Camiothécaire-biblioneur aux lectures éclectiques. Romans, essais, biographies et autobiographies, récits de voyage, bandes dessinées, nouvelles, chroniques, témoignages… des critiques selon l'humeur
C’est drôle et choukinou. Et en même temps, c’est engagé et percutant. Insolente veggie : une végétalienne très très méchante de Rosa B.Rosa B. pose ça là. Pour manger des animaux, il faut les tuer ! Normal ? Franchement ? Une petite bande dessinée à fuir pour qui ne souhaite pas se remettre en question
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je ne voulais pas faire de livre.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Auto-proclamé « blog BD extrémiste d'une végétalienne humaine pour la libération animale », Insolente Veggie est un blog plein d'humour et de succès qui sévit sur la toile depuis 2008. Premier album de bande dessinée consacré et dédié aux végétaliens extrémistes et très très méchants.
L'album reprend des dessins qui ont fait le succès du blog Insolente Veggie et propose aussi de nombreux inédits.
L'auteure aborde avec humour et esprit militant ce qui fait le quotidien des végétariens, des végétaliens et des vegans aujourd'hui : végétarisme, végétalisme, véganisme, écologie, carnisme, spécisme, antispécisme, lait, oeufs, viande, élevage, abattage, corridas, cirque, chasse, zoos, vivisection
Adrien est un looser magnifique doté d’une triste autodérision, consternante autant qu’hilarante.
Le pitch est tout simple et illustre parfaitement sa situation : son futur beau-frère lui demande de faire un discours pour son mariage avec sa sœur alors qu’il vient précisément de se faire larguer.Le discours de Fabrice CaroUne histoire aussi navrante qu’elle est drôle, racontée dans un long monologue plaintif et auto-consterné non dénué d’humour.
À réserver toutefois aux amateurs d’un schadenfreude mélancolique
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) « Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. » Il laisse tomber ces quelques mots, comme ça, sans plus d'ornements, sans même me regarder, appliqué à se servir un verre de vin rouge qu'il vide dans la foulée. Le détachement, l'absence totale de solennité qu'il imprime à cette phrase empêchent toute négociation.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Je prononcerai ce discours à une condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes, Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café. »
Lors d’un dîner en famille, Adrien, qui vient de se faire plaquer, apprend qu’il doit prendre la parole au mariage de sa sœur. Entre le gratin dauphinois et les tentatives de discours toutes plus absurdes les unes que les autres, il n’espère qu’une chose : que Sonia revienne.
Entre polar et roman noir, cette sombre histoire se déroule au dessus d’enfouissement de déchets toxiques en Sologne.La proie et la meute de Simon FrançoisSon style un poil à l’ancienne en fait un page turner rythmé et fort plaisant à parcourir au milieu d’une campagne repliée sur elle-même et où les écolos (et tous les autres qui ne rentrent pas dans le rang) font des cibles parfaites pour les fachos et les chasseurs avinés
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Le vieux sanglier écume. Derrière lui, les aboiements lointains des chiens fredonnent la mélodie d'une mort certaine.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Un petit village du centre de la France, cerné de champs, barricadé par des murs de forêts et quelques fermes isolées, qui abrite une usine : un abattoir de poulets où travaille la quasi-totalité des habitants.
Presque tous, sauf Romain, le marginal, l’homme à tout faire, affligé d’un bec de lièvre qui lui vaut le surnom « Lapin ». Romain, aussi habile dans les arbres où il aime bâtir des cabanes que les pieds dans la rivière où il pêche, loin du monde, loin du village qui l’a toujours tenu à l’écart et exerce contre lui une sourde violence.
Depuis sa plus tendre enfance, le géant blond, est épris de Solène, l’actuelle maire de la bourgade. Alors quand cette dernière disparaît, mêlée malgré elle à une sombre histoire d’enfouissement illégal de déchets, c’est le soleil de Romain qui s’éteint brutalement.
Reste la vengeance…
Si son premier roman, Suiza, m’avait cisaillé, Saint Jacques ne m’avait guère laissé de souvenirs et j’avais donc laissé Gonzalo de côté… Jusqu’à ce que, bienheureusement, on m’en loue la qualité. Et merci !Gonzalo et les autres de Bénédicte BelpoisCe roman choral où les amis, voisins et famille de Gonzalo prennent tour à tour la parole, respire la vie.
Un livre magnifique ou l’amour, tout comme Gonzalo, s’en vient et s’en va
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Aujourd'hui j'ai écrit à la Tía Cayetana.
Elle seule peut faire quelque chose pour moi. Elle ira parler au Père, certainement, elle plaidera ma cause. Elle a toujours trouvé les mots pour l'adoucir et il l'écoute comme un oracle depuis l'enfance.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Gonzalo, fils d’un viticulteur d’un petit village d’Estrémadure, s’enfuit pour éviter le service militaire instauré par les franquistes et le destin médiocre auquel il se croit promis. Mais, après des années passées en France et un amour malheureux, il embrasse de nouveau ses racines et l’immuabilité de la vie rurale.
Il devient alors pour les autres le confident, celui à qui chacun peut livrer les grandeurs et les misères de son existence. Car c’est le portrait d’un village qui se dessine au travers des récits de ces personnages si attachants, un lieu clos où tous se connaissent et où chacun conserve ses secrets. Avec ce roman, Bénédicte Belpois continue de tracer une œuvre singulière au prisme d’une écriture très haute en couleur, sincère et émouvante.
Roman… ? Oui mais pas tout à fait. Roman historique, roman politique, roman réel ?Mémoire sous scellés de Saphia AzzeddineSaphia Azzeddine se penche sur le pillage des oeuvres d’art en Irak. Sur l’hypocrisie, le cynisme ou l’aveuglement volontaire qui permet de dépouiller les patrimoines culturels dans les pays en guerre.
Un roman plus froid et distant que ses précédents, mais très ancré dans la réalité (et l’actualité) avec un mélange entre les faits avérés et la fiction finement géré
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) ─ Non, ce n'est pas grâce à notre industrie militaire que nous sommes les plus forts, Maya, c'est d'abord grâce à notre industrie de la narration, lui dit Arthur.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) A-t-on le droit de voler l’histoire d’un peuple ?
Après avoir été ravagé par la guerre, l’Irak est en proie à un autre fléau, moins spectaculaire mais plus vicieux : le pillage de son patrimoine culturel. Après que toute sa famille a été décimée par une bombe, Maya grandit avec une juste colère qui l’entraîne vers les sphères opaques du pouvoir, et c’est sans relâche qu’elle traque ceux qui confisquent le futur en pillant le passé et en fabriquant les récits d’aujourd’hui. De Bagdad à Paris, de Londres aux musées les plus prestigieux du monde, Maya se lance dans une enquête périlleuse afin de démanteler un réseau international de trafiquants et, l’ironie s’en mêlant, c’est sur le tapis rouge de la plus mondaine des soirées new-yorkaises que celle-ci se dénouera.
« Au Met Gala de New York, Kim Kardashian, posait, engoncée dans une robe lamée ornée d’une croix chrétienne aux côtés d’une icône tout aussi rutilante. Enrobé à la feuille d’or, le cercueil du prêtre Nedjemankh était le seul dont elle acceptait qu’il lui fasse de l’ombre, plus de 2 500 ans les séparant l’un de l’autre. Le sarcophage était là, dressé à côté de la star, impassible, sous une pluie de flashs dont il ne semblait pas vraiment comprendre le sens. »
Voilà une adaptation fort réussie d’un roman (que je n’ai pas lu, mais qui m’a quand même donné l’envie de lire une fois un Guillaume Musso)La vie secrète des écrivains de Miles Hyman, d’après le roman de Guillaume MussoJ’avais découvert Miles Hyman avec sa sublime adaptation de La loterie de Shirley Jackson et là encore, le trait est magnifique (bien que fort statique) et l’atmosphère colle parfaitement au sujet.Une histoire d’écrivain reclus et de meurtres non élucidés
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) On appelle cela l'effet Streisand : plus vous cherchez à cacher quelque chose, plus vous attirez la curiosité sur ce que vous souhaitez dissimuler.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) « Tout le monde a trois vies : une vie privée, une vie publique et une vie secrète... »
Gabriel García Márquez
Après avoir publié trois romans devenus cultes, le célèbre écrivain Nathan Fawles annonce qu’il arrête d’écrire et se retire à Beaumont, une île sauvage et sublime au large des côtes de la Méditerranée.
Vingt ans après, alors que ses romans continuent de captiver les lecteurs, Mathilde Monney, une jeune journaliste, débarque sur l’île, bien décidée à percer son secret. Commence entre eux un dangereux face-à-face, où se heurtent vérités et mensonges, où se frôlent l’amour et la peur...
Une lecture inoubliable, un fascinant roman de Guillaume Musso magistralement adapté par Miles Hyman.
Dans les années 90, c’est la zone pour les jeunes à Isheim. Il n’y a pas grand-chose pour eux. Au mieux, une boum et une mob. On était des anges, 1/2 de Anne-Caroline Pandolfo, dessins et couleurs de Terkel RisbjergC’est les années punk et new wave à l’âge désillusionné des hormones qui bouleversent.Le dessin est d’un magnifique charbonneux, le scénario tient la route et surtout, accroche parfaitement pour s’impatienter de la venue du tome deux… trente ans plus tard
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Foook !
Fook !
Feuk !
Pas « Feuk », « feuk », ça fait minette. C'est nul, « feuk ».
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Années 1990. Un groupe de jeunes désœuvrés traîne son ennui dans une petite ville pavillonnaire du Grand Est. Isheim est peut-être un endroit où les parents trouvent leur compte de tranquillité après le travail mais, à seize ans, la tranquillité ne fait pas partie des rêves que l'on peut avoir. Certains, comme Chris, Magou ou Tralala, font avec... aussi parce qu'il faut bien quelqu'un pour s'occuper des petits frères et sœurs. Mais Hervé et Vivi, eux, ne pensent qu'à partir. Où ? « N'importe où ! Loin de ce trou. » En attendant, ça débat sur la bonne prononciation de fuck, ça organise des boums à coup de Goldman et Jeanne Mas - une vraie « fanfare de punks » pour les voisins -, ça se retrouve la nuit en cachette...
Il faut parfois une étincelle pour amorcer le mouvement. Pour Vivi, ce sera Persille - celle qui danse toute seule dans les champs, qui fait du patin à roulettes sous les lampadaires, la « folle », qui a encore moins de raisons que les autres de rester à Isheim. Et les yeux noirs de Vivi sont fascinés par la blondeur de Persille...
Justesse des situations, humour des dialogues... À se demander si Anne-Caroline Pandolfo n'a pas connu certains des huit ados ! Tout comme le beau dessin charbonneux de Terkel Risbjerg semble n'avoir attendu que les Cure et cette mode des années 1980 pour s'épanouir...
Lire Jérome Ferrari est une expérience multiple. La forme est peut-être ce qui impressionne le plus avec un style travaillé et une écriture sublime. Le fond ensuite, avec ici une histoire d’expatriés et d’émigrés, de mélange de cultures et de coexistence de différentes origines sociales qui ne se mélangent pas toujours.Très brève théorie de l’enfer : contes de l’indigène et du voyageur de Jérôme FerrariMais finalement, ce sont les émotions qui emportent tout dans ce drame qui se joue ailleurs, un ailleurs qui ne sera jamais chez soi
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Sache, ô Roi du Temps, Roi très aimé, que dans les vastes étendues de l'enfer, où souffle un vent de Pestilence et d'Effroi, se trouve, bien au-delà de la septième porte, une demeure souterraine dont Satan lui-même, dit-on, ne peut se rappeler l'emplacement.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Après avoir quitté son île natale pour enseigner à Alger, un homme, mû par le désir d’un ailleurs où échapper à lui-même, prend un poste au lycée français d’Abu Dhabi et s’y installe avec femme et enfant. Bientôt, leur trajectoire effleure celle de leur employée, Kaveesha, partie du Sri Lanka trente ans plus tôt et voguant depuis de famille en famille pour subsister.
Expatrié, immigré – deux manières d’être étranger, deux mots pour dire deux mondes, séparés par un mur invisible que l’empathie ne saurait abattre.
Dans une langue acérée, ténébreuse, Jérôme Ferrari poursuit l’examen lucide de notre rapport à l’autre et livre un nouvel opus déchirant des « Contes de l’indigène et du voyageur ».
On s’était connus avec La Suisse lave plus blanc puis La Suisse, l’or et les morts. C’était l’époque de la Commission Bergier et des secrets de polichinelles qui tombaient les uns après les autres. Le voile se levait sur une sale époque (est-elle terminée ?) mais qui fut bien lucrative pour tous les profiteurs.
Jean Zigler
Qu’en dire ? Si ce n’est que nous sommes gentiment passés de l’hypocrisie au cynisme !
L’histoire de Giono est belle, magnifique, poétique. Elle fait rêver d’une humanité réconciliée avec sa terre.L’homme qui plantait des arbres : d’après l’oeuvre de Jean Giono de Florence Lebonvallet, dessin de Daniel Casanave, couleurs de Claire ChampionL’adaptation est splendide. La poésie des arbres, du temps et du sirocco se partage à chaque page.
Et la guerre ? Oui, il y a la guerre.
Mais passé le temps des obus, le vent revient caresser les feuilles des chênes au soleil et Elzéard Bouffier plante les arbres de demain
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Il y a environ une quarantaine d'années...
Je faisais une longue course à pieds sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Elzéard Bouffier, berger solitaire des Alpes arides et venteuses de Haute-Provence, comprend un jour que son pays meurt par manque d'arbres. Il se donne alors une mission d'une simplicité qui confine au merveilleux: planter des arbres.
Des centaines de milliers d'arbres.