Je suis la fille de Casanova

En tissant des liens avec Casanova, Cécile Guidot nous parle de son père, séducteur invétéré et impénitent, mais récemment largué après la découverte de ses frasques. Déprimé !

 ─ Casanova finissait toujours par partir, comme par magie, par une porte dérobée. Tu ne nous as jamais abandonnées. Tu n'as jamais eu la tentation de le faire ?
 ─ Jamais. J'aimais ta mère, je vous aimais, j'avais la ferme. Je ne voulais pas tout casser, flamber, me lasser. J'ai toujours été lucide. Ce qui me plaît dans l'adultère, c'est la double vie, le frisson. Ma vie était parfaite avec ma famille, mon métier, et les femmes parallèles. J'ai toujours choisi des femmes mariées. Avec ta mère, c'était la liberté, on s'est quittés parce que ça faisait beaucoup, je suis allé un peu trop loin. Je le regrette. Elle regrette aussi, elle me l'a dit.
 ─ Tout ça, le chagrin, la tentative de suicide, pour finir par dire ça.
 ─ Oui, mais c'était plus fort que moi. Je ne conçois pas la vie avec une seule femme. Sylvie, j'étais fou d'elle, on a vécu une passion sexuelle pendant deux, trois ans. Mais ça ne m'a pas empêché de la tromper. Avec une femme rencontrée dans une assemblée agricole.
Je suis la fille de Casanova de Cécile Guidot
Un roman sur un père inconséquent et autocentré, franchement dysfonctionnel, tyrannisé par son besoin de plaire et de séduire. Un homme pourtant très touchant, comme un gros bébé immature de 80 ans à qui on aurait enlevé sa lolette

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il était moins intéressé par le sexe que par la conquête de l'esprit de celles qu'il convoitait, il aimait le jeu, le ballet de la séduction, il n'était donc pas seulement un jouisseur, il n'était pas un pornographe, ça le distingue de Sade, il était un séducteur et en cela, il avait besoin de conquérir l'esprit en plus du corps ; ce qui l'excitait, c'était de jouer à jeu égal avec les femmes.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Jeanne, la quarantaine, est professeure de littérature à la Sorbonne et spécialiste de Casanova. Son mari Samuel réfléchit à son avenir professionnel depuis un an, affalé devant la télé. Jeanne gère le quotidien, s'occupe de leur fille Maya, trois ans... Quand son père Armand, bientôt soixante-dix ans, l'appelle en larmes, l'univers de Jeanne vacille : gentleman farmer bourguignon, volage et infidèle, Armand, pris en flagrant délit d'adultère, vient de se faire plaquer par sa compagne. Il échoue sur le canapé parisien de Jeanne ! Éploré et inconsolable, il traîne en pyjama, envoie des SMS fébriles.
Comment consoler son père d`un chagrin d'amour ? Invitée à donner une conférence à Venise, Jeanne l'emmène avec elle, espérant ainsi le distraire. Et, en effet, son âme de Casanova reprend le dessus. Quiproquos et malentendus en cascade avec une professeure italienne, le vaudeville n`est pas loin...
Décidément, être la fille de Casanova n'est pas une mince affaire !

Et la joie de vivre

Quel livre, quel témoignage ! Tout est juste ici ! Sans pathos ni mélo, intime sans être voyeuse, d’une insupportable violence et pourtant d’une invincible énergie vitale… Cette joie de vivre emporte tout.

J'étais si seule ce soir-là. Inutile de chercher le sommeil après avoir raccroché. Même en de telles circonstances, je n'aurais pas recours à ces cachets dont Dominique m'avait gavée. Je n'en avais pas de toute façon. Je regardais les heures s'écouler. Que contient une minute, une heure, une vie ? Je ne savais plus. La réalité m'échappait. Tout se dérobait. C'était comme si le jour n'allait plus jamais se lever. Ma vie n'était qu'une longue nuit.
Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot et Judith Perrignon
Gisèle Pelicot raconte son histoire, de la sidération jusqu’au procès. Elle décortique et cherche les pourquoi, comment… toutes ces questions qui vraisemblablement ne trouveront jamais de réponse satisfaisante pour expliquer une telle abjection

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est toujours la veille que je dresse la table du petit-déjeuner. Je dispose les tasses, les assiettes, les couverts, les serviettes, puis le miel et les pots de confiture. C'est comme enjamber la nuit que j'ai toujours crainte, décréter l'harmonie du prochain jour. Il n'y aura plus qu'à sortir le beurre, enclencher la bouilloire, laisser monter les odeurs du café et du pain qui grille. Tout va bien se passer.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le 2 septembre 2024 s'ouvre le procès de Mazan et la France découvre le visage de Gisèle Pelicot. Décidée à ce que « la honte change de camp », elle a voulu et obtenu que ce procès soit public. Son courage bouleverse le monde entier à mesure que l'horreur des crimes qu'elle a subis est exposée au tribunal. Depuis le procès, elle qui n'a jamais pris la parole et est devenue un symbole mondial de la dignité des femmes a décidé de raconter son histoire avec ses propres mots. Elle veut transmettre un message d'espoir à tous ceux et toutes celles qui traversent des épreuves, comme à ceux et celles qui l'ont soutenue au cours de ces semaines d'automne 2024. Le récit ciselé et bouleversant qu'elle a écrit avec la romancière Judith Perrignon dévoile l'histoire singulière et passionnante ainsi que les ressorts intimes de l'incroyable résilience de cette femme si secrète.

La reine du Mardi-gras : suivi de « Un vitrail de plus »

Une reine se présente dans une autobiographie aussi réaliste que surréaliste. Solaire et lunaire.

On riait dans les caves, dans les entrepôts, on murmurait à l'ombre des musiques, on était calme en attendant la vie et la mort, on se gorgeait, on se purifiait avec l'eau de lavande. On se cognait, on se terrait, on rejaillissait, on faisait le jet d'eau, le soleil levant. On s'étonnait encore, on bruissait. On rêvait un peu, en tåtant de la langue les morceaux de gencives dénudées par les extractions dentaires. On s'allumait aux lampes, aux gyrophares de passage. On craquait, on jetait sa gourme à la poubelle. On aurait bien hurlé, mais trop polis. On serait bien parti à l'aventure, mais trop peureux.
Parfois, on se reposait pendant dix ans avant qu'un nouveau genre de bataille s'engage. Alors on sortait toute la journée et, quand on rentrait fourbu vers trois heures du matin, on trouvait chez soi des passionnés du poker embarqués dans une partie à mort, avec leurs gonzesses sifflant la vodka et le jus de groseille. On se couchait comme on pouvait, après un dernier verre, on se réveillait dans le merdier, on téléphonait une heure et on ressortait après une douche cinglante. On oubliait la misère humaine, et on mangeait des sandwiches au poulet dans les bars américains aux comptoirs rutilants.
On n'était plus très jeune, mais toujours jeune. Pas trop maigre, fallait pas, après on flottait dans sa peau à la télévision et on a des blessures narcissiques.
La reine du Mardi-gras de Brigitte Fontaine
Dans ces quelques pages à l’écriture magnifique, étincelante, Brigitte se raconte, s’amuse de ses tourments en faisant danser les mots.

C’est très court, mais peut-être que point trop n’en fallait.

Une reine suivie d’un vitrail, tout aussi lumineux

Elle se coucha nue sur le balcon et attendit peu de temps que l'astre s'abaisse vers elle avec sa corne de croissant, la caresse et la pénètre toute, comme une crème enchantée qui l'envoya vers un paradis inouï, et elle s'évanouit de délices.
Un vitrail de plus

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La Reine du Mardi-gras était à la fois une mégère douteuse et une fée de soie. Elle était inspirée par Dieu, comme George Bush Jr dont elle était d'ailleurs jadis la pire ennemie avec Oussama Ben Laden. Mais ce n'était pas du même dieu qu'il s'agissait, et Dieu était bien plus grand que tout cela. Plus grand bien sûr que la Reine du Mardi-gras, mais elle en faisait partie, comme tout le monde. D'ailleurs la Reine du Mardi-gras était comme tout le monde. C'était une souillon miraculeuse qui faisait éclore dans ses doigts bagués d'éblouissantes écharpes d'Isis et de merveilleuses chemises de Vénus.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« La Reine du Mardi-gras était à la fois une mégère douteuse et une fée de soie. […] C’était une souillon miraculeuse qui faisait éclore dans ses doigts bagués d’éblouissantes écharpes d’Isis et de merveilleuses chemises de Venus… »

Comment ne pas voir dans ce conte philosophique plus qu’une histoire pour enfants peu sages ?

Brigitte Fontaine nous livre une nouvelle quasi autobiographique où l’icône punk et poète se dévoile autant qu’elle se cache. Avec toujours la même fougue de vivre et la même créativité fantasque qu’on lui connaît sur scène comme à la ville.

Paroles d’évangile

Brigitte Fontaine a des fulgurances, des éclats, des éclairs et parfois, un peu moins.


Les motivations du désespoir
Le désespoir n'a pas de politesse, n'en déplaise aux fabricants et marchands. Il est malpoli. C'est pourquoi entre autres il est si mal vu.
Et au fait, matter of fact, facteur, lettres maîtrisées ou recommandées, missives, épîtres. En fait quelles sont les motivations de la naissance et de la mort ?
Et du reste ? S'il en reste.
Vous avez une heure.
C'est peu pour cette vaste question mais cela peut se résumer à ceci : Si on vous le demande, vous direz que vous n'en savez rien.
Paroles d’évangile de Brigitte Fontaine
Cette fois-ci, c’était un peu moins.

Reste quelques pages magiques, paragraphes génialement inspirés et débordements magnifiques

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'Explication de texte est un crime contre l'humanité.
Les expliqueurs et les expliqueuses de textes devraient tous être passés par les armes, châtrés, défenestrés, roués vifs et suicidés dans le dos.
Les petits enfants qui subissent les explications de textes sont à tout jamais dégoûtés, acculturés, dévoyés, émasculés ou excisées et ovarectomisées.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Les papes font des bulles, Brigitte Fontaine aussi : un recueil déjanté de visions sur notre époque.

Messieurs-dames, prenez place si vous en trouvez.
Cet ouvrage de dame est consacré à l'intronisation des nouveaux temps modernes, de la nouvelle condition humaine, à la vie entre la naissance et la mort, à l'autre également, aux tics cliniques programmés plouc-chics, à l'éthique, au fantôme des idéologies antiques, au fric et à ses envoûtements, bref toutes ces sortes de choses auxquelles on ne comprend rien. Cet ouvrage est donc consacré à rien.

Il est brodé à la main par une michetonneuse planétaire jamais devenue adulte, par une vulgaire lumpen SDF, une femme de lettres bretonne fière de l'être.
On l'appelle Bridinette mais en vrai elle s'appelle Brigitte et c'est une créature vénale appartenant à la Mafia des trafiquants de Vérité ; mais comme il n'y en a pas, elle n'a pas un rond.

Cet ouvrage n'est pas un manifeste terroriste.

Protocoles

Les procédures déresponsabilisent. Il suffit de faire juste, comme indiqué dans le manuel, obéir, scrupuleusement. Quel que soit le résultat, ignoble, infect ou inhumain, l’essentiel est de s’en tenir au protocole. Déshumanisé.

La seule échappatoire à la mort est la mort elle-même. Vous échapperez à la mort si vous mourez avant. De maladie de vieillesse de suicide. Pour que cela n'arrive pas, vous serez surveillé, vous serez soigné jusqu'à la dernière minute.
Protocoles de Constance Debré
Constance Debré raconte la peine de mort aux États-Unis, elle s’y raconte aussi, factuelle, brève, à l’essentiel.

Il n’y a pas de bourreau. Il y a des membres d’équipes qui accomplissent leur tâche. On applique des protocoles on suit des procédures on respecte des règles. Personne ne tue.

C’est éprouvant, hypnotique comme un cristal de roche. Une lecture fascinante et écœurante

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Vous avez été condamné à mort. Cette réunion a pour objet de vous informer des règles et procédures applicables les trente-cinq prochains jours. À l'issue de cette réunion vous serez amené dans une cellule spéciale où vous demeurerez jusqu'à votre exécution.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ici on achète les âmes.

Comment les chats nous apprennent à résister au fascisme

L’idée est drôle, la couv’ attirante et le potentiel évident… et pourtant.

La plus charmante des boules de poils dissimule tout un arsenal de griffes tranchantes comme des rasoirs, et elle n'a pas peur de s'en servir.
Elle ronronnait tranquillement sur vos genoux, et soudain, elle vous donne un coup de patte parce que vous avez osé la caresser au mauvais endroit.
Mon ventre ?! Mais tu es dingue ?!
Comment les chats nous apprennent à résister au fascisme de Stewart Reynolds, illustrations de Pablo Amargo, trad. de Santiago Artozqui
Il me reste comme un petit sentiment de gâché après cette lecture un petit peu drôle et qui aurait mérité un poil de talent-travail-créativité-humour supplémentaire.Chapitre trois
Renversez les objets en stratègeEt à bien regarder les chats sur leurs canapés… pas vraiment sûr que l’on puisse compter sur eux pour contrer la (re)montée du fascisme

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les chats ne laissent jamais personne deviner où ils comptent aller, et vous devriez faire de même.
Le fascisme prospère sur le terreau du prévisible ; alors, semez le trouble ! Bondissez de but en blanc sur un fauteuil avant de descendre les rideaux en rappel.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Les chats, maîtres absolus du sans-gêne et du chaos stratégique, mettent en œuvre depuis des siècles, l'air de rien, des tactiques de survie face à l'oppression. Il est grand temps pour nous, humains, de nous y intéresser.

Comment les chats nous apprennent à résister au fascisme révèle en onze leçons les secrets pour déjouer les tentatives de domination et reprendre le pouvoir. Qu'il s'agisse de rester agile et imprévisible, de veiller à toujours avoir les griffes acérées ou de réclamer son dû avec l'aplomb d'un matou affamé, ce livre distille des enseignements aussi subversifs que pratiques contre l'autoritarisme.

Alors, invoquez le félin qui sommeille en vous ! Les chats ne demandent pas la permission : pourquoi le feriez-vous ?

Une pension en Italie

Philippe Besson sait raconter les histoires. Il sait alterner les plans larges avec les portraits, les paysages et les macros, l’action et l’émotion, le présent et les flash-back, la douleur et le mélo, entretenir le suspense et laisser surgir les révélations. Sans qu’il n’y paraisse, il captive et tient le lecteur jusqu’au bout de chaque page.

J'ai conscience de ce qu'on m'objectera : comment puis-je savoir, ou croire que je sais ce qui se jouait dans la tête de Paul ? Il n'a jamais dérapé, jamais ouvertement parlé non plus.
D'accord, je spécule.
Pas tout à fait, néanmoins.
On est renseigné désormais, documenté sur la lutte muette, incessante, cruelle que tant d'hommes, et surtout ceux de cette génération et de celle qui l'a suivie, ont menée contre leur propre nature. Beaucoup ont témoigné, ils ont raconté la petite voix intérieure, les affres, l'angoisse qui dévore, la terreur permanente,
Une pension en Italie de Philippe Besson
Et quand l’histoire est belle, triste mais belle, déchirante et magnifique, qu’elle raconte une vie et une époque, il réussit à toucher juste, avec une sorte de délicatesse impudique

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Longtemps, dans notre famille, cette histoire a été tue. Ma grand-mère, pourtant une femme douce, avait imposé le silence à ses filles au moyen d'une sentence prononcée sur le ton de la menace : « Nous ne devrons jamais en parler. » Celles-ci avaient observé le pacte à la lettre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Milieu des années 60, en Toscane.
Un été caniculaire.
Une famille française en villégiature.
Un événement inattendu.
Des vies qui basculent irrémédiablement.
Un secret qui s'impose aussitôt.
Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de la vérité.
Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison.

La fille de la foudre

Je ne suis pas une terre fertile pour le bonheur. C’est avec ce brutal incipit que Gabrielle Boulianne-Tremblay ouvre ce livre qui semble avoir été écrit en un seul souffle, un cri.

Tout un crépuscule s'offre à moi en parfums. Nos vélos dévorent les kilomètres. Nos visages rencontrent quelques insectes qui meurent sous le choc. Jaden s'étonne que je prenne les devants. Personne n'aura plus à ramasser derrière moi les cristallines éructations de ma détresse. Je commence à être heureuse pour rien, c'est quand même plus reposant que d'être triste pour tout.
La fille de la foudre de Gabrielle Boulianne-Tremblay
Elle nous raconte sa difficile relation avec l’alcool, les hommes et, finalement, avec elle-même. Une écriture écorchée à la recherche d’un amour qu’elle peine à s’offrir.

Un livre qui touche par sa sincérité. Une femme trans perdue dans un ouragan de violence la recherche de douceur et d’apaisement.

Avec une couv’ en collages de la géniale Sara Hébert

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je ne suis pas une terre fertile pour le bonheur.
Je m'agrippe au comptoir du Quai des Brumes pendant qu'il me parle, comme pour ne pas tomber dans un précipice. Les gens au bar bougent comme des algues.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La fille de la foudre est amoureuse du chaos. Avec l’alcool, elle tente de freiner la fulgurance de ses pensées. Au fil du temps elle comprend qu’il ne faut pas désirer ce que tout le monde désire et utilise l’amitié comme ancrage. Dans sa nouvelle vie, elle tente la sobriété mais s’intoxique à travers l’amour des hommes. Alors qu’elle recolle les parties éclatées de son passé, elle fait la rencontre de Khalil, homme lunaire passionné de minéralogie avec qui elle cartographie la blessure d’un paysage intérieur. Sous le regard des pierres, une femme prépare sa renaissance.

Faut-il être végane ? : éthique d’un mode de vie

Pour une base solide, le bon sens ne suffit pas. Savoir que les conditions de vie et d’abattage des animaux produits industriellement sont ignobles, cruelles, indignes et irrespectueuses ne suffit pas à construire une argumentation académique.

Par un phénomène de contagion sociale, nos habitudes de consommation influencent celles de nos proches, qui influencent à leur tour celles de leurs proches, et ainsi de suite. La croissance du nombre de véganes est alors exponentielle. Si l'on suppose, pour simplifier la démonstration à l'extrême, que chaque végane parvient à convertir deux personnes à son mode de vie, combien d'étapes de conversion pensez-vous qu'il faille pour atteindre le seuil des 10000 véganes nécessaires pour réduire la production de poulets ? Pas plus de treize. (Le nombre total de véganes après k étapes est nk = 2k+1-1. Après douze étapes, nk = 8191. Après treize étapes, n, = 16383.) Moyennant à peine treize étapes de conversion, votre choix de devenir végane aura causé - indirectement, certes, mais causé tout de même - l'atteinte d'un seuil permettant d'épargner environ 10000 poulets. Difficile de faire plus efficace !
Faut-il être végane ? : éthique d’un mode de vie de François Jaquet et Malou Amselek
Ici, mot est défini, chaque prémisse est analysée, chaque conclusion argumentée, que ce soit pour la production, l’achat ou la consommation de POA (Produits d’origine animale).

Un livre scolaire et académique (assommant) qui ne se contente pas de dire que tout cela est une grosse saloperie, mais qui le démontre

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La population humaine mondiale a récemment dépassé la barre des 8 milliards. Pour sa consommation, 83 milliards d'animaux terrestres sont tués chaque année. Bien davantage si l'on tient compte des poissons, au sujet desquels les statistiques sont toutefois moins précises. Parce qu'ils sont trop nombreux pour être dénombrés, on se contente de les peser. Sur cette base, les estimations médianes évaluent leur quantité à environ 1500 milliards, soit 187 fois plus d'individus qu'il n'y a d'humains sur Terre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quoi qu'il demeure le fait d'une minorité, en à peine une décennie, le véganisme est devenu un authentique sujet de société, un thème clivant qui ne laisse personne, ou presque, indifférent. Si la question de sa moralité a fait l'objet de développements majeurs dans la littérature scientifique internationale, en France, seuls quelques livres lui sont consacrés, dont plus ou moins aucun ne relève de l'éthique. Faut-il être végane ? vise à combler cette lacune. François Jaquet et Malou Amselek s'attachent en premier lieu à fournir une définition du véganisme, qu'ils conçoivent comme le mode de vie excluant la production, l'achat et l'utilisation de biens d'origine animale. Ils soumettent ensuite à un examen critique les arguments le plus souvent mobilisés en faveur et à l'encontre de ces trois pratiques. Rédigé dans un style sans verbiage, l'ouvrage se distingue par sa clarté et la rigueur de son argumentation. Il offre une introduction incontournable au débat contemporain sur l'éthique du véganisme.

À table !

Quand l’obsession, le manque, la jalousie, le désir et la dépendance sombrent dans la folie.

Chaque jour, elle dresse la table d'une couleur différente. Elle achète une nappe, des serviettes, deux belles assiettes plates, deux assiettes à desserts et deux autres blanches à fond creux pour le velouté. Elle aime ce moment où elle ouvre son portefeuille pour célébrer la beauté de ces repas qu'elle pourrait, aujourd'hui ou demain, partager avec lui. Elle est gosse. Elle est belle. Elle relève les deux manches et parle au cuivre des casseroles pour l'éblouir, lui, l'amant. Elle fera tout elle-même : la confiture pour les desserts, les sorbets, la terrine de poisson gras, la crème, le yaourt, le beurre clarifié.
À table ! de Tiffany Tavernier
À table ! monte gentiment en puissance pour plonger en enfer. Celui d’une maîtresse folle d’un homme adultère. Une femme prête à assaisonner dangereusement les plats d’un amant volage

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est étrange, ça la gratte. Là, au bout de l'orteil, sur la peau douce comme celle des bébés. Elle frotte. Elle pose même ses lèvres puis un peu ses dents. Elle n'aime pas cette sensation. Elle ne la comprend pas. Il l'a quittée il y a environ une demi-heure et elle vient de se coucher. Trente minutes sur le drap roulé en boule avant de trouver le courage d'éteindre la lumière puis, là, pof, ce picotement à l'extrémité du corps. Elle ne sera donc jamais tranquille ? Là-haut, à l'étage, la vieille ne bouge pas. Rien ne la gratte, elle, pourtant, elle est en train de pourrir.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Marie rencontre Eli, un jour banal dans un lieu banal. Plus elle l'aime, plus elle s'enfonce là où le sexe et l'attente règnent en maîtres : chair archaïque, jouissance. Cela pourrait en rester là, mais dans cette obsession-peau, Marie décide de tuer son amant. En cinq repas. La nuit venue, dans sa cuisine, elle plonge ses mains dans les beurres et les pâtes. Face à la somptuosité des mets, Eli est dérouté : est-ce le goût de cette farce sublime qui rend soudain Marie plus attirante ? Ou cette façon bien à elle de l'amener plus loin qu'il n'étaient jamais allés ensemble ? Jeux de la bouche et de la mort : Marie ira-t-elle jusqu'au bout ? Dans ce récite mené au fil du couteau, Tiffany tavernier lève un pan de l'imaginaire féminin qu'on n'a jamais fini de découvrir, entre l'attirance et l'effroi. L'écriture est à l'image de l'ogresse qui se révèle ici à travers la cuisine : concise et crue.