Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Invitée en résidence, Elsa arrive en même temps que Jacques Chirac s’en va, définitivement.
Sans Chichi de Elsa Escaffre
Un mois d’écriture avec des bons mots, des trouvailles, quelques réflexions personnelles et d’autres souvenirs ou traits d’humour…
Mais, tout cela reste bien vide et l’absence de contenu peine à compenser une forme très créative
Et le titre magnifique ? Il vient de LibéLibération : 27.09.2019
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Cette nuit, le voyagiste Thomas Cook a fait faillite. Cette nuit, des glaciers ont fondu encore un peu plus et demain leur dissolution sera honorée par une procession d'alpinistes orphelins.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) A l'annonce du décès de Jacques Chirac, une jeune femme se remémore son enfance dans les années 1990. Associant des souvenirs de scènes familiales à des réminiscences de choses vues ou entendues dans les médias, elle explore les liens entre histoires intimes et collectives ainsi que les transformations d'un pays.
Mais pourquoi ne donner que trois étoiles à un recueil de deux livres (Holy, etc. et Oh là mon Dieu) auxquels j’en avais donné quatre ?
Et bien justement, parce que j’ai l’impression de m’être fait refiler une seconde fois la même chose.
Notre besoin de culotte est impossible à rassasier de Fabienne Radi
Certes, six petits textes et quelques illustrations (microscopiques) viennent agrémenter cette production, mais je suis quand même un peu déçu !
Mais ! Si vous n’avez jamais lu de Fabienne Radi, foncez ! C’est drôle, léger, plein de douceur et de dérision face aux petites choses de la vie. Karen et Karen vous amuseront et Zoé (Moby Dick ?) est une merveille
Le bibliothécaire a bien noté !
Alors s’il vous plait, Fabienne, remettez-vous vite à écrire, nous sommes impatients de nouvelles aventures, pensées, réflexions et anecdotes
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) KAREN & KAREN
Dans la famille des interprètes-instrumentistes de genre féminin du siècle dernier, on a connu les chanteuses-pianistes blondes et tourmentées (Véronique Sanson, Diana Krall), les chanteuses-guitaristes brunes et plaintives (Joan Baez, Claudine Longet dans The Party), les chanteuses-violonistes vibrantes ou avant-gardistes (Catherine Lara, Laurie Anderson), ou encore les chanteuses-bassistes frondeuses et boudeuses (Rhonda Smith, Kim Gordon). On a vu beaucoup de chanteuses à qui l'on donnait un tambourin, des clochettes, un triangle ou des maracas, ceci pour occuper leurs mains sur un plateau TV, mais ça ne compte pas. Enfin il y a eu, durant les années 1970 et 1980, deux chanteuses-batteuses qui ont squatté le petit écran de leur pays respectif en portant le même prénom, robuste et taillé comme un fjord norvégien: Karen Carpenter aux USA et Karen Cheryl en France.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Objet bâtard comme le fruit des amours d'un teckel et d'un lévrier afghan, ce livre concentre des formes et des sujets variés : essais convoquant des personnalités de la pop culture, de l'art et de la littérature (Flannery O'Connor, Marina Abramovic, Allen Ginsberg, Paul Thek, Dean Martin, Paul Newman), fictions fabriquées à partir d'oeuvres d'artistes contemporains (Nina Childress, Jean-Luc Manz, Joëlle Flumet), poèmes bricolés en se servant de matériaux trouvés (manuels de développement personnel, injonctions contemporaines au bonheur), ainsi qu'une lettre d'aveux de l'auteure à propos d'une paire de cochons d'Inde
En mai, je lisais La fille de Deauville de Vanessa Schneider et voilà que je retombe dans la même histoire qui marqua la France dans les années 70, le groupe terroriste Action Directe. Pour autant, nulle similitude dans le traitement de ce sujet.
La vie clandestine de Monica Sabolo
Alors que la fille de Deauville s’intéressait à Joëlle Aubron, Monica Sabolo s’attelle à reconstruire une histoire plus complète, plus intime du groupuscule. Ce faisant elle s’interroge sur son identité, ses propres secrets de famille et laisse resurgir un incestueux beau-père.
Une (auto)biographie ou tout se mêle, s’interroge et se répond. Un livre où la recherche du pardon se confronte à la violence d’hier
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je ne sais plus comment cela a commencé. Comment j'en suis arrivée à commander sur eBay, moyennant la somme de soixante euros, une buse naturalisée avec une queue tordue, juchée sur une branche.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) "Je tenais mon sujet. Un groupe de jeunes gens assassinent un père de famille pour des raisons idéologiques. J'allais écrire un truc facile et spectaculaire, rien n'était plus éloigné de moi que cette histoire-là. Je le croyais vraiment. Je ne savais pas encore que les années Action directe étaient faites de tout ce qui me constitue : le silence, le secret et l'écho de la violence". La vie clandestine, c'est d'abord celle de Monica Sabolo, élevée dans un milieu bourgeois, à l'ombre d'un père aux activités occultes, disparu sans un mot d'explication. C'est aussi celle des membres du groupe terroriste d'extrême gauche Action directe, objets d'une enquête romanesque qui va conduire la narratrice à revisiter son propre passé. Comment vivre en ayant commis ou subi l'irréparable ? Que sait-on de ceux que nous croyons connaître ?
Chronique d’une erreur judiciaire, de l’accusation de viol par une jeune fille paumée de 15 ans qui revient sur ses déclarations lors du procès en appel. Un homme emprisonné à tort durant trois ans.
La petite menteuse de Pascale Robert-Diard
Une avocate qui raconte cette jeune fille qui vient confesser son mensonge, expliquer pourquoi, l’emballement, le mal-être, la spirale dans laquelle elle s’est laissée enfermer…
…et enfermer un innocent auquel ce livre ne donne pas vraiment la parole
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Elle s'est plantée, voilà tout. Alice n'a pas besoin de se retourner. Elle devine que son client lui en veut. Il y a des jours comme ça où le métier ne suffit pas.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Mais qui donc es-tu Lisa Charvet? Juste une petite menteuse? C’est la question qu’Alice cherche à élucider depuis que Lisa lui a demandé de la défendre à son procès. Six ans auparavant – elle avait 15 ans –, Lisa a été victime d’un viol, mais elle veut se rétracter. Elle a menti. Face à des situations tellement complexes, fragiles et graves, des questions fusent après cette lecture. À chacun de trouver ses réponses !
C’est une loi qui semble universelle, les plus gros bouffent les plus petits… et ainsi de suite
Ordures, tome 1 : Entrée Nord de Stéphane Piatzszek, illustrations de Olivier Cinna
Dans les banlieues, 9-3, périfs et autres portes de Paris interlopes, tout le monde se sert. De la petite criminalité à la police, c’est la loi du plus fort et la justice… il faut la faire soi-même.
Ou crève !
Ordures, tome 2 : Sortie Sud de Stéphane Piatzszek, illustrations de Olivier Cinna
Deux albums au traitement scénaristique un peu hésitant, mais avec un traitement graphique de Cinna remarquable (entre Eisner et Vivès), aux noirs et blancs aussi violents que le monde qu’elle décrit.
La loyauté y est-elle possible ? Et l’amour ? Une vie en désespérance
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Entrée Nord
N3
Bobigny
Meaux
Pantin - centre
Sortie Sud
Carrefour
Salut, Cheyenne.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) 1. A Paris, Moudy, Alex et Samir tentent de survivre tant bien que mal. Les deux premiers travaillent dans un centre de tri des ordures ménagères, tandis que le troisième vend des cigarettes de contrebande sous le métro aérien
2. Comme des funambules, Moudy, Alex et Samir marchent sur le bord de la vie. Moudy tue un vigile lors d'une manifestation, sa vie bascule. Celle de Samir est plus agréable. Avec la belle Cheyenne, ils s'en vont en direction du soleil
Quoi ? Les mamans ont des désirs sexuels ? elles veulent baiser ? Et bien oui, semblerait-il ! Rien que pour le massacre en règle de ce tabou, voilà un livre enchanteur.
L’inconduite de Emma Becker
Emma Becker se livre ici sur son désir, son envie de quelque chose de grand, puissant, qui l’emporte et la soulève. Elle veut de la passion et la preuve de la passion, ferme, vigoureuse ! Pourtant, elle reste coincée. Là, entre le père de son fils, un amant, un autre (des autres) et un vieux.
Un livre qui ose parler du désir des femmes. Impudique ? Oui, certainement ! Poserait-on la question de la même manière pour celui d’un homme ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) La jeune femme remonte sa rue. Sort les clés de sa poche. Se renifle sous les bras pour y détecter l'odeur de l'autre, comme si elle pouvait y changer quoi que ce soit.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Après s'être prostituée à Berlin dans La maison, E. Becker est devenue mère d'un petit garçon et vit avec son compagnon. Elle relate ses aventures sexuelles et amoureuses entre Berlin et Paris avec trois amants très différents mais dont aucun ne parvient à se hisser à la hauteur de sa liberté. Autofiction dans laquelle l'écrivaine évoque son amour des hommes, du sexe et de l'amour
Cette bande dessinée est un vrai coup de force ! Il ne s’y passe rien, page après page on revit le même jour absurde. Et pourtant, elle est impossible à reposer.
S’enfuir : récit d’un otage de Guy Delisle
Christophe André faisait partie de M.S.F lorsqu’il a été pris en otage en Tchétchénie en 1977. Cet album relate sa captivité.
Un huis clos dans plusieurs lieux successifs. Seul dans une chambre. Menotté, au radiateur, au lit, à un anneau au sol. Seul avec un geôlier venant le nourrir deux fois par jour. Seul
L’histoire d’une captivité arbitraire, sans savoir, sans information, sans perspective, seul
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) C'est dans la nuit du premier au deux juillet que je me suis fait kidnapper.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ?
Ah qu’il est facile de vomir sur les productions annuelles d’Amélie Nothomb. Il faut dire qu’elle y met quand même du sien. Production horlogère, gimmicks littéraires et mots d’esbroufe, brieveté du contenu, personnalité atypique (et forcément agaçante), fan club adulatoire, succès incontestable aux ventes garanties… et tant et tant.
Le livre des soeurs de Amélie Nothomb
Et pourtant, encore une fois, il y a du très bon (et du gentillet) dans cette sororité fusionnelle au sortir une filiation toxique. Des trouvailles, des traits d’humour, des développements intéressants et des personnages attachants (et un peu de mièvrerie convenue).
Et vous, avec votre mère, c’était comment ?
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) L'amour de Florent fut le premier événement de la vie de Nora. Elle sut qu'il n'y aurait ni autre amour ni autre événement. Il ne lui arrivait jamais rien.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Deux sœurs, nées de parents unis par un amour exclusif, vivent également un amour absolu si près et en même temps si loin de leurs géniteurs distraits. Une bible de sentiments, un hommage à l’amour et aux amours, une méditation sur le temps qui passe et la rédemption par la parole et par les mots
Oleg (alter ego de Frederik ?) est dessinateur de BD et il peine un peu à trouver de l’inspiration.
Oleg de Frederik Peeters
Et il raconte sa vie. Avec des hauts, des délires créatifs, des retombées sur terre, sa femme et sa fille qu’il aime, la maladie, les salons de BD, son métier, les petits et gros soucis… la vie et ses questionnements.
Un album avec des pages très créatives et quelques des longueurs. Un quotidien aujourd’hui
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les récits autocentrés sont très à la mode, mais Peeters a un je-ne-sais-quoi en plus. D’une lecture agréable, Oleg rappelle Pilules bleues, mais avec vingt ans de plus, et la maturité qui l’accompagne. C’est un témoignage sincère sur son travail, son amour, sa fille, et il est génial de pouvoir ainsi pénétrer dans son intimité. D’autant qu’il a su, en superposant des images mentales incongrues à son quotidien, nous rendre curieux jusqu’au bout : voilà un pseudo-journal qu’on a du mal à lâcher !
Mais qui est qui dans cette bande dessinée ? Car dans ce western personne n’est vraiment celui qu’il dit et tous les protagonistes avancent masqués.
L’odeur des garçons affamés de Loo Hui Phang, illustrations de Frederik Peeters
Une belle histoire ou le fantastique s’invite discrètement dans les territoires indiens où les esprits ne sont jamais loin.
Un album avec diverses thématiques qui se côtoient, se frôlent et s’affrontent. L’histoire de la colonisation des terres, du désir, des corps et de l’identité
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Texas, 1872. Oscar Forrest, photographe, répertorie les paysages de l'Ouest pour le compte du géologue Stingley. Entre Oscar et Milton, jeune garçon à tout faire du groupe, s'installe une relation ambiguë. ... Alors qu'autour de l'expédition, rôdent un inquiétant homme en noir et un Indien mutique. Stingley a conduit la mission aux portes d'une région hostile, dernier bastion de résistance des redoutables Comanches. Sur cette frontière lointaine, les limites entre civilisation et sauvagerie s'estompent. Un western intense où la Nature révèle les secrets les plus troubles