Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Probable que les philosophes et les érudits laisseront dédaigneusement ce recueil sur la commode des commodités. Pourtant, voilà un petit livre qui y trouvera bien heureusement sa place, proposant des brèves philosophiques qui bousculent quelques idées reçues.
Coup de philo… sur les idées reçues de Julia de Funès
C’est frais, bref, pas prétentieux. Juste des petites amorces de réflexion et des invitations à penser
Perso, j’ai beaucoup aimé !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « La démocratie, c'est le contraire de la tyrannie. »
« Quand on veut, on peut. »
« Il ne faut pas se fier aux apparences. »
Tout cela est évident ! Qui pourrait le nier ?
Eh bien... les philosophe ! Julia de Funès propose un coup de philo comme on donnerait un bon coup de balai, pour rétablir la vérité sur certaines expressions toutes faites qui feraient sûrement blêmir Kant, Descartes, Aristote ou Spinoza.
40 idées reçues passées au crible de la pensée philosophique
Le livre des obsessions d’un homme, l’Antarctique et la personnalité d’Ernest Shackleton, qui mèneront à plusieurs reprises Henry Worsley à monter des expéditions au Pôle Sud sur les traces de son idole.
The White Darkness de David Grann
Le récit d’efforts surhumains au milieu d’un enfer blanc, nu et hostile
Avec des tons parfois grandiloquents… Toutefois bien en deçà des exploits décrits. Ceux des grands explorateurs !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « L'homme se sentait comme un grain de poussière dans le néant gelé. Tout autour de lui, il voyait la glace s'étendre jusqu'aux confins de la Terre : de la glace blanche et de la glace bleue, des langues et des saillies de glace. Il n'y avait pas de créatures vivantes en vue. Pas un phoque ni même un oiseau. Rien, à part lui. Il avait du mal à respirer et à chaque expiration la buée gelait sur son visage : un lustre de cristaux pendait à sa barbe ; ses sourcils étaient durcis par le givre, tels deux spécimens préservés dans la glace ; chaque fois qu'il battait des paupières, ses cils craquelaient. Si tu prends l'eau, t'es mort, se répétait-il fréquemment. Il faisait près de moins quatre degrés, mais la sensation de froid était renforcée par le vent, lequel soulevait parfois un nuage aveuglant de particules de glace qui le fouettait et le désorientait tant qu'il basculait, ses os s'entrechoquant à l'impact contre le sol. »
Nora Hamzawi publie une cinquantaine de chroniques pour ses 35 ans. Peut-être que 35 auraient été parfaites.
35 ans : dont 15 avant Internet de Nora Hamzawi
C’est drôle, plein d’auto-dérision, d’humour dépressif et désabusé, une pure et très bonne chick-lit.
Mais voilà, à la longue… j’ai trouvé ça un peu long
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Avec l'autodérision et la lucidité qui la caractérisent, Nora continue d'explorer l'époque et d'en subir les absurdités.
Des cigarettes en chocolat à la clope électronique, du Nokia 3310 à l'Iphone, de Snake à Instagram, elle nous livre le récit de son passage à l'âge adulte sans passer par la case Tinder.
Partagée entre l'envie d'avoir des likes et la nostalgie du temps d'avant les réseaux sociaux, elle se demande comment évoluer sereinement dans un monde où tout ce qui nous entoure n'existait pas au moment de se construire.
Parfois mélancolique, souvent acide et toujours drôle, Nora dresse un portrait-robot sans fard de nos névroses à tous
Après avoir parlé de lui puis de son père, Édouard Louis parle enfin de sa mère. Un livre tendre et apaisé qui décrit une relation qui n’a pas toujours été facile
Combats et métamorphoses d’une femme de Édouard Louis
Une vie de misère et de violence et enfin… sur le tard un peu de lumière
Un livre avec beaucoup de tendresse
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Pendant une grande partie de sa vie ma mère a vécu dans la pauvreté et la nécessité, à l'écart de tout, écrasée et parfois même humiliée par la violence masculine. Son existence semblait délimitée pour toujours par cette double domination, la domination de classe et celle liée à sa condition de femme. Pourtant, un jour, à quarante-cinq ans, elle s'est révoltée contre cette vie, elle a fui et petit à petit elle a constitué sa liberté. Ce livre est l'histoire de cette métamorphose
Curieux ce bouquin ! Au début, difficile de savoir où il va…
Kérozène de Adeline Dieudonné
Et à la fin, difficile de savoir où on est allé dans ce livre sans unité de temps, de lieu ni même d’action… à peine un prétexte de station service
Pourtant, c’est réussi, comme une galerie de portraits tous plus étranges, flippants, intrigants et décalés. Adeline se dispense même d’une pseudo justification de fin avec une grande scène finale… Et à posteriori, cela ne manque même pas
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Une station-service le long de l’autoroute, une nuit d’été. Sous la lumière crue des néons, dans les odeurs d’essence et d’asphalte, quelques tables en plastique jaune délavé.
23h12. Ils sont quinze à se croiser, si on compte le cheval et le cadavre planqué à l’arrière d’un gros Hummer noir. Une minute encore, et tout bascule…
Adeline Dieudonné se joue des codes avec une irrésistible audace. Kérozène est drôle comme une comédie, tendu comme un thriller, mordant comme le réel
Des rencontres dans un récit qui ressemble fortement à un rêve qui saute d’une idée à une autre avec des fils conducteurs aussi fins que ceux de l’araignée de Tintin
Vitesse moderne de Blutch
Je suis entré dans ce récit sans attentes… heureusement.
Une BD comme une occasion de se laisser aller au gré des fantaisies de Blutch
J’ai pas compris grand chose, mais c’est pas trop grave
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un soir, Lola est abordée par Renée, qui propose à la jeune danseuse d'écrire un livre dont elle serait le sujet principal. Lola est troublée, mais accepte néanmoins..
Dès le lendemain, il sera question d'un père absent, mais qui surgit régulièrement à l'improviste, d'un amoureux transi, monomaniaque et psychopathe, d'Omar Sharif et d'une énorme araignée...
Le tout sur fond de coupure générale d'électricité, d'un programme de danse très exigeant et d'une inondation historique.
Un garage en faillite, un couple qui se délite, des suspicions, des rancœurs, plus de dialogue… Toute la place est faite pour que ça tourne mal.
Adultère de Yves Ravey
Et ça va mal tourner, dans un style volontairement plat duquel semble avoir disparu toute émotion
Justement… d’émotions, je n’en ai pas ressenti
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Jean Seghers est inquiet : sa station-service a été déclarée en faillite. Son veilleur de nuit-mécanicien lui réclame ses indemnités et, de surcroît, il craint que sa femme entretienne une liaison avec le président du tribunal de commerce.
Shaun Bythell est libraire d’occasion en Écosse et voit passer toutes sortes de lecteurs… Ceux qui viennent acheter et ceux qui désirent vendre des livres. Plein d’humour il nous les détaille.
Petit traité du lecteur : un libraire raconte ce que le vôtre pense (peut-être) tout bas de Shaun Bythell
Car si chaque client est différent, leur libraire appartient au type des classificateurs. Et donc, à l’instar de Linné (mais avec beaucoup plus d’humour, ouf!), il nous propose ici sa classification des clients des librairies (qui ressemblent d’ailleurs fort à ceux des bibliothèques).
Et vous ? Quel client êtes-vous ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Quand on flâne entre les rayons, on oublie souvent que le libraire est là qui nous observe. Et quand l'un deux épingle nos bizarreries et nos manies d'une plume malicieuse, il peut en faire un joyeux jeu des sept familles, caustique et cocasse. Vous reconnaîtrez-vous dans un des lecteurs de ce savoureux recueil de portraits et d'anecdotes ?
Écœuré par l’inefficacité de la non-violence du mouvement féministe, le bon féministe décide de devenir activiste sur les réseaux sociaux.
Un bon féministe de Iván Repila
Mais comme cela ne suffit pas, il recrute quelques bons gros sales machos bien épais puants pour monter un groupuscule qui, à force de provocations, va faire monter la tension et faire passer les féministes à une lutte plus musclée…
Un livre remarquable tant il est difficile de saisir les réelles motivations au fil de cette escalade de la violence organisée à la manière de services secrets utilisant des groupuscules chargés de s’auto-discréditer. Un jeu où il est facile de perdre la tête… comme dans toutes les révolutions
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Issu d'une famille où la position que l'on occupe est déterminée en fonction de son sexe, un jeune journaliste se demande comment être un véritable « allié », et soutenir efficacement la lutte pour une réelle égalité entre les femmes et les hommes.
Lorsqu'il rencontre Najwa, une militante féministe, l'allié se rend compte de tout le chemin qu'il reste à parcourir. Convaincu que seule une révolution radicale pourra arracher une conquête sociale, il décide de se lancer dans une campagne anonyme de sexisme extrême. Son but ? Provoquer un électrochoc dans la société.
Il crée alors l'État Phallique, groupuscule composé des plus fervents machos du pays. Les actions se succèdent, les luttes s'intensifient jusqu'au point de non-retour... Car pour l'allié, le prix à payer est considérable : devenir l'homme qui déteste le plus la femme qu'il aime.
Roman-gigogne tour à tour sociologique, politique et dystopique, où l'humour le dispute à la provocation et à l'hyperbole, Un bon féministe est une formidable histoire d'amour et de combat dont on ne peut sortir indemne