La vallée de la jeunesse

Les choses, les choses… Elles apparaissent et disparaissent dans nos vies. Généralement, nous ne les remarquons pas. Pourtant, certaines nous marquent !

J'aime bien aller en ville avec ma mère. Elle fait les commissions dans les grands magasins de Lausanne. En Roumanie, les magasins étaient nuls. Des fois, je me souviens, j'entrais avec grand-mère dans une épicerie où la seule chose qu'on pouvait acheter, c'était des cornichons dans des grands bocaux. Grand-mère Clarisse en a attrapé un pour examiner l'étiquette.
Ces conserves sont périmées depuis quatre ans ! elle a hurlé. Vous vous fichez du monde, mademoiselle.
─ Non, mais celle-là ! a répondu la jeune fille en bougeant la tête de droite à gauche. Elle se croit à Paris, sur les Champs-Élysées, ma parole.
La vallée de la jeunesse de Eugène
Au travers de vingt objets (pas que, et il y a même des bonus), Eugène raconte son enfance en Roumanie, son arrivée en Suisse, son adolescence et enfin, (grâce à une montre ?) l’âge adulte.

Un conteur drôle et touchant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
« Me raconte pas ta vie, c'est la mienne » prévenait Prévert aux clients accoudés au zinc, traînant dans les mêmes bistrots que lui à deux heures du matin, du côté de Montparnasse. Et c'est vrai qu'au fond nous sommes pareils. Plus ou moins mariés, plus ou moins riches, plus ou moins heureux au boulot, avec plus ou moins d'un enfant à la maison. Personnellement, j'appartiens à cette grande majorité d'êtres humains n'ayant assassiné aucun être humain, n'ayant jamais traversé de guerre et conduisant une voiture bas de gamme aux sièges qui brûlent en été (genre Peugeot 106, série Roland Garros). Pourtant, il doit bien y avoir quelque chose qui nous rend un peu uniques. Un je-ne-sais-quoi nous transformant en autre chose que des locataires standardisés, entassés dans des clapiers à cinq étages, avec balcon de trois mètres carrés.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Voici un récit autobiographique qui se déroule autour de vingt objets évocateurs des plus beaux moments de l’enfance de l’auteur-narrateur, des moins heureux également. Né en Roumanie, tôt arrivé en Suisse, Eugène revoit les portraits omniprésents de Ceausescu, les magasins vides, les queues interminables qui ont fait tant parler de ce régime. Il évoque aussi ses parents francophiles, les chansons d’Eddy Mitchell, le « rendez-vous incontournable » qu’était « Apostrophe », ou sa première montre suisse gagnée à un concours d’écriture. Il confie une part plus intime de son histoire, racontant cet enfant bègue qu’il était et qui a grandi à l’ombre d’un frère brillant.

Un texte sensible, plein d’humour, dont l’écriture évolue avec la maturité de l’enfant.

Roche papier citalopram : sélection de la lectrice digeste

Quelle surprise (heureuse) de découvrir ce petit livre de Madame Bijou ! Moi qui m’attendais à des collages drôles (il en reste !) aux subtils messages cachés derrière une franche rigolade, j’ai bien mis une ou deux pages à me ressaisir et à changer mon axe de lecture pour me retrouver dans une autobiographie familiale au ton légèrement décalé et à l’intime sincérité fort touchante.

Drame vécu
Le concert de cristal
En 2003, une semaine avant l'Halloween, Francine, la confidente et massothérapeute de ma mère, avait le feeling que notre maison était peut-être hantée et elle a offert à maman d'organiser un concert de cristal chez nous, pour purifier notre demeure et apaiser l'esprit tourmenté de mon frère. Ma mère avait confiance en Francine. C'était une femme de son cercle Al-Anon (groupe de soutien pour les proches des membres AA) qui les avait mises en contact. Elle était mince, blonde, douce et savait percevoir le « chaos intérieur » qui habitait ses clientes.
Roche papier citalopram : sélection de la lectrice digeste de Sara Hébert
Sara Hébert nous parle de ses troubles anxieux, de sa famille, de ses fragilités et des réponses qu’elle (et toute sa famille) ont trouvé pour tenter de trouver un équilibre.

Avec humour et autodérision, voici toutes les réponses à vos troubles anxieux : certaines pourraient surprendre, ce sont les plus drôles

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le mot anxiété viendrait du latin anxietas, formé à partir du verbe angere qui signifie « oppresser, serrer la gorge ». On entend souvent que l'anxiété n'était pas considérée comme une maladie avant le 19e siècle, mais ce n'est pas tout à fait vrai. Les sensations physiques et psychiques qui en découlent sont décrites dans le Corpus hippocratique, un recueil de livres de médecine rédigé il y a plus de deux mille ans, attribué à Hippocrate et ses disciples. Il est vrai, cependant, que le terme a disparu de la littérature médicale, à partir de l'Antiquité classique jusqu'à l'avènement de la psychiatrie moderne. Durant cette vaste période, des humains souffrant d'anxiété ont existé, mais ils étaient diagnostiqués en d'autres termes.
Au 17e siècle, par exemple, le mot mélancolie référait autant à la dépression qu'à l'anxiété. L'écrivain anglais Robert Burton en évoque d'ailleurs des symptômes dans son Anatomie de la mélancolie publiée en 1621.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Sara Hébert, artiste collagiste et écrivaine connue également sous le nom de Madame Bijou, signe avec Roche papier citalopram un essai littéraire hybride abordant cette étrange relation entre santé mentale et capitalisme. Pastichant avec tendresse le fameux Reader’s Digest, elle propose une réflexion intime sur les bouées spirituelles que nos sociétés offrent devant certaines fêlures personnelles et collectives et sur la marchandisation du bien-être. Elle traite sans fard de son propre trouble anxieux, des médecines alternatives utilisées par ses parents, de l’histoire de la médication moderne et, par le truchement de l’humour et de collages hilarants, tente de déboulonner la honte qui va trop souvent de pair avec les enjeux de santé mentale. Interrogeant le vivant de façon décalée, culottée et documentée, le texte est paru dans la collection « Brûlot ».

Elise et les nouveaux partisans

Dans cette fiction autobiographique, Dominique Grange raconte la vie de Elise, militante maoïste en France dans les années 60-70. Mis en images magnifiquement par Tardi, cette bande dessinée offre un point de vue central, immergé, sur la vie de jeunes gens qui ont cru et se sont battus pour un monde plus juste, moins raciste, plus respectueux.

Elise et les nouveaux partisans de Dominique Grange, dessins de Jacques Tardi
Une lutte qui peut paraitre pleine de candeur face à la démesure des moyens et la violente répression auxquels ils et elles firent face.

Un album qui pêche possiblement par sa volonté de trop en raconter et qui aurait peut-être gagné à une tomaison ou à plus d’aération tant il est dense.

Un témoignage intime et vécu sur les luttes anticolonialistes, la violence policière et le racisme qui la gangraine, le pouvoir aux mains des entreprises et du capital et finalement, sur les idéologies militantes

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je suis « montée » à Paris en 1958, pour y poursuivre mes études. En Algérie, depuis 4 ans déjà, c'était la GUERRE, une guerre de libération nationale que le gouvernement français persistait à appeler « les évènements d'Algérie » !
Très vite, grâce à Malika, une jeune Algérienne qui travaillait au restau, j'ai compris que des populations différentes peuvent co-exister dans une même ville, sans rien savoir l'une de l'autre


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Elise, jeune chanteuse « montée » de Lyon à Paris en 1958 pour tenter sa chance, tourne le dos au showbiz suite au mouvement contestataire de Mai 68. Refusant le « retour à la normale », elle rejoint le maquis des luttes contre l'exploitation, les injustices sociales, le racisme. Un parcours atypique qui nous mène de la guerre d'Algérie jusqu'à la fin des années 70 et dont le personnage central s'incarne dans des images riches et parfois glaçantes.

Elise et les Nouveaux Partisans entraîne le lecteur, avec toute l'acuité du vécu mêlé au romanesque, dans le sillage de cette jeune femme qui se définit elle-même comme « engagée à perpétuité ».

Tardi et Dominique Grange signent ici un roman graphique intense et passionnant, dont l'écho résonne aujourd'hui plus fortement que jamais, dans une France toujours déchirée par les inégalités et les injustices.

Folcoche

Ce Folcoche a paru quelque temps après In violentia veritas de Catherine Girard et j’ai été surpris d’y trouver bien des analogies troublantes. Une enfance sous la coupe d’un parent violent et, bien plus tard, une cruelle vengeance. Un triple meurtre pour Henri Girard, un assassinat littéraire pour Hervé Bazin. Les deux fois un nom qui change, les deux fois la colère qui côtoie la folie.

Personne n'a jamais su ce que je peux, sur la foi des archives, écrire aujourd'hui. Le roman à succès de Jean Hervé-Bazin, celui à partir duquel il connut le succès et fonda son écrasante notoriété, est une manœuvre destinée à punir sa famille de l'avoir placé sous interdiction judiciaire et ainsi privé de sa part d'héritage. Aucune biographie, aucun travail universitaire, aucun expert de son œuvre n'a eu entre les mains les documents permettant de comprendre, sans aucun doute possible, que le futur président de l'académie Goncourt est entré en littérature par un bras de fer, mensonger et terriblement cruel.
Folcoche de Emilie Lanez
Folcoche sévère ? Certainement. Pourtant, fallait-il en dresser un pareil tableau. Et d’ailleurs… Qui était réellement Hervé Bazin.

Un drôle de livre qui grattouille le mythe pour en dévoiler un original fort peu reluisant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les archives de la préfecture de police de Paris sont libres d'accès, il suffit d'en faire la demande par un courrier électronique, puis à la date convenue de venir les consulter dans une rue calme du Pré-Saint-Gervais. On ne pénètre dans la salle qu'avec des feuilles volantes et un crayon à papier -─ cahier et stylo interdits, afin d'éviter d'écrire sur les pièces ou de les subtiliser en les cachant.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tout le monde a lu Vipère au Poing, premier roman d'Hervé Bazin. Chacun se souvient du récit poignant de son enfance martyre sous la férule de sa mère, la terrible Folcoche. Cri de douleur et de haine d'un adolescent, il est lu par des générations de collégiens, trouvant sa place dans notre patrimoine littéraire et dans notre imaginaire collectif. À son auteur, il aura permis de briller sur le monde des lettres jusqu'à devenir le président de l'académie Goncourt.

Voici pour la légende. Intriguée par cette mère haïe de tous et inconnue, Emilie Lanez a enquêté et nous livre une autre histoire, un contre-récit vertigineux. Le roman vrai d'un féminicide littéraire. Avant d'être un écrivain célèbre, Hervé Bazin est un jeune adulte menteur, qui escroque, menace, y compris sa mère... Il est interné en psychiatrie plusieurs fois et condamné à des années de prison. Vipère au poing sera sa vengeance, son triomphe et peut-être son remède.

À travers l'exploration des archives, Émilie Lanez révèle une famille dévastée par la littérature. Avec ses secrets, ses mensonges, son talent, Hervé Bazin est un personnage de roman fascinant.

Une drôle de peine

Encore et encore, Justine Levy tourne et retourne dans les tréfonds de sa douleur.

J'ai couru après maman toute ma vie, toute sa vie, je l'ai cherchée partout, tout le temps, j'en ai fait des livres, toujours les mêmes, et maintenant, c'est en moi qu'elle se cache et en moi qu'elle surgit. Maman est une douleur physique qui, parfois, me terrasse. Un tambour dans ma tête. Des coups dans mon ventre alors qu'Angèle et Paul sont nés depuis longtemps. Il y a tant de manières de pleurer à l'envers. C'est long. C'est sans fin. Parfois la douleur s'arrête.
Une drôle de peine de Justine Levy
L’histoire d’un deuil sans fin. Une relation mère-fille inaboutie, un fil impossible à lâcher.

Si j’étais condamnée à mort et qu’on me demandait ce que je veux pour mon dernier repas, je répondrais que je n’en ai rien à faire. Donnez-moi un saut en parachute, donnez-moi la possibilité d’être vivante une dernière fois, vraiment vivante, c’est-à-dire tout près de la mort.

Un hurlement pour tenter enfin de déposer son fardeau et de se laisser vivre

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Maman n'aime pas être allongée toute raide, comme ça, sous le ciel bas de cette grosse boîte marron (elle déteste le marron). Comment elle a pu se laisser enfermer là-dedans ? si seule ? si jeune ? Laideur des croque-morts, monstruosité des grosses fleurs, c'est moche ici, elle doit se dire, ce marron, ce noir, le noir et le marron de ce cercueil tout en angles.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Est-ce que tu me vois, maman ? J'ai deux crédits à la banque, deux enfants que j'étouffe, quatre chats dont deux débiles et une estropiée, des rides en pattes d'araignée autour des yeux et des oignons aux pieds, le même amoureux qui me supporte et tient bon depuis vingt ans, quelle dinguerie, je ne suis ni parfaitement féministe, ni tout à fait écologiste, ni vraiment révoltée, pas encore alcoolique, plus du tout droguée : je mets beaucoup d'énergie à essayer de ne pas te ressembler, maman, je n'ai pas pu être une enfant et je ne sais pas être adulte. »
Une drôle de peine est à la fois une adresse et une enquête.
C'est aussi une magnifique déclaration d'amour.

L’amazone d’Arcachon : ou la chica del Chupa Chups

Une voix suffit-elle pour une histoire d’amour ? Pas sûr.

Mais pour une escapade érotique, certainement. Et lorsque les parfums, les vents et le sable des bords de l’Atlantique, le grain de la peau, et un brin de folie s’emmêlent… mÆL s’envole !

Il me montre le clou de la soirée. Je le lèche, le pourlèche. Mes lèvres se referment sur la sucette, Chupa Chups de mon enfance. Il enfonce sa mèche jusqu'à provoquer des haut-le-cœur. J'aime la sensation. Et je suce avec plus de véhémence. Il n'a aucune retenue, il aime sonder mes profondeurs. Il attrape mes cheveux et les tire en arrière. Suis à sa merci. Il prend les commandes, j'en redemande. Je quémande, il bande dur, je veux que ça dure. J'ouvre les yeux, son regard inquisiteur versus mon abandon. Il est étonné. « Vous êtes une professionnelle ! » No comment. La pompe reste sèche. Lui, dans le contrôle.
 ─ J'ai un avantage sur vous, Sieur de Bordela.
 ─ Ah, oui, lequel ?
 ─ Je vous aime, j'ai donc beaucoup plus de plaisir que vous.
L’amazone d’Arcachon : ou la chica del Chupa Chups de mÆL
Une femme danse avec la passion.

Un petit livre à l’érotisme flamboyant, regorgeant d’invitations poétiques, de musiques, de fantaisies typographiques et parsemé de QR codes (qui ne fonctionnent tristement pas tous) pour un voyage à fleur de peau

Un livre délicieusement sucré à suçoter au bord de mer
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
26 juin 2024, 12h30, Aéroport de Bordeaux

Je me retrouve au milieu du hall des arrivées, ma petite valise à la main. J'y ai enfourné trois tenues : celle de la petite fille bien sage, rose pâle, celle de la femme fatale, rouge passion, et celle de la mondaine, similicuir noir. They say the clothes make the woman, mais pas le moine. If you are what you wear, you'd better dress the part you want.
Enfin !
Je me sens comme une gamine.
Demain c'est mon anniversaire.
Je me suis fait un cadeau d'anniversaire.
J'ose enfin aller au bout de mes fantaisies.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un contact sur Instagram, une voix, une photo...

S'abandonnant à la folie, qui la tient depuis des années, une gamine dans le corps d'une femme ─ féminine et coquine qui plus est ─ va retrouver un homme convoité. Ballottée entre son insoutenable légèreté de l'être et l'étrange objet de son désir, elle exprime sans fard ses ressentis. De l'autofiction à la réalité, elle gomme la frontière entre réel et imagination pour raconter sa vérité. Pour ce faire, elle innove, coupe un patron inédit dans la langue, jongle avec les mots et redessine la mise en page.

Un livre sur le désir amoureux qui ne devrait pour vous laisser indifférent.e.s.

Mesdames, une réflexion osée et libertaire. Messieurs, une mise à nu sexy et audacieuse.

900 km la distance à parcourir pour...

Toutes les vies

Quelle claque, quelle violence ! Lu en un souffle, je me suis fait exploser par Toutes les vies.

La maison était aussi belle que mon désespoir était grand.
La maison était très belle.
C'était un palace, avec de nombreuses petites
terrasses extérieures, une gigantesque cuisine ouverte en faïence, de somptueuses chambres calmes, une piscine avec vue sur la mer et, au bout du chemin, une plage privée.
J'arrivai la peau sur les os et le visage émacié.
On voyait littéralement sur ma tronche et mon corps les stigmates de la fatigue, de la dépression, de la folie, de l'adultère, du deuil et de la rupture.
J'étais très pâle avec sous l'œil droit ma vallée des larmes qui s'était encore creusée.
J'avais perdu tous mes muscles, j'étais molle, j'avais même perdu mes seins, ils tombaient comme des petits gants de toilette.
J'avais fait un reset, je repartais de zéro.
Toutes les vies de Rebeka Warrior
Une histoire ─ dans l’ordre ─ d’amour, de maladie, de mort et de deuil. Avec des drogues et du zen. Tout ensemble pour un cocktail qui hurle sa douleur. Un livre incroyable qui se permet même parfois d’être drôle, cultivé et touchant.

Un théâtre d’amour grand-guignolesque, un cri de plus de 260 pages écorchées, torrides et glaciales, un tour du monde psychotropique, une machine à baffes d’une sincérité à cœur ouvert

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Pauline et moi étions amoureuses depuis de nombreuses années.
Elle avait vingt-huit ans et moi trente et un quand nous nous sommes rencontrées.
Nous faisions à peu près la même taille et le même poids.
Nous pouvions échanger tous nos vêtements sauf les chaussures.
Elle avait des cheveux longs, châtains, des yeux noirs et de magnifiques petits seins.
Son odeur me rendait folle.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Une nuit, dans notre bicoque sur la plage, j'ai fait un drôle de cauchemar.
La mort contournait la moustiquaire et tentait perfidement de s'introduire dans notre lit.
Elle attendait tapie dans l'ombre que je m'endorme pour s'infiltrer et prendre Pauline.
C'était elle qu'elle voulait.
Elle s'en fichait de moi.
Je lui mettais des bâtons dans les roues.
Ça ne lui plaisait pas.
Je passais la nuit à monter la garde.
La mort était mécontente.
Au petit matin, je m'étais assoupie, elle était venue souffler près de mon visage.
Elle avait murmuré quelque chose, mais je n'avais pas compris quoi.
Elle parlait latin ou suédois.
Juste pour me faire chier. »

Premier roman virtuose, Toutes les vies est le récit d'une histoire d'amour sublime, d'un deuil impossible et d'une quête spirituelle qui sauve.

Merveilleux

Appelé depuis l’hôpital à Paris, Cookie traverse l’Atlantique pour venir au chevet de son père victime d’un AVC.

Débute la rééducation d’un père dont il n’avait jamais été proche et qui ne peut plus dire que « Merveilleux » et trois ou quatre autres mots. Une histoire de relations de famille recomposée et dispersée gravitant autour d’un malade qui ne se fait comprendre que difficilement.

Merveilleux de Cookie Kalkair, couleurs de William Wagner

Un album aux graphismes colorés avec une histoire touchante, tant pour son regard sur les proches aidants, que pour le portrait de famille qu’il propose

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je n'ai jamais été très proche de mon père. Un océan nous sépare. Littéralement - depuis que je vis au Québec. Pourtant, lorsque j'apprends son AVC, je saute immédiatement dans un avion. À l'hôpital, dans un temps suspendu, je retrouve une petite soeur que je n'ai pas vue depuis des années. C'est l'attente... et le couperet tombe : notre père restera aphasique, il a perdu l'usage de la parole. Il lui reste à peine quelques mots... dont "Merveilleux". »

Alors que Cookie et ses proches réalisent peu à peu les conséquences de cet événement, tous doivent apprendre à vivre avec le handicap. Mais dans la tragédie, les réactions de chacun se révèlent parfois inattendues. Ce drame pourrait-il être une nouvelle chance ? La chance de se parler, de renouer les liens et de construire ensemble une nouvelle famille...

Cookie Kalkair nous offre ici, avec tendresse et humour, son récit le plus personnel.

In violentia veritas

Comme un écho à La serpe de Jaenada, qui questionnait le jugement de Henri Girard accusé du triple meurtre à la serpe, Catherine Girard propose sa vérité. Celle que lui avait confiée son père, l’assassin.

Parce qu'un enfant n'a ni les moyens, ni la force, ni le choix, parce qu'il aime ses parents inconditionnellement, le crime contre l'enfant peut prospérer. Son père l'avait criblé de terreurs vertigineuses vues de son âge et de sa taille et de son poids et de l'enfance qu'on ne lui avait pas permis d'avoir. Il avait injecté en lui cet autre venin : la peur. Le gosse l'avait combattue de toute son âme, de toute sa force d'enfant que la disproportion d'avec celle de son père avait faite impuissance, et que son caractère - parce qu'il en avait un - avait récupérée, accumulée et transformée en haine. L'enfant cache ses peines, il les écrase tout au fond de lui. Parce qu'elle lui fait honte, il enterre sa douleur vivante. Il pense que c'est sa faute. Vrai pour le viol, vrai pour les coups, vrai pour l'inceste, vrai
In violentia veritas de Catherine Girard
Pour autant, les deux livres semblent ne raconter ni la même histoire, ni les mêmes personnages et le tout d’un point de vue totalement différent. Et c’en devient vraiment fascinant.

Une histoire de violence familiale et d’amour, comme un nœud qui ne pourrait se défaire qu’au ciseau (ou à la serpe).

Mais surtout, racontée par la fille de ! Et c’est probablement de là que ce livre (à l’écriture magnifique) tire toute son intime puissance

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Allongée sur le divan, face à la fenêtre, j'attends les questions d'Olivier, assis derrière moi dans le fauteuil du roi son père. Nous sommes en quatrième dans le même lycée et il me tanne depuis des semaines pour une séance de psychanalyse dans le cabinet de papa qui ne travaille pas le mercredi, avec lui dans le rôle du psy, moi dans celui de l'analysée. Je n'ai pas bien compris pourquoi, mais il a tant insisté que j'ai fini par céder.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Lorsqu'elle découvre à quatorze ans qu’on la surnomme « la fille de l’assassin », Catherine Girard interroge son père Henri Girard ─ plus connu sous son nom de plume, Georges Arnaud, auteur notamment du célèbre roman Le Salaire de la peur. L'horreur de ce que le vieil homme lui apprend plonge l'adolescente dans le déni. Un demi-siècle plus tard, dans un geste d'amour, elle se confronte à ce passé abyssal.
Le matin du 24 octobre 1941, au château d'Escoire, le père d’Henri Girard, sa tante et leur servante sont retrouvés morts, atrocement massacrés à la serpe. Seul survivant, Henri est inculpé, emprisonné dix-neuf mois dans l’un des cachots les plus insalubres de France et promis à la guillotine. Il est finalement acquitté.
L’énigme du triple assassinat d'Escoire, tant de fois revisitée, ne fut jamais élucidée.

Dans ce magnifique récit littéraire d’investigation familiale, Catherine Girard nous offre enfin sa vérité. D'une puissance exceptionnelle, In violentia veritas marque la naissance d’une écrivaine.

Son odeur après la pluie

Quelles émotions, quelle histoire ! Une bande dessinée qu’on termine avec un voile humide sur les yeux.

Son odeur après la pluie de José Luis Munuera, d’après le roman de Cédric Sapin-Defour
L’histoire d’un chien qui entre dans la vie d’un homme et qui la partagera plus de 10 ans.

Adapté du roman de Cédric Sapin-Dufour (que je n’ai pas lu et dont j’hésite maintenant à en ouvrir les pages), cette bande dessinée est un vrai trésor qui m’a laissé le souffle coupé.

Et pour la team chats, je ne peux que conseiller Toi de Hélène Gestern

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La vie, pour qui veut la voir, est partout.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
C'est une histoire d'amour, de vie et de mort, entre un homme, Cédric, et son chien, Ubac, un bouvier bernois dont la présence devient vite essentielle. Mais le vrai héros, c'est leur lien : unique, universel, dépassant bien des relations humaines. Pendant treize ans, ils partagent rires, inquiétudes et moments fugaces d'intensité, jusqu'à ce que la mort impose son absence.
Véritable ode à la vie, ce récit explore l'amour inconditionnel, la vie qui file trop vite, et ces souvenirs persistants, comme une odeur aimée qui reste gravée, même après la pluie.