Les quatre jours du pauvre homme

Grandeur et décadence selon Simenon… c’est évidement glauque.

Mais à présent Germaine est morte, et François s'en allait tout seul faire face à sa belle-sœur.
C'était une femme splendide, une sorte de Junon grande et bien faite, une femelle, une chaude garce, s'il fallait en croire Raoul qui, ayant passé sa vie aux colonies, savait, Dieu sait comment, tout ce qui concernait la famille.
Raoul précisait qu'elle avait un tempérament si ardent qu'il ne lui avait fallu que deux ans pour pomper toute la vitalité de leur frère.
Les quatre jours du pauvre homme de Georges Simenon
Au décès de sa femme un homme se dit qu’il n’a que trop attendu et laisse toute moralité pour, lui aussi, réussir. Et qu’importent les moyens pour y parvenir.Raoul, sans le vouloir, lui avait fait du bien. C'était un mou, lui aussi, malgré ses airs bravaches. C'était un mouton, comme il disait des autres, et c'est justement pourquoi il bêlait si fort!Deux jours pour réussir…
… Et deux jours de trop.

Un roman dur pur jus. Du Simenon de petits avides et cupides. Ceux qui ont eu faim et que rien n’arrêtera

Tous les romans durs de Simenon
67. Les quatre jours du pauvre homme
66. Le fond de la bouteille 68. L’enterrement de Monsieur Bouvet
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Son regard errant quelque part sur le blanc des murs et du plafond, elle questionnait d'une voix sans accent, comme un récitatif :
‒ M. Maghin est toujours content de ton travail ?

Il ne s'y attendait pas. Plus exactement la voix mettait un certain temps à l'atteindre, parce qu'il était déjà dans son brouillard. Cependant, tant qu'il était près d'elle, à l'hôpital, il restait sur ses gardes. Juste un instant de flottement, un froncement imperceptible des sourcils, et il avait reconnu un de ses pièges.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Désemparé à la mort de sa femme, sans emploi et à bout de ressources, François Lecoin va céder à la tentation du chantage. Un chantage qu'il a l'occasion d'exercer contre son propre frère, le brillant avocat en quête d'une carrière politique.

Ainsi s'ouvre pour lui une nouvelle vie, quitte à exercer le pire des métiers : celui qui fait commerce du scandale, de la calomnie et de la diffamation. Jusqu'au moment où ses manœuvres se retourneront contre lui.

C'est l'histoire d'une déchéance morale que nous raconte Georges Simenon dans ce sombre roman, centré sur quatre journées décisives dans la vie de François Lecoin - personnage peu reluisant dont le titre nous rappelle néanmoins ce qu'il est d'abord, et peut-être avant tout : un pauvre homme.

Les fruits confits : suivi de La vieille prodige

Brigitte est aussi fascinante que surréaliste. Capable de trésors comme son Portrait de l’artiste en déshabillé de soie ou Les hommes préfèrent les hommes comme d’autres productions plus obscures.

La mystique et le génie sans frotter ont déserté.
Tant pis pour les femmes avec leur hideuse origine du monde. Si j'avais été de l'époque j'aurais tout fait pour le pendre ce peintre, je l'aurais fait moi-même car j'ai horreur de la peine capitale légale. J'ai horreur de ce qui est légal, d'ailleurs.
Finie la fée Électricité, finies les semelles de vent, la femelle aux sauts aéromantiques ; ne restent que les souffrances, ou l'insouciance, les maniaques intérieurs et les manques.
Il y a des nœuds de viscères, des torsions de torse.
l'idée de tout abandonner et de se laisser emporter par le courant d'air. Le petit donjon tordu, les vêtements vides et innombrables, les bougies qui coulent, les bijoux qui attendent une occasion.
Les dents qu'on voudrait arracher.
À l'horizon, s'il y en a, une plage vide, au crépuscule, un phare au large dans la nuit, un cabriolet gris et noir, des chats sinueux, paresseux ou excités, prêts à tout.
Les fruits confits de Brigitte Fontaine
Et ici, c’est plutôt brumeux. Dans le premier texte, ressemblant fort à journal de pensées, Fantaisie dissèque la grande Zonzon.

Un enfant toujours, depuis toujours, pour toujours. Éternité.
La vie est une mauvaise plaisanterie.
La vieille prodige de Brigitte Fontaine
Puis dans la vieille prodige, Zonzon change de style et de rythme pour continuer sur le grand naufrage de la vieillesse.

Deux textes hallucinés qui m’ont hélas laissé délaissé

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'Ange Exterminateur nommé Corona coiffe la planète d'un métal de bronze apparent. Le je, le moi est haïssable, d'accord, pourtant je l'aime un peu et il va jouer à se confier, jouer aux murs qui protègent de la peste, du noir nazisme, de la grande faucheuse. Ce je-ne-sais quoi n'est pas prêt pour la grande aventure, ce moi a des choses à faire et les fera.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans « sa carapace de confiserie à deux étages », petit nom qu’elle donne à son appartement au cœur de l’île Saint-Louis, à Paris, Brigitte Fontaine livre un texte aussi puissant que poétique sur la vieillesse et la sensation d’être confinée dans son propre corps. Lire La Vieille prodige, c’est plonger dans l’univers fantasque et dans l’intimité de cette artiste performeuse aux multiples facettes.

Corto Maltese : le jour d’avant

C’était mieux (le jour d’) avant.

Lucky-Luke, Blake et Mortimer, Asterix… Tous ces héros sont bien malmenés pour des petits sous, souvent piètrement gagnés.

Corto Maltese : le jour d’avant de Martin Quenehen, dessins de Bastien Vivès, d’après l’oeuvre de Hugo Pratt
Ce Corto vieilli et post moderne m’a semblé tellement hors contexte qu’il aurait pu s’appeler Obelix au Pacifique qu’il ne m’aurait pas beaucoup plus surpris.

Oui, le dessin reste peut-être intéressant (un poil bâclé) et plein de mouvement. Mais avec ce scénario qui brasse de l’air il ne reste plus que du vent

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Nouvelle vague de chaleur en plein automne...
... de bien mauvais augure pour la saison des feux.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
De passage à Sydney en 2022, Corto tente d’aider Marcus, un ami pirate alors en pleine addiction narcotique. Et quoi de mieux pour le sortir de ce marasme qu’une nouvelle aventure ? Celle-ci leur est proposée par l’avocate d’un groupe d’eco-warriors dont l’une des membres a été arrêtée dans les îles Tuvalu, en plein océan Pacifique. D’origine chinoise, elle risque d’être remise aux autorités de son pays et a soufflé à son avocate le nom de Corto Maltese, comme son ultime chance de liberté... Avec Marcus aux commandes d’un hydravion en sale état, Corto et sa commanditaire s’envolent pour ces îles, premières victimes du dérèglement climatique qui provoque la montée du niveau des mers.

Morvan

Il y a des livres, comme ça, qui vous font les aimer.

Avec des histoires qui vous touchent et vous emportent. Avec des plats qui ont du goût, avec l’odeur du vieux papier peint et tous les parfums des prairies comme ceux des rues sombres aux relents de bières tièdes.

elle savait ce que je faisais. J'ai planté, j'ai amendé, taillé, arrosé. Il devait quand même se demander ce qui lui arrivait, le rosier, d'où venait cette surabondance tout à coup. Mais il était content. Papa aussi était content là-haut, ça, j'en étais sûr.
Je suis resté un moment à le contempler, à vérifier qu'il était bien tuteuré. Je n'ai pas entendu la Duquesita arriver dans mon dos. Elle s'est glissée à mes côtés et nous sommes restés quelques minutes sans rien dire, à regarder ce mor-ceau de bois famélique gris et ridé, fiché dans la terre grasse.
Elle a pris mon bras et m'a dit doucement, comme si c'était un secret :
« Et maintenant, cariño, vois-tu le vol bleu du martin-pêcheur ? »
Morvan de Bénédicte Belpois
Et au milieu, Morvan, Monica et Giovanni… Et la splendide, merveilleuse et invraisemblable Duquesita (impossible de continuer à la voir laide après quelques pages).

Un livre qu’on referme ému et triste de laisser des amis qu’on a connu et aimé (presque inquiets de les abandonner là), après avoir partagé leurs joies et leurs souffrances

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'était dimanche, alors je suis allé me promener, refaire la balade qu'on faisait tous les deux le matin quand il allait bien, qu'il n'avait pas trop bu la veille. Un chemin plat bordé d'herbes jaunes et de déjections canines, parallèle à la route. Chez nous, c'est l'Ardèche des pauvres, celle où l'on ne fait que passer, par hasard, quand l'auto-route encombrée vomit ses hordes de vacanciers assoiffes de soleil qui tentent désespérément d'éviter les bouchons rituels. Itinéraire bis, seconde zone d'un département. Une bourgade éventrée par une nationale surchargée, une poste ouverte deux heures par semaine, des commerces moribonds, une église fermée où même Dieu ne vient plus. Ici, pas de folklore, pas de fromage de chèvre, pas de marché où des post-soixante-huitards attardés vendent de l'encens made in China, pas de pain bio ni de macramés, pas de châtaigniers séculaires. Plus de mines non plus, plus d'usine, plus de travail.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je ne sais pas pourquoi, mais, à la dernière bouchée avalée sans faim, il s'est brisé quelque chose en moi, une sorte d'amarre qui m'attachait là, à caboter inlassablement contre le crépi moisi de la maison. J'ai senti nettement quelque chose se défaire, qui m'a laissé libre, vacillant, légèrement groggy. Je suis allé dans ma chambre, j'ai fait une valise rapidement sans vraiment réfléchir à quoi emporter. »

Un jeune homme solitaire, surnommé Morvan, décide de tout laisser derrière lui un dimanche de printemps : sa maison ardéchoise, son travail d'ouvrier agricole et ses douloureux souvenirs auprès d'un père alcoolique. Sa route va croiser celle de Monica et de Giovanni, dans une pizzeria au pied du mont Blanc, et sa vie prendra dès lors un tour inattendu, à la faveur de l'amour et de l'amitié. Le trio nous entraîne dans une équipée romanesque entre la France, l'Italie et la Suisse, en passant par l'Espagne imaginaire contée par la Duquesita, une vieille femme qui les marquera à jamais.

Avec ce roman à l'écriture vibrante, porté par des personnages d'une profonde humanité, Bénédicte Belpois explore le mystère des paysages que chacun porte en soi.

La fragilité des hommes

Cette fragilité est pleine d’une puissance magnifique.

La fragilité des hommes de Zabus, dessins de Nicoby, couleurs de Pierre Jeanneau, Laurence et Salomé Ory
Cet album sensible touche au cœur des hommes et de leur foutue virilité comme le chante Marguerite.

Un bijou de théâtre de la vie dans village un peu… Mouais avec des hommes appuyés au zinc et bien en peine avec leurs émotions

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Cette histoire commence ici, chez moi. Ici où rien ne se passe, ici où personne ne parierait que les événements à venir auront bel et bien lieu.
Et pourtant...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Cette histoire se passe là où rien ne se passe... à Mouais, une petite ville que les jeunes ont quitté pour travailler ailleurs et où les vieux sont morts. Ceux qui y restent ont simplement oublié de partir. Mais Fanny débarque en ville... La comédienne compte bien glaner les histoires de chacun pour en composer un spectacle de rue.

Sauf qu'à Mouais, on ne parle pas d'intime, et encore moins les hommes. Et certainement pas François. Son mètre quatre-vingt-quinze vouté sur une quarantaine bien tassée et son incapacité à terminer une phrase, François est pourtant chargé d'accompagner l'étrange projet. A moins que, justement, il ait lui aussi des secrets qui ne demandent qu'à s'échapper ?

Entre comédie douce-amère à manière des frères Coen et récit à l'âpreté proche de Ken Loach, Zabus et Nicoby raconte la désindustrialisation et la difficulté masculine à communiquer.

Les rescapés du Télémaque

Une histoire de marins, de codes d’honneur, de frères et d’une sale histoire du temps de leurs parents. Mais avec un mort.

Elle disait ces choses sans hausser la voix, tout naturellement.
 - Je suis allée à son enterrement pour m'assurer qu'il était bien mort. Auparavant, ils étaient quatre. Le quatrième a rejoint les autres et maintenant mon Canut va pouvoir entrer en Paradis...
La bouilloire, sur le feu, crachait de la vapeur. La soupe mijotait sur le coin du fourneau. La maison des Canut était sans une tache de boue, sans un grain de poussière et, dans le salon vide du rez-de-chaussée, trônait un portrait agrandi représentant un homme de vingt-quatre ans, en tenue de marin, qui, la moustache à part, ressemblait à la fois à Pierre et à Charles, mais davantage à Charles qu'à Pierre.
... Pierre qui allait dormir en prison...
Les rescapés du Télémaque de Georges Simenon
Un roman dur plutôt polar avec un des deux frères qui enquête pour tenter d’innocenter l’autre. L’occasion de soulever le voile sur un drame passé.

Un roman à l’ancienne qui se lit facilement sans pour autant marquer par la finesse de ses portraits ou la profondeur de son intrigue

Adapté pour la télévision britanique en 1966 par Rudolph Cartier dans la série Thirteen Against Fate, épisode 9 The Survivors
Tous les romans durs de Simenon
28. Les rescapés du Télémaque
27. Monsieur la Souris 29. Les sœurs Lacroix
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les mêmes causes produisent les mêmes effets et l'arrivée d'un bateau dans un port est précédée d'un certain nombre d'allées et venues invariables, le bateau fût-il, comme dans le cas présent, un chalutier de Fécamp armé à la pêche au hareng.
Cela ne vaudrait donc pas la peine d'en parler si un détail, cette fois, n'avait été différent.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À peine le Centaure, chalutier de Fécamp, est-il arrivé au port que son capitaine, Pierre Canut, est arrêté. Il aurait tué, dix jours plus tôt, juste avant de prendre la mer, un vieil homme retrouvé à son domicile la gorge tranchée. Ce serait une vengeance. La victime, rescapée vingt ans plus tôt des suites d'un naufrage au large du Brésil, aurait été sur la même barque de fortune que le père de Pierre Canut. Les secouristes avaient retrouvé ce dernier mort avec le poignet entaillé par ses camarades qui avaient commencé à le manger...

Le bourgmestre de Furnes

Il y a plusieurs types de romans durs de Simenon et celui-ci est plutôt du genre laborieux. Un homme sec, intransigeant, avide de pouvoir et aimant le faire respecter se retrouve devant les conséquences de son inflexibilité.

Soudain, alors qu'il n'avait plus qu'à pousser la porte de son bureau, il s'arrêtait, se retournait, Kempenaar, le plus près, jura par la suite qu'il vit la lèvre du bourgmestre trembler. On sentit, d'ailleurs, un temps creux, une hésitation, on sentit les mots qui venaient, qu'il était encore temps de retenir.
 - Léonard Van Hamme!
Tous s'étaient retournés, les uns plus haut, les autres plus bas puisqu'ils étaient étagés dans l'escalier. La lumière rendait les visages roses dans les vêtements noirs. La barbe de M. Coomans apportait la seule touche de blanc pur.
Ils attendaient, Van Hamme en gros plan, près de Meulebeck chargé de sa serviette.
 - Léonard Van Hamme, répéta Terlinck de la voix nette d'un huissier, en martelant les syllabes, je viens d'acheter votre fille !
Un moment, le silence fut absolu, avec seulement sous les voûtes de pierre les derniers échos de la voix. Puis Léonard Van Hamme voulut se précipiter. On le retint. On s'agita.
Le bourgmestre de Furnes de Georges Simenon
La sale histoire d’un homme seul oscillant entre dilemmes intimes et prestance publique

Tous les romans durs de Simenon
34. Le bourgmestre de Furnes
33. La Marie du port 35. Chez Krull
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Cinq heures moins deux. Joris Terlinck, qui avait levé la tête pour regarder l'heure à son chronomètre qu'il posait toujours sur le bureau, avait juste le temps devant lui.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans la très ancienne ville de Furnes, dans une Flandre tiraillée entre le progrès et les souvenirs du Moyen Âge, le bourgmestre s'impose par son autorité et sa froideur extrême. C'est un personnage que le doute n'effleure pas, un monstre ordinaire cloîtrant chez lui sa fille handicapée, un homme qui refuse la moindre charité. L'avait-on aidé lui ? Lui avait-on fait le moindre cadeau ? Jamais. À son tour, il regarde ses semblables comme on regarde quelque chose, n'importe quoi, un mur ou la pluie qui tombe, semant tout autour de lui la peur et les larmes. Ce même homme pourtant, un jour, se met à changer doucement. Plus personne ne le reconnaît... Que s'est-il passé ?

Chez Krull

Comme il est paradoxal de trouver dans ce livre une phrase aux forts relents antisémites alors que Simenon décrit ici si bien (en 1939 !) les mécanismes d’exclusion et de rejet de l’autre et de l’étranger (en l’occurrence des allemands).

On ne pouvait pas pleurer, personne ! On était sous pression ! On ouvrait la bouche pour dire quelque chose et on ne prononçait pas un mot ! Que se passait-il là-haut ? Pourquoi le silence absolu ? Un silence à n'en plus finir ! 
Un charretier entrait, son fouet sur l'épaule, lançait familièrement :
- Sers-moi un petit marc.
Anna le servit, remplit trop le verre et eut la présence d'esprit de saisir un chiffon pour essuyer le comptoir.
Chez Krull de Georges Simenon
Simenon qui démontre si bien la bêtise (méchante et gratuite) des mouvements de foule et de rejet de l’autre se prendrait-il lui même les pieds dans le tapis.

A bien y regarder, la tirade antisémite est prononcée par Hans, le cynique profiteur des Krull, celui par qui le malheur arrive. Alors, cela reste difficile à lire (et je ne le retranscris pas ici), mais à nouveau, Simenon raconte son époque, sans fards. L’homme, moche qu’il est.

Et la seconde guerre mondiale éclate la même année

Adapté par Jacques Fansten en 1988 sous le titre Le mouchoir de Joseph
Tous les romans durs de Simenon
35. Chez Krull
34. Le bourgmestre de Furnes 36. Le Coup de Vague
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
De la maison Krull, de la famille Krull, ce que Hans ─ qui était un Krull aussi, mais un pur, un Krull d'Allemagne ─ découvrit en premier lieu, avant même d'être descendu de taxi, ce fut une réclame en papier transparent collée sur la porte vitrée de la boutique.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Allemands installés en France depuis plusieurs années, les Krull tiennent une épicerie où les mariniers du canal voisin viennent boire un coup le soir, après le travail. Mais un jour, le corps d'une jeune fille est retrouvé dans le canal. Elle a été violée et étranglée. Or c'est Hans Krull, un cousin arrivé depuis peu, qui l'a découvert. Bientôt de vieilles rancunes refont surface, les accusations se précisent, les langues se délient... Ces Krull, ce sont des étrangers, non ?

Insolente veggie, tome 1 : une végétalienne très très méchante

C’est drôle et choukinou. Et en même temps, c’est engagé et percutant.

Insolente veggie : une végétalienne très très méchante de Rosa B.
Rosa B. pose ça là. Pour manger des animaux, il faut les tuer ! Normal ? Franchement ?
Une petite bande dessinée à fuir pour qui ne souhaite pas se remettre en question

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je ne voulais pas faire de livre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Auto-proclamé « blog BD extrémiste d'une végétalienne humaine pour la libération animale », Insolente Veggie est un blog plein d'humour et de succès qui sévit sur la toile depuis 2008. Premier album de bande dessinée consacré et dédié aux végétaliens extrémistes et très très méchants.
L'album reprend des dessins qui ont fait le succès du blog Insolente Veggie et propose aussi de nombreux inédits.
L'auteure aborde avec humour et esprit militant ce qui fait le quotidien des végétariens, des végétaliens et des vegans aujourd'hui : végétarisme, végétalisme, véganisme, écologie, carnisme, spécisme, antispécisme, lait, oeufs, viande, élevage, abattage, corridas, cirque, chasse, zoos, vivisection

Le discours

Adrien est un looser magnifique doté d’une triste autodérision, consternante autant qu’hilarante.

Le pitch est tout simple et illustre parfaitement sa situation : son futur beau-frère lui demande de faire un discours pour son mariage avec sa sœur alors qu’il vient précisément de se faire larguer.

La comète de Halley possède une période de soixante-seize ans, le temps de cuisson d'un œuf à la coque est de trois minutes (départ eau bouillante), la durée de gestation d'une éléphante se situe entre vingt et vingt-deux mois, quelle est la durée moyenne d'une pause ?
Le discours de Fabrice Caro
Une histoire aussi navrante qu’elle est drôle, racontée dans un long monologue plaintif et auto-consterné non dénué d’humour.

À réserver toutefois aux amateurs d’un schadenfreude mélancolique

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
« Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. » Il laisse tomber ces quelques mots, comme ça, sans plus d'ornements, sans même me regarder, appliqué à se servir un verre de vin rouge qu'il vide dans la foulée. Le détachement, l'absence totale de solennité qu'il imprime à cette phrase empêchent toute négociation.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je prononcerai ce discours à une condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes, Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café. »

Lors d’un dîner en famille, Adrien, qui vient de se faire plaquer, apprend qu’il doit prendre la parole au mariage de sa sœur. Entre le gratin dauphinois et les tentatives de discours toutes plus absurdes les unes que les autres, il n’espère qu’une chose : que Sonia revienne.