Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
A l’époque j’avais adoré Popov, Hannah ou Money ou Kate… Puis on apprenait que ce n’était pas forcément toi qui tenais la plume… C’était les années 80, strass et bling-bling, la richesse s’exhibait.
Paul-Loup Sulitzer
Après, ça a été plus difficile, voire franchement minable.
Rarement un petit livre rigolo, d’apparence un peu crétine, ne m’aura fait réfléchir comme celui-ci.Le journal d’Edward, hamster nihiliste (1990-1990) de Miriam Elia et Ezra EliaVous aussi ? dans votre enfance, vous avez eu un hamster ? Bestiole sacrifiée dans une cage métallique et condamnée à tourner encore et encore dans une roue en plastique.
Vous êtes vous réellement demandé ce qu’elle pouvait penser de sa captivité ?
Edward l’a fait. Et c’est drôle et triste comme tout
Et moi ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Mercredi 30 avril
C'est mon anniversaire et personne n'a l'air de l'avoir remarqué. Cela fait aujourd'hui six mois. Six mois qu'ils m'ont « acheté » à l'animalerie Tom & Jerry.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Mercredi 7 mai
Deux d'entre eux sont venus aujourd'hui, ils m'ont sorti de force de la cage et mis dans une sorte de labyrinthe improvisé. Un labyrinthe sans issue. Ils riaient et poussaient des cris perçants comme si c'était un jeu - mais je savais que ce n'en était pas un. Leur but est de venir à bout de ma volonté, de me réduire à néant. Ils peuvent bien me priver de ma liberté, ils n'auront jamais mon âme.
Rien de nouveau… hélas. Et probablement pire d’ailleurs. Les complexes s’en vont et le racisme s’affiche. Debout, tête haute ! : manifeste pour répondre au racisme de Fatma Bouvet de la MaisonneuvePsychiatre, Fatma Bouvet de la Maisonneuve reçoit des patients et patientes racisé-e-s (elle n’aime pas trop ce terme, d’ailleurs. Mais faute de mieux). Et quelle meilleure place pour un état des lieux des souffrances qu’un cabinet de psy ? Sa profession l’invite à prendre la parole.Et même si tout cela ressemble à ce qui a déjà été dit et redit, tout est juste ! Ne pas se taire, debout, la tête haute !
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je vis en France depuis 30 ans. De par mon métier de psychiatre et mes engagements politiques et citoyens, j'écoute, j'observe, j'accueille et j'accompagne. Aujourd'hui, je peux dire sans hésitation que l'atmosphère en France est toxique pour beaucoup, et génère une souffrance exprimée par la sensation d'un étouffement physique et de la confusion mentale.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Depuis des années, j’alerte sur les discours haineux. Certes, ce sont ceux d’une minorité. La bêtise a été banalisée là où il aurait fallu de la réflexion. On a fait de l’étranger un bouc émissaire. La haine est plus facile à exprimer que la fraternité, la solidarité ou l’amour.
Mon métier m’oblige à la neutralité bienveillante. Avec l’expérience, je réalise cependant que, parfois, il est difficile de garder une distance émotionnelle. Je pense même que ce serait faire preuve de manque d’empathie et de courage en tant que citoyenne que de rester passive. Beaucoup d’écrits académiques ont été rédigés sur toutes les formes de discriminations, leurs mécanismes, leur histoire. Ils ont nourri ma réflexion pour ce manifeste qui se veut être un texte qui parle au cœur des gens, à cette pépite d’humanité que nous avons tous en commun pour trouver des solutions et répondre à des situations humiliantes et déshumanisantes. Pour en sortir Debout, tête haute !
C’est beau, fort, puissant, drôle, intense, c’est vivant et envoûtant. Portrait de l’artiste en déshabillé de soie de Brigitte FontaineBrigitte Fontaine laisse couler les mots avec un talent merveilleuxElle parle d’elle, de la vie, des amis, de l’âge et de Paris… dans un déshabillé de soie
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je mesure un mètre soixante-neuf, je suis bourrée d'alexandrins et de séries noires, je suis une femelle francophone de race blanche.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Portrait de l’artiste en déshabillé de soie est un hymne à la vie haletant, généreux, véhément et tendre. Auteur-compositeur-interprète, comédienne et dramaturge, Brigitte Fontaine est tout d’abord un écrivain, qui nous livre ici une introspection poétique, la confession d’une vie brûlée sans parcimonie.
Au travers du regard d’un tableau d’hier, Luz nous parle un peu d’aujourd’hui aussiDeux filles nues de LuzMontée du nazisme, antisémitisme, spoliations, art dégénéré… Tout ce que l’on croyait oublié se retrouve ici…
Au vu de l’actualité politique et de la montée des extrêmes droites fascisantes, cette bande dessinée tape juste. Oui, le fascisme c’est bien plus que la peur de l’étranger… C’est une folie et une abjection totale.
Une bande dessinée impressionnante sous le regard de deux filles nues
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) 1919
Tu peux dégrafer un peu ton corsage ?...
On pourrait nous voir, Otto !
T'inquiète, Maschka, On est en pleine forêt...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un siècle d'histoire vu par un tableau
Tout commence en 1919 dans une forêt en bordure de Berlin. Otto Mueller peint Deux filles nues.
De l'atelier de l'artiste aux murs du bureau de son premier propriétaire, le tableau observe le quotidien avant d'être emporté par les tribulations de cette période noire : l'arrivée d'Hitler au pouvoir, l'antisémitisme d'État, l'art moderne qualifié de « dégénéré » par les nazis, la spoliation des familles juives, les expositions, les ventes, les bûchers...
Témoin muet d'un monde qui le dépasse, Deux filles nues est un survivant.
Fruit d'une enquête menée par Luz, ce roman graphique et historique nous appelle à la plus grande vigilance face à toutes les formes de censures politiques et culturelles.
Un petit conte avec un chaton tout choupinou qui part à la recherche de l’étoile qui sourit au fond de la forêt…L’étoile de Mo : aventures forestières de Yeonju ChoiUne forêt où tout le monde est gentil… mais fais bien attention à l’ours !
Une jolie histoire de peurs qui ne fait pas trop peur
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Notre histoire commence par une froide nuit d'automne...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) C'était la nuit, et Mo tournait et se retournait dans son lit quand soudain une lumière apparût, une lumière qui souriait. Ni une ni deux, Mo mit son écharpe et s'en alla dans la forêt pour découvrir d'où elle venait... Mo interrogea tous les animaux qu'il rencontra... avant de pouvoir, enfin, se recoucher. Un roman pour les 8-10 relié sur papier toilé, illustré à la plume, au charme délicieux.
En 2021, Corinne rencontrait Laurence et huit mois plus tard Laurence nous quittait.
Projet de salon pour Laurence B. de Corinne Desarzens
En écho au Projet de salon pour Madame B, Corinne Desarzens à écrit cet hommage, souvenir d’une rencontre lumineuse sous une pluie battante.
Un tendre souvenir rouge vif, comme une boite d’allumettes En 2020, Laurence Boissier fabrique et envoie à Corinne Desarzens une boîte d’allumettes rouge contenant une petite banderole de fanions. Art&fiction vous propose ce talisman, à monter soi-même. Matériel: colle, ciseaux, ficelle de 50 cm Découpez selon les traits continus, pliez selon les traitillés Assemblez la boîte, collez les fanions sur la ficelle à de 5 cm d’intervalle Glissez la banderole dans la boîte, fermez et ouvrez à volonté.
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Cette ville est un réseau d'X et d'Y, de croisements et de fourches, d'estuaires hésitants et de goulets sans issue, étagés sur différents niveaux, aucun parallèle à l'autre. Sans compter de nombreuses pentes abruptes ni les artères en V. pliées en deux et rallongeant le parcours.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) C'est rare d'écrire, de s'écrire et de recevoir par la poste une boîte d'allumettes peinte en rouge d'une personne extraordinaire, rencontrée sous une pluie battante, en avril 2021, décédée huit mois plus tard. Voici l'histoire d'une double révérence. D'un fauteuil. D'une reconnaissance.
Aujourd’hui. Aujourd’hui une femme se sent différente, elle se sent plus… comment dire ?Projet de salon pour Madame B de Laurence BoissierTout est différent d’ailleurs !
Et c’est drôle et touchant
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) 36.7° 36.8° 36.8° 36.7° 36.6° 36.5° 36.6° 36.6° 36.7° 36.8° 36.9° 36.8° 36.6° 36.3° 37.4° 37.4° 37.5° 37.5° 37.4° 37.3° 37.4° 37.7° 37.5° 37.4° 37.3° 37.2° 37.2° 36.9°
Une fois par mois, je suis aussi fertile que la plaine du Pô. Même si plus pour longtemps.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Blanc meringue
Reflet de perle
Blanc de blanc
Coquille d'œuf
Terre neuve
Zéphir d'Ivoire
Chèvrefeuille
Giroflée
Gris tendance
Crème double
Tabac blond
Pierre de lune
Vent de sable
Abricot clair
Des petites nouvelles dans le ton de Laurence Boissier. L’humour est discret, élégant, presque absent. Comme un filigrane sur ces tranches de vie.
Histoires courtes de Laurence Boissier
Instantanés dérisoires et intensément vivants
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Putain ! Encore Josepha avec son putain de sucre ! On s'en fout plein les chaussures ! Elle a encore frappé fort ! Sa montagne de sucre dégouline jusque dans les escaliers.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les Beaux-Arts
La toute petite chemise de nuit
Machines de chantier
Le malentendu
Bérangère
L'école
Mes enfants ont faim
Une balade au parc
Elise
La salade nage toutes feuilles dehors
Le saloon