Le nouvel équilibre

Cette nouvelle qui a gagné le Prix Ailleurs & Demain du futur optimiste le mérite amplement. Candide ou naïf, ce texte l’est évidemment, pourtant ! A le lire, tout cela semble si simple, si évident, si normal et naturel !

Alia est réveillée par l'odeur de praliné et de crêpes qui embaume le salon. Les paupières encore closes, elle sourit. Les ronflements de son père ont opéré leur magie, lui permettant de trouver rapidement un sommeil profond et réparateur. Elle entend chantonner dans la cuisine un air familier, celui des jours heureux où la vie est simple. Elle se sent bien. Les événements de la veille restent flous dans son cerveau à moitié endormi. Mais lorsqu'elle ouvre les yeux, ils affluent brusquement. L'enterrement, les carnets, le tirage au sort.
Le nouvel équilibre de Amélie Géal
Mais bien sûr, ce serait sans compter sur notre avidité, notre cupidité et notre égoïsme.

Une nouvelle réjouissante et enlevée sur un futur vertueux possible mais qui semble paradoxalement totalement inaccessible aujourd’hui

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
À son réveil, les rayons du soleil réchauffent déjà le visage d'Alia. Mauvais signe. Elle ouvre les yeux et fixe la lumière franche qui éclaire sa table de chevet. Il doit être huit heures passées. Plus tard qu'elle ne l'aurait voulu.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Lundi 21 mai 2085

Alia attend la publication des résultats du tirage au sort. Elle allume son Eterna et cherche les noms des représentant·e·s qui, pendant sept ans, bâtiront le futur du monde et de ses habitant·e·s.

Mais une autre nouvelle s'affiche : sa grand-mère, scientifique reconnue, est décédée. Troublée, Alia se tourne vers les journaux intimes qu'elle a laissés, espérant trouver dans le passé des réponses aux questions que lui pose l'avenir.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu

Western drôle à l’ancienne avec des pistolets, du désert, des trains et des caravanes, des méchants, des niais, des morts et des indiens. Le tout de bonne facture. Rien à dire, le boulot est fait et même bien fait.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 1 : Chili con carnage de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Lorenzo Pieri
En bonus, l’héroïne principale use de ses armes avec beaucoup de talent et tient le manche de ces quatre albums avec poigne, douceur, séduction, pleurs, sourire, charmes et même : revolver en main !

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 2 : Sur la piste de Madison de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Au menu, trahisons, retournements de situations, manigances et… comme pour tout bon western : du sang, des viscères et des morts !

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 3 : Le mystère de la femme araignée de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Le fond de l’histoire est également bien trouvé avec le second amendement de la constitution et l’avenir des États-Unis qui se retrouve en jeu.

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, tome 4 : La loi du plus fort de Wilfrid Lupano, dessins de Paul Salomone, couleurs de Simon Champelovier
Bref, une bande dessinée en quatre tomes, drôle et mouvementée qui, sans être un chef d’oeuvre absolu se défend fort bien avec charme, violence et humour

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tome 1 : Chili con carnage
TroOOOoo ChoOOohhh...
Vous avez raison Monsieur Hoggaard. C'est inhumain, cette chaleur.

Tome 2 : Sur la piste de Madison
C'est qui, ce gars-là ?

Tome 3 : Le mystère de la femme araignée
Allez, mon vieux Tim. Tu vas le retrouver, cet indien, et lui faire la peau ! Tôt ou tard !

Tome 4 : La loi du plus fort
J'vvouus juuuure...
P... Pas vue, non...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tome 1 : Chili con carnage
Début du XXe siècle, Arizona... Maître Byron Peck, citoyen britannique et avocat d'affaires, escorté de son acolyte, l'effrayant Monsieur Hoggaard, parcourt le désert en quête d'un mystérieux papier qui pourrait changer à jamais le cours de l'histoire des états-Unis d'Amérique. Dans le même but, la dangereuse Margot de Garine s'associe à une bande de Mexicains sans foi ni loi... Et ils seront sans pitié !

Tome 2 : Sur la piste de Madison
Pourquoi Margot de Garine a-t-elle quitté son époux, Maître Byron Peck ? Comment le Danois Knut Hoggaard, alors encore en pleine possession de ses moyens intellectuels, est-il entré dans la vie de Margot et de Byron ? Surtout, que contiennent ces mystérieuses lettres, pour lesquelles cet improbable trio est prêt à s'entre-tuer ?... Deuxième volet de la poursuite infernale au cœur de l'Arizona.

Tome 3 : Le mystère de la femme araignée
Margot sait y faire avec les hommes. Elle alterne baisers et coups de revolver. Certains ont eu droit aux deux traitements. Mais la méthode a un défaut : ceux qui survivent sont revanchards. Ainsi, Byron Peck et Knut Hoggaard ne sont plus seuls à traquer l'élégante voleuse en terre Navajo. Pour Margot, la messe semble dite. À moins que la mystérieuse "femme araignée" ne lui vienne en aide...

Tome 4 : La loi du plus fort
Washington D.C. Dans la jeune capitale, ce n'est pas le flingue qui fait la loi mais la finance... Lupano et Salomone mettent le point final à leur histoire de l'Amérique à contresens, ultime étape de ce voyage d'ouest en est. Dans cette Amérique de 1900 où le Congrès est dominé par les millionnaires, l'application de la loi Dawes permet la spoliation de milliers d'hectares de terres indiennes et la NRA, jeune association de promotion des armes à feu, intrigue pour faire voter une loi à sa mesure. Tandis que dans les banques le TIC TIC d'une nouvelle machine est en train de changer le monde, nos héros se retrouvent pour un chassé-croisé impitoyable...

La physique pour les chats

Drôle, taquin et mignon ! Certes, toutes les pages ne se valent pas, mais quelles pépites, quelles réussites, quel humour !

La physique pour les chats de Tom Gauld, traduction de Éric Fontaine
Bienvenue en absurdie, domaine de prédilection des scientifiques acharnés.En plus, c’est vraiment tout chou

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Crash !
Une fois de plus, j'ai confirmé mon hypothèse, mais de plus amples recherches seront nécessaires.
J'adore la science.


Yiyun

Pour celles et ceux qui le suivent depuis ses débuts, cet album est un vrai trésor de nostalgie. Cosey y a posé tous ses amours : l’Asie, bien sûr, mais aussi les montagnes suisses, un poil de politique contre la répression chinoise, de la neige, une romance inaboutie, de la bande dessinée d’après-guerre… et même Jonathan qui vient y faire un petit caméo surprise ! Sans compter quelques surprenants dinosaures ou les découpages au cœur du récit.

Yiyun de Cosey
Une merveille de planches au style si reconnaissable, fourmillantes de références et de clins d’oeil.
Une très belle réussite accompagnée d’une préface sympa de Maou et d’exquises esquisses !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La première fois que je l'ai vue, j'ai cru qu'elle était Miss Wu en personne...


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Années 90 au Pays d'Enhaut, Alpes vaudoises. Urs, 14 ans, croit reconnaître, parmi des élèves venus d'Angleterre, Miss Wu la belle chinoise (qui porte un cache-œil) d'une ancienne BD d'aventures. Les tentatives de parler à la jeune sosie de Miss Wu, qui en réalité se prénomme Mei, semblent vouées à l'échec… Jusqu'au moment où Urs parvient à entraîner Mei sur le télésiège au moment de la fermeture. Les deux adolescents se retrouvent bloqués sur l'installation arrêtée pour la nuit. Persuadés de finir congelés avant l'aube, ils se rapprochent de plus en plus… Ils sont retrouvés par les secours quelques instants après leur premier baiser.

L'été suivant, lors d'une randonnée, Urs s'étonne de tomber sur Mei. Elle se montre très distante, pour une raison qu'elle ne peut pas dévoiler.

10 ans plus tard, Urs réalise des découpages qui se vendent à quelques touristes séjournant dans la région. Un jour, à sa grande surprise, un courrier d'une galerie londonienne lui propose une exposition de ses œuvres.

A Londres, la baronne Frida von Fürstendorfkirchen, directrice de la Galerie F&M, lui présente sa compagne : Mei. Urs est étonné en retrouvant la jeune chinoise de ne ressentir ni déception ni frustration ni même désir. Face aux questions d'Urs, Mei retire son cache-œil, révélant ses deux yeux intacts, en précisant qu'il y a à Taïwan une personne qu'Urs connaît bien, qui pourra dévoiler enfin le mystérieux secret…

Le petit saint

Avec ce récit de l’enfance d’un futur peintre, Simenon s’attache surtout à décrire le Paris du début du 20e. Une mère, pauvre qui pousse sa charrette de fruits ou légumes pour nourrir seule ses six enfants. Un livre comme un tableau vivant, la vie de famille, les hommes qui ne restent rarement longtemps et le lit de la mère séparé d’un simple draps des paillasses des enfants. Et la maladie qui en emporte, puis la guerre.

 ─ A quoi penses-tu, Louis ?
 ─ A rien, man.
Elle poussait encore sa charrette sur quelques mètres de pavé, ses beaux yeux bleus fixés droit devant elle.
 ─ Tu es un curieux bonhomme.
Il existait entre eux une intimité faite d'une tendresse vague, qui ne se manifestait jamais par des mots, par des effusions, seulement par des regards furtifs, pudiques, ou par certaines intonations.
Il est vrai qu'il ne se souvenait pas d'avoir été blotti dans ses bras, comme dans ses livres de lecture. Lorsqu'il était bébé, peut-être ? Il gardait une vague image de sa mère tenant Émilie contre sa poitrine, mais c'était pour lui donner le sein.
 ─ Tu ne penses vraiment à rien ?
 ─ Je ne sais pas.
 ─ Il paraît qu'on pense toujours à quelque chose, même quand on ne s'en rend pas compte. Je ne sais plus qui m'a dit ça, quelqu'un qui avait fait des études.
Le petit saint de Georges Simenon
Et là, au milieu, Louis, le petit saint qui deviendra célèbre.

Simenon peintre naturaliste ou ethnographe tente de se rapprocher au plus proche de l’humain, avec ses corvées, travail, saletés et ses maigres instants de bonheurs

Tous les romans durs de Simenon
104. Le petit saint
103. L’homme au petit chien 105. Le train de Venise
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il avait entre quatre et cinq ans lorsque le monde commença à vivre autour de lui, lorsqu'il prit conscience d'une vraie scène se jouant entre des êtres humains qu'il était capable de distinguer les uns des autres, de situer dans l'espace, dans un décor déterminé. Il n'aurait pas pu préciser, plus tard, si c'était en été ou en hiver, bien qu'il eût déjà le sens des saisons. Probablement en automne, car une légère buée ternissait la fenêtre sans rideau et la lumière du bec de gaz d'en face, seule à éclairer la chambre, jaunâtre, semblait humide.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Ses camarades de classe le surnommaient le petit saint. Si on le battait, il ne ripostait pas et refusait de désigner le coupable. Il ne paraissait pas malheureux et se contentait d'observer les choses et les gens. A la maison, dans la promiscuité et la misère de la rue Mouffetard, il aidait sa mère, marchande de quatre-saisons, et la suivait, émerveillé, sur le carreau des Halles.

Plus tard, devenu l'un des peintres les plus célèbres de Montparnasse, lorsqu'on lui demandait « Maître, qui êtes-vous ? » ; il répondait pudiquement : « Un petit garçon » Simenon a déclaré à plusieurs reprises que « Le petit saint » était son roman préféré, et sans doute le plus personnel. Et lors de sa parution, en 1964, les lecteurs furent intrigués par cette bande-annonce qui disait « Enfin, je l'ai écrit ! ».

La dernière maison juste avant la forêt

Bienvenue dans une maison grand-guignolesque où le vaudou permet bien des extravagances.

La dernière maison juste avant la forêt de Régis Loisel et Jean-Blaise Djian, Dessins de Loisel et couleurs de Bruno Tatti
Un Loisel-Djian (pas vraiment pour les enfants) loufoque et burlesque, peuplé de créatures monstrueuses sous la domination de Mamacumba.

Mais quand le pouvoir tient à un bâton de rouge à lèvres, celui-ci peut s’avérer bien fragile

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Mais ça va pas la tête !
Quel con ce mec !


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Mamacumba, règne d'une main de fer sur son manoir, la dernière maison juste avant la forêt, grâce à ses mystérieux pouvoirs vaudous. Elle y vit entourée de son mari, le colonel, qu'elle a transformé en statue, de ses domestiques, créatures qu'elle a façonnées de ses mains, et de ses « demoiselles », de terrifiantes plantes carnivores, avides de chair humaine. Son fils Pierrot, à qui elle a jeté un sort, et qui se pense irrésistible malgré son physique terriblement disgracieux, vient les visiter pour l'anniversaire du colonel. Mais la fête va être troublée par l'entrée en scène d'un étrange cadeau : Mimi, une charmante prostituée, qui ne laisse vraiment personne indifférent.

Tante Jeanne

L’histoire d’un retour au pire moment possible. Fatiguée, malade, usée… Tante Jeanne va pourtant devoir tout reprendre en main dans la maison de son frère qui vient de se pendre au grenier.

Mais Henri est à peine plus âgé que moi, juste deux ans, et je me suis arrangée pour le faire parler.
Et pour qu'il t'emmène avec lui.
 ─ Oui. C'est ainsi que ç'a commencé. Mais je suis sûre que, sans Henri, la même chose se serait produite, seulement un peu plus tard.
Elle ajouta sérieusement en regardant sa tante :
 ─ Je crois que je suis une vicieuse. Il n'y a rien à faire.
Puis, excitée :
 ─ Ce n'est pas tellement la chose en soi, vous savez bien ce que je veux dire. La plupart du temps, cela ne me fait même pas plaisir. Et je sais, avant de commencer, qu'après je serai dégoûtée.
 ─ Tu commences quand même ?
 ─ Oui. C'est pourquoi je dis que je suis vicieuse.
Tante Jeanne de Georges Simenon

Un roman édifiant sur la (guère enviable) condition de la femme dans les années 50

 ─ Tu l'aimais encore ?
Jeanne la regarda et, sans répondre directement :
 ─ Je le connaissais si bien ! Je connaissais toutes ses petites faiblesses, toutes ses lâchetés, et Dieu sait s'il en avait !
 ─ Tu les lui disais ?
 ─ Oui.
 ─ Vous vous disputiez ?
 ─ Presque chaque nuit. Ensuite il me battait.
 ─ Et tu le laissais faire ?
 ─ Il m'arrivait de lui débiter ses vérités pour qu'il me batte.
 ─ Ça je ne peux pas le comprendre.
 ─ Cela ne fait rien. J'étais partie, n'est-ce pas ?
 ─ De mon plein gré, ne l'oublie pas. Et, quand on a commencé à dégringoler, c'est parfois une volupté de s'enfoncer, exprès, toujours davantage.

Tous les romans durs de Simenon
71. Tante Jeanne
70. Les volets verts 72. Le temps d’Anaïs
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
À la gare de Poitiers, où elle avait changé de train, elle n'avait pu résister. Dix fois, traînant à bout de bras sa valise, que les gens accrochaient au passage, elle était passée devant la buvette. Le malaise, dans sa poitrine, était vraiment angoissant et, plus elle approchait du but, plus souvent cela la reprenait. C'était comme une grosse boule d'air - certainement aussi grosse qu'un de ses seins - qui montait vers sa gorge en comprimant les organes et cherchait une issue, cependant qu'elle attendait, anxieuse, immobile, le regard fixe, avec, à certain moment, la certitude qu'elle allait mourir.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Jeanne, une femme âgée, revient dans son village après quarante ans d'absence. Fatiguée, malade et lassée par la vie, elle espère y trouver le repos. Mais elle découvre une famille à la dérive.

Son frère Robert, qui avait repris le commerce de vins paternel, s'est pendu, Louise, sa belle-soeur, s'adonne à la boisson tandis que les enfants d'Alice, Madeleine et Henri, méprisent leur mère.

Le temps d’Anaïs

Simenon psychologue de cuisine se lance dans l’analyse de la vie d’un jeune homme pour tenter d’y trouver ce qui a fait de lui un meurtrier.

La femme était assise, les jambes croisées, et le regardait avec un intérêt amusé, en soufflant toujours avec ostentation la fumée de sa cigarette.
 ─ Tu en veux une ?
Il en fut si surpris, si ému, qu'il n'osa pas dire « oui ». Elle portait un manteau à col de fourrure ouvert sur un corsage de soie, que la pointe des seins semblait vouloir percer. Elle sentait la poudre de riz, les parfums violents. Elle sentait aussi la chair à plaisir, la femelle vulgaire et forte, et sa voix avait des intonations rauques.
Le temps d’Anaïs de Georges Simenon
Un roman qui tourne autour de « ce qui fait un homme » dans les années 50. Quelles frustrations, gènes, envies, tabous ont façonné un homme pour le faire sombrer ?

Un roman fort daté qui éclaire toutefois bien des complexes de la masculinité qui ont encore cours aujourd’hui

Tous les romans durs de Simenon
72. Le temps d’Anaïs
71. Tante Jeanne 73. Une vie comme neuve
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il n'était qu'un homme au volant d'une auto, par un soir de pluie glacée, dans le grouillement lumineux de Paris d'abord, puis dans les rues de banlieue, sur la grand-route enfin, où d'autres voitures passaient entre deux gerbes d'eau, et il avait vu des poteaux indicateurs, sans les lire, avant de s'enfoncer dans cette forêt immense où les sapins formaient une voûte au-dessus de lui.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Albert Bauche, en panne dans la forêt d'Orléans, téléphone à la gendarmerie, s'accuse d'un meurtre et se constitue prisonnier. On apprend au travers des interrogatoires qu'il travaillait pour la victime, Serge Nicolas. Si Bauche n'établit aucun contact avec les enquêteurs, il se sent à l'aise quand il s'entretient avec le psychiatre...

Boléro

Un homme dangereux, cruel, riche, charismatique et puissant. Il ne faut pas, mais Aslı est irrésistiblement attirée.

Le lendemain matin, elle eut du mal à partir.
Elle voulait rester au domaine. Elle aurait passé chaque jour à côté de Romaïssa sur les chaises longues, chaque nuit en rêvant d'eux.
Elle était devenue quelqu'un d'autre.
Et elle ne voulait plus revenir en arrière.
Elle était indifférente à elle-même. Elle ne songeait pas à l'avenir. Elle ne songeait à rien, d'ailleurs, elle avait rompu avec la pensée. Elle se sentait faite uniquement de désir. Des sentiments inconnus, encore jamais explorés, la transformaient, comme des vagues, dans leur roulement incessant, érodent et modèlent une pierre. En dehors de ces vagues, tout lui était égal, à commencer par elle-même...
Boléro de Ahmet Altan, traduction de Julien Lapeyre de Cabanes
Et quand, en plus, sa femme et lui semblent en jouer, son désir devient besoin et l’éloignement synonyme de manque.Elle était perdue.
Elle souffrait, et même cette souffrance lui donnait du plaisir.Du désir en Turquie où les jeux de pouvoir et d’argent se mêlent et où le roi d’hier risque le cachot demain.

Une variation originale d’un triangle de désirs

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Si ma raison cherche à entraver ma chair, je l'étranglerai à mort. Ainsi se parlait-elle, pleine de résolution et de sang-froid. Deux fois encore, elle le répéta à voix haute. Comme si elle voulait intimer à son esprit, dont les tentatives d'obstruction l'inquiétaient, de ne pas s'engager sur cette voie.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Aslı, médecin d'une cinquantaine d'années et femme au caractère affirmé, est recrutée afin de soigner les douleurs de dos de Mehmet, un homme énigmatique qui dit avoir été procureur. Elle vit à Ankara mais se rend tous les week-ends dans la propriété de campagne de son patient et y fait la connaissance de Romaïssa, son épouse, avec qui elle noue une relation amicale. Peu à peu séduite par Mehmet, dont elle comprend qu'il cache bien des choses, Aslı plonge dans l'intimité du couple et dans le passé tortueux de Mehmet, au risque de se perdre.

Les témoins

Diverses circonstances vont interroger le juge Lhomond, fiévreux, sur les questions de preuves et de culpabilité.

S'il ne l'avait jamais aimée, c'était néanmoins l'être qu'il avait été le plus près d'aimer, non d'amour, mais d'une affection fraternelle.
Ce n'était pas vrai. Il se mentait une fois de plus et cela, elle le sentait avant même qu'il s'en aperçût. Le sentiment qu'il éprouvait pour elle était cette sorte de gêne qu'on éprouve devant un animal qui souffre au bord du trottoir et qu'on est impuissant à aider, qu'on ne peut même pas soulager avec des mots qu'il ne comprendrait pas.
Voilà ce qu'il y avait de tragique ! Il n'existait rien de commun entre eux, aucun lien, sinon d'avoir vécu pendant vingt-quatre ans ensemble dans cette grande maison qui n'avait jamais été un foyer.
Elle ne le lui pardonnerait jamais et elle l'en haïssait.
Par discrétion, il n'avait pas questionné Chouard plus avant, mais la façon dont le docteur la traitait indiquait qu'il ne la croyait pas en danger. Elle gardait la chambre pour ne pas reparaître à la face de la ville qui savait. Elle n'en avait pas moins peur de la solitude et il lui restait son mari.
Les témoins de Georges Simenon
L’accusé qui risque la peine de mort sur un faisceau de présomptions sans preuves réelles. Mais aussi chez lui, dans son propre couple avec sa femme malade et ce flacon de strychnine qu’il vient de casser…

Coupables ? Selon le point de vue, tout le monde ne risquerait-il pas d’être accusé ?

Un roman un peu longuet, mais pas dénué d’interrogations intéressantes

Tous les romans durs de Simenon
84. Les témoins
83. La boule noire 85. Les complices
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il n'y avait pas cinq minutes qu'il s'était levé pour redresser, dans la cheminée, une bûche qui avait roulé des chenets en émettant une gerbe d'étincelles et, de s'être penché sur les flammes, il en gardait la peau du visage chaude.

Profitant de ce qu'il était debout, il était allé sur la pointe des pieds jusqu'à la porte toujours ouverte entre sa chambre et la chambre de sa femme.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Épouse d'un magistrat, Laurence Lhomond est malade et garde la chambre depuis cinq ans. Ses crises, d'origine cardiaque, varient en nombre et en intensité suivant que son mari est plus ou moins absorbé par sa profession. Du moins, c'est ce que remarque Xavier Lhomond, qui finit par se demander si sa femme ne le fait pas exprès. La veille du jour où il doit présider la cour d'assises dans un procès où est inculpé un homme qu'on accuse du meurtre de sa femme, Lhomond voudrait, le soir, chez lui, revoir le dossier. Son épouse l'appelle, pressentant une crise.