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Catégorie : Albums et BD
Bandes dessinées, romans graphiques, albums, récits graphiques, livres d’images, beaux livres, romans photos… Tous genres confondus
L’histoire de Giono est belle, magnifique, poétique. Elle fait rêver d’une humanité réconciliée avec sa terre.L’homme qui plantait des arbres : d’après l’oeuvre de Jean Giono de Florence Lebonvallet, dessin de Daniel Casanave, couleurs de Claire ChampionL’adaptation est splendide. La poésie des arbres, du temps et du sirocco se partage à chaque page.
Et la guerre ? Oui, il y a la guerre.
Mais passé le temps des obus, le vent revient caresser les feuilles des chênes au soleil et Elzéard Bouffier plante les arbres de demain
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il y a environ une quarantaine d'années...
Je faisais une longue course à pieds sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Elzéard Bouffier, berger solitaire des Alpes arides et venteuses de Haute-Provence, comprend un jour que son pays meurt par manque d'arbres. Il se donne alors une mission d'une simplicité qui confine au merveilleux: planter des arbres.
Des centaines de milliers d'arbres.
Il y a comme un air de Sempé dans ces images, dans la poésie enfantine de cette histoire aussi. En plus triste pourtant.Mémoires d’un garçon agité de Vincent Zabus, dessins et couleurs de Valérie VernayEt si c’est très réussi, l’histoire plonge finalement dans un mélo irrattrapable.
Et en partant des petits deuils de l’enfance, ces mémoires finissent par devenir bien sombres
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il est dans la courbe.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Âgé d'une dizaine d'années, Germain est un garçon sensible qui décide un jour d'écrire ses mémoires. Persuadé d'être responsable de la mort de sa petite sœur, il éprouve une culpabilité profonde et il se réfugie alors dans l'écriture, essayant maladroitement d'exprimer ce sentiment de culpabilité qui ne le quitte pas car, chaque jour, il pense à elle. Une histoire d'une sensibilité rare qui évoque la question du deuil et de l'enfance.
Publié trois ans après Silence, cette bande dessinée reprend des lieux similaires et la même sensation d’oppression s’en dégage. Entre sorcellerie et religion, les nouveaux venus ne sont guère bien accueillis.La belette de Didier ComèsComès accentue ici le trait et les visages en pâtissent en même temps que le scénario se montre moins créatif.
Une suite (qui n’en est pas vraiment une) moins heureuse que le noir et brillant Silence mais qui, avec lui, annoncent les débuts du roman graphique
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) ... Non ! Non ! ...
Rien à faire, elle ne me plaît pas !
... Je la sens hostile !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) En quelques sortes, un prolongement de « Silence ». La sorcellerie est toujours le vecteur de ce très bel album. Plusieurs éléments se côtoient dans ce roman qui a pour cadre la région natale de Comès. La fécondité et Démeter, la déesse mère avec Anne, Pierre son fils autiste et la Belette face à la religion représentée par le curé Schonbroodt sans oublier la nouvelle religion : la télévision représentée par Gérald, réalisateur venu de la ville. Les tensions et les rivalités du petit village Amercoeur sont dépeintes avec beaucoup de sensibilité.
Bande dessinée marquante de mon enfance, on ne disait pas encore « roman graphique » (… il faudra d’ailleurs qu’on m’explique), j’ai rouvert Silence comme un grimoire magique avec la crainte que son pouvoir ait disparu.Silence de Didier ComèsAlors certes, il s’est quand même émoussé. Mais tout est encore là. Le trait, les aplats, le scénario, les planches (au découpage quand même très tradi), le rythme, l’atmosphère poétique. Tout est encore là.Une BD phare des années 80 pleine de magie rurale, d’injustice et d’une grâce surréelle
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je mapel Silence é je sui genti
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Je mapel Silence é je sui genti ».
Ainsi les lecteurs de la revue (A Suivre) découvrent-ils, début 1979, l'ouvrier agricole mutique et désarmant auquel a donné naissance Didier Comès. C'est un choc. Une fois lue cette somptueuse histoire, personne n'oubliera de sitôt cet extraordinaire personnage lumineux exploité par un paysan prospère de son village... Interprété dans un noir et blanc irradiant de virtuosité, le maître-livre de Comès - à bien des égards l'un des premiers romans graphiques francophones - demeure une référence majeure de la bande dessinée contemporaine.
Passeur(s) raconte le voyage de clandestins originaires de Syrie, partis de Izmir en Turquie et souhaitant se rendre au Royaume-Uni. Il raconte la violence des passeurs, les conditions du transport et la soumission des migrants, totalement à la merci de leurs convoyeurs.Passeur(s) de Damien Perez et Fréderic Loore, dessins et couleurs de Fernando BaldoUn album violent, rude. Aux dessins froids et monochromes totalement raccords avec l’inhumanité de ce trafic.
Une belle réussite suivie d’un petit dossier explicatif sur la traite et le trafic d’êtres humains
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) ─ Tu viens d'où, toi ?
─ De Sfireh, près d'Alep.
─ « De Sfireh, près d'Alep », Hein...
─ Mais putain de bouffon, va.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Payer des passeurs, c'est quand même plus simple. Surtout qu'ils font crédit. »
Cynique et désabusé, Awar convoie des migrants de la Syrie vers l'Angleterre, traversant une bonne partie de l'Europe. Lorsqu'Esrin, une jeune Kurde portant le foulard des combattantes YPJ, réveille en lui de sombres souvenirs, le passeur doit choisir. Renoncer à ce job lucratif pour sauver l'adolescente des mains d'un terrible mafieux ou museler son humanité ? Après tout, ça ne serait pas la première fois...
Fondé sur les enquêtes de terrain du journaliste Frédéric Loore, Passeur(s) offre un regard inédit et sans concession sur le trafic d'êtres humains vu à travers les yeux de ceux qui l'organisent.
Un récit oscillant entre violence, solidarité, quête de survie et espoir d'une nouvelle vie.
In limbo raconte les difficultés d’une jeune immigrée coréenne aux États-Unis. Racisme, difficultés d’intégration et problèmes d’identité. A cela s’ajoute une mère culpabilisante aux injonctions toxiques. Un très bon cocktail pour préparer une dépression et une tentative de suicide.In limbo de Deb JJ Lee, trad. de Léana FélixUne histoire intime et sensible. Celle d’un parcours chaotique vers un épanouissement personnel et une relation mère-fille apaisée.Un album monochrome bleu pétrole très réussi avec un grain d’image qui apporte beaucoup douceur à cette autobiographie qui en manque cruellement
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je peux changer mon apparence.
Enfin, dans ma tête.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) La famille de Deborah (Jung-Jin) a émigré de Corée du Sud aux États-Unis. Depuis ce jour, elle se sent différente. Comme si un monde la séparait des autres.
Enfant, elle a eu du mal à s'adapter. Elle n'arrivait pas à parler anglais. Des années plus tard, c'est tout l'inverse. Elle ne parle plus coréen. Elle tente de s'intégrer, mais rien ne va. Ses professeurs n'arrivent pas à prononcer son nom coréen. Son visage n'est pas comme celui des autres. Surtout ses yeux. Elle voudrait tout changer et être « normale ».
Aujourd'hui, Deb est au lycée, et tout est encore plus difficile. Ses amitiés changent, évoluent, se brisent. Elle n'arrive plus à suivre en cours. Les disputes avec sa mère dégénèrent. Elle est coincée dans les limbes, prisonnière du vide, sans le moindre refuge. Sa santé mentale s'effondre. Confrontée à une telle souffrance, elle tente de se suicider.
Mais Deb est forte. Elle veut guérir. Elle essaye. Chaque jour est une bataille. Pas à pas, elle tente de reconstruire son monde, grâce à l'art et à la psychothérapie. C'est en prenant soin de sa santé mentale, émotionnelle et physique qu'elle va renouer avec son héritage coréen. Un travail qui l'aidera à comprendre qui elle est.
Sangliers nous fait passer de l’autre côté du miroir d’une jeune maquilleuse, candide instagrameuse beauté. Sangliers de Lisa BlumenEt si les images sont d’un exaspérant rose bonbon elle soulignent parfaitement le propos. Une image lisse, joyeuse aux pastels paradisiaques maquillant une réalité bien moins glam’
Une très belle réussite
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Bonjour, ça va ? Vous pouvez signer ici, comme d'habitude.
Merci !
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Nina est maquilleuse professionnelle, mais c'est son activité d'influenceuse beauté qui l'occupe principalement. Son quotidien est rythmé par la création de tutoriels pour les réseaux sociaux. Elle aime son métier, et c'est avec le pseudo NINA MAKEUP qu'elle s'y investit avec ferveur. Mais pour exister dans ce monde du paraître, elle se doit d'être productive et Nina s'enferme dans une routine qui la pousse à la solitude. Son exposition médiatique ne lui apporte que désillusion et elle est victime de harcèlement. Son agent lui met la pression, sa famille ne la comprend pas, un partenariat commercial menace son éthique et le plus angoissant : un inconnu rôde autour de chez elle. La réalité se mélange à l'existence numérique et floute les frontières de la raison, créant la figure d'un sanglier chimérique.
Après une incursion remarquée dans la science-fiction (Avant l'oubli et Astra Nova), Lisa Blumen reprend ses feutres à alcool pour donner cours à un thriller psychologique qui matérialise des réflexions sur la marchandisation de la beauté féminine et le sexisme ordinaire. Le personnage principal lutte contre un ennemi à la fois invisible et omniprésent : la superficialité que l'on attend d'elle. En exposant l'envers du décor, Sangliers met en scène une figure contemporaine on ne peut plus controversée, mais finalement trop peu exploitée dans la fiction, l'influenceur.euse.
C’est beau, tendre, délicat, subtil. Carton plein pour Karl !Karl de Cyril BoninLe dessin (et ses chaudes palettes de couleurs) de Cyril Bonin est tout à fait remarquable, il est immédiatement identifiable et plus encore aujourd’hui où la majorité des bandes dessinées sont réalisées numériquement. Le traitement de l’histoire également. Un déroulement qui prend son temps, un univers poétique, un équilibre fin entre textes et images, entre dit et non-dit.
Une histoire de robot pleine d’humanité
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) J'espère que vous avez été satisfaite de nos services, Mlle Brooks. Votre père avait déjà pris des dispositions et nous nous sommes efforcés de la respecter.
C'était très bien. Merci.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Charles Brooks, riche banquier fantasque, meurt dans un accident de voiture aux circonstances troubles. Sa fille, Magda qui ne l’a pas vu depuis près de dix ans, hérite de sa vaste demeure.
Alors qu’elle ouvre une à une toutes les pièces de la maison elle découvre, glissé dans une housse, un robot bleu acier mis en veille…
C’est Karl, l’androïde-majordome de son père disparu.
Pour Magda, qui préfère les relations humaines aux technologies, Karl n’est qu’un objet froid. Que va-t-il lui révéler quand elle décide de le rallumer… ?
C’est un genre d’humour que j’affectionne tout particulièrement. En plus, ici, c’est souvent franchement très drôle !Fables bucoliques autogérées de PopolitiqueUne bande dessinée qui n’est pas sans rappeler le Petit traité d’écologie sauvage d’Alessandro Pignocchi et ses sublimes aquarelles. Certes, ici, pas de dessins au style aussi impressionnant, mais des comptines bien affirmées et un rythme rapide. Un vrai bonheur.
Un album activiste parfois inégal mais dont certaines pages méritent amplement d’être sauvées de l’autodafé par ce pauvre colibri
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Un jour, la catastrophe arriva. Un immense incendie s'était déclaré dans la vieille forêt.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Les Fables bucoliques autogérées invitent à imaginer ce qu'il se produirait si tout ce qui constitue le vivant, les animaux, les plantes, se mettait à réfléchir, parler et se comporter comme les êtres humains.
Des planctons imaginent en quel plastique ou hydrocarbure ils seront transformés. Des loups déconstruisent le mythe du mâle alpha. Des poules se mettent à penser que c'était mieux avant, quand elles étaient de gros dinosaures. Et les fourmis sont bien entendu marxistes et rêvent du grand soir. À travers ces fables, tous ces êtres vivants deviennent enfin des acteurs politiques, au sens large.
Non, l’histoire de la Suisse n’est pas faite que d’un long fleuve tranquille bercé par la paix du travail. L’armée fut parfois convoquée et a même tiré sur la foule en 1932 à Genève.La révolte des cigarières de Éric Burnand, aquarelles de Fanny VaucherCette bande-dessinée raconte une de ces révoltes en 1907, celle d’ouvrières dans une usine de cigares à Yverdon. Des salaires de misères, des amendes, des conditions de travail et des habitations insalubres, des pressions et des connivences politiques, l’intervention de l’armée…
Les aquarelles sont très vivantes et l’album est complété d’un petit dossier qui donne envie d’en savoir encore plus. Et en allant plus loin, il est même possible de comprendre pourquoi un club de foot antifasciste à Lausanne s’appelle le FC Hardegger
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Villa Fleur d'eau à Grandson, près d'Yverdon, propriété des frères Vautier, fabricants de cigares.
Le 6 juin 1906
Oh ! Petite dévergondée... Tu as à peine 18 ans...
Je ne peux pas te garder à notre service dans cet état.
Qui est le père ?
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Cette nouvelle bande dessinée d’Eric Burnand et de Fanny Vaucher retrace un événement majeur de l’histoire sociale suisse: la révolte, en 1907, des «petites mains» féminines de la fabrique de tabacs Vautier, aujourd’hui disparue.
Les cigarières d’Yverdon furent les premières en Suisse à organiser une grève entièrement menée par des femmes.
Quand Sara débarque en 1907 dans la fabrique de cigares de la petite ville d’Yverdon, la colère gronde. Salaires dérisoires, horaires épuisants, conditions de travail déplorables et, en prime, l’interdiction de se syndiquer : les ouvrières n’en peuvent plus !
La révolte qui s’annonce va ébranler la bonne société locale, révéler des clivages parmi les cigarières et faire éclater un secret de famille. Sara, Lucie, Berthe et les autres vont-elles en sortir indemnes ?
Au fil de cette bande dessinée, Fanny Vaucher (aquarelles) et Eric Burnand (scénario) nous plongent dans l’histoire captivante de la première grève menée par des femmes en Suisse.
Un dossier thématique richement illustré de documents et photos d’archives expose en fin d’ouvrage le contexte et la situation des ouvrières au début du 20e siècle.