La chambre bleue

Dans cette curieuse chambre bleue, Simenon nous présente un futur condamné (il semble en tout cas avoir bien peu de chance de s’en sortir) fort attachant et qui parait tout à fait innocent des suspicions qui planent sur lui.

 — Quel air a-t-il ?
 — Je ne sais pas. Il tourne le dos au soleil....
 — Où vas-tu ?
Car il ramassait ses vêtements, son linge, ses chaussures.
 — Il ne faut pas que je reste ici... Du moment qu'il ne nous trouve pas ensemble...
Il ne la regardait plus, ne se préoccupait plus d'elle, de son corps ni de ce qu'elle pouvait dire ou penser. Pris de panique, il jetait un dernier coup d'œil par la fenêtre et se précipitait hors de la chambre.
Si Nicolas était venu à Triant par le train alors que sa femme s'y trouvait, c'était pour une raison sérieuse.
La chambre bleue de Georges Simenon
Un auteur par contre toujours aussi misogyne, fidèle à son époque et qui se lâche un peu plus que d’habitude sur les scènes explicites.

Un roman à la construction virtuose qui se dévoile en même temps que son protagoniste s’enfonce

Tous les romans durs de Simenon
102. La chambre bleue
101. Les anneaux de Bicêtre 103. L’homme au petit chien
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
─ Je t'ai fait mal ?
─ Non.
─ Tu m'en veux ?
─ Non.
C'était vrai. A ce moment-là, tout était vrai, puisqu'il vivait la scène à l'état brut, sans se poser de questions, sans essayer de comprendre, sans soupçonner qu'il y aurait un jour quelque chose à comprendre. Non seulement tout était vrai, mais tout était réel : lui, la chambre, Andrée qui restait étendue sur le lit dévasté, nue, les cuisses écartées, avec la tache sombre du sexe d'où sourdait un filet de sperme.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Tony Falcone et Andrée Despierre, qui s'étaient perdus de vue depuis la fin de leur enfance, sont devenus amants un soir de septembre. Au cours des mois suivants, ils se retrouvent huit fois dans la " chambre bleue " à l'Hôtel des Voyageurs, tenu par le frère de Tony. Un jour, il s'en faut de peu que le mari d'Andrée ne surprenne, par hasard, les amants.

Strip-tease

Simenon n’est que rarement aussi malaisant que lorsqu’il parle du corps des femmes. Et là, ma foi, dans un cabaret où les femmes se dénudent, il peut s’en donner à cœur joie ! Bouarf !

Une fois de plus, elle avait le sentiment d'une injustice.
Car, tel que Léon était aujourd'hui, tel elle aurait voulu l'avoir, mais autrement, par des moyens plus dignes, et pour elle.
Elle avait conscience d'être une vraie femme, une vraie femelle aussi, et, avec elle, il n'aurait pas déchu en tombant amoureux, même au point d'en perdre la clairvoyance et la dignité. C'était le jeu. C'était naturel. Ils auraient formé ─ ils avaient commencé à former ─ un couple dur, passionné, se déchirant pour mieux se reprendre, affrontant leurs orgueils et se matant l'un l'autre.
Il l'avait si bien compris que, parfois, il avait peur d'elle, peur d'être entraîné dans le gouffre où elle lui donnait l'envie de s'enfoncer avec elle.
La haine de Célita pour Florence l'avait-elle refroidi ? Elle savait que non. Elle était sûre d'elle. Elle n'avait plus besoin que de temps pour le détacher d'une compagne vieillie et gênante.
Qu'y avait-il de mal à ça ? N'étaient-ils pas des fauves tous les trois et les fauves se ménagent-ils entre eux ?
Strip-tease de Georges Simenon
Une histoire de jalousie et de convoitise. Rivalités de femmes. Une trame pas forcément mauvaise en soi, des caractères plutôt bien croqués, presque un bon roman (qui tire un peu en longueur) malgré les clichés, mais finalement : pénible.

Et que dire de la fin ?

Tous les romans durs de Simenon
92. Strip-tease
91. Le président 93. Dimanche
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Célita fut la première à voir la nouvelle.
A trois heures de l'après-midi, comme les autres jours, elle avait entendu le réveil sonner sur la table de nuit qui séparait les deux lits et, recroquevillée sur elle-même, elle avait laissé à Marie-Lou le soin d'arrêter la sonnerie, puis d'aller ouvrir les persiennes, de retirer les culottes de nylon et les soutiens-gorge qui séchaient à la fenêtre et enfin d'allumer le réchaud à gaz de la cuisine pour préparer le café.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
A trente-deux ans, Célita, strip-teaseuse au Monico, à Cannes voit avec anxiété pâlir son étoile. Son seul espoir : succéder bientôt à Florence, sa patronne, gravement malade, dont elle s'est attaché le mari, Léon, d'une façon qu'elle croit sûre.
Mais tout est compromis le jour où Maud, une débutante de dix-neuf ans, ravissante et faussement ingénue, franchit pour la première fois le seuil du Monico. La clientèle s'enthousiasme, et Léon en fait bientôt la vedette du spectacle.
Comment une rivalité à la fois professionnelle et amoureuse va se muer en un combat désespéré, où même le crime est envisageable pour conjurer la déchéance : c'est ce que nous conte, avec une saisissante vérité psychologique et une apparente impassibilité qui ne fait que souligner le drame, le romancier de Lettre à mon juge, le créateur de Maigret.

Nerona

Difficile dans le climat actuel et en jetant un coup d’œil aux États-Unis ou à voir les montées populistes en Europe de n’y voir qu’une dystopie.

Alors mes adversaires peuvent bien se moquer de mes « vociférations ». Qu'ils montent donc à la tribune pour tourner en dérision, de leurs petites voix fluettes, ma voix grave. Ma voix gronde comme la révolte d'une femme imprégnée de la terre de ses ancêtres !
Juchés sur le tabouret qu'ils cachent derrière leur estrade, ces petits hommes raffinés regardent de haut la fille du peuple qui mange des plats trop relevés pour leurs palais délicats ! Eux préfèrent des menus exotiques. Eux méprisent la fille fière de sa famille, qui manie un parler trop vulgaire pour leurs oreilles cosmopolites. Des générations de cuisinières m'ont appris que l'adversité vous façonne un estomac capable de digérer les pires humiliations.
Nerona de Hélène Frappat
L’histoire de Nerona, une tyran (tyranne ?) populiste, paranoïaque et climato-sceptique et qui se fait appeler Monsieur le Prince… et qui ose tout !
« Panem et circenses » et tout ira bien. Et elle continue, jusqu’au boutiste, sans peur et sans freins. Jalouse et illuminée !
Ne vous laissez pas abattre par la mauvaise foi et la haine environnantes ─ oui, osons le mot : nos ennemis ont de la haine ! Mais pas vous. Pas nous. On ne choisit pas d'être un soldat par haine. On choisit d'être un soldat par amour.Un petit roman amusant, parfois drôle, mais un peu confus (ce qui n’est pas sans charme) et qui m’a laissé sur ma faim

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je m'appelle Nerona.
Je vais vous raconter mon histoire.

Par où commencer ?
Quelle carte piocher dans le Grand Jeu du Destin ?

J'entends encore ma grand-mère me dire :
« Ne réfléchis pas, Nerona, tire une carte ! »
Je nous revois à la table de la cuisine ─ la seule table de la maison ─ , GrandMa étalant son vieux tarot.
Comme tu détestais que j'hésite !
Tu racontais à tout le quartier : « Ma petite Nerona, elle pioche toujours la carte gagnante ! »


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Au cœur de l’Europe, une dictatrice déchaînée, qui exige d’être appelée “le Prince”, règne sur sa nation à coups de décrets. Son nom ? Nerona. Paranoïaque, autoritaire, climatosceptique, égérie de l’efficacité gouvernementale et pourfendeuse de toutes les “déviances”, la fondatrice du feu (Force, Énergie, Union) a tout pour plaire. La preuve : le peuple l’a portée au pouvoir. Viva Nerona !
Après avoir transposé avec brio la tragédie antique à Hollywood, Hélène Frappat invente la sitcom fas­ciste, dans une satire hilarante qui dévoile les coulisses d’une dictature et les rouages du langage populiste. Au programme : trahison, romance souverainiste, astrologie, matricide, combats de migrants télévisés et bien d’autres réjouissances.

Rions ensemble pendant qu’il est trop tard.

Personne n’aime Simon

Il faut un peu s’accrocher pour suivre Simon. Ici, tout le monde parle en même temps : Simon, sa sœur, Santiag, l’Étranger, le vénérable Maître, le sergent Chochotte, des chats et même quelques poules… et j’en oublie ! Oui il faut suivre, d’autant que ça va vite !

Lorsque je suis entré chez Quentin ce soir, ce connard était posé sur son canapé miteux. Il a tenté de se lever mais je lui ai hurlé de rester assis. Je lui ai hurlé qu'il n'était qu'un connard. Je lui ai hurlé de ne plus jamais s'approcher de ma sœur. Que s'il recommençait, je le tuerais de mes propres mains.
Ses yeux étaient écarquillés. La terreur se lisait sur son visage. Il ne bougeait plus. Même quand j'ai eu fini de gueuler, il n'a pas bougé. Je me suis approché sans un bruit, toujours aucun mouvement. Je l'ai touché du bout du pied, rien.
Je l'ai secoué et il s'est renversé sur lui-même. Ce connard était mort de peur. Véritablement mort de peur! Ma malédiction est-elle véritablement aussi puissante ?
Quoi qu'il en soit, ma mission est terminée. J'ai la certitude qu'il n'emmerdera plus jamais Charlotte. Ni personne d'autre d'ailleurs. Mais il faut que je reste discret quelque temps. Ça ne sent pas bon cette histoire. Pas bon du tout.
Personne n’aime Simon de Philippe Battaglia
Simon nous emporte dans un conte fantasque fantastique avec des morts et du sang et… des notes de bas de pages pour rigoler un peu.

C’est drôle, foutraque et surprenant. Et c’est plutôt réussi

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Demain, je sortirai. Demain je quitterai cet endroit répugnant. Lorsque je prendrai l'allée qui me mènera au grillage, puis au trottoir, ce serait bien que le bâtiment, dans mon dos, brûle. Pour que plus jamais personne ne doive y pénétrer. Ce serait bien que le personnel brûle avec la bâtisse. Pour que plus jamais il ne puisse faire de mal. Ce serait bien que les autres enfants brûlent eux aussi. Pour que le monde du dehors ne connaisse pas leur cruauté.
Le monde du dehors.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Dans cet ouvrage insolite, superbement illustré par Ludovic Chappex, Philippe Battaglia nous régale d'une fable fantastique aux allures de roman graphique. Son humour caustique embrasse avec tendresse les bienfaits de l'anthropomorphisme, évoque l'abandon, l'amour fraternel et la rage à travers le destin d'un jeune homme haï de tous. Rebut de la société, Simon ne connaît la bienveillance que par ses félidés et sa sœur.

Lorsque cette dernière se trouve aux prises d'une organisation secrète au fin fond des bayous, Simon se voit obligé d'affronter le monde extérieur. Notre antihéros parviendra-t-il à lever le voile sur les desseins maléfiques du Vénérable Maître de la Prince Hall Lodge n°50 et à sauver le monde absurde qui s'embrase autour de lui ?

Bruxelles, attends-moi, j’arrive !

Pour un premier petit livre en nom propre, voilà une jolie parution. Fraîche et enlevée (comme semble l’être son autrice) !

Femme battante aux activités multiples, Suzanne n'avait toutefois pas été chanceuse en amour durant les dix-sept années la séparant de son divorce : pervers narcissique, mythomane, ancien meurtrier, alcoolique paranoïaque, toxicomane, borderline, elle avait presque épuisé l'inventaire des désordres psychiques et des tares possibles. Épicurienne très portée sur la gaudriole, elle n'en cherchait pas moins une relation durable mais choisissait mal ses amoureux qui se révélaient être finalement des amants honorables mais jamais des compagnons.
Bruxelles, attends-moi, j’arrive ! de Sarah Des Hesses
Une histoire de rencontres à plusieurs niveaux. Genève et Bruxelles qui semblent si différemment similaires. Et leurs habitants ?

Après de longues années de célibat et fraîchement licenciée, Suzanne va-t-elle retrouver… Mais que cherche-t-elle, d’ailleurs ?

La vie au tournant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Genève offre une météo clémente en cette journée ensoleillée de début août 2024. À la rue de l'École-de-Médecine, le bar « L'Établi », véritable institution genevoise, voit sa terrasse et son arrière-cour bondées et résonner des rires et bavardages d'une belle jeunesse. Une cliente, une seule, a choisi de rester à l'intérieur.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Suzanne, Genevoise et fraîchement licenciée, boit une caïpirinha dans un bistrot genevois et voit soudain Bruxelles envahir son esprit. Elle travaille à comprendre cette obsession et écrit ses conclusions dans son cahier rouge, objet transitionnel et fil conducteur de la narration. Et puis, soudain, tout s’aligne, sa vie bascule, Bruxelles y prend sa place, sa plume aussi, et d’autres surprises surviennent.

Au travers d’une approche à la fois légère et documentée de la sororité belgo-suisse, c’est une histoire particulière qui peut être celle de nombreuses femmes. Les thématiques du tournant de la vie, de l’intuition (la « petite voix »), du désir d’écrire et de la rencontre amoureuse s’y entremêlent, avec une mise en abyme de l’écriture de l’ouvrage lui-même.

Le riche homme

Voilà un livre typique des années 70-80. L’âge d’or de David Hamilton et ses photos de fort jeunes filles dénudées qui excitaient fort les vieux lubriques. L’époque des photos de Eva Ionesco (à 11 ans nue en une du Spiegel) ou, un peu plus tard, du film Noces Blanches avec Vanessa Paradis (alors 16 ans) et Bruno Cremer (58 ans)… Pour ne citer des exemples qui m’ont marqué.

Difficile à lire aujourd’hui mais fort utile. Car Simenon qui, au travers de ses romans durs, voulait « présenter l’homme sans habit, sans cravate, au travers de la composition d’une vaste tragédie humaine » raconte avec grand talent cet homme de plus de 40 ans qui fréquente assidûment les prostituées de chez Nenette et qui s’éprend de sa petite bonne de 16 ans.

Il s'était mis à boire beaucoup, comme si cela allait l'empêcher de penser, et plus il buvait, plus il était hanté par Alice, qui prenait une importance grandissante à ses yeux.
Si on lui avait dit, dix jours plus tôt encore, que cela lui arriverait, il aurait haussé les épaules. À d'autres, peut-être. Pas à lui. Aucune femme ne l'avait impressionné, pas même la sienne.
Le riche homme de Georges Simenon
Pourtant, s’il présente bien l’homme sans habit dans le sens d’en explorer la psyché, avec les femmes il se contente seulement ici de les déshabiller au sens le plus littéral.

Un roman de son époque (révolue ou mieux cachée ?), témoignage malaisant et éclairant

Tous les romans durs de Simenon
114. Le riche homme
113. Novembre 115. La cage de verre
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il arrêta le camion plein de paniers de moules en face du bistrot où l'on lisait, sur la façade, les mots Chez Mimile en lettres jaunes.
Par l'autre portière, Doudou le Muet descendit en même temps que lui et le suivit sans bruit, comme sans déplacer d'air, pieds nus, les jambes du pantalon de toile bleue haut troussées, comme d'habitude.
Victor Lecoin était grand, puissant, large d'épaules, épais de torse. Ses cuissardes de caoutchouc, à moitié baissées, faisaient penser aux bottes des mousquetaires et il portait son éternelle veste de cuir noir. Il se sentait fort. Quand il tourna le bec-de-cane et qu'il poussa la porte, il eut l'impression d'en remplir le cadre et, dans le petit café où quatre hommes jouaient aux cartes près de la fenêtre, il était comme un géant parmi les nains.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
A Marsilly, près de La Rochelle, Victor Lecoin est un boucholeur important. Surnommé le riche homme, il en impose par sa taille et sa prospérité. Dans son travail, il est aidé par un valet simple d'esprit, Doudou-le-muet, qui lui est attaché par un dévouement presque animal. La comptabilité de son commerce est tenue par Jeanne, son épouse, une ancienne institutrice.

Tssitssi

Tssitssi ne peut pas laisser indifférent. C’est un choc. Et encore, Claire Castillon nous fait grâce du pire et du plus sale. Car c’est sordide.

J'ai le seum alors je ne parle plus pendant les soutiens. Je note rien. Je pense juste aux mecs que je vais me taper. De toute façon, depuis Vadim, je vois plus le problème. Quand c'est fait une fois, ça change rien, le nombre, après.
Du coup, mon père est convoqué par le lycée parce que je profite pas des chances qui me sont données pour réussir ma fin de scolarité. Il est vert. Il me lâche qu'il avait un rendez-vous et que c'était pas le jour pour un entretien avec mes profs. Et moi, il croit que c'est le jour pour deux cours de soutien ? Genre j'ai pas autre chose à faire de ma vie ?
Tssitssi de Claire Castillon
Hélène rêve comme sur Insta : des beaux sac, de la sape, des 5 étoiles et des grosses tires à la sellerie en cuir.

Candeur adolescente manipulée, abusée

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Ever ou Ilona. Si je veux vivre des relations de haut niveau, qu'on me sorte aux Champs-Élysées ou dîner à l'Oppio, il faut que je change de prénom. T'offres pas un Ophidia à une Hélène qui vit à Meudon. Je préfère un Vuitton en plus.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Hélène a de moins en moins envie de répondre quand on l'appelle Hélène. Ça jure avec l'image qu'elle renvoie. Elle a quand même 1000 followers sur insta, et depuis qu'elle pose en bikini, ça monte. Tssitssi, c'est son pseudo, mystérieux, sifflant, enfantin. Les vieux vont adorer.

À 16 ans, elle rêve de luxe et d'oisiveté. Mais son discours impertinent, porté par une verve féroce, laisse entrevoir peu à peu une blessure, un secret. Loin de l'imaginaire dans lequel elle s'est réfugiée, elle nous apparaît vulnérable, abîmée, bouleversante.

Traces de sang : une enquête de Nick Rider

Le dessin de Toppi se prête admirablement bien au polar américain. Des mâchoires carrées, un noir-blanc d’une franchise impeccable, les villes, les marais et les mouvements (et les coups) sont francs et tendus juste à souhait.

Traces de sang : une enquête de Nick Rider de Gino D’Antonio, dessin de Sergio Toppi, traduction de Salvatore Biddau
Pour l’histoire, pas de surprise. Du polar très classique, des poursuites, des gentils qui ne le sont pas forcément, des flics aux gros bras et des guns qui crachent de la poudre et du plomb.

Rien de nouveau, un bon gros classique mais plutôt bien fait, plaisant

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Mais arrête !...
Toutes ces années Levasseur nous a donné de quoi subvenir à nos besoins. Il mérite au moins notre gratitude, tu ne crois pas ?


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Jacky Duvall n’a pas eu une vie facile, mais ce qui l’attend semble être bien pire. Seule au monde et fuyant tout le monde, elle cherche refuge à New York de la furie du brutal Levasseur et de ses sbires. Mais pourquoi la recherche, ce qui se cache derrière le voyage aventureux d’une jeune fille des marais de la Louisiane à la Grande Pomme ?
Une tragédie inimaginable, mûrie depuis longtemps dans l’isolement qui enveloppe les terres inhospitalières des Cajuns et la dégradation familiale… Une tragédie sur laquelle Nick Raider ne pourra faire la lumière que grâce à l’aide de la combattante Sarah Himmelman et des coéquipiers habituels : Marvin, Jimmy et tous les « anges en uniforme » du District Central !

Le rapport du gendarme

Un accident en face de la ferme va rompre brutalement l’équilibre de la famille Roy.

Quant à Roy...
Deux fois encore, elle eut la tentation de poser sa main sur la sienne. Ce n'était pas de la tendresse, ni de la pitié. Elle ne l'aimait pas. Est-ce qu'elle avait jamais aimé quelqu'un ? C'était un homme. Ils vivaient, ils travaillaient ensemble. Elle connaissait ses petits défauts, ses travers, et d'habitude elle devinait ses pensées.
Elle était indulgente envers lui comme une aînée, il le savait. Toujours il avait eu un peu peur d'elle, de son regard qui perçait les mensonges, de son indifférence devant certaines fautes, certaines lâchetés.
Ce qu'il y avait de nouveau aujourd'hui, depuis quelques minutes, depuis qu'ils étaient tous les deux dans la voiture, épaule contre épaule, c'était la conscience, chez Joséphine, d'un lien qu'elle ne définissait pas. Peu importait d'avoir dormi, d'avoir fait l'amour ensemble pendant vingt ans, peu importait d'avoir travaillé du matin au soir aux mêmes tâches et d'avoir eu des préoccupations identiques.
Ce qu'elle découvrait était différent, infiniment plus fort, et le geste qu'elle contenait, ce geste de la main vers le bras de l'homme...
Mais oui ! Elle avait envie de se raccrocher à lui ! Dans l'immensité noire, humide et froide, ils étaient deux, ils pouvaient, ils devaient être deux. Sinon...
Le rapport du gendarme de Georges Simenon
Entre enquête, suspicions et vieux secrets mal enfouis, la vie bascule et la parano s’installe.

Un roman d’atmosphère à l’écriture travaillée qui s’alourdi au fil des pages

Tous les romans durs de Simenon
49. Le rapport du gendarme
48. La veuve Couderc 50. L’aîné des Ferchaux
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Les deux femmes étaient dans le grenier de devant celui dont l'œil-de-bœuf donnait sur la route, et qu'on avait transformé en fruitier. La mère, Joséphine Roy, assise sur une chaise basse, prenait des pommes dans un panier, les essuyait avec un torchon à carreaux rouges, mettait les fruits véreux à part et passait les bons à Lucile.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Un soir d'orage, un homme blessé par une voiture est ramassé sur la route et porté dans la ferme la plus proche. Là habitent Étienne Roy, un paysan un peu sauvage, un peu demeuré, sa femme Joséphine et leur fille. Au cours de l'enquête, Joséphine dissimule un petit papier échappé de la poche du blessé. Sur ce papier on déchiffre mal une adresse : celle justement de la ferme Roy.
Le geste de Joséphine a suffi pour créer le doute. La police rôde sans repos. Un enchaînement subtil permettra au gendarme d'établir un rapport inflexible. La colère d'Étienne éclate dans le meurtre...

Les justiciers de l’ombre

Habitant Genève, c’est avec délice que j’ai lu ce polar qui s’y déroule. Pourtant, pas de grande littérature ici, non, au contraire, même.

Jaroslav Kravic et ses mercenaires sont réunis à Bratislava, dans une des nombreuses caves voûtées de la vieille ville, magnifiquement restaurée.
Les justiciers de l'ombre se savent traqués.
Nous ne cesserons jamais la lutte, assène le Polonais, mais nous devons pour l'instant, réduire nos actions au minimum et communiquer uniquement par messages cryptés. Je vais moi-même quitter la Tchéquie et me rendre dans un pays où personne ne pensera à me chercher. Mais n'ayez crainte, un jour, nous ou nos successeurs reprendrons la chasse aux mécréants.
Les justiciers de l’ombre de Robert Jordan
Et pourtant, cette écriture au style plat (voir absent) apporte un petit charme un peu naïf à ce polar où se mêlent franc-maçonnerie, groupuscules d’extrême-droite et opéra.

Un petit livre à réserver aux régionaux ou au personnes qui seraient attachées à Genève, son Grand-Théâtre ou Mozart

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Salzburg (Autriche) de nos jours...
Le festival de musique bat son plein.
Nous sommes en août, le temps est splendide et la ville baroque, qui a vu naître le grand Mozart en 1756, brille de mille feux.
Elle a aussi vu naître, en 1908, le célèbre chef d'orchestre Herbert von Karajan.
Ses palais, ses églises et ses rues étroites enchantent les nombreux touristes et amateurs de grande musique, venus du monde entier.
L'immense forteresse de Hohensalzburg domine toute la ville. Un vieux funiculaire permet d'y accéder en quelques minutes.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Les deux policiers présentent leurs cartes et le patron du Grand Théâtre les invite à s’asseoir.
Puis s’adressant à Passard :
– Que puis-je pour vous commissaire ?
L’homme a un visage rond, une chevelure noire abondante, une carrure massive. Il paraît encore assez jeune, la cinquantaine au maximum.
– Je dois malheureusement vous annoncer une mauvaise nouvelle : le Maestro Karl Schaugel ne viendra pas. Il a été assassiné ! »

Quand le célèbre chef d’orchestre Karl Schaugel est retrouvé mort dans un train à son arrivée à Genève, la scène artistique retient son souffle. Nous retrouvons le commissaire Sébastien Passard, qui sera chargé d’enquêter sur cet assassinat signé d’un nom mystérieux : les Justiciers de l’ombre. Très vite, les recherches s’orientent vers un groupuscule radical, antisémite et antimaçonnique, dont les racines plongent dans l’Europe du XVIIIe siècle. De Genève à Prague, en passant par Vienne, Nuremberg ou Salzburg, la narration alterne entre passé et présent, et explore les résurgences inquiétantes de l’extrémisme en Europe. La tension monte jusqu’au soir de la première de Don Giovanni au Grand Théâtre de Genève, où tout pourrait basculer…