Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
Je me suis fait cueillir comme un bleu par ce livre. Chronologie d’une journée clé ! Le départ de la maison du dernier enfant.
Le dernier enfant de Philippe Besson
Une mère désemparée à la tristesse infinie qui tente de faire bonne figure.
C’est tout petit et c’est immense !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Elle le détaille tandis qu'il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d'une beauté qui continue de l'époustoufler, de la gonfler d'orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu'elle s'était juré de se l'interdire, qu'elle s'était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu'elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c'est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c'est le dernier matin. »
Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d'une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l'horizon inconnu qui s'ouvre devant elle
Dans ce recueil de nouvelles, Philippe Claudel revisite les atmosphères pesantes qu’il avait explorées dans le rapport de Brodeck.
Fantaisie allemande de Philippe Claudel
Des odeurs de mort et de culpabilité, des bribes d’espoir et d’humanité
Une écriture magnifique pour décrire l’absurdité et la folie des guerres où l’innocence côtoie les bourreaux dans une pulsion de vie qui a perdu son sens
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un roman décomposé évoquant l'histoire, la guerre et la perte à travers les destins de personnages qui reviennent, comme dans une ronde : un soldat, déserteur ou rescapé, un homme âgé, ressassant un passé qui n'en finit pas, un certain Viktor, une fille cruelle qui maltraite le pensionnaire d'un hospice, un homme paisible qui chantonne à son heure des marches nazies
Une femme écartelée entre deux hommes, une histoire de parfums et d’odeurs à la sensualité omniprésente.
Fleur de peau de Anne Calife
Une histoire de prison, de jardins, d’enfants, de culottes et de désirs. Une femme bouleversée par le début d’une passion qui marque la fin d’un amour.
Mais toutes ces suaves puissances aromatiques enivrantes ont fini par m’écœurer un peu…
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Comme mère de Paul et des jumeaux, elle est parfaite.
Comme épouse, comblée.
Comme soignante, irréprochable.
Mais un matin d'hiver, alors qu'elle travaille à l'infirmerie de la pénitentiaire, une senteur masculine puissante et familière vient couvrir les exhalaisons médicinales. Derrière elle se tient le captif Ivan R. Il la bouleverse. Emportée par un tourbillon aromatique et charnel, elle va s'abandonner au vertige d'un amour fou et accepter de livrer son existence à une passion toute olfactive.
Lascif et voluptueux récit de la sensualité au féminin, Fleur de peau est un roman d'une poésie renversante où l'érotisme consumé le dispute à une délicate pudeur
Oui, c’est bien foutu, ça fait peur, c’est vraisemblable et c’en est même effrayant !
Après le monde de Antoinette Rychner
Mais fait-on des bons romans avec du premier degré ?
Je suis resté coincé sur cette énumération plausible d’un effondrement qui s’est – pour moi – perdue dans une volonté d’exhaustivité du scénario sans y trouver un envol romanesque qui aurait pu donner vie à ce livre (au demeurant glaçant de réalisme quant à la fragilité de la société économique)
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) 2022. Un cyclone ravage la côte ouest des États-Unis. Après des faillites en cascade, les finances américaines s'écroulent, entraînant avec elles le système mondial. En quelques mois, le monde tel que nous le connaissons est englouti.
Huit ans plus tard, de nouvelles formes de sociétés émergent. Deux femmes, à la veillée, racontent l'épopée de l'humanité avant et après la catastrophe. Saura-t-on inventer, au coeur du désastre, d'autres façons de vivre ensemble et d'habiter le monde ?
Un roman visionnaire et inspirant, hanté par une peur qui traverse toutes les sociétés occidentales : celle de l'effondrement
23e tome… Un bel âge pour un chat…
Les canines sont moins acérées, le poil moins vif, plus vraiment joueur… peut-être faudrait-il changer d’alimentation ?
Le Chat est parmi nous de Philippe Geluck
Oui… il fatigue un peu le Chat.
Zut
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Recueil de gags, de gravures détournées et de dessins politiquement incorrects dans lesquels le Chat commente l'actualité avec le sens de l'absurde qui le caractérise
Le loup en slip tente de passer en force ! Il s’use un peu et avance de façon bien moins subtile. Le ton en devient un peu balourd.
Le loup en slip passe un froc de Wilfrid Lupano, Cauuet Paul et Mayana Itoïz
C’est bien dommage car le loup en slip avait atteint le sommet dès son premier opus et là… pif (gadget), paf, pouf. C’est gentiment un peu moins drôle
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le Loup en slip rentre de vacances et découvre que... Horreur ! Tout le monde porte désormais le même slip que lui dans la forêt ! C'est une atteinte à son identité ! Que faire ?
Si tout le monde a le même slip, est-il toujours le Loup en slip ?
Des petits textes tout courts, comme des anecdotes, des souvenirs, des rires, des petites hontes, des jouissances…
Il est 14h, j’enlève ma culotte de Zoé Vintimille
C’est très très drôle, sexe, érotique, sensuel, amusé, interloqué, rude et doux… toutes les couleurs, formes et goûts !
Un délice de petit livre sur l’instantané de l’irrésistible envie. Là, je veux, maintenant !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Faute de voyages exotiques réguliers, de sports extrêmes ou de travaux immobiliers, rencontrer des hommes nouveaux est en soi une façon d'implanter de la dramaturgie dans son quotidien. Mieux sonder le genre humain, aussi.
Renouveler les frontières du désir, du plaisir.
Je pense avoir déjà entendu ça dans une pub pour yaourt. Ou déo. »
À travers une centaine de très courts textes d'une sincérité vivifiante, Zoé Vintimille dresse le portrait d'une femme libre, qui rencontre, fait l'amour, s'offre et jouit du corps des hommes. Elle raconte le désir qui monte, la douleur du manque, certaines petites hontes et autres souvenirs inavouables. On rit, on s'émeut, on s'excite.
Zoé Vintimille vit depuis quelques années loin de l'ébullition parisienne. Ces instantanés crus, légers, profonds ou décalés, puisent dans sa propre vie
Immigration, capitalisme, Pôle emploi, pauvreté, tourisme sexuel, système de santé, SDF et terrorisme… Voilà de la BD politique à l’humour brillamment absurde !
Faut pas prendre les cons pour des gens, tome 2 de Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud
Et BIM !
Et un tome 2 encore meilleur que le premier !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Tome 1
Peut-on remplacer les enseignants par des distributeurs de diplômes ? Faut-il expulser du territoire son bébé ne parlant pas français quand on est patriote et républicain ? Doit-on incarcérer de futurs criminels pour éviter qu'ils ne commettent de futurs crimes sur de futures victimes ?
Retrouvez toutes les réponses à ces questions dans Faut pas prendre les cons pour des gens, un album d'humour absurde sur la bêtise ordinaire.
Dans ce livre, Reuzé et son fidèle compagnon Rouhaud, n'épargnent rien ni personne pour notre plus grand plaisir. Le dessin de Reuzé singe la BD contemporaine qui n'hésite pas à reprendre le même dessin sur plusieurs cases. Comme vous l'aurez compris, ce bougre ne prend vraiment rien au sérieux, pas même son éditeur !
Emmanuel Reuzé tord et maltraite les clichés de la société et livre une BD hilarante et grinçante à souhait
Tome 2
Faut-il une dérogation pour insulter un patron raciste ?
Peut-on passer des vacances sur le continent de plastique ?
Peut-on se faire rembourser un enfant défectueux ?
Retrouvez toutes les réponses à ces questions dans Faut pas prendre les cons pour des gens, un album d'humour absurde sur la bêtise ordinaire
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le premier tome de "Thérapie de Groupe", "L’Étoile qui danse", mettait en scène un auteur de bande dessinée en plein désarroi à la recherche de l'inspiration. Dans le second tome de cette trilogie, "Ce qui se conçoit bien", l'auteur, toujours en panne, poursuit sa quête de l'idée du siècle afin de redevenir l'auteur à succès qu'il était. Après ses échecs répétés il est désormais hébergé par la Clinique des Petits Oiseaux Joyeux (" Clinique Psychiatrique pour fous, gros et demi-gros.").
Il y expérimente la vie en communauté et va donc participer, ou non, aux animations proposées : sport ("De vous à moi, c'est pas pour critiquer, mais on ne fait pas une équipe de foot potable avec des sociopathes."), atelier de dessin, rencontre avec le psychiatre ("J'aime bien les psychiatres, ce sont les seuls à écouter sérieusement les fous...", distribution de médicaments ("la drogue y est gratuite et en plus - et je n'ai jamais vu ça ailleurs - il y a toujours quelqu'un pour s'assurer qu'on prenne bien toute notre drogue. C'est bien simple, je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas plus de monde".).
En décrivant un Manu Larcenet en manque d'idées, l'auteur ouvre des dizaines de pistes qu'il explore avant de les refermer et démontre paradoxalement une imagination débordante. Il continue d'explorer l'histoire de l'Art, fréquente Jérôme Bosch et Brueghel l'Ancien, convoque Boileau et Nietzche à un débat télévisé, dialogue avec Baudelaire et réinvente le western.
Le séjour à la clinique porte ses fruits et l'auteur, pas forcément guéri mais apaisé, retrouve sa famille.
Un happy end provisoire en quelque sorte : "Aux Petits Oiseaux Joyeux, si on met de côté quelques suicidaires, en général tout se finit bien ." Un album dense d'une originalité absolues. C'est riche, débridé, foisonnant, intelligent, drôle, décalé et désespéré. Mais l'auteur est aussi un artiste et, en revisitant les grands maîtres, il démontre une incroyable virtuosité graphique.
Manu Larcenet, le dessinateur, peut tout dessiner, jongler avec les couleurs, le noir ou le sépia, adopter tous les styles ; c'est un créateur torturé et complet. Les lecteurs familiers de l'auteur ont évidemment déjà lu le premier tome de cette série hors-norme. Pour ceux qui sont en première année de Larcenet, il est recommandé de le découvrir en commençant par lire le sensationnel "Combat Ordinaire", son premier très grand succès.
Quel dommage, avec un titre pareil, un titre aussi dément, de faire une petite soupe à la Twilight, romantico-ado-nunuche…
Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) de Lizzie Crowdagger
Bon, il y a des petits moments drôles… des tout petits.
Mais zut et re-zut, avec un titre de bombe atomique pareil, ce livre aurait dû tout démonter.
Loupé
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Engagée dans un parcours transsexuel, Cassandra décide de se procurer des hormones auprès d'une association lesbienne, tout en ignorant que cette structure sert de couverture à un gang de motardes surnaturelles