Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Magnifique et rude histoire d’un chien – racontée par le chien – dans le Grand Nord de la ruée vers l’or.
L’appel de la forêt de Jack London
Non, non, pas que pour les enfants.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) L'Appel de la forêt est un roman de formation. Ou plutôt de dé-formation : la métamorphose d'un étrange chien des terres du Sud en un loup affrontant les déserts blancs du Grand Nord. C'est l'histoire d'un retour aux origines primitives, du réveil des instincts sauvages trop longtemps anesthésiés par la domestication. En s'identifiant au chien-loup, le lecteur éprouve toutes les passions qui se bousculent dans une vie et un coeur d'homme au hasard des rencontres. Au-delà d'un grand récit sur la conquête de la liberté individuelle et sur l'amour qui transcende l'hostilité d'un monde cruel, London défend ici l'idée d'une intelligence animale : pour lui, elle se manifeste par des sensations, des émotions et une forme de conscience et de raison rudimentaires. Ce chien sent, aime, comprend, souffre : il est notre frère. En donnant à son héros la dignité d'un membre de la famille « différent », London anticipe nos débats contemporains sur la place de l'animal dans la société et sur l'acceptation de la différence. Buck, le chien-loup qui voulait vivre parmi les hommes, est à jamais une figure de notre humanité, et l'un des plus grands personnages de notre littérature
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) L'existence de Charlotte, jolie brune de 28 ans, va basculer lorsqu'elle laisse tomber son travail routinier de maquettiste pour publier des livres de cuisine. Elle va rompre avec son petit ami et voir arriver un mystérieux admirateur qui se met à lui faire des avances très épicées
Une écriture obsédante qui revient continuellement sur l’inacceptable, l’indicible. Le sacrifice au nom de la raison d’état. Et quelle raison !?! Un petit livre choc pour donner la parole à ceux à que l’état Français et son armée a muselé : les cobayes humains (et les animaux, mais eux, s’ils crient, ne parlent pas) sacrifiés lors des essais nucléaires français en Algérie.
L’expérience de Christophe Bataille
Une déflagration d’images irradiées.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Je suis sorti de la tranchée et tout de suite ses yeux m'ont fixé : deux prunelles de cendre. C'était une chèvre, une pauvre chèvre que nous n'avions pas vue, enchaînée sur la plaine, face au pylône et à la bombe. Un chevreau semblait s'abriter derrière elle, sur ses pattes tremblantes. Tous deux étaient comme cuits. J'ai abandonné mon compteur, et la chèvre s'est mise à hurler. Le chevreau était tombé sous elle. Il y avait ce cri, mécanique, sans être, un cri à nous rendre fous. Pour ce cri, j'aurais renoncé à la France. »
Avril 1961, dans le désert algérien. À trois kilomètres de ce point inconnu, une tour de cinquante mètres porte une bombe atomique. Le jeune soldat qui parle, accompagné d'une petite patrouille, participe à une expérience. Il est un cobaye.
C'est cette zone d'intensité extrême que nous livre Christophe Bataille. Face à l'histoire et à la mort, il reste les mots, les sensations, la douceur du grand départ puis la lumière
Et voilà, tout Camilla Läckberg, ou presque… pour les vacances (reste le dompteur de lions et tout ce qui arrivera forcément après, on ne ferme pas une mine d’or qui contient encore du minerai). Des polars sympas, surtout pour moi qui n’ai guère de penchants pour le genre. Peut-être un peu trop maternelle à mon goût, et finalement – à tous les lire à la suite – a un peu de peine à sortir de ses thématiques et de son schéma.
Camilla Läckberg
La princesse des glaces, le prédicateur, le tailleur de pierre, l’oiseau de mauvais augure, l’enfant allemand, la sirène, le gardien de phare, la faiseuse d’anges, Cyanure
Comme à son habitude, Bill profite d’un road trip pour brosser avec humour les petites particularités autochtones.
Des cornflakes dans le porridge de Bill Bryson
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Établi depuis longtemps en Grande-Bretagne, l'Américain Bill Bryson décide en 1994 de rentrer au pays : ayant été jadis surveillant dans un hôpital psychiatrique près de Londres, il veut tenter de ramener à la raison les trois millions et demi de citoyens des États-Unis affirmant avoir été kidnappés par des extraterrestres. Il veut aussi satisfaire son épouse, britannique, qui rêve de magasins ouverts sept jours sur sept jusqu'à 22 heures ; mais il ne quittera pas l'Angleterre avec femme et enfants sans en avoir fait seul le tour complet.
Équipé d'un sac à dos et d'un humour inoxydable, il s'en va donc explorer cette île qui reste pour lui un nouveau monde, bien qu'elle soit déjà une seconde patrie. Il nous louera la propension des autochtones au bonheur et nous démontrera qu'ils auraient fait de bien meilleurs Soviétiques que les Soviétiques. Il voyagera dans des trains ressemblant à des jouets et partira à l'assaut du château médiéval de Corf, « la ruine préférée des Anglais après la princesse Margaret »
La rencontre entre Rody, triple meurtrier incarcéré à perpétuité à 13 ans et une avocate. Une histoire sensible dans un cloaque de violence.
Big Daddy de Chahdortt Djavann
Rude et subtil.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un gamin des rues, Rody, est condamné à perpétuité pour un triple meurtre dans un trou perdu de l'Amérique profonde.
Lors de ses tête-à-tête dominicaux avec l'avocate commise d'office, Rody lui raconte son intimité avec Big Daddy, grand pervers criminel qui avait fait de lui son « fiston ».
Argent, drogue, sexe et loi de la haine, Blancs, Noirs, obèses, prostituées : tout y passe... mais rien ne se passe comme on peut l'imaginer.
« Rody's case », l'affaire Rody, est médiatisée et devient un enjeu de la campagne politique du gouverneur : consentira-t-il à le relaxer ?
Trois voix, trois histoires tendent cette intrigue pour composer un suspense psychologique d'une rare efficacité où chaque chapitre recèle une surprise, un retournement ou un coup de théâtre.
Roman politique et social, roman intime, roman noir : âmes sensibles, s'abstenir !
L’enfer des orphelinats roumains du temps de Ceauşescu. Machines à produire inhumaines violeuses et violentes.
La rudesse de la vie dans les petits villages où elle ne vaut pas grand chose.
Le besoin d’enfant, les vies gâchées.
Enfants du diable de Liliana Lazar
Nous sommes en Roumanie dans les années 80. Patience, la révolution arrive.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Prigor, début des années 1980, un village isolé du nord de la Roumanie. C'est l'endroit que choisit une sage-femme pour s'installer avec son petit garçon de six ans. Disgracieuse, un physique robuste de paysanne, Elena Cosma est la nouvelle responsable du dispensaire. Mais qui est cet enfant à la beauté si singulière que la mère ne laisse jamais seul ? Les rumeurs les plus folles courent sur lui. Elena s'acquitte sans trop d'états d'âme de sa mission consistant à mettre en oeuvre la politique nataliste de Ceausescu. Depuis que la contraception et l'avortement sont interdits, les abandons d'enfants se multiplient. Surnommés «enfants du diable», on les interne dans des orphelinats pareils à celui qui vient de se créer à Prigor, dans les murs de l'ancienne prison royale. Parmi les pensionnaires, des orphelins du village. Un d'entre eux connaît le secret d'Elena
Un roman romanesque à souhait dans l’Italie du 17e. L’histoire de Lisario, muette endormie. Et de son mari, Avicente Iguelmano, médecin un peu escroc qui la réveillera en lui donnant du plaisir.
Lisario ou le plaisir infini des femmes de Antonella Cilento
Mais l’amour ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Devenue muette à la suite d'une opération ratée, Lisario Morales, à peine adolescente, lit en cachette Shakespeare et Cervantès et se confie par lettres à la Sainte Vierge. Pour fuir le mariage qu'on veut lui imposer, elle se réfugie, telle l'héroïne d'un conte de fées, dans le sommeil. Jusqu'au jour où un médecin espagnol, qui aspire à se forger une réputation, trouve une thérapie pour le moins inattendue et transgressive...
Situé dans la Naples du XVIIe siècle, celle des peintres caravagesques et de la révolution du plébéien Masaniello, le roman d'Antonella Cilento nous raconte, dans la plus pure tradition picaresque, l'éveil d'une jeune fille éprise de liberté, objet des fantasmes d'un homme qui rêve de percer à jour les mystères du plaisir féminin. Dans une ville où la révolte gronde, où les complots abondent et où la vie la plus rutilante côtoie sans cesse les ombres de la mort, Lisario ou le plaisir infini des femmes nous entraîne dans des aventures à rebondissements où les identités sexuelles se confondent, dans un jeu de miroirs et d'illusions digne des « théâtres pour l'oeil » de Jacques Colmar, peintre et scénographe - dont l'existence sera bouleversée par sa rencontre avec Lisario. Un livre qui, sous des dehors intensément romanesques, pose des questions brûlantes et étonnamment actuelles
Aymeric Caron a pris le parti de nous faire réfléchir. Vu l’état de la politique aujourd’hui, je ne sais pas si c’est la bonne voie qu’il a choisi pour faire changer les choses.
Antispéciste : réconcilier l’humain, l’animal, la nature de Aymeric Caron
Oscillant entre bon sens, jusqu’au boutisme, philosophie, éthique et dénonciation ce livre parle principalement de respect.
Respect !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Certains en possèdent déjà : les animaux de compagnie, les espèces protégées et les animaux d'élevage. Mais les droits que nous leur avons consentis sont minimaux et incohérents. Nous traitons différemment les chiens, que nous considérons comme des membres de la famille, et les cochons, réduits au rang d'objets produits en masse et abattus dans d'indignes conditions. Pourtant cochons et chiens présentent une sensibilité et une intelligence similaires.
Comment en sommes-nous venus à les classer dans des catégories si différentes ? C'est que nous sommes spécistes. Le terme, peu connu en France, fera bientôt partie de notre vocabulaire. A l'instar du racisme et du sexisme, dont il poursuit la logique. Le spécisme consiste à traiter différemment, et sans la moindre raison valable, deux espèces qui présentent les mêmes caractéristiques. Tout comme nous avons longtemps dénié aux femmes les mêmes droits que les hommes.
L'affirmation de l'antispécisme sera celle de l'animalisme, un mouvement philosophique qui promeut la nécessité d'accorder des droits à tous les animaux, en raison de leur capacité à souffrir. Loin d'être anecdotique, l'animalisme incarne le mouvement idéologique le plus révolutionnaire ; pour la première fois depuis 2000 ans, il entend sortir nos systèmes de pensée occidentaux de leur logique anthropocentriste et reconnaître que nous, qui sommes des animaux, avons des obligations morales à l'égard de nos cousins.
Surtout, l'animalisme s'inscrit dans une logique d'écologie politique, éloignée de celle incarnée dans les élections. Non plus une écologie superficielle, qui se soucie seulement de préserver les écosystèmes, les ressources et quelques espèces en péril, mais une écologie profonde, qui repense complètement la place de l'homme dans le monde. Pour que ce dernier ne vive plus en parasite, mais en symbiose avec toutes les formes de vivant.
Cela oblige à une refonte de nos institutions et à briser la vision à court-terme du temps politique. Cela nous oblige aussi à une réforme intellectuelle qui remette en question la notion de " profit ". Le capitalisme, le socialisme, le communisme, le néo-libéralisme sont aujourd'hui discrédités, si ce n'est dépassés
Ça aurait pu être drôle, mais – incapable d’y discerner le second degré – cela m’a laissé la sensation d’écouter le retour de vacances d’un franchouillard antipathique post-colonialiste et légèrement xénophobe racontant ses petits bobos après qu’il se soit enfilé dans des coins louches.
Les trous du cul du monde de Tristan Savin
Heureusement qu’il a trouvé de la drogue et des putes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pour Tristan Savin, chaque pays possède son « trou du cul du monde ». En trente ans de voyages lointains, ce drôle de curieux a eu l'occasion de vérifier cette assertion peu révérencieuse.
Un trou du cul du monde (ou TDCDM, pour rester poli) désigne un lieu méconnu, de préférence sordide, voire hostile. Une ville oubliée des dieux, inévitablement galère. Un bout du monde, une zone frontière, un village fantôme, une mégalopole chaotique, un îlot paumé. La diversité des TDCDM est d'une richesse inépuisable... C'est surtout le genre de lieux où se produisent des phénomènes étranges. Une succession de malchances. Un enchaînement de catastrophes ! On sent que tout peut y arriver : devenir zinzin, se prendre le ciel sur la tête, assister en direct à la fin du monde...
Les trous du cul du monde ont aussi la louable faculté de dévoiler au voyageur égaré tout un pan oublié de l'humanité... Zombies haïtiens, mère maquerelle des Galapagos, espion birman, petroleros d'Amazonie, racketteurs éthiopiens et dragons de Komodo...
Les trente histoires de cet ouvrage vous invitent à embarquer pour le plus désopilant des tours du monde