Une pension en Italie

Philippe Besson sait raconter les histoires. Il sait alterner les plans larges avec les portraits, les paysages et les macros, l’action et l’émotion, le présent et les flash-back, la douleur et le mélo, entretenir le suspense et laisser surgir les révélations. Sans qu’il n’y paraisse, il captive et tient le lecteur jusqu’au bout de chaque page.

J'ai conscience de ce qu'on m'objectera : comment puis-je savoir, ou croire que je sais ce qui se jouait dans la tête de Paul ? Il n'a jamais dérapé, jamais ouvertement parlé non plus.
D'accord, je spécule.
Pas tout à fait, néanmoins.
On est renseigné désormais, documenté sur la lutte muette, incessante, cruelle que tant d'hommes, et surtout ceux de cette génération et de celle qui l'a suivie, ont menée contre leur propre nature. Beaucoup ont témoigné, ils ont raconté la petite voix intérieure, les affres, l'angoisse qui dévore, la terreur permanente,
Une pension en Italie de Philippe Besson
Et quand l’histoire est belle, triste mais belle, déchirante et magnifique, qu’elle raconte une vie et une époque, il réussit à toucher juste, avec une sorte de délicatesse impudique

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Longtemps, dans notre famille, cette histoire a été tue. Ma grand-mère, pourtant une femme douce, avait imposé le silence à ses filles au moyen d'une sentence prononcée sur le ton de la menace : « Nous ne devrons jamais en parler. » Celles-ci avaient observé le pacte à la lettre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Milieu des années 60, en Toscane.
Un été caniculaire.
Une famille française en villégiature.
Un événement inattendu.
Des vies qui basculent irrémédiablement.
Un secret qui s'impose aussitôt.
Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de la vérité.
Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison.

La fille de la foudre

Je ne suis pas une terre fertile pour le bonheur. C’est avec ce brutal incipit que Gabrielle Boulianne-Tremblay ouvre ce livre qui semble avoir été écrit en un seul souffle, un cri.

Tout un crépuscule s'offre à moi en parfums. Nos vélos dévorent les kilomètres. Nos visages rencontrent quelques insectes qui meurent sous le choc. Jaden s'étonne que je prenne les devants. Personne n'aura plus à ramasser derrière moi les cristallines éructations de ma détresse. Je commence à être heureuse pour rien, c'est quand même plus reposant que d'être triste pour tout.
La fille de la foudre de Gabrielle Boulianne-Tremblay
Elle nous raconte sa difficile relation avec l’alcool, les hommes et, finalement, avec elle-même. Une écriture écorchée à la recherche d’un amour qu’elle peine à s’offrir.

Un livre qui touche par sa sincérité. Une femme trans perdue dans un ouragan de violence la recherche de douceur et d’apaisement.

Avec une couv’ en collages de la géniale Sara Hébert

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je ne suis pas une terre fertile pour le bonheur.
Je m'agrippe au comptoir du Quai des Brumes pendant qu'il me parle, comme pour ne pas tomber dans un précipice. Les gens au bar bougent comme des algues.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
La fille de la foudre est amoureuse du chaos. Avec l’alcool, elle tente de freiner la fulgurance de ses pensées. Au fil du temps elle comprend qu’il ne faut pas désirer ce que tout le monde désire et utilise l’amitié comme ancrage. Dans sa nouvelle vie, elle tente la sobriété mais s’intoxique à travers l’amour des hommes. Alors qu’elle recolle les parties éclatées de son passé, elle fait la rencontre de Khalil, homme lunaire passionné de minéralogie avec qui elle cartographie la blessure d’un paysage intérieur. Sous le regard des pierres, une femme prépare sa renaissance.

Faut-il être végane ? : éthique d’un mode de vie

Pour une base solide, le bon sens ne suffit pas. Savoir que les conditions de vie et d’abattage des animaux produits industriellement sont ignobles, cruelles, indignes et irrespectueuses ne suffit pas à construire une argumentation académique.

Par un phénomène de contagion sociale, nos habitudes de consommation influencent celles de nos proches, qui influencent à leur tour celles de leurs proches, et ainsi de suite. La croissance du nombre de véganes est alors exponentielle. Si l'on suppose, pour simplifier la démonstration à l'extrême, que chaque végane parvient à convertir deux personnes à son mode de vie, combien d'étapes de conversion pensez-vous qu'il faille pour atteindre le seuil des 10000 véganes nécessaires pour réduire la production de poulets ? Pas plus de treize. (Le nombre total de véganes après k étapes est nk = 2k+1-1. Après douze étapes, nk = 8191. Après treize étapes, n, = 16383.) Moyennant à peine treize étapes de conversion, votre choix de devenir végane aura causé - indirectement, certes, mais causé tout de même - l'atteinte d'un seuil permettant d'épargner environ 10000 poulets. Difficile de faire plus efficace !
Faut-il être végane ? : éthique d’un mode de vie de François Jaquet et Malou Amselek
Ici, mot est défini, chaque prémisse est analysée, chaque conclusion argumentée, que ce soit pour la production, l’achat ou la consommation de POA (Produits d’origine animale).

Un livre scolaire et académique (assommant) qui ne se contente pas de dire que tout cela est une grosse saloperie, mais qui le démontre

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
La population humaine mondiale a récemment dépassé la barre des 8 milliards. Pour sa consommation, 83 milliards d'animaux terrestres sont tués chaque année. Bien davantage si l'on tient compte des poissons, au sujet desquels les statistiques sont toutefois moins précises. Parce qu'ils sont trop nombreux pour être dénombrés, on se contente de les peser. Sur cette base, les estimations médianes évaluent leur quantité à environ 1500 milliards, soit 187 fois plus d'individus qu'il n'y a d'humains sur Terre.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quoi qu'il demeure le fait d'une minorité, en à peine une décennie, le véganisme est devenu un authentique sujet de société, un thème clivant qui ne laisse personne, ou presque, indifférent. Si la question de sa moralité a fait l'objet de développements majeurs dans la littérature scientifique internationale, en France, seuls quelques livres lui sont consacrés, dont plus ou moins aucun ne relève de l'éthique. Faut-il être végane ? vise à combler cette lacune. François Jaquet et Malou Amselek s'attachent en premier lieu à fournir une définition du véganisme, qu'ils conçoivent comme le mode de vie excluant la production, l'achat et l'utilisation de biens d'origine animale. Ils soumettent ensuite à un examen critique les arguments le plus souvent mobilisés en faveur et à l'encontre de ces trois pratiques. Rédigé dans un style sans verbiage, l'ouvrage se distingue par sa clarté et la rigueur de son argumentation. Il offre une introduction incontournable au débat contemporain sur l'éthique du véganisme.

À table !

Quand l’obsession, le manque, la jalousie, le désir et la dépendance sombrent dans la folie.

Chaque jour, elle dresse la table d'une couleur différente. Elle achète une nappe, des serviettes, deux belles assiettes plates, deux assiettes à desserts et deux autres blanches à fond creux pour le velouté. Elle aime ce moment où elle ouvre son portefeuille pour célébrer la beauté de ces repas qu'elle pourrait, aujourd'hui ou demain, partager avec lui. Elle est gosse. Elle est belle. Elle relève les deux manches et parle au cuivre des casseroles pour l'éblouir, lui, l'amant. Elle fera tout elle-même : la confiture pour les desserts, les sorbets, la terrine de poisson gras, la crème, le yaourt, le beurre clarifié.
À table ! de Tiffany Tavernier
À table ! monte gentiment en puissance pour plonger en enfer. Celui d’une maîtresse folle d’un homme adultère. Une femme prête à assaisonner dangereusement les plats d’un amant volage

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
C'est étrange, ça la gratte. Là, au bout de l'orteil, sur la peau douce comme celle des bébés. Elle frotte. Elle pose même ses lèvres puis un peu ses dents. Elle n'aime pas cette sensation. Elle ne la comprend pas. Il l'a quittée il y a environ une demi-heure et elle vient de se coucher. Trente minutes sur le drap roulé en boule avant de trouver le courage d'éteindre la lumière puis, là, pof, ce picotement à l'extrémité du corps. Elle ne sera donc jamais tranquille ? Là-haut, à l'étage, la vieille ne bouge pas. Rien ne la gratte, elle, pourtant, elle est en train de pourrir.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Marie rencontre Eli, un jour banal dans un lieu banal. Plus elle l'aime, plus elle s'enfonce là où le sexe et l'attente règnent en maîtres : chair archaïque, jouissance. Cela pourrait en rester là, mais dans cette obsession-peau, Marie décide de tuer son amant. En cinq repas. La nuit venue, dans sa cuisine, elle plonge ses mains dans les beurres et les pâtes. Face à la somptuosité des mets, Eli est dérouté : est-ce le goût de cette farce sublime qui rend soudain Marie plus attirante ? Ou cette façon bien à elle de l'amener plus loin qu'il n'étaient jamais allés ensemble ? Jeux de la bouche et de la mort : Marie ira-t-elle jusqu'au bout ? Dans ce récite mené au fil du couteau, Tiffany tavernier lève un pan de l'imaginaire féminin qu'on n'a jamais fini de découvrir, entre l'attirance et l'effroi. L'écriture est à l'image de l'ogresse qui se révèle ici à travers la cuisine : concise et crue.

Un rendez-vous particulier

En 2022, Martina enchainait les Rendez-vous. En 2025, c’est LE rendez-vous ! Toujours accompagnée par ce cher Monsieur qui propose de trouver la force dans des œuvres d’art.

Nous sommes avec Sixtine devant une légère soupe miso dans laquelle flottent des carrés de tofu sans goût, mais ce n'est pas mauvais. Nous avons également commandé des sashimis et des brochettes de poulet avec du fromage fondu et du riz parce que nous avons faim et que nous sommes trop amorties pour prétendre à des carrières de mannequins ; même chez les seniors elles mesurent 1 mètre 80 et sont maigres avec des liftings, parce que si tu es maigre et âgée, généralement le visage est chiffonné comme celui d'Iggy Pop, sur lui c'est perçu comme sexy, mais une femme qui ressemble à un iguane, ce n'est pas considéré comme socialement acceptable. Le vieux monde était misogyne certes mais le nouveau l'est toujours.
Alors foutu pour foutu, je vais prendre un mochi aussi, merci.
Un rendez-vous particulier de Martina Chyba
L’occasion de rire avec elle de nos paradoxes et de persévérer encore et encore dans cette cinquantaine qui n’est pas tendre, même si elle n’est pas vraiment ferme non plus

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'urologue de mon ami Max est une personne adorable.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
À Paris, sur les marches du Sacré-Cœur, j’ai rencontré un homme. Grâce à une erreur sur un site de rencontres. J’ai eu peur que cet inconnu me découpe en rondelles, et que l’on ne retrouve jamais mon corps. Mais j’ai couché avec lui le premier soir et aujourd’hui nous formons un couple. Enfin, nous essayons.

Dans les contes de fées ou les comédies romantiques, les personnages surmontent des obstacles, se rejoignent, cela se termine par un baiser, ils furent heureux et tout et tout. Mais dans la réalité, c’est exactement à ce moment-là que les emmerdements commencent. N’est-ce pas ?

La preuve : un jour, l’homme des marches du Sacré-Cœur me redonne rendez-vous au même endroit et me demande de l’épouser. Je me trouve aspirée dans une histoire faite d’événements follement joyeux, mais aussi infiniment tragiques.

Nous, les quinquas, sommes une génération qui croit qu’elle a toujours 30 ans. Nous vivons en baskets, mais aussi en état de crise. En amour, comme au boulot, nous nous retrouvons parfois sur le marché, alors que nous ne sommes pas encore des légumes. Et terrorisés de finir au compost.

Heureusement, il y a des soirées soupe et des amis. Et pour m’aider, j’ai un psy pas comme les autres. Déjà, il est jeune et beau. Et il ne prescrit pas d’antidépresseurs. Mon thérapeute à moi ne prescrit que des œuvres d’art.

Et vous savez quoi ? Ça marche.

L’héroïne, inspirée du vécu de l’auteure, cumule les rôles et les défis, entre amis, travail, enfants, deuils, années qui passent, soucis de santé et amours compliquées. Avec un seul objectif : rester vivante, toujours. Ce livre, plein d’humour et sans tabous, nous aide à déculpabiliser tout en explorant le pouvoir guérisseur de l’art.

Indésirable

Sam n’est ni homme ni femme, ou alors et femme et homme. Et lorsqu’iel s’installe dans un petit village de France… ça passe difficilement.

La main à la pâte
Les clés. Ce n'est pas grand-chose, des clés. On en manipule tous les jours, on n'y fait même plus attention, sauf à les perdre ou les oublier. Or les clés que maître Boisrond vient de pousser vers elui sur son immense bureau, Sam ne les considérera jamais comme de simples morceaux de métal dentelés.
Iel n'oubliera jamais ce moment.
Durant le court trajet entre l'étude et la Maison du Disparu, Sam peine à démêler le lacis de sensations qui læ parcourt.
La main à plat sur le mur, iel fait le tour du bâtiment. Puis, d'un geste solennel, ouvre la porte d'entrée. Entre. Chez elui.
Referme la porte.
 ─ Bonjour, la maison.
Indésirable de Erwan Larher
Une histoire pleine de retournements, de renversements… Mais surtout, une écriture géniale qui permet enfin à la langue française de s’adresser à celleux qui ne se retrouvent pas dans une vision par trop binaire.

Un roman qui se lit d’une traite mais qui pêche toutefois par une fin qui m’a semblé inutilement tarabiscotée, comme si l’auteur n’avait, au dernier moment, pas assumé son intention première

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
L'érotisme des vieilles pierres
Paysage bucolique à tendance bocagère, relief vallonné, revêtement routier récent ─ à l'oreille, probablement un béton bitumineux drainant. Comme sur la plupart des voies carrossables hors agglomération, la vitesse maximale autorisée insulte la puissance, la tenue de route et les équipements de sécurité des automobiles récentes. Ces vingt dernières minutes, Sam a failli se faire flagrant délinquer deux fois par des radars mobiles de type Vitronic PoliScan F1 HP. Et maintenant que le moindre quidam à penchants délateurs peut prêter serment pour moucharder ses semblables, rien ne dit qu'un radar embarqué, dont sont friands les collecteurs de taxes, n'ait pas croisé sa trajectoire infractionnelle.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quand Sam Zabriski s'installe à Saint-Airy, dans la maison dite «du Disparu», le destin de ce village rural au riche passé historique bascule.
Ici, on se méfie un peu des étrangers. Ici, on décatit très bien entre-soi. Ici, on a des certitudes, dont celle que l'humanité se compose d'hommes et de femmes. Or impossible de deviner à quel genre appartient Sam, par ailleurs énigmatique quant à son passé. L'incertitude et l'inconnu dérangent, les passion s'exaltent, les tensions s'aiguisent. Après quelques escarmouches, la guerre est bientôt déclarée. Personne n'en sortira indemne.
Roman noir, roman politique, étude de mœurs, Indésirable déroule cinq années de la vie d'un microcosme perturbé par l'arrivée d'un corps étranger. Et forge une langue pour exprimer le dissemblable.

De bouche à bouches

Est-ce à cause des couleurs un peu froides de la couverture ou de son personnage guère attachant ? Cette appétissante histoire ne m’a pas vraiment emporté et je n’ai pas vraiment réussi à en goûter toutes ses alléchantes recettes.

De bouche à bouches de Chantal Pelletier
Une histoire pour les gourmets. Celle d’une femme qui a perdu le goût et ne cesse de tenter de retrouver les saveurs de la vie

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Tu n'aurais pas dû !
Crispé sur son volant, il ressassait ça sur la petite route des crêtes en faisant la gueule au pare-brise.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Une jeune photographe égoïste et immature perd le goût à la suite d'un accident. Bouleversée, elle abandonne ce qui faisait jusqu'alors sa vie et se sauve au bout du monde. Arpentant les étals des marchés, elle palpe, inspecte, renifle les délices qui s'offrent à elle et finit par s'initier à la cuisine, et, surtout, au bonheur de nourrir. En emplissant le ventre des autres de plats qu'elle invente et mitonne sans relâche, elle apprend à donner et à recevoir, à désirer et à aimer.
Chantal Pelletier évoque avec audace les plaisirs des sens dans ce roman qui met l'eau à la bouche.

Une brève introduction à la conscience : réflexion sur le soi, le libre-arbitre et l’expérience du monde

Voilà un bien un bouquin qui m’a fait réfléchir un peu plus loin que prévu pour finir par me perdre un peu… avec beaucoup de plaisir.

Une brève introduction à la conscience : réflexion sur le soi, le libre-arbitre et l’expérience du monde de Annaka Harris, trad. de Anne Lemoine
Car si la conscience est absolument indéniable (je la vis et la ressens présentement !), elle est pourtant bien moins palpable et évidente que la matière.

Qui suis-je ? Qu’en est-il de mon libre arbitre ? Ma conscience ne sert-elle qu’à valider, justifier et apporter un peu de cohérence ?

Et les animaux sont-ils les seuls détenteurs d’une conscience ? Les vers de terre ? Et les mousses, les unicellulaires, le non-vivant, l’univers ?

Mais alors ? C’est quoi ?

Vertigineux

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Notre expérience de la conscience est profondément intrinsèque à ce que nous sommes, au point que nous remarquons rarement le mystère qui se joue en nous.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Qu’est-ce que la conscience ?
Comment apparaît-elle ?
Pourquoi existe-t-elle ?
Est-elle une illusion ou, au contraire, une propriété de la matière ?
L’existence même de la conscience soulève des questions innombrables et profondes.

Nous considérons souvent la conscience comme une aptitude exclusivement humaine qui nous permet de faire l’expérience du monde. Mais pourrait-elle être en réalité inhérente à tout être vivant ? Un tournesol, par exemple, fait-il preuve de conscience lorsqu’il suit la course du Soleil ? Cette faculté se limite-t-elle à la capacité de perception d’un stimulus ou est-elle davantage que cela ? Pourrait-elle émerger d’une intelligence artificielle ? Est-ce déjà le cas ?

Dans ce petit livre accessible à tous, Annaka Harris nous guide à travers les théories et les découvertes scientifiques les plus récentes qui tentent de percer le mystère de la conscience. Elle revient notamment sur la question du panpsychisme, selon lequel toute matière serait imprégnée de conscience. Ce best-seller traduit en 8 langues questionne nos idées reçues sur la conscience, et nous invite à y réfléchir librement, pour autant que nous en soyons capables.

Je laisserai le lit défait

Avec ces quelques petites histoires qui vont du chaud au tiède, Léna nous raconte quelques aventures et passions qui l’ont marquée. Comme un journal, pour s’en souvenir, revivre encore.

Je laisserai le lit défait de Léa Grosson (Léa Celle qui aimait)
Libre et joueuse elle nous raconte une sexualité sans tabous, joyeuse et entraînante.

Premier tome d’une trilogie, Je laisserais le lit défait, marque le début d’une autrice qui performe sur les réseaux sociaux

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
─ Bouge, bouge, bouge ! Léna ! On va être en retard !
─ OUI ! Deux secondes putain.

Mes potes me saoulent, toujours à me hurler dessus, quelle idée d'être la seule fille de la bande. Je suis speed, mais j'arrive quand même à mettre du mascara sans déborder.

Je me regarde dans le miroir, va savoir pourquoi il y a des jours où je me trouve belle. J'ouvre un peu ma chemise pour offrir une jolie vue sur la dentelle de mon body noir, j'enfile mes bottines et allons-y. On débaroule à toute vitesse dans la cage d'escalier, on n'est vraiment pas en avance.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Entre le recueil de nouvelles et le roman, dans ce livre, c'est Léna qui vous embarque avec elle dans ses aventures, à la rencontre de 5 personnes qui ont éveillé et construit sa sexualité. "Je laisserai le lit défait" est le premier tome de cette trilogie érotique.

Léa Grosson est une autrice érotique. Son écriture est empreinte de réalisme, parfois très crue, Léa n'a pas peur des mots. Ses nouvelles comportent toujours un message qui permet de remettre en question son rapport à la sexualité, aux fantasmes, aux corps et à l'amour. Selon elle, la lecture érotique est un voyage rempli de découvertes où l'on voit naître en soi des désirs insoupçonnés.

Touriste de bananes

Paradoxalement, la fatigue est un fréquent moteur de l’action chez Simenon. La fatigue d’un couple, des responsabilités, de la pauvreté… ou même parfois, juste l’ennui.

Donadieu se raidissait. Il s'était raidi toute sa vie, contre sa faiblesse physique quand il était gamin, contre le vertige quand il travaillait au barrage, puis contre le dégoût quand il avait été plongé de force dans le drame qui avait détruit sa famille.
Pourquoi n'y avait-il pas quelqu'un, un seul homme, pour lui parler simplement et pour comprendre son espoir ?
Non ! il n'avait pas de compte en banque et il ne pouvait espérer qu'on lui enverrait de l'argent. Mais il n'espérait pas non plus qu'il allait vivre nu dans un paradis terrestre où il n'aurait qu'à se baisser pour trouver sa nourriture.
Il voulait fuir les hommes et vivre d'une vie simple, labourer peut-être, apprendre comme les indigènes, à capturer les poissons au harpon...
Il possédait encore cinq mille francs. Qu'est-ce qui l'empêcherait d'acheter une petite terre et de la mettre en valeur ?
Touriste de bananes de Georges Simenon
Et Oscar est épuisé, il ne souhaite plus que fuir, seul, sur une île et y vivre de la pêche et de ses récoltes. Y trouverait-il le repos ?

Une suite du Testament Donnadieu qui signe la fin de la désagrégation de cette famille

Tous les romans durs de Simenon
31. Touriste de bananes
30. Le suspect 32. Les trois crimes de mes amis
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il y avait trente-sept jours que le bateau, qui s'appelait l’Île-de-Ré, avait quitté Marseille ; on était parti qu'il gelait et tous les passagers, sauf deux, avaient été malades en sortant de Gibraltar ; après la monotonie des houles de l'Atlantique, on s'était ébroué dans les bals Doudou de la Guadeloupe et le missionnaire des secondes classes lui-même avait revêtu un costume civil pour accompagner la famille Nicou à Panama, les dames avaient acheté des parfums qui y sont meilleur marché que partout, et on avait déjeuné sur le pont en traversant le canal, car c'est la tradition ; on approchait des antipodes ; on avait aperçu de loin les Galapagos, photographié des pélicans et des poissons volants ; Muselli, l'administrateur de première classe qui jouait de la guitare hawaïenne, avait acheté une tête d'Indien réduite à la grosseur d'un poing d'enfant ; on était à l'autre bout du monde, à cisailler patiemment, avec un ronron de machine-outil, l'eau trop lisse et trop brillante du Pacifique qui forçait à porter des verres fumés ; le trait qui, sur la carte, dans le salon des premières, s'allongeait chaque jour, toucherait bientôt aux points minuscules des Marquises ; il y avait trente-sept jours qu'on n'était plus en France, ni nulle part.
Et pourtant c'était dimanche.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Oscar, vingt-cinq ans, fils d'une grande famille laminée par un drame, arrive à Papeete pour, croit-il, s'isoler dans une nature vierge des hypocrisies du monde. Il est un « touriste de bananes », l'un de ces idéalistes méprisés des Blancs locaux et que l'on retrouve un jour desséché dans la jungle.
A Tahiti comme ailleurs, on s'arrange, on s'amuse, on trahit et l'on raille. Des hommes tuent, d'autres meurent. Oscar qui fuyait va croiser son destin. Il se trouve dans une chambre, près d'une femme, au Relais des Méridiens...

Le roman Touriste de bananes prolonge la tragique saga de la famille Donadieu, richissimes armateurs de La Rochelle, entamée dans Le testament Donadieu.