout en la saluant comme au théâtre, sortit à reculons en lui envoyant des baisers de la main. Il traversa les appartements de sa maîtresse, observant dépité les plafonds qu'il avait peints pour elle, les murs tendus de soie et les sols couverts du terrazzo le plus tendre. Il se laissa installer dans sa gondole par l'armée de valets, maures pour la plupart, habillés de pourpre et de jaune. Partagé entre le charme de sa visite et sa frustration, il navigua, prêt à accepter toute nouveauté qui se présenterait à lui jusqu'à une salle de jeu, près du Rialto, où il avait indiqué au gondolier de le mener.
Concours pour le Paradis de Clélia Renucci

Pensez à réserver votre chambre avant de commencer la lecture

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Benedetto alerta son frère aussitôt qu'il apprit la nouvelle. Véronèse, enroulé dans ses draps de lin, ouvrit un œil méfiant.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Tout était dévasté, consumé, calciné. C'est de cet enfer qu'allait renaître le Paradis. »

Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l'immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames

La boucherie

Absolument conquis par cette BD, par le trait délicat, par l’économie des moyens, par la grande liberté laissée à l’interprétation.

La boucherie de Bastien Vivès
La boucherie de Bastien Vivès

C’est le couple, le début, la fin, la tendresse et la violence, l’injustice et les doutes.

Plutôt vu du côté de l’homme, quoique…

Un petit regret… j’en veux encore

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ce récit pourrait être celui de bien des histoires d'amour. De celles qui finissent mal. Autopsie d'une relation amoureuse, La Boucherie dessine, par petites touches intimes et humoristiques, ce qui fait et défait une relation. Bastien Vives y dépeint avec délicatesse les joies et les misères qui rythment la vie d'un couple et la complexité du rapport amoureux

Federica Ber

Une histoire dans les hauteurs mais qui en manque pourtant.

Le hall d'entrée était mal éclairé. Il n'y avait pas d'ascenseur. En y repensant (à cette montée, dans la cage d'escalier, jusqu'au dernier étage), l'élément le plus curieux, celui qui me frappe aujourd'hui, c'était l'absence, chez moi, d'intention sexuelle. Je ne veux pas dire que l'idée du sexe avait subitement déserté mon esprit, ou que je ne désirais pas du tout Federica. Mais c'était une affaire, pour ainsi dire, réglée. J'avais compris cela, assis à la terrasse du café de la rue Saint-Fiacre. Elle me l'avait fait comprendre. Le sexe était derrière nous, pas devant. Nous étions d'accord.
Federica Ber de Mark Greene

Un homme part à la recherche de ses souvenirs, sur la piste d’une disparue.

Il m’a perdu en chemin

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'était lundi dernier. J'étais allé chercher le journal et, en revenant, je suis entré dans une boulangerie et j'ai pris des croissants.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un matin, dans le journal, un homme lit le récit d'un fait divers survenu en Italie. Un couple a été découvert mort, au pied d'une muraille rocheuse des Dolomites. Les corps, dit la rumeur, étaient attachés l'un à l'autre. Suicide, assassinat ? Les carabinieri suspectent une randonneuse : Federica Bersaglieri.

Ce nom, il croit le reconnaître. S'agirait-il de la jeune femme rencontrée vingt ans auparavant, durant une semaine féerique, au coeur d'un été parisien ? Elle l'avait arraché à ses habitudes, lui avait appris la légèreté. Ensemble, ils avaient bu du vin frais, mimé les passants dans les jardins publics, dormi à la belle étoile sur les toits de la ville... Puis elle avait disparu, brusquement.

Aujourd'hui, à mille kilomètres de distance, il cherche à comprendre.

Deux histoires d'amour envoûtantes, sous les auspices de l'imaginaire et de la liberté, des sommets des Alpes à ceux de Paris