Horizons obliques

Pour les amateurs de bandes dessinées aux cités architecturales, voilà une très belle découverte venue des États-Unis (complétée d’ailleurs par un petit dialogue entre François Schuiten et Richard Blake). Le dessin et les couleurs sont splendides.

Horizons obliques de Richard Blake
Une histoire d’univers parallèles et d’intelligences artificielles un peu confuse qui donne l’impression un travail scénaristiquement un poil inabouti.Pour autant, la poésie picturale et un choix de dialogues plutôt minimaliste permet à cet album de s’en sortir élégamment

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
En l'an 4040, une équipe composée de scientifiques et d'explorateurs découvrit un portail donnant sur une étrange dimension parallèle.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Il y a plusieurs années, Jacob et Elena Armlen, un couple d'explorateurs, se sont retrouvés piégés dans une étrange dimension parallèle aux paysages insaisissables, à l'architecture changeante, peuplée d'entités malicieuses, laissant derrière eux leur fille en bas âge, Adley. Bien des années plus tard, Adley a grandi mais n'a jamais oublié ses parents. Dotée d'un pouvoir de clairvoyance et accompagnée de Staden, un robot à la sensibilité très humaine, elle se lance à leur recherche.

Sa majesté des mouches

Ne me souvenant pas vraiment bien de cette histoire lue il y a bien trop longtemps, difficile d’en juger la fidélité de l’adapation. Pour autant, ses planches magnifiques m’ont vraiment donné envie de m’y replonger.

Sa majesté des mouches de Aimée de Jongh, d’après le roman de William Golding

Les graphismes sont superbes, les mises en pages soignées et le tout forme un très bel ouvrage aussi attendrissant qu’à la cruauté révoltante.

Une grosse (oui, au premier degré aussi) réussite !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Le garçon blond descendit les derniers rochers et se fraya un chemin vers la lagune.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un avion s'écrase sur une île déserte. Les seuls survivants sont un groupe d'écoliers. Explorateurs de plages splendides le jour, les jeunes garçons sont visités, la nuit, par le spectre d'une créature primitive, et hantés par leurs précieux souvenirs. Orphelins de la civilisation, ils doivent à présent bâtir la leur. Mais le groupe se trouve rapidement divisé et leurs jeux innocents prennent une dangereuse tournure.

Merveilleux

Appelé depuis l’hôpital à Paris, Cookie traverse l’Atlantique pour venir au chevet de son père victime d’un AVC.

Débute la rééducation d’un père dont il n’avait jamais été proche et qui ne peut plus dire que « Merveilleux » et trois ou quatre autres mots. Une histoire de relations de famille recomposée et dispersée gravitant autour d’un malade qui ne se fait comprendre que difficilement.

Merveilleux de Cookie Kalkair, couleurs de William Wagner

Un album aux graphismes colorés avec une histoire touchante, tant pour son regard sur les proches aidants, que pour le portrait de famille qu’il propose

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Je n'ai jamais été très proche de mon père. Un océan nous sépare. Littéralement - depuis que je vis au Québec. Pourtant, lorsque j'apprends son AVC, je saute immédiatement dans un avion. À l'hôpital, dans un temps suspendu, je retrouve une petite soeur que je n'ai pas vue depuis des années. C'est l'attente... et le couperet tombe : notre père restera aphasique, il a perdu l'usage de la parole. Il lui reste à peine quelques mots... dont "Merveilleux". »

Alors que Cookie et ses proches réalisent peu à peu les conséquences de cet événement, tous doivent apprendre à vivre avec le handicap. Mais dans la tragédie, les réactions de chacun se révèlent parfois inattendues. Ce drame pourrait-il être une nouvelle chance ? La chance de se parler, de renouer les liens et de construire ensemble une nouvelle famille...

Cookie Kalkair nous offre ici, avec tendresse et humour, son récit le plus personnel.

Carcajou

Un western sur une colline au Canada, maudite par l’avidité de ses occupants et de ceux qui en convoitent l’or ou le pétrole.

Carcajou de El Diablo, dessins de Djilian Deroche, couleurs de Djilian Deroche et Marion Chancerel
Dans cette belle édition soignée, les planches plutôt naïves au trait marqué, oscillent entre de superbes créations et d’autres parfois plus brouillonnes ou moins abouties. Une bande dessinée bien aussi sale et violente que l’histoire qu’elle raconte. Les hommes sont bien tous pourris, veules et avides lorsqu’un peu d’or scintille sous leurs yeux

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est ici ?
Oui, c'est l'endroit.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Alberta, Canada, 1895, par - 21 degrés Celsius.

Jay Foxton règne en despote sur la petite ville de Sinnergulch dont il détient la plupart des terrains et commerces.

À quelques miles de là sur une colline dominant la ville, vit un ermite farouche, Gus Carcajou, qui en exploite a minima les réserves d'or pour acheter sa gnôle.

Mais le terrain regorge d'un autre type d'or, noir celui-là, et Foxton est prêt à tout pour s'emparer de l'énorme magot qui lui échappe encore...

Linge sale, amour et céréales

Des strips d’une page, parfois un peu plus, sur les plaisirs de la drague, du couple, de la famille, des enfants et des vieux ! Et c’est bien décalé, absurde, coquin, désabusé… ou tristement réaliste (les plus drôles !)

Linge sale, amour et céréales de Pozla
Un gros bol de rigolade à goûter de bon cœur avant que les gamins ne se réveillentUn album avec des vélos et des playmobils

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Moi, Rémi, 10 ans et demi, je jure devant moi-même que je ferai mieux que mon père, ce traître.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Joyeuse et réconfortante, conflictuelle, aliénante ou merveilleuse... La famille : un environnement semé d’embûches ! Pozla, par le biais d'une galerie de personnages hauts en couleurs, ouvre de petites fenêtres sur ce monde relationnel complexe sans jamais oublier la question du couple. Il parle sans tabou de fidélité, de regret, de sexualité, de séparation, de transmission et de doute...

Autant de sujets existentiels croqués avec un humour absurde, cru, doux-amer ou grinçant, saupoudré de tendresse et de poésie.

D’or et d’oreillers

En tout premier, ce qui émerveille, ce sont les dessins, la mise en page et les couleurs, magnifique !

D’or et d’oreillers de Mayalen Goust, d’après le roman de Flore Vesco
L’histoire ensuite, sympa, un peu féministe et lutte des classe. Et pourtant, l’histoire semble bien classique et patriarcale : un richissime jeune homme qui cherche une épouse et qui, pour ce faire, fait passer une test aux candidates une nuit dans son château sur dix matelas.

Qu’est-ce que ça cache ? Et qui donc s’y cache ?

Une vraie merveille

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ma fille, approchez, je voudrais vous conter une histoire. Voyons... par où commencer ? Oui, bien sûr, par un beau jeune homme, riche, noble, valeureux, qui voulait prendre femme. Pour choisir son épouse, il avait imaginé que les prétendantes passeraient la nuit dans un lit fort haut fait d'un empilement de dix matelas.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Lord Handerson, un riche héritier, a conçu un test pour choisir au mieux sa future épouse. Chaque candidate est invitée à passer une nuit à Blenkinsop Castle, seule, dans une chambre au centre de laquelle se trouve un lit d'une hauteur invraisemblable. Pour l'heure, les prétendantes, toutes filles de bonne famille, ont été renvoyées chez elles au petit matin, sans aucune explication. Mais voici que Lord Handerson propose à Sadima de passer l'épreuve. Robuste et vaillante, simple femme de chambre, Sadima n'a pourtant rien d'une princesse. Et pour cause, l'histoire que va vivre cette dernière, si elle s'apparente bien à de l'amour, est loin d'être un conte de fées...

Son odeur après la pluie

Quelles émotions, quelle histoire ! Une bande dessinée qu’on termine avec un voile humide sur les yeux.

Son odeur après la pluie de José Luis Munuera, d’après le roman de Cédric Sapin-Defour
L’histoire d’un chien qui entre dans la vie d’un homme et qui la partagera plus de 10 ans.

Adapté du roman de Cédric Sapin-Dufour (que je n’ai pas lu et dont j’hésite maintenant à en ouvrir les pages), cette bande dessinée est un vrai trésor qui m’a laissé le souffle coupé.

Et pour la team chats, je ne peux que conseiller Toi de Hélène Gestern

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La vie, pour qui veut la voir, est partout.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
C'est une histoire d'amour, de vie et de mort, entre un homme, Cédric, et son chien, Ubac, un bouvier bernois dont la présence devient vite essentielle. Mais le vrai héros, c'est leur lien : unique, universel, dépassant bien des relations humaines. Pendant treize ans, ils partagent rires, inquiétudes et moments fugaces d'intensité, jusqu'à ce que la mort impose son absence.
Véritable ode à la vie, ce récit explore l'amour inconditionnel, la vie qui file trop vite, et ces souvenirs persistants, comme une odeur aimée qui reste gravée, même après la pluie.

Dans l’indifférence générale

Si vous avec déjà lu Sébastien Bohler, vous devriez vite capter de quoi il s’agit. Comment l’humanité peut-elle s’auto-détruire avec tant d’indifférence ? Comment est-ce possible que nous continuions à massacrer faune, flore, écosystèmes, climat et planète dans un tel élan sans aucune réaction digne du danger imminent ?

Dans l’indifférence générale de Roberto Grossi, traduction de Maïa Rosenberger
Les planches sont superbes dans une édition soignée, un magnifique ouvrage pour une bien sombre histoire : la notre.

Mais Roberto Grossi ajoute une nouvelle pierre en mettant en avant plusieurs éléments : ce sont bien les plus riches qui causent le plus de dégâts (et notez que si vous avez acheté cette bande dessinée, il y a de fortes chances que vous en faisiez partie). Le système économico-politique porte en lui cette force autodestructrice et un avenir pérenne nécessitera d’amples bouleversements et changements de valeurs

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il y a quelques jours, j'ai fait un rêve.
Un homme en pleine mer.
Des tours qui miroitent au loin.
L'eau calme.
Un yacht.
En pleine mer.
C'est tout ce qu'il a toujours désiré.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme. »

En utilisant toute la puissance de la narration par l'image, Roberto Grossi s'attaque au grand aveuglement de notre époque : les changements climatiques provoqués par l'homme, une menace que nous ne voulons pas voir, que nous peinons à comprendre, alors qu'elle met en jeu notre survie même.

Grâce à un récit captivant qui mêle science, histoire, politique et expérience personnelle, l'auteur nous livre une vision complète de la problématique, révélant la profonde crise démocratique qui se cache derrière ce désastre environnemental.

Kabuki

L’histoire d’une quête d’identité qui va de la compréhension à l’affirmation en passant par de multiples étapes telles que l’acceptation. Un parcours aux nombreuses difficultés sous des regards pas toujours bienveillants (à commencer par le sien). Une histoire comme un théâtre Kabuki qui laisse tomber les masques.

Kabuki de Tiago Minamisawa, illustrations de Guilherme Petreca
Les dessins sont splendides dans un constant mélange entre onirisme et réalité et qui soutiennent un message fort.

A noter, le très beau dossier qui complète la bd et parle du projet, du drame transphobe qui l’inspira, du film et des traditions théâtrales au Japon

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Aïe !
Oh, Bonjour !
Qui es-tu ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À la suite d’une expérience traumatisante, Kabuki décide de porter un masque et de renoncer à jamais à son identité. Et si se fondre parmi les Hommes lui permettait de trouver sa place ?

Errant sans but et sans âme, Kabuki se perd dans les opiacés et le désespoir jusqu’à sa rencontre avec Alma, sorte d’alter ego bienveillant. Celle-ci lui apportera son soutien et lui apprendra à se nourrir du monde afin de répondre aux questions l’habitant depuis toujours.

S’inspirant d’une histoire vraie et prenant place dans le décor du théâtre traditionnel japonais, Kabuki raconte, avec poésie, les obstacles et les combats que rencontre une femme née dans le mauvais corps.

Les papillons ne meurent pas de vieillesse

Cette bande dessinée est l’exemple même du traitement d’un sujet grave au travers d’une historiette qui pourrait sembler naïve.

Les papillons ne meurent pas de vieillesse de Matz, dessin et couleurs de Frédéric Bézian
Après la découverte d’un papillon disparu et retrouvé à loin de son habitat naturel, un entomologiste part à sa recherche en Amazonie. L’occasion de constater les ravages de la déforestation, les crimes contre les tribus autochtones et l’appât du gain de grandes multinationales amoralesLa plupart du temps, dans la nature, les papillons sont la proie des oiseaux, des lézards, des chats...
D'autres causes récentes de disparition beaucoup plus massive menacent des espèces entières : les pesticides et la déforestation.
D'une manière générale, les papillons, fragiles et vulnérables, ne meurent pas de vieillesse, mais de mort violente.Un album au graphisme noir-blanc très intéressant avec des touches de couleurs papillonesques très réussies. A noter finalement les quelques planches intercalaires qui apportent d’intéressantes respirations

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Vole en paix, joli Morpho...
Je cherche bien plus rare...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Comment un papillon théoriquement disparu peut-il avoir été retrouvé à des milliers de kilomètres de son biotope naturel ? Après avoir écarté l'hypothèse d'un canular, un entomologiste mène l'enquête en Amazonie en compagnie de sa collaboratrice.

Ce papillon est-il une réponse de la nature aux ravages et aux destructions perpétrés par les hommes ?

À mi-chemin entre le conte naturaliste et le thriller, une aventure menée avec brio par deux maîtres de la bande dessinée contemporaine.